
Le flétan du Pacifique est le plus grand poisson plat au monde. Il peut peser jusqu’à 300 kilogrammes et mesurer jusqu’à 2,7 mètres de longueur. Sur la côte Ouest, la portion canadienne de la pêche du flétan du Pacifique est pratiquée le long des côtes de la Colombie-Britannique. Les ressources sont gérées conjointement par les gouvernements des États-Unis et du Canada dans le cadre de la Commission internationale du flétan du Pacifique. Le stock est jugé sain.
Le marché américain absorbe plus de 96 pour cent des exportations de flétan du Pacifique du Canada. Le reste des exportations se font surtout vers Taiwan et le Japon.
L’âge moyen des flétans capturés par les pêcheurs commerciaux est d’environ 12 ans. Les femelles grossissent plus rapidement et vivent plus longtemps que les mâles. La femelle la plus vieille jamais enregistrée avait 42 ans et le mâle le plus vieux, 27 ans.
Le flétan du Pacifique se trouve le long du plateau continental dans le Pacifique Nord, la mer de Béring et le golfe de l’Alaska, mais on le croit aussi capable de migrer sur de longues distances jusqu’à Baja (Californie). La plupart des poissons adultes ont tendance à demeurer dans le même territoire, n’effectuant qu’une migration saisonnière à partir des aires d’alimentation plus en surface durant l’été jusqu’aux frayères en eaux profondes, durant l’hiver.
En raison de leur grande taille, les flétans peuvent être moins vulnérables par rapport aux prédateurs que d’autres espèces.
Pour en savoir plus à propos de la biologie du flétan du Pacifique.
La pêche du flétan du Pacifique est pratiquée principalement à l’aide de lignes et d’hameçons appelés palangres. L’usage de cet engin a des répercussions beaucoup moins néfastes sur l’habitat benthique.
Depuis 1923, cette pêche est protégée et gérée en vertu d’un traité international conclu par le Canada et les États-Unis. Chaque année, la Commission internationale du flétan du Pacifique, qui constitue une tribune de coopération bilatérale au sujet de la recherche et de la gestion de la pêche du flétan du Pacifique, fixe le total autorisé des captures pour chaque zone de pêche le long de la côte Ouest.
Chaque année, la pêche commerciale du flétan commence vers la mi-mars et se poursuit jusqu’à la mi-novembre. Le régime de quotas individuels de bateau permet d’approvisionner les marchés en produit frais pendant une grande partie de l’année.
En septembre 2009, la pêche du flétan du Pacifique du Canada (Colombie-Britannique) a obtenu sa certification du Marine Stewardship Council comme étant une pêche durable et bien gérée. Pour plus de détails, consulter le site Web du MSC.
La figure 1, intitulée « Zones de gestion du flétan du Pacifique », consiste en une carte des zones de gestion du flétan sur la côte ouest du Canada. Cette carte montre la géographie de la mer de Béring, du golfe d’Alaska et de certaines parties du littoral de la Colombie-Britannique. Sur le littoral de la Colombie-Britannique sont délimitées avec des lignes des zones pour la pêche au flétan. Ces zones sont : 2A, 2B, 2C, 3A, 3B, 4A, 4B, 4D et 4E. La source indiquée pour la carte est la Commission internationale du flétan du Pacifique.

Source : Commission internationale du flétan du Pacifique
La pêche du flétan du Pacifique pratiquée par le Canada est rigoureusement réglementée : les débarquements doivent être faits dans des ports désignés et les capitaines doivent tenir des journaux de bord où sont consignés les lieux de pêche et les différentes captures, gardées ou remises à l’eau. Tous les bateaux de pêche du flétan doivent accueillir à leur bord un observateur accrédité par le gouvernement ou doivent disposer d’un système de surveillance électronique à GPS avec vidéo pour enregistrer la composition des prises et les lieux de capture.
Tous les stocks de poisson de fond des pêches pratiquées dans le Pacifique par le Canada sont gérés au moyen d’un seul plan de gestion intégrée des pêches qui prévoit :
Selon le régime de quotas individuels de bateau, le total autorisé des captures est divisé, avant le début de la saison, chaque détenteur de permis de pêche commerciale du flétan en obtenant une part prédéterminée.
Un certain nombre de mesures visant à réduire les prises accessoires et à en rendre compte sont prévues dans le cadre du programme d’intégration de la pêche commerciale du poisson de fond. Les conditions de permis comprennent des règles précises pour diminuer les captures accessoires d’oiseaux de mer, notamment l’utilisation de câbles à banderoles ou de bouées remorquées durant la mise à l’eau et le halage des engins afin d’éloigner les oiseaux des hameçons appâtés, de même que l’utilisation de lignes plombées, d’appâts décongelés, de poids additionnels sur la palangre et de procédures particulières pour la manutention des appâts et des issues, afin d’éviter d’attirer les oiseaux marins vers les hameçons.
Pour diminuer le nombre de flétans capturés illégalement sur le marché, tous les flétans du Canada, y compris ceux qui sont capturés par des Canadiens et débarqués aux États-Unis, sont étiquetés par un observateur et certifiés par Pêches et Océans Canada au point de déchargement initial. Chaque étiquette porte un numéro de série unique qui peut être utilisé pour retracer le parcours du poisson jusqu’à son point de débarquement.
La figure 2 est intitulée « Débarquements canadiens de flétan du Pacifique (1996-2009) ». Elle consiste en un graphique des débarquements de flétans enregistrés pendant la période s’échelonnant de 1996 à 2009. Les barres représentent les débarquements totaux par année. La moyenne des débarquements annuels était d’environ 7 000 tonnes de 1996 à 2006, avant que soit enregistré un léger déclin.

Débarquements canadiens de flétan du Pacifique (1996-2009)
Source : MPO
Chaque année, la Commission internationale du flétan du Pacifique évalue l’abondance et le rendement potentiel du flétan du Pacifique au moyen de toutes les données disponibles, y compris celles qui proviennent des pêches commerciales et sportives et des relevés scientifiques. À l’échelle des côtes, la biomasse exploitable à des fins commerciales au début de 2011 a été estimée à 144 millions de tonnes.
Compte tenu des évaluations côtières, on estime que la biomasse de flétan exploitable à des fins commerciales aurait diminué d’environ 50 p. 100 au cours des dix dernières années et que la taille moyenne selon l’âge pour tous les poissons s’est abaissée – tendance amorcée au cours des années précédentes. Cependant, en raison de la présence d’un très grand nombre de jeunes flétans qui ne font pas encore partie des estimations de la biomasse exploitable, on croit que la biomasse totale du flétan est presque à un sommet inégalé. D’après les données disponibles sur l’âge, il semble que les flétans nés en 1999 et en 2000 (ce qu’on appelle des classes d’âge) commencent à s’intégrer à la population exploitable à un rythme relativement marqué. Selon les projections, la biomasse génitrice augmentera et la biomasse exploitable sera à peu près stable au cours des prochaines années.
Pour renseignements, consulter le site Web de la CIFP.
La figure 3 est intitulée « Biomasse exploitable à l’échelle des côtes – (1996-2010) ». Elle consiste en un graphique montrant la biomasse exploitable de 1999 à 2010. L’axe y présente la biomasse totale (en tonnes) de 0 à 350 000, par paliers de 50 000 tonnes, tandis que l’axe x indique les années. Selon ce graphique, il est évident qu’une biomasse record de 300 000 tonnes a été enregistrée en 2003, puis que cette biomasse a légèrement décliné, de façon progressive, jusqu’à 2010.

Biomasse exploitable à l’échelle des côtes (1999-2010)
Source : MPO