
Le homard est le fruit de mer du Canada dont la valeur à l’exportation est la plus élevée et une espèce iconique du Canada exportée dans le monde entier. Les débarquements de homard canadien se maintiennent aux plus hauts niveaux enregistrés depuis cent ans, et la tendance à la hausse se poursuit depuis quelques décennies. La majorité des exportations de homard du Canada est destinée aux Etats-Unis. L’Asie (Japon, Chine) et l’Union européenne (Belgique, France) représentent d’autres marchés importants. Le homard est également exporté vers 50 autres pays.
Pêches et Océans Canada gère 45 pêches du homard dans lesquelles 10 000 pêcheurs titulaires de permis du Canada atlantique et du Québec capturent le homard au moyen de casiers appâtés posés sur le fond de la mer. Dans l’ensemble, les populations de homard du Canada sont en bonne santé et sont gérées de façon durable.
Atteignant parfois 60 cm et pesant plus de 18 kilogrammes, les homards comptent parmi les plus gros crustacés marins. Ils comptent aussi parmi les crustacés qui vivent le plus longtemps, puisque certains individus peuvent vivre jusqu’à 50 ans. Le homard d’Amérique est réparti dans tout l’Atlantique Nord-Ouest, à partir des eaux profondes de la Caroline du Nord jusqu’à Terre-Neuve et au Sud du Labrador. Les plus grandes populations sont concentrées dans le golfe du Maine et dans le Sud du golfe du Saint-Laurent.
Les homards sont des chasseurs actifs, se nourrissant de divers animaux, dont le crabe, les mollusques, les vers marins, les étoiles de mer, les oursins et les poissons. Aux stades larvaire et postlarvaire, les homards sont la proie des crabes et de nombreux poissons. Lorsqu’ils quittent leur abri, les jeunes homards sont aussi la proie de nombreuses espèces de poisson. Les homards deviennent moins vulnérables à mesure qu’ils grossissent, sauf pendant les périodes de mue au cours desquelles ils perdent leur carapace dure.
Pour plus de renseignements sur la biologie du homard d’Amérique, consulter le profil du homard dans Le monde sous-marin.
Au Canada, environ 10 000 pêcheurs titulaires de permis prennent part à 45 pêches du homard (43 pêches côtières pratiquées par les pêcheurs à l’aide de petits bateaux, une pêche hauturière et une pêche fermée comme mesure de conservation – zone 40). Les pêches les plus actives sont pratiquées dans le golfe du Maine, la baie de Fundy, le Sud du golfe du Saint-Laurent et le long des côtes de la Nouvelle-Écosse. Les homards sont capturés dans des casiers appâtés, posés sur le fond de la mer. La plupart des pêches se déroulent dans des eaux peu profondes, à moins de 40 mètres de profondeur et à moins de 15 kilomètres des côtes, bien que certaines zones (zones 34 à 38) soient beaucoup plus éloignées, la profondeur de l’eau y atteignant parfois 200 mètres.
Il existe un permis d’allocation aux entreprises pour la pêche hauturière au homard (zone 41) qui se pratique dans des bassins profonds et des bancs éloignés, au large du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. La saison de pêche hauturière du homard s’étend tout au long de l’année; les pêcheurs sont assujettis à un quota de 720 tonnes et ne sont pas autorisés à pêcher à moins de 92 kilomètres des côtes. Cette pêche hauturière bénéficie d’une écocertification, comme pêche bien gérée et durable, délivrée par le Marine Stewardship Council en juin 2010.
La figure 1 est intitulée « Zones de pêche du homard ». Il s’agit d’une carte montrant Terre-Neuve-et-Labrador, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, l’Île-du-Prince-Édouard et la portion est du Québec (péninsule de Gaspé), ainsi que les eaux qui les entourent. Elle présente aussi les différentes zones de pêche du homard se situant dans les eaux de la partie est du Canada. Les zones, numérotées de 3 à 40, sont délimitées par des lignes. Elles couvrent l’océan Atlantique autour du Grand Banc, du golfe du Saint-Laurent, du Banc de Saint-Pierre, du banc Banquereau, de la zone de pêche de l’aiglefin, de la baie de Fundy et des îles de la Madeleine.

Zone de pêche du homard
Source : MPO
La pêche du homard au Canada compte parmi celles qui sont réglementées depuis le plus longtemps. Bon nombre des mesures de gestion qui existent aujourd’hui remontent à plus d’un siècle, la première mesure de conservation – la protection des femelles œuvées – ayant été prise au début des années 1870.
Pêches et Océans Canada travaille en étroite collaboration avec l’industrie de la pêche du homard en vue d’élaborer et de mettre à jour des plans de gestion intégrée des pêches qui englobent les pêches du homard. Les mesures de gestion sont adaptées aux besoins uniques de chaque zone de pêche.
La pêche côtière est gérée à l’aide de mesures qui restreignent les « intrants », c’est-à-dire que des limites sont imposées à l’effort de pêche. Les mesures de conservation comprennent :
Une grande partie de ces mesures de conservation s’appliquent aussi à la pêche hauturière dans la zone 41, de même qu’une limite annuelle quant au nombre de homards pouvant être capturés, que l’on appelle le total autorisé des captures. Actuellement, ce total est fixé à 720 tonnes et est demeuré inchangé depuis 1989.
La figure 2 est intitulée « Débarquements canadiens de homards (1890-2009) ». Elle consiste en un graphique montrant les débarquements de homards enregistrés au Canada de 1890 (année de départ sur l’axe x) à 2009. L’axe y du graphique, intitulé « tonnes métriques », part de 0 (au bas du graphique) et se rend à 60 000 tonnes par paliers de 10 000 tonnes. Les débarquements par volume enregistrés chaque année démontrent que les débarquements de homards ont connu une forte augmentation depuis 1975.

Débarquements canadiens de homards (1890-2010). Source : MPO
Pêches et Océans Canada procède à des évaluations périodiques des pêches du homard, au moyen des données tirées des échantillons de homards en mer et au port, par la surveillance des casiers, par les journaux de bord des pêcheurs, les relevés au chalut et en plongée ainsi que, dans certains cas, par vidéo-relevés. Des renseignements sont aussi recueillis sur l’état et les conditions de l’océan afin de mieux comprendre les effets des conditions environnementales sur les populations de homards.
À partir de ces données, Pêches et Océans Canada peut observer divers indicateurs qui lui permettent de bien mesurer l’état des homards, notamment :
Des experts de l’extérieur et des pêcheurs examinent les évaluations des stocks et les résultats sont publiés sur le site Web du Secrétariat canadien de consultation scientifique.