Phoque gris et morue

En collaboration avec l'industrie de la pêche et des experts scientifiques indépendants, le MPO a mené des recherches scientifiques approfondies pour améliorer notre compréhension des relations complexes qui existent entre le phoque gris et d'autres éléments de l'écosystème côtier de l'Atlantique, dont fait partie la morue franche.

Alors qu'il reste beaucoup de recherches à faire, le non-rétablissement de la morue dans le sud du golfe du Saint-Laurent semble être dû à un taux de mortalité élevé chez les morues de plus grande taille. La prédation par les phoques gris peut représenter jusqu'à 50 % de cette mortalité naturelle, ce qui fait de cette espèce un important facteur limitant au rétablissement de ce stock de morue. Le Ministère continue d'étudier l'interaction entre le phoque gris et la morue au Québec et au Canada atlantique, et l'information qui en découlera servira à éclairer la gestion de la chasse au phoque et celle de la pêche à la morue.

Quelle quantité de morues les phoques gris mangent-ils?

Le Ministère a effectué de nombreuses études sur l'alimentation du phoque gris au moyen de différentes méthodes, notamment l'investigation du contenu de l'estomac et des analyses des acides gras et des excréments. La proportion de morue dans l'alimentation des phoques varie grandement en fonction du lieu, des saisons et des individus. D'après les données tirées de plusieurs études utilisant des méthodes traditionnelles (soit l'analyse des excréments, de l'intestin ou du contenu de l'estomac), un phoque gris adulte peut à lui seul manger jusqu'à 2 tonnes de proies par année, et la morue peut représenter de 10 à 50 % de son régime alimentaire.

Que fait le MPO pour favoriser le rétablissement des stocks de morue?

Au cours des dernières années, le Ministère a apporté beaucoup de changements aux mesures de gestion de la morue et d'autres pêches qui entraînent la capture accessoire de morues. Voici certains de ces changements :

  • modifications apportées aux engins de pêche afin de limiter les prises accessoires de morue;
  • établissement d’un poids ou d’un pourcentage maximal de prises accessoires de morue dans les autres pêches;
  • fermeture de certaines zones de pêche pendant la période de frai ou dans des lieux où l'on sait qu'il y a des poissons juvéniles;
  • limitation aux seuls engins fixes pour certaines pêches (pas de chalutage);
  • restrictions sur les engins de pêche limitant la pêche de poissons juvéniles;
  • augmentation de la présence d'observateurs en mer pour la plupart des pêches;
  • contrôle à quai obligatoire pour pratiquement tous les débarquements de poissons de fond;
  • investissements continus dans les programmes de recherche scientifique.

Le Ministère privilégie une approche équilibrée qui prendra en compte la santé des stocks de morue franche et la population de phoque gris, au profit des importants écosystèmes marins et des collectivités de pêcheurs qui en dépendent.

Le MPO envisage-t-il de mettre sur pied un programme d'abattage sélectif du phoque gris?

Le Ministère n'envisage pas de mettre sur pied de programme d'abattage des phoques gris. En prévision de mesures futures, le Ministère consulterait alors les experts scientifiques et les intervenants touchés pour s'assurer que toute mesure mise de l'avant serait réalisable, responsable et sans cruauté, et qu'elle aurait un effet à long terme tangible sur le rétablissement des importants stocks de poissons sans compromettre la durabilité de la population de phoques gris.

Articles de revues scientifiques connexes (en anglais)