Homard

homard
Nom :
Homard
Nom latin :
Homarus americanus
Groupe :
Invertébrés
Lieu :
Atlantique Nord-Ouest
Engin de pêche :
Casiers
Saison de pêche :
Varie selon les secteurs

Aperçu de l’espèce

Le homard est le fruit de mer du Canada dont la valeur à l’exportation est la plus élevée et une espèce iconique du Canada exportée dans le monde entier. Les débarquements de homard canadien se maintiennent aux plus hauts niveaux enregistrés depuis cent ans, et la tendance à la hausse se poursuit depuis quelques décennies. La majorité des exportations de homard du Canada est destinée aux Etats-Unis. L’Asie (Japon, Chine) et l’Union européenne (Belgique, France) représentent d’autres marchés importants. Le homard est également exporté vers 50 autres pays.

Pêches et Océans Canada gère 45 pêches du homard dans lesquelles 10 000 pêcheurs titulaires de permis du Canada atlantique et du Québec capturent le homard au moyen de casiers appâtés posés sur le fond de la mer. Dans l’ensemble, les populations de homard du Canada sont en bonne santé et sont gérées de façon durable.

Débarquements :
Les débarquements annuels de homard ont totalisé en moyenne de 50 000 à 55 000 tonnes. En 2013, les débarquements de homard équivalaient à 74 686 tonnes. En 2012, les débarquements de homard équivalaient à 74 790 tonnes. En 2011, les débarquements de homard se sont élevés à 66 500 tonnes.
Valeur :
En 2013, la valeur au débarquement du homard était de 680 millions de dollars. En 2012, la valeur au débarquement du homard était de 662,8 millions de dollars. En 2011, la valeur au débarquement du homard était de 619,7 millions de dollars. Les exportations annuelles en 2011 ont généré 1 milliard de dollars de revenu.
Situation et tendances de l’abondance :
Les débarquements de homards forment un indicateur premier d’abondance. On a constaté une tendance à la hausse des débarquements au cours des dernières décennies. En 2009, ils se sont élevés à 56 554 tonnes, le deuxième plus haut total jamais enregistré au cours des 20 dernières années.
Pêche :
Il existe 45 pêches du homard dans toutes les provinces de l’Atlantique et au Québec, y compris une pêche hauturière et une pêche fermée à des fins de conservation.
Mesures de conservation :
Elles sont adaptées aux besoins uniques de chaque pêche du homard. Les mesures courantes comprennent des limites du nombre de permis, des limites du nombre de casiers, la durée des saisons de pêche, le nombre de jours de pêche, un total autorisé des captures (pour la pêche hauturière du homard), des restrictions relatives à la taille et au sexe des homards et d’autres mesures.

Renseignements sur l’espèce

Atteignant parfois 60 cm et pesant plus de 18 kilogrammes, les homards comptent parmi les plus gros crustacés marins. Ils comptent aussi parmi les crustacés qui vivent le plus longtemps, puisque certains individus peuvent vivre jusqu’à 50 ans. Le homard d’Amérique est réparti dans tout l’Atlantique Nord-Ouest, à partir des eaux profondes de la Caroline du Nord jusqu’à Terre-Neuve et au Sud du Labrador. Les plus grandes populations sont concentrées dans le golfe du Maine et dans le Sud du golfe du Saint-Laurent.

Les homards sont des chasseurs actifs, se nourrissant de divers animaux, dont le crabe, les mollusques, les vers marins, les étoiles de mer, les oursins et les poissons. Aux stades larvaire et postlarvaire, les homards sont la proie des crabes et de nombreux poissons. Lorsqu’ils quittent leur abri, les jeunes homards sont aussi la proie de nombreuses espèces de poisson. Les homards deviennent moins vulnérables à mesure qu’ils grossissent, sauf pendant les périodes de mue au cours desquelles ils perdent leur carapace dure.

Pour plus de renseignements sur la biologie du homard d’Amérique, consulter le profil du homard dans Le monde sous-marin.

Pêche

Au Canada, environ 10 000 pêcheurs titulaires de permis prennent part à 45 pêches du homard (43 pêches côtières pratiquées par les pêcheurs à l’aide de petits bateaux, une pêche hauturière et une pêche fermée comme mesure de conservation – zone 40). Les pêches les plus actives sont pratiquées dans le golfe du Maine, la baie de Fundy, le Sud du golfe du Saint-Laurent et le long des côtes de la Nouvelle-Écosse. Les homards sont capturés dans des casiers appâtés, posés sur le fond de la mer. La plupart des pêches se déroulent dans des eaux peu profondes, à moins de 40 mètres de profondeur et à moins de 15 kilomètres des côtes, bien que certaines zones (zones 34 à 38) soient beaucoup plus éloignées, la profondeur de l’eau y atteignant parfois 200 mètres.

Il existe un permis d’allocation aux entreprises pour la pêche hauturière au homard (zone 41) qui se pratique dans des bassins profonds et des bancs éloignés, au large du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. La saison de pêche hauturière du homard s’étend tout au long de l’année; les pêcheurs sont assujettis à un quota de 720 tonnes et ne sont pas autorisés à pêcher à moins de 92 kilomètres des côtes. Cette pêche hauturière bénéficie d’une écocertification, comme pêche bien gérée et durable, délivrée par le Marine Stewardship Council en juin 2010.

Zones de pêche du homard :

Zone de pêche du homard
Figure 1. Zone de pêche du homard

La figure 1 est intitulée « Zones de pêche du homard ». Il s’agit d’une carte montrant Terre-Neuve-et-Labrador, la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, l’Île-du-Prince-Édouard et la portion est du Québec (péninsule de Gaspé), ainsi que les eaux qui les entourent. Elle présente aussi les différentes zones de pêche du homard se situant dans les eaux de la partie est du Canada. Les zones, numérotées de 3 à 40, sont délimitées par des lignes. Elles couvrent l’océan Atlantique autour du Grand Banc, du golfe du Saint-Laurent, du Banc de Saint-Pierre, du banc Banquereau, de la zone de pêche de l’aiglefin, de la baie de Fundy et des îles de la Madeleine.

Mesures de conservation

La pêche du homard au Canada compte parmi celles qui sont réglementées depuis le plus longtemps. Bon nombre des mesures de gestion qui existent aujourd’hui remontent à plus d’un siècle, la première mesure de conservation – la protection des femelles œuvées – ayant été prise au début des années 1870.

Pêches et Océans Canada travaille en étroite collaboration avec l’industrie de la pêche du homard en vue d’élaborer et de mettre à jour des plans de gestion intégrée des pêches qui englobent les pêches du homard. Les mesures de gestion sont adaptées aux besoins uniques de chaque zone de pêche.

La pêche côtière est gérée à l’aide de mesures qui restreignent les « intrants », c’est-à-dire que des limites sont imposées à l’effort de pêche. Les mesures de conservation comprennent :

  • Une limite au nombre de permis, de même qu’au nombre de casiers.
  • Des saisons de pêche restreintes et décalées – la pêche du homard est généralement interdite entre le mois de juillet et la fin de septembre pour protéger la mue estivale.
  • Protection des femelles œuvées – les femelles qui portent des œufs doivent être remises dans l’environnement vivantes, afin de garantir la poursuite du cycle de reproduction. Les pêcheurs peuvent marquer sur la queue une femelle œuvée à l’aide d’une petite encoche en V avant de la remettre à l’eau, pour s’assurer qu’elle sera remise à l’eau à l’avenir, même si elle ne porte pas d’œufs.
  • Limite de taille minimale – une mesure visant à augmenter les chances pour les homards d’atteindre la maturité et de se reproduire.
  • Une limite de taille maximale (ou une fourchette de tailles interdites comme mesure de rechange) qui protège les gros homards qui produisent proportionnellement plus d’œufs.
  • Une conception des casiers qui permet aux homards n’ayant pas atteint la taille minimale de s’échapper, et incluant des panneaux de sortie biodégradables pour s’assurer que les casiers perdus en mer ne continuent pas à capturer des homards et d’autres espèces.
  • Une surveillance et une application continues des règlements de pêche et des conditions de permis.

Une grande partie de ces mesures de conservation s’appliquent aussi à la pêche hauturière dans la zone 41, de même qu’une limite annuelle quant au nombre de homards pouvant être capturés, que l’on appelle le total autorisé des captures. Actuellement, ce total est fixé à 720 tonnes et est demeuré inchangé depuis 1989.

Débarquements de homards – Perspective historique :

Débarquements de homards
Figure 2. Débarquements canadiens de homards (1895-2013).

La figure 2 est intitulée « Débarquements canadiens de homards (1890-2009) ». Elle consiste en un graphique montrant les débarquements de homards enregistrés au Canada de 1890 (année de départ sur l’axe x) à 2009. L’axe y du graphique, intitulé « tonnes métriques », part de 0 (au bas du graphique) et se rend à 60 000 tonnes par paliers de 10 000 tonnes. Les débarquements par volume enregistrés chaque année démontrent que les débarquements de homards ont connu une forte augmentation depuis 1975.

Estimations de la population

Pêches et Océans Canada procède à des évaluations périodiques des pêches du homard, au moyen des données tirées des échantillons de homards en mer et au port, par la surveillance des casiers, par les journaux de bord des pêcheurs, les relevés au chalut et en plongée ainsi que, dans certains cas, par vidéo-relevés. Des renseignements sont aussi recueillis sur l’état et les conditions de l’océan afin de mieux comprendre les effets des conditions environnementales sur les populations de homards.

À partir de ces données, Pêches et Océans Canada peut observer divers indicateurs qui lui permettent de bien mesurer l’état des homards, notamment :

  • les débarquements
  • les taux de capture et les taux d’exploitation
  • la taille et le poids des homards capturés
  • l’abondance des prérecrues et des femelles génitrices
  • le rapport mâles/femelles et le succès de l’accouplement
  • la production des homards d’un et de deux ans

Des experts de l’extérieur et des pêcheurs examinent les évaluations des stocks et les résultats sont publiés sur le site Web du Secrétariat canadien de consultation scientifique.

Renseignements additionnels