Rapport annuel 2013-2014

Aperçu

Pêches et Océans Canada (MPO) a la responsabilité de venir en aide aux mammifères marins en détresse, surtout ceux qui sont inscrits sur la liste de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Tout un éventail d'activités humaines a un impact sur les mammifères marins. En collaboration avec des groupes voués à la conservation et des organisations non gouvernementales, le Ministère a mis sur pied des réseaux d'intervention auprès des mammifères marins dans toutes les régions maritimes du Canada sous les auspices du Programme d'intervention auprès des mammifères marins (PIMM).

Chacune des régions de Pêches et Océans Canada dispose de son propre réseau d'intervenants, ce qui reflète la diversité des trois côtes du Canada. Outre ses services d'intervention auprès des mammifères marins, le Programme vise à recueillir des données afin de mieux comprendre l'ampleur et les types des menaces qui pèsent sur ces animaux. Le PIMM facilite l'application de la LEP en remplissant les exigences réglementaires pour toutes les populations de mammifères marins et de tortues de mer inscrites sur la liste de la LEP.

Le Programme d'intervention auprès des mammifères marins collabore de manière générale avec des partenaires externes afin de :

  • Faire le suivi des cas d'enchevêtrement, d'échouement (individus vivants et morts), de collision avec des navires, de contamination (individus mazoutés) et d'autres menaces, et intervenir en conséquence
  • Quantifier les menaces pesant sur les espèces de mammifères marins, en particulier les espèces en péril
  • Fournir des données et des renseignements à l'appui des initiatives de planification du rétablissement de mammifères marins en péril, des mesures d'atténuation et de l'élaboration de politiques
  • Appuyer Conservation et Protection (C et P) dans ses enquêtes aux fins d'application de la loi

Le Programme assure une aide importante aux mammifères marins, mais les collisions avec des navires ce même que l'enchevêtrement et le piégeage demeurent une grave menace pour la majorité des cétacés, qu'il s'agisse ou non d'espèces en péril. Le PIMM est la seule activité en mer soutenue par le Ministère visant à réagir aux menaces, à faire un suivi des dommages et à mettre au point des mesures d'atténuation pour les mammifères marins, dont la plupart sont inscrits sur la liste de la LEP.

Résumé des activités

En 2013-2014, le Programme d'intervention auprès des mammifères marins en était à sa septième année de fonctionnement à titre de programme coordonné officiellement par le MPO dans chacune des six régions du Ministère. Depuis le début du Programme, la capacité du Ministère à gérer les interventions auprès des mammifères marins a augmenté. Les partenaires externes continuent de jouer un rôle important en matière d'intervention auprès des mammifères marins et dirigent ces activités dans la plupart des régions. Les efforts de tous les intervenants, que ce soit en matière d'éducation, de sensibilisation, d'intervention sur le terrain ou d'élaboration d'outils de communication, contribuent à la réussite des interventions et des activités de conservation. Les collaborations et les nouveautés régionales qui ont marqué l'exercice 2013-2014 sont décrites ci-dessous.

Région de Terre-Neuve-et-Labrador

En 2013-2014, 57 animaux au total (tortues de mer, cétacés et pinnipèdes), espèces en péril et autres espèces combinées, ont été signalés dans cette région. Le principal type d'intervention sur le terrain dans cette région concerne les baleines enchevêtrées.

Dans cette région, le Programme d'intervention auprès des mammifères marins a recours aux services d'une organisation externe, le Whale Release and Stranding Group. La Région de Terre-Neuve-et-Labrador accueille la population de rorquals à bosse en quête de nourriture la plus importante de l'Atlantique Nord-Ouest : environ 5 000 rorquals fréquentent les eaux de Terre-Neuve-et-Labrador au cours du printemps, de l'été et de l'automne. Une importante industrie du tourisme dans la région dépend de la présence de ces baleines.

Les enchevêtrements touchent les rorquals à bosse ainsi que d'autres espèces, telles que les petits rorquals, les rorquals communs, les grands cachalots et les tortues luth. Parmi les autres incidents dignes d'intérêt, mentionnons :

  • Une tortue verte est morte sur une plage en 2013
  • Un béluga a été observé en 2014
  • Des tortues luth et des groupes d’épaulards ont été observés en 2013
  • Un nombre important de grands cachalots ont été retrouvés morts sur les côtes de Terre-Neuve-et-Labrador et des îles françaises en 2014
  • En mars 2014, neuf rorquals bleus de l'Atlantique Nord-Ouest se sont retrouvés piégés dans la glace et sont morts. Cette espèce est inscrite sur la liste des espèces en voie de disparition aux termes de la Loi sur les espèces en péril et compte une population d'environ 250 individus.

Maritimes

Dans la Région des Maritimes, 51 animaux (tortues de mer, cétacés et pinnipèdes), espèces en péril et autres espèces combinées, ont été signalés à la Marine Animal Response Society (MARS). Le principal type d'intervention auprès des cétacés dans cette région concerne les baleines échouées.

Les principales espèces retrouvées échouées sur les plages dans cette région comprennent le dauphin à flancs blancs, le marsouin commun, le globicéphale noir, la tortue luth et la tortue verte. Plusieurs incidents inhabituels concernant des crapets-soleils et un rorqual commun échoués ont également été signalés. Les agents de Conservation et Protection (C et P) ont aidé à remettre à flot le rorqual commun.

Une baleine noire de l'Atlantique Nord enchevêtrée a également été signalée; on a tenté de trouver l'animal, mais ce fut en vain.

Région du Golfe

Un total de 59 incidents ont été consignés dans cette région, concernant 36 animaux (tortues de mer, cétacés et pinnipèdes), dont certains font partie d'espèces en péril. La plupart étaient des globicéphales noirs et des marsouins échoués.

En mai 2013, un rorqual à bosse a été retrouvé enchevêtré dans un engin de pêche au crabe des neiges et la Campobello Whale Rescue Team, assistée par des agents des pêches du MPO, a retiré avec succès un des trois pièges. L'équipe est retournée sur les lieux le lendemain matin, mais n'a pas retrouvé la baleine. En juin 2013, une baleine à bec de Sowerby a été retrouvée échouée dans le parc national de l'Île-du-Prince-Édouard et le Centre canadien coopératif de la santé de la faune (CCCSF) a effectué une nécropsie sur place. La baleine a ensuite été transportée au Musée du Nouveau-Brunswick à Saint John. En septembre 2013, des baleines noires de l'Atlantique Nord ont été observées lors d'excursions d'observation de baleines au large du quai commercial de Maryville, en Nouvelle-Écosse. Compte tenu du très faible nombre de baleines noires de l'Atlantique Nord dans la baie de Fundy en 2013, les chercheurs souhaitent voir si l'espèce fréquente également, ou a commencé à fréquenter, les eaux du golfe du Saint-Laurent.

Région du Québec

En 2013-2014, la région du Québec a reçu 458 appels et traité 193 cas nécessitant une intervention sur le terrain. Les incidents signalés comprennent des cas d'enchevêtrement (un rorqual commun et trois petits rorquals, ces derniers ayant été retrouvés morts), d'échouement d'animaux vivants (quatre animaux échoués, dont un globicéphale) et d'observation d'espèces rares (deux animaux observés, y compris une baleine à bec de Sowerby retrouvée morte sur une plage, et un dauphin bleu et blanc femelle échoué vivant sur une plage, puis retrouvé mort).

L'enchevêtrement du rorqual commun dans un piège à crabe des neiges a suscité une attention considérable des médias et a nécessité la coopération et l'intervention de plusieurs partenaires. Pendant six jours, l'équipe de sauvetage de Parcs Canada et le Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins (GREMM), soutenus par la Campobello Whale Rescue Team, ont adopté plusieurs stratégies pour libérer la baleine. L'animal n'a pas été observé depuis le 13 juin 2013 et aucun signalement n'a été effectué malgré les patrouilles aériennes et maritimes réalisées. Les possibilités de retrouver le rorqual vivant sont très faibles compte tenu de la gravité de l'enchevêtrement.

Dans l'estuaire du Saint-Laurent, la mortalité des bélugas, une espèce inscrite sur la liste des espèces en voie de disparition de la LEP, est restée élevée en 2013. Un total de 17 carcasses ont été signalées, soit cinq baleineaux, deux juvéniles et dix adultes. Plus de 33 marsouins communs ont également été retrouvés morts en 2013.

Centre et Arctique

Dans la Région du Centre et de l'Arctique, cinq incidents ont été signalés concernant un narval, des épaulards et un globicéphale noir. Dans la région, C et P du MPO travaille en étroite collaboration avec les instances gouvernementales locales et des regroupements locaux de chasseurs et de trappeurs pour intervenir en cas d'incidents.

Dans le cadre de l'incident concernant le globicéphale noir, des fontionnaires du Nunavut et des représentants de l'organisation locale de chasseurs et de trappeurs ont recueilli des échantillons biologiques et les ont remis aux fins d'analyse au Secteur des sciences du MPO dans la région.

Vu la présence accrue des épaulards (population de l'Atlantique Nord-Ouest et de l'est de l'Arctique) et l'augmentation du trafic maritime autour de l'île de Baffin, le MPO a reçu plus de signalements que d'habitude concernant d'éventuelles perturbations de ces animaux par des navires d'observation de baleines.

Région du Pacifique

Le Programme d'intervention auprès des mammifères marins de la Colombie-Britannique a reçu un total de 370 signalements d'incidents impliquant des mammifères marins. Un total de 54 espèces de mammifères marins (44 espèces en péril et 10 autres espèces) ont fait l'objet d'une nécropsie ou d'un échantillonnage, y compris 21 marsouins communs, huit otaries de Steller, six loutres de mer, cinq otaries de Californie, trois épaulards, trois rorquals à bosse, un rorqual bleu, une baleine grise, un rorqual commun, une tortue verte, une baleine noire du Pacifique Nord, un dauphin à flancs blancs du Pacifique, un éléphant de mer et une baleine à bec de Cuviers.

La région affichait un nombre record d'incidents mettant en cause des navires qui perturbent des mammifères marins (64) et des interactions humaines avec des mammifères marins. Ces signalements ont été transmis à C et P aux fins d'examen supplémentaire. On comptait également un nombre élevé de marsouins communs échoués vivants puis morts (27), adultes et baleineaux confondus. Comme en témoigne le signalement de 33 incidents concernant des mammifères marins enchevêtrés (16 otaries, 11 rorquals à bosse, quatre phoques communs, marsouin commun et une baleine grise), les débris marins et les engins de pêche continuent de poser des problèmes d'enchevêtrement. Une équipe du MPO spécialisée en matière d'enchevêtrement a dégagé cinq rorquals à bosse et une baleine grise.

Au cours de l'été 2013, un épaulard migrateur juvénile est resté séparé de son groupe dans une baie isolée. On a décidé d'essayer de faire sortir l'animal de la baie afin d'augmenter les chances qu'il retrouve son groupe. Le MPO et l'équipe de l'Aquarium de Vancouver y sont parvenus et l'animal a été observé au sein de son groupe au bout de plusieurs semaines.

Formation nationale des agents de Conservation et Protection

Plusieurs séances de formation sur la fixation d'émetteurs stallites à de grandes baleines ont été données à des agents des pêches dans les régions du Pacifique, du Golfe et des Maritimes cette année, afin que ces agents soient mieux à même d'aider au dégagement de grandes baleines. Ces séances se sont révélées très utiles et comprenaient une formation en salle et une formation sur l'eau concernant la sécurité lors de l'approche de grandes baleines enchevêtrées et de la fixation d'émetteurs/de bouées satellites.

Réunion nationale sur les interventions d'urgences auprès d'animaux marins au Canada

En mars 2014, le groupe de travail sur les mammifères marins du MPO et des représentants d'autres secteurs du MPO et d'organisations partenaires externes se sont réunis pour discuter des plans et des priorités pour l'exercice financier 2014-2015. Cette réunion annuelle permet aux participants de discuter de questions clés afin de garantir la mise en œuvre du Programme d'intervention auprès des mammifères marins (PIMM).

Cette année, le groupe de travail sur les mammifères marins, en collaboration avec des représentants du programme des espèces en péril, de Conservation et Protection et de partenaires externes, ont déterminé quelles seraient les priorités des réseaux et les allocations de fonds pour l'exercice financier 2014-2015. De plus, le représentant de la Fédération canadienne de la faune a fourni une mise à jour sur la création du Comité directeur national sur les interventions d'urgence auprès des animaux marins, dont il avait été question à la réunion annuelle de 2013. Ce sont les réseaux d'intervention régionaux qui ont ressenti le besoin de créer ce comité directeur. Ils estimaient que la coordination de grandes questions nationales serait avantageuse, surtout celles qui favoriseraient l'union et le renforcement des réseaux et la mise en commun de connaissances spécialisées et de ressources.

Résumé des renseignements sur les interventions à l'échelle du Canada

En 2013-2014, 594 rapports d’incident ont été reçus, impliquant 703 animaux, espèces en péril et autres espèces combinées. Ces incidents comprennent des observations qui fournissent des renseignements précieux sur certains animaux, sans nécessiter d'intervention sur le terrain. Les renseignements reçus de la Région du Québec ne comprennent pas de rapports ni d'interventions concernant des pinnipèdes.

Figure 1. Comparaison du nombre de rapports d'incident reçus et du nombre d'interventions effectuées, avril 2013-mars 2014 (les renseignements de la Région du Québec n'incluent pas les pinnipèdes)

Figure 1. Comparaison du nombre de rapports d'incident reçus et du nombre d'interventions effectuées, avril 2013-mars 2014 (les renseignements de la Région du Québec n'incluent pas les pinnipèdes)

  Pacifique C et A Qc Golfe Maritimes T.-N.-L. Total
Nombre de rapports d'incident 370 5 22 59 90 48 594
Nombre d'interventions 148 5 16 47 37 28 281

Même si tous les rapports d'incident ne font pas l'objet d'une enquête sur le terrain, un suivi est assuré aussi souvent que possible. Dans certains cas, l'intervention sur les lieux n'est pas possible en raison de perturbations ou de déprédation, ou parce qu'il est impossible de retrouver l'animal ou la carcasse. Bien que tous les incidents soient consignés, il arrive souvent que l'on ne voie plus l'animal ou la carcasse en question, de sorte qu'aucun spécialiste n'est en mesure d'identifier l'espèce.

En cas d'intervention auprès d'espèces en péril ou d'espèces rares, on met tout en œuvre pour recueillir des données biométriques et, si possible, pratiquer une nécropsie. Les renseignements biométriques et issus des nécropsies fournissent au Ministère des données précieuses sur la taille de l'espèce, la classe d'âge, la cause de la mort, l'information alimentaire, la génétique, etc. Au cours de cet exercice, 48 nécropsies et 43 autres travaux d'échantillonnage ont été effectués à l'échelle nationale.

Interventions auprès des espèces en péril

Les interventions sur le terrain auprès des espèces en péril ont représenté 54 % des 280 interventions effectuées au total, sans compter les observations. La figure 2 compare le nombre d'incidents signalés concernant des espèces en péril et le nombre d'interventions sur le terrain auprès de ces espèces.

Figure 2. Comparaison du nombre de rapports d'incident reçus concernant des espèces en péril (LEP) et du nombre d;interventions effectuées auprès d'espèces en péril, avril 2013-mars 2014

Figure 2. Comparaison du nombre de rapports d'incident reçus concernant des espèces en péril (LEP) et du nombre d'interventions effectuées auprès d'espèces en péril, avril 2013-mars 2014

  Pacifique C et A Qc Golfe Maritimes T.-N.-L. Total
Nombre de rapports d'incident 370 5 22 59 90 48 594
Nombre d'interventions 148 5 16 47 37 28 281

Financement

Les interventions auprès des mammifères marins nécessitent un engagement financier considérable. À l'heure actuelle, Pêches et Océans Canada finance ces activités dans ses régions à hauteur de 300 000 $. Les partenaires externes (gouvernement provincial et acteurs non gouvernementaux) apportent un financement supplémentaire et mettent à profit leur expertise irremplaçable en matière de recherche et de connaissances scientifiques et vétérinaires sur les mammifères marins.

Plans et priorités en 2014-2015

Le Programme d'intervention auprès des mammifères marins du MPO est présent dans toutes les régions et sa réussite passe par la collaboration avec des partenaires externes. Le groupe de travail national sur les mammifères marins du MPO s'engage à collaborer avec les partenaires externes afin de fixer des priorités et d'établir des plans pour l'exercice financier 2014-2015, lesquels varieront d'une région à l'autre selon les besoins de chacune.

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