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Le phoque gris et la morue


La population de phoques gris du nord-ouest de l'Atlantique est maintenant dix fois plus importante qu’elle ne l’était dans les années 1970. Selon la dernière évaluation faite en 2010, la population compte 349 000 individus, un sommet en cent ans. Cet état de fait inquiète l’industrie de la pêche qui croit que le phoque gris nuit au rétablissement des stocks de morue et qui demande régulièrement au MPO de contrôler la population de phoques gris.

Le MPO comprend que la croissance de la population de phoques gris inquiète les pêcheurs professionnels de la région de l’Atlantique et du Québec. Nous sommes déterminés à collaborer avec eux pour assurer la durabilité et la profitabilité à long terme de la pêche. La gestion de la population de phoques gris et le rétablissement des stocks de morue sont des tâches complexes qu’il faut mener de front.

En collaboration avec l’industrie de la pêche et des experts scientifiques indépendants, le Ministère poursuit ses recherches pour étoffer nos connaissances des relations complexes existant entre le phoque gris et les autres éléments de l’écosystème côtier de l’Atlantique, dont fait partie la morue. Les avis formulés par les scientifiques renseigneront les gestionnaires des pêches sur la mesure dans laquelle les mécanismes de contrôle de la population de phoques gris pourraient faire augmenter la productivité de la morue. Nous devons faire preuve de diligence raisonnable afin que tout plan de gestion de la population de phoques ait un impact réel, prévisible et durable sur le rétablissement des stocks de morue sans toutefois compromettre la pérennité de la population de phoques gris.

Le MPO continue de consulter les experts, l’industrie, les gouvernements des provinces et les autres ministères fédéraux pour trouver la meilleure solution.

Vous trouverez plus bas des réponses aux questions les plus fréquemment posées concernant les impacts du phoque gris sur la morue, et sur les solutions proposées par le MPO pour diminuer ces impacts.

 

Est-ce que le MPO prévoit faire un abattage sélectif de phoques sur l’île de Sable?

Pour l’instant, le MPO ne prévoit pas mettre sur pied de programme d’abattage de phoques gris sur l’île de Sable.

Le MPO a procédé en 2009 à une étude de faisabilité sur d’éventuelles façons de faire diminuer la population de phoques sur l’île. Elle visait à définir, d’un point de vue technique, quels seraient les préalables à établir si le Ministère en arrivait à la conclusion qu’il faut réduire la population de phoques gris sur l’île de Sable. Il est toutefois important de mentionner que, pour l’instant, le Ministère ne prévoit appliquer aucune des options examinées dans l’étude, qui ne représente qu’un des nombreux éléments sur lesquels le Ministère fondera son processus décisionnel.

Peu importe la mesure envisagée, le MPO fera preuve de diligence et consultera les experts scientifiques et les intervenants touchés. Le Ministère s’assurera aussi que les mesures mises de l’avant sont réalisables, dénuées de cruauté et responsables. De plus, il veillera à ce que l’impact sur le rétablissement des stocks de poissons importants soit tangible et durable, et ce, sans compromettre la pérennité de la population de phoques gris.

Des experts chevronnés participent actuellement à un processus d’évaluation scientifique mené par Pêches et Océans Canada et examinent les plus récentes données sur les populations de phoques, les stocks de poissons et les interactions qui existent entre les deux. Les avis qui résulteront du processus d’évaluation et des recherches en cours guideront le processus décisionnel concernant la gestion de la population de phoques.

Est-ce que le phoque gris nuit vraiment aux stocks de morue?

Selon de récentes données scientifiques, la prédation des phoques est la cause la plus plausible du niveau élevé de mortalité naturelle de la morue dans le sud du golfe du
Saint-Laurent. Ce stock de morue est épuisé et fait actuellement l’objet d’un moratoire. Vu le taux de mortalité naturelle très élevé et le niveau de productivité actuel, ces stocks de morue ont peu de chances de se rétablir.

Les recherches continuent le long du Plateau néo-écossais (zone de pêche 4x) pour déterminer si la prédation des phoques a un impact similaire sur les stocks des autres espèces de poissons de fond de cette région.

Le MPO mènera cet automne une évaluation scientifique approfondie sur l’interaction entre les phoques gris et la morue, dont les résultats devraient être connus plus tard cette année.

Est-il vrai que le phoque gris ne mange pas beaucoup de morue?

Le MPO a mené de nombreuses études sur l’alimentation du phoque gris en utilisant différentes méthodes, dont l’analyse du contenu de l’estomac, des excréments et des acides gras.

La proportion qu’occupe la morue dans l’alimentation des phoques varie beaucoup selon le lieu, la saison et l’individu. D’après les données de différentes études utilisant les méthodes traditionnelles de recherche (analyse des excréments et du contenu d’estomac, par exemple), on estime la proportion moyenne qu’occupe la morue dans l’alimentation du phoque gris du nord-ouest de l'Atlantique à environ 10 p. 100, et elle varie entre 0 et 50 p. 100 selon le lieu et le moment de la collecte des échantillons.

Quelques études utilisant une nouvelle méthode par analyse des acides gras montrent une proportion plus faible de morue dans l’alimentation du phoque gris pour certaines régions. Il faut tenir compte des biais que comportent l’analyse des acides gras et les autres méthodes traditionnelles, et les scientifiques ne s’entendent pas encore sur la meilleure façon d’interpréter les résultats qui en découlent.

Il importe de rappeler que, même dans les régions où la proportion de morue dans l’alimentation des phoques est faible, la quantité totale de morues consommées peut tout de même être élevée, étant donné l’abondance de phoques et la quantité de poissons consommés par chaque individu.

Le MPO mène actuellement une évaluation scientifique approfondie qui devrait apporter de plus amples renseignements sur l’interaction entre les phoques gris et la morue.

L’île de Sable n’est elle pas un parc national? Permet-on l’abattage sélectif dans les parcs nationaux?

Il se peut que l’île de Sable soit désignée parc national. Le MPO et Parcs Canada évaluent les implications d’une éventuelle désignation sur la gestion et l’étude du phoque gris. L’environnement vulnérable de l’île pèsera beaucoup dans le processus décisionnel.

À combien se chiffre la population de phoques gris du Canada atlantique?

Selon la dernière évaluation faite en 2010, la population compte 349 000 individus, un sommet en cent ans. Lors des premiers recensements scientifiques effectués il y a une cinquantaine d’années, la population ne comptait probablement pas plus de 8 000 individus. Le cycle de reproduction du phoque gris fait en sorte que, chaque année, plus de 80 p. 100 de la population se trouve sur l’île de Sable.

Quelles autres mesures le MPO prend-il pour favoriser le rétablissement des stocks de morue?

Depuis plusieurs années déjà, le ministère des Pêches et des Océans pratique une stratégie de rétablissement à long terme des stocks de morue. Il a apporté beaucoup de changements aux mesures de gestion de la morue et d’autres pêches qui entraînent la capture accessoire de morues. Mentionnons par exemple la modification des engins de pêche limitant les prises accessoires, l’établissement d’un poids ou d’un pourcentage maximal de prises accessoires de morue dans les autres pêches, la fermeture de zones de pêche au moment de la fraie ou lorsqu’il y a des poissons juvéniles ainsi que la création de zones d'interdiction de chalutage.

Le Ministère a aussi imposé des restrictions sur les engins de pêche pour limiter la pêche de poissons juvéniles, il a doublé la présence d’observateurs en mer pour la plupart des pêches, il a établi l’obligation du contrôle à quai pour presque tous les débarquements de poissons de fond et il a investi de manière significative dans les programmes de recherche scientifique.

La ministre des Pêches et des Océans a demandé au Conseil pour la conservation des ressources halieutiques d’élaborer une approche stratégique à long terme pour garantir la durabilité de tous les stocks de poissons de fond, et particulièrement des stocks de morue de l’Atlantique.

Nous prônons une approche équilibrée qui tiendra compte de la santé des stocks de morue de l’Atlantique et de la population de phoques gris pour le bénéfice des écosystèmes marins importants et des collectivités de pêcheurs qui en dépendent.