Impact économique des activités maritimes
au Canada
Impact Économiques - Secteur Privé
1. Secteur des poissons et fruits de mer
Secteur
Le secteur canadien des poissons et fruits de mer produit des recettes attribuables aux ventes de
l'ordre de 4 milliards de dollars, ce qui place généralement le Canada parmi les cinq premiers
pays exportateurs au monde.
Le secteur se compose de trois industries interreliées, soit la pêche, l'aquaculture et la
transformation du poisson.
- Pêche commerciale: SCIAN #11411 – Récolte du poisson dans son habitat naturel au
moyen de navires et d'engins spécialisés. Les navires comprennent des chalutiers, des
senneurs, des ligneurs, des palangriers, ainsi que divers types de bateaux à pont découvert
utilisés pour pêcher le homard, le crabe et pour la pêche en plongée. Les engins
comprennent des chaluts, des palangres, des sennes coulissantes, des lignes avec
hameçons, ainsi que divers types de pièges et de casiers.
- Aquaculture: SCIAN #11251 – Établissements participant à l'élevage dans les centres
piscicoles et à la production d'animaux aquatiques dans des environnements contrôlés en
faisant appel à divers types d'intervention (comme des parcs en filets, des cages, des
systèmes de suspension variés) afin d'accroître la production, incluant le stockage,
l'alimentation et la protection contre les prédateurs et les maladies.
- Préparation et emballage des poissons et fruits de mer: SCIAN #31171 –
Établissements participant au parage, à la préparation en filets, à la mise en conserve, au
fumage, au salage et à la congélation du poisson, ainsi qu'au décorticage et à l'emballage
des crustacés. Les navires-usines appartiennent à cette catégorie.
L'industrie de la pêche commerciale se compose de quelque 21 000 navires de pêche qui sont
principalement indépendants (tableau 3.1) et qui embauchent environ 40 000 personnes
(capitaines et membres d'équipage) principalement pendant les saisons de pêche. Le nombre de
navires et de détenteurs de permis a chuté de près du tiers sur la côte atlantique depuis le début
des années 1990, et de près de moitié sur la côte du Pacifique. Cette chute est attribuable en partie
à l'effondrement des stocks importants sur les deux côtes (le poisson de fond dans l'Atlantique et
le saumon dans le Pacifique), ainsi qu'en partie aux changements au niveau des systèmes de
gestion (soit les quotas transférables) qui favorisent une utilisation plus efficace des capitaux. Les
données définissant les tendances dans le domaine de la pêche sont énoncées dans la discussion
sur les impacts régionaux au chapitre V.
Tableau 3.1: Structure du secteur des poissons et fruits de mer au Canada, 2006
| Pêche commerciale |
Aquaculture |
Transformation |
| Navires |
Emplois |
Sites |
Emplois |
PlanUsinests |
Emplois |
| 21 000 |
40 000 |
2 906 |
5 450 |
752 |
38 100 |
Source: Ministères provinciaux des pêches et de l'aquaculture
Les navires vendent leurs prises aux usines de transformation ou à d'autres intermédiaires, alors
qu'un faible pourcentage se rend directement aux clients. On constate une intégration verticale
dans certaines pêcheries (propriété commune des navires de pêche et des usines de
transformation), même si cela représente une proportion relativement faible de la production
totale de l'industrie. La gestion de la pêche repose sur une combinaison de permis d'accès limité,
d'un total autorisé de captures et de quotas individuels, de restrictions au niveau de la taille du
poisson, ainsi que de restrictions au niveau de la saison, des engins et des navires.
L'industrie aquacole repose sur un ensemble d'opérations intégrées de façon verticale et
indépendantes (incluant les aquaculteurs à contrat) réalisée dans 2 906 sites licenciés (qui ne sont
pas tous actifs). Le saumon représente de 75 à 80% de la valeur de production, alors que les
moules et les huîtres représentent en majeure partie le reste. Plusieurs exploitations aquacoles
transforment leur propre production, même si la production aquacole est également acheminée
vers les usines desservant les pêcheurs commerciaux.
L'industrie de la transformation des poissons et fruits de mer se compose de 752 établissements
qui embauchent quelque 38 100 travailleurs occupant principalement des emplois saisonniers
(tableau 3.1). La plupart des usines s'arrachent les matières premières des navires de pêche
indépendants, alors que l'intégration verticale est généralement limitée au coût d'immobilisation
élevé de la pêche en haute mer, incluant celle qui autorise les navires-usines (comme la crevette
nordique, le pétoncle de mer et la mactre d'Amérique). Le nombre d'usines a chuté depuis le
début des années 1990, alors que l'industrie s'est consolidée en réaction à la baisse des
approvisionnements et du nombre de navires capables de procurer la matière première.
Production
Le secteur de la pêche commerciale au Canada produit habituellement près d'un million de tonnes
(poids débarqué) de matière première chaque année, pour une valeur s'élevant entre 1,8 et 2,2
milliards de dollars (tableau 3.2). La baisse de valeur des extrants depuis 2003 est attribuable en
partie à la baisse des débarquements, mais principalement à la baisse des recettes provenant des
exportations vers notre principal partenaire commercial, soit les É.-U. (en raison de la baisse de
valeur du dollar américain).
Le domaine de l'aquaculture présente une augmentation constante du tonnage et de la valeur
jusqu'en 2006, alors que la légère baisse de valeur constatée en 2007 résultait dans une grande
mesure de la pression au niveau des taux de change. La valeur des extrants repose simultanément
sur la valeur à la ferme et sur la valeur du produit final, puisque les statistiques officielles
comprennent la transformation aquacole, qui est un volet de l'industrie aquacole.
Entre le début et le milieu des années 2000, la valeur de production finale de l'industrie des
poissons et fruits de mer (soit la transformation plus l'aquaculture; la production de la pêche
commerciale est comprise dans la transformation) était stable tout juste en-dessous de 5 milliards
de dollars, alors que près de 80% étaient destinés aux marchés d'exportation. La baisse abrupte de
valeur de la production transformée dans les pêcheries maritimes en 2005 fut compensée par une
augmentation de la production aquacole (tableau 3.2). Cette baisse s'explique en partie par l'évolution du taux de change, mais également par une chute abrupte en 2005 des prix du crabe
des neiges, une espèce primordiale dans le domaine de la pêche dans l'Atlantique.
Tableau 3.2: Production des poissons et fruits de mer au Canada, 2003-2007
| |
Débarquements de la pêche commerciale |
Production aquacole |
Production transformation |
Industrie des poisssons et fruits de mer |
Valeur des exportations |
| tonnes |
0 $ |
tonnes |
0 $ |
0 $ |
0 $ |
0 $ |
| 2003 |
1 068 682 |
2 185 383 |
146 900 |
573 981 |
4 301 326 |
4 875 307 |
4 368 285 |
| 2004 |
1 130 260 |
2 213 428 |
138 400 |
526 828 |
4 301 326 |
4 840 438 |
4 306 948 |
| 2005 |
1 048 159 |
1 937 984 |
151 390 |
700 158 |
4 301 326 |
4 680 063 |
4 168 157 |
| 2006 |
1 030 041 |
1 820 281 |
167 800 |
895 031 |
3 962 305 |
4 857 336 |
3 951 772 |
| 2007 |
972 628 |
1 887 543 |
166 170 |
787 494 |
S/O |
S/O |
3 726 594 |
Source: MPO http://www.dfo-mpo.gc.ca/stats-fra.htm; Statistiques Canada, tableau spécial
Statistiques Canada, no de cat. 301-0006
Questions et ajustements aux données
- Lorsqu'on doit produire une estimation de l'impact global du secteur des poissons et
fruits de mer, il faut faire preuve de prudence afin d'éliminer le comptage en double des
cas de corrélation en amont avec les pêches et l'aquaculture afin d'estimer les impacts
indirects et induits de l'industrie de la transformation. Pour ce faire, on doit réduire les
achats de l'industrie de la pêche à zéro au moment d'estimer les impacts de l'industrie de
la transformation.
Impact économique
Le secteur des poissons et fruits de mer a généré 3,9 milliards de dollars en PIB (tableau 3.3) pour
des recettes totales à peine inférieures à 4,9 milliards en 2006 (tableau 3.2). Le secteur a créé
l'équivalent de 37 255 emplois directs à temps plein (le nombre d'emplois directs réel est presque
deux fois plus élevé en raison de la variation saisonnière) et 25 200 emplois de plus attribuables
aux activités indirectes. Ces emplois ont donné lieu à près de 2,3 milliards de dollars en revenus
pour les foyers.
Tableau 3.3: Impact économique du secteur des poissons et fruits de mer au Canada, 2006
| PIB et revenu en 000 $ - Emplois - nombre d'ÉTP |
Pêche |
Aquaculture |
Transformation1 |
Secteur des poissons et fruits de mer |
| Impact direct |
| PIB |
929 861 |
289 010 |
932 433 |
2 151 304 |
| Emplois |
10 098 |
4 173 |
22 983 |
37 255 |
| Revenu |
623 943 |
121 845 |
650 887 |
1 396 675 |
| Impact indirect |
| PIB |
220 891 |
204 659 |
566 486 |
992 037 |
| Emplois |
3 416 |
2 936 |
7 863 |
14 215 |
| Revenu |
119 958 |
102 429 |
214 123 |
436 510 |
| Impact induit |
| PIB |
302 414 |
141 140 |
297 283 |
740 837 |
| Emplois |
3 447 |
2 012 |
5 625 |
11 084 |
| Revenu |
213 573 |
70 409 |
178 830 |
462 811 |
| Impact total |
| PIB |
1 453 167 |
634 810 |
1 796 202 |
3 884 178 |
| Emplois |
16 961 |
9 121 |
36 472 |
62 554 |
| Revenu |
957 474 |
294 683 |
1 043 840 |
2 295 997 |
1Les impacts indirects et induits de l'industrie de la transformation sont ajustés afin d'éliminer le comptage en double de la
pêche.
Source: Modèle d'entrée-sortie interprovincial de Statistiques Canada, version de 2005.
2. Secteur du pétrole et du gaz naturel en mer
Secteur
Le secteur du pétrole et du gaz naturel en mer a généré des recettes dans les 9 milliards de dollars
(2006) attribuables aux ventes, alors que la production fut exportée en majeure partie vers les É.-
U.
Le secteur se compose de deux industries interreliées : soit l'extraction du pétrole brut et du gaz
naturel, ainsi que les activités de soutien aux opérations relatives au pétrole et au gaz naturel:
- Extraction: SCIAN #211111 – Cette industrie se compose d'établissements participant
principalement à l'exploitation, au développement et à la production du pétrole ou du gaz
naturel à partir de puits à l'intérieur desquels circulent des hydrocarbures en faisant appel
aux techniques de pompage normales. Les installations en mer comprennent des systèmes
de production fixes ou flottants, alors qu'on transporte les hydrocarbures vers les
installations à terre par navire ou au moyen d'un pipeline.
- Activités de soutien: SCIAN #213111/2 – Cette industrie se compose d'établissements
participant principalement aux activités sur une base contractuelle dans le cadre des
opérations concernant le pétrole et le gaz naturel. Ces opérations comprennent le forage
d'exploration, ainsi que les divers services nécessaires pour procéder à l'essai d'un puits
et le préparer en vue de la production (installation du cuvelage, cimentation, perforation
des cuvelages des puits, acidification et traitement chimique des puits).
À ce jour, l'extraction du pétrole et du gaz naturel en mer ne s'effectue que sur la côte est du
Canada. Trois projets dans le domaine du pétrole brut ont été mis sur pied et la production est en
cours sur les Grands bancs au large de Terre-Neuve et Labrador (Hibernia, Terra Nova et White
Rose), alors qu'un autre projet se trouve au stade de planification (Hebron). Un projet de gaz
naturel a été mis sur pied et est en cours de production sur la plate-forme Scotian au large de la Nouvelle-Écosse (Sable), alors qu'un autre est au stade de planification (Deep Panuke). Compte
tenu des sommes substantielles nécessaires pour développer ces projets (plusieurs milliards de
dollars chacun), tous les projets sont développés par des consortia de grandes sociétés pétrolières.
Tableau 3.4: Secteur du pétrole et du gaz naturel en mer, coûts d'exploitation et emplois, 2006
| |
Extraction |
Activités de soutien |
| Projets # |
Coûts d'exploitation millions $ |
Emplois ÉTP |
Nombre de puits percés |
Coût millions $ |
Emplois ÉTP |
| 4 |
1 300 |
3 000 |
6 |
185 |
200 |
Source: CNLOPB/OCNEHE
Les services de soutien (exploration) comprenaient six puits en 2006, ceux-ci étant tous situés sur
les Grands bancs. Quatre de ces puits ont été forés afin de délimiter le champ White Rose, alors
que deux autres étaient des puits d'exploration. On réalise habituellement un programme de
forage avec une plate-forme de forage autoélévatrice ou une plate-forme semi-submersible avec
l'appui de navires d'approvisionnement et de sécurité, d'hélicoptères et de services variés de
finition et d'essai. Les activités d'exploration sur les Grands bancs ont été relativement stables au
cours de la dernière décennie, alors que les résultats décevants sur la plate-forme Scotian ont
entraîné une baisse de l'exploration dans cette zone. L'exploration en mer est une activité
dispendieuse, alors que les puits coûtent habituellement de 30 à 40 millions de dollars.
Production
Ensemble, les trois projets pétroliers ont produit 125 millions de barils de pétrole brut en 2008,
pour une valeur totale de 12,9 milliards de dollars (tableau 3.5). L'augmentation substantielle de
valeur depuis 2004 était attribuable aux prix croissants du pétrole, qui ont plus que compensé la
baisse de valeur du dollar américain.
Des augmentations comparables au niveau des prix du gaz naturel ont permis d'accroître la valeur
de la production du gaz naturel de Sable à 1,5 milliard de dollars en 2005. La baisse en 2006 était
attribuable à la baisse de production, à des prix plus faibles et à la valeur réduite du dollar
américain. La production a repris en 2007 avec l'ajout d'une plate-forme de compression et,
compte tenu de l'augmentation des prix, les recettes sont passées à un montant estimé de 1,46
milliard de dollars en 2008.
Tableau 3.5: Production de pétrole en mer au Canada, 2002-2008
| |
Pétrole br |
Gaz naturel |
| millions de barils |
millions $ |
milliards de pieds cubes |
millions $ |
| 2002 |
104 |
4 082 |
193 |
827 |
| 2003 |
123 |
4 994 |
165 |
1 152 |
| 2004 |
115 |
5 681 |
153 |
1 096 |
| 2005 |
111 |
7 387 |
149 |
1 518 |
| 2006 |
110 |
8 108 |
134 |
1 014 |
| 2007 |
134 |
10 435 |
155 |
1 079 |
| 2008 |
125 |
12 917 |
164 |
1 462 |
Source: Voir la dérivation et les sources à l'annexe A.
Questions et ajustements aux données
- Statistiques Canada ne publie pas les données relatives aux extrants et au PIB pour le
secteur des activités en mer pour des raisons de confidentialité (trop peu de producteurs).
L'application des prix du pétrole brut et du gaz naturel aux données de production
(disponibles auprès des conseils du pétrole en mer correspondants) permettent de
connaître la valeur des extrants nécessaires afin d'estimer les impacts. Ces résultats sont
présentés au tableau 3.5, alors que la façon de dériver les estimations est présentée à
l'annexe A.
- L'impact du PIB nominal total est attribué aux provinces correspondantes (Terre-Neuve
et Labrador et la Nouvelle-Écosse), puisque c'est à ces endroits que s'effectue la
production. L'estimation des impacts directs au niveau de l'emploi et des revenus pose un
problème, puisque les dépenses produisant ces impacts ne sont pas toutes effectuées dans
les provinces et parce que les impacts directs ne sont pas déclarés pour des raisons de
confidentialité. Ces impacts sont calculés à partir de la part des dépenses totales réalisées
dans les provinces (et provenant des conseils du pétrole en mer correspondants) et sont
ajustés en fonction des valeurs publiées de ces indicateurs.
Impacts économiques
Le secteur du pétrole et du gaz naturel en mer a généré un PIB total de 9,3 milliards de dollars
(tableau 3.6) sur des recettes totales de 9,1 milliards de dollars en 2006 (tableau 3.5). Ce secteur a
créé 3 800 emplois directs et 4 600 autres dans des activités indirectes. Ces emplois ont créé 465
millions de dollars en revenu du travail. Mentionnons cependant que le PIB direct est attribuable en
grande partie aux profits et aux paiements sur la dette (rendement des capitaux), dont la plupart
quittent les provinces d'origine (les redevances attribuables aux ressources demeurent). Cela ne
signifie pas qu'on devrait ajuster le PIB. Alors que le PIB reflète avec précision le revenu produit
dans une zone donnée, il n'indique pas nécessairement le revenu injecté dans l'économie de cette
région. À cet égard, le pétrole et le gaz naturel constituent simplement un exemple extrême de
nombreuses autres industries dont les revenus sont versés en tant que paiements aux propriétaires
de capitaux qui demeurent à l'extérieur de la zone où ce revenu est généré.
En plus des emplois et des revenus résultant du développement et de la production sur le terrain,
les provinces productrices tirent des profits énormes des redevances. En 2007, par exemple,
Terre-Neuve et Labrador a recueilli 1,5 milliard de dollars en redevances, alors que ce montant
atteignait 380 millions de dollars en Nouvelle-Écosse.
Tableau 3.6: Impact économique du secteur du pétrole et du gaz naturel en mer au Canada, 2006
| PIB et revenu en 000 $ - Emplois - nombre d'ÉTP |
pétrole et de gaz naturel |
Services de soutien |
pétrole et du gaz naturel |
| Impact direct |
| PIB |
7 753 603 |
85 560 |
7 839 163 |
| Emplois |
3 334 |
488 |
3 822 |
| Revenu |
227 039 |
35 340 |
262 379 |
| Impact indirect |
| PIB |
952 713 |
35 340 |
988 053 |
| Emplois |
2 800 |
271 |
3 071 |
| Revenu |
115 558 |
13 020 |
128 578 |
| Impact induit |
| PIB |
435 316 |
26 598 |
461 914 |
| Emplois |
1 365 |
160 |
1 524 |
| Revenu |
63 252 |
11 160 |
74 412 |
| Impact total |
| PIB |
9 141 632 |
147 498 |
9 289 130 |
| Emplois |
7 498 |
919 |
8 417 |
| Revenu |
405 850 |
59 520 |
465 370 |
Source: CNLOPB/OCNEHE; Modèle d'entrée-sortie interprovincial de Statistiques Canada, version de 2005.
3. Secteur du transport maritime
Secteur
Le secteur du transport maritime génère des recettes qu'on estime à 6,5 milliards de dollars
(2006) attribuables au transport de cargaisons domestiques et internationales en haute mer et sur
les voies maritimes côtières (à l'exception de la voie maritime des Grands Lacs et du Saint-
Laurent en amont de Montréal).
Ce secteur se compose de deux industries étroitement liées, soit le transport sur l'eau et les
activités de soutien du transport sur l'eau :
- Transport sur l'eau: SCIAN #48311 – Cette industrie comporte des établissements
impliqués principalement dans les services de navigation en haute mer, sur les côtes, sur
les Grands Lacs, ainsi que dans la voie maritime du Saint-Laurent pour les marchandises
et les passagers (incluant les traversiers et les navires de croisière). [Seuls les impacts
attribuables à la navigation en haute mer et sur les côtes (incluant les traversiers et les
navires de croisière) sont abordés dans cette étude.]
- Activités de soutien au trafic maritime: SCIAN #4883 – Cette industrie présente quatre
éléments secondaires, soit les opérations portuaires, la manutention des cargaisons
maritimes, les services de navigation (pilotage, remorqueurs, entrée au bassin, sauvetage)
et d'autres services au niveau du transport maritime (surveillance/vérification des
cargaisons, services d'approvisionnement des navires, dock flottant servant à l'entretien).
Le trafic maritime comprend l'aspect du secteur concernant les navires, la compilation des
activités des sociétés d'expédition et de traversiers seulement. L'industrie peut se diviser en deux
segments, soit « pour embauche » et « pour son propre compte ». Seuls les résultats financiers du segment « pour embauche » sont compris dans les statistiques officielles. L'industrie ne tient pas
compte de l'aspect 'transport maritime' des sociétés qui intègrent l'expédition à leurs opérations
(« pour son propre compte »). En 2006, après quelques années d'analyse, Statistiques Canada
complétait un compte satellite afin de donner un aperçu des activités pour son propre compte. On
venait à la conclusion, dans ce rapport, que si les activités pour son propre compte étaient
comprises dans les statistiques officielles, on ferait plus que doubler la contribution de l'industrie
au PIB. Les données sur les navires au tableau 3.7 comprennent les segments « pour embauche »
et « pour son propre compte » de l'industrie.
Tableau 3.7: Structure de l'industrie du transport maritime au Canada, 2007
| Principaux ports |
Navires battant pavillon canadien |
| Administrations portuaires |
Transport Canada |
# Cargos |
Milliers de TB |
# Traversiers |
Milliers de TB |
| 19 |
77 |
110 |
1 780 |
72 |
428 |
Source: Transports Canada, Le transport au Canada, 2007
Les activités de soutien au transport maritime concernent l'aspect portuaire du secteur, alors
qu'on tient compte des activités qui se déroulent lorsque le navire entre au port, qu'il décharge sa
cargaison ou qu'il transporte des passagers. Cela n'est pas une activité indirecte par rapport au
transport sur l'eau, mais plutôt une industrie distincte.
Le Canada compte 96 ports majeurs, dont 19 sont gérés par les administrations portuaires
canadiennes et 77 par Transports Canada. Parmi les ports gérés par les administrations portuaires
canadiennes, 15 se trouvent sur la côte du Pacifique (6) ou de l'Atlantique (9); et de ceux gérés
par Transports Canada, 55 sont des ports maritimes (40 dans l'Atlantique et 15 dans le Pacifique).
Aux fins de cette étude, les activités aux ports des APC situés à Québec et Montréal sont
comprises dans l'analyse. Les ports en amont de la voie maritime des Grands Lacs et du Saint-
Laurent sont exclus.
Production
Le volet maritime du secteur du trafic maritime a généré des recettes qu'on estime à 6,3 milliards
de dollars au Canada en 2006. Le segment du transport maritime (SCIAN 48311) représentait 2,8
milliards de dollars, alors que les activités de soutien (SCIAN 4883) ont amené un montant estimé
à 3,5 milliards de dollars (tableau 3.8).
Tableau 3.8: Production du secteur du transport maritime au Canada, 2001-2005
| Année |
Mouvements de navires # |
Cargo (000 t) |
Cargo (% conteneur) |
Recettes du transport sur l'eau (m $) |
Recettes des activités de soutien (m $) |
Recettes totales (m $) |
Affectations de pilotage # |
| 2001 |
- |
394 700 |
8.2 |
2 021 |
2 535 |
4 556 |
50 992 |
| 2002 |
40 048 |
408 141 |
9 |
2 191 |
2 748 |
4 939 |
51 118 |
| 2003 |
40 926 |
443 779 |
9.2 |
2 369 |
2 971 |
5 340 |
51 004 |
| 2004 |
40 705 |
453 280 |
9.9 |
2 429 |
3 019 |
5 448 |
51 917 |
| 2005 |
42 919 |
470 109 |
9.6 |
2 626 |
3 290 |
5 916 |
53 549 |
| 2006 1 |
S/O |
S/O |
S/O |
2 783 |
3 487 |
6 270 |
S/O |
Source: Statistiques Canada, La navigation au Canada en 2005; Transports Canada, Le transport au Canada 2007
1Données sur les recettes de 2006 estimées à partir du PIB de 2006 basées sur un rapport de ,367 entre le PIB/recettes de 2005.
L'activité industrielle se caractérise par la multiplication des mouvements de navires et par
l'augmentation du tonnage des cargaisons. Soulignons également, au tableau 3.8, la part croissante du
tonnage total que représente le trafic des conteneurs. Cette tendance touche principalement trois ports,
soit Vancouver, Montréal et Halifax. Malgré qu'elle soit en hausse, la part relativement limitée du
tonnage total attribuable aux conteneurs reflète l'importance des ports maritimes du Canada où l'on
expédie des cargaisons volumineuses, incluant des produits comme le pétrole, divers minéraux
métalliques et non métalliques, ainsi que du blé. Les cas de pilotage ont augmenté en fonction des
mouvements des navires.
Questions et ajustements aux données
- Statistiques Canada ne déclare pas le PIB ou d'autres données séparément des activités dans
les domaines du transport sur l'eau, par train, par camion ou par avion. Sans de tels rapports
distincts, si on devait élaborer une image détaillée du secteur du transport maritime, il serait
nécessaire d'estimer la contribution des activités de soutien en faisant appel à des méthodes
indirectes. L'estimation présentée au tableau 3.8 repose sur les données historiques (1997-
2000) faisant la distinction entre les SCIAN 48311 et 4883, sans compter qu'elle a permis la
contribution relative au PIB des industries qu'il reste à déterminer (le rapport entre les
SCIAN 4883/48311 est de 1.5:1.0). En procédant à l'inverse à partir de ce rapport, il est
possible de déduire la valeur des extrants du SCIAN 4883 qu'on peut voir au tableau 3.8. Le
rapport du PIB est confirmé par les données actuelles concernant des données aux É.-U. (le
U.S. Bureau of Census présente le PIB du SCIAN 4883 et les activités de soumission des
autres modes de transport). En utilisant ce rapport pour le SCIAN 48311, on peut connaître
celui du SCIAN 4883, ce qui servira de base afin d'estimer les impacts sur l'industrie en
général (voir l'annexe B).
- Une autre lacune repose sur l'exclusion de l'activité de navigation « pour son propre
compte ». Alors qu'à proprement parler, cette activité ne fait pas partie, de par sa définition,
de l'industrie du transport maritime, le défaut de l'inclure donne néanmoins lieu à une sousestimation
substantielle de la contribution de l'environnement maritime au bien-être
économique. On peut ainsi invoquer un argument irréfutable afin de combler cette lacune en
faisant appel aux estimations des comptes par satellite, ce qui aurait efficacement pour effet
d'accroître de 130% les impacts au niveau du trafic maritime (SCIAN 48311). Il est
cependant plus difficile de dire s'il est possible de justifier le même ajustement au niveau
des activités de soutien (SCIAN 4883). Toutes ou presque toutes les activités de soutien
seraient présumément attribuables à des navires « pour son propre compte » et compilées
dans les données du SCIAN 4883, et ce, peu importe leur désignation industrielle, pourvu
que les opérations commerciales se déroulent au point d'approche minimale ou aux ports de
TC dont Statistiques Canada compile les données. L'ampleur des activités dans les ports
privés est inconnue et on n'en tient pas compte dans les données sur les activités de soutien.
- On ne dispose ni des extrants (recettes) ni des données sur les cargaisons pour 2006. On a
obtenu les recettes de 2006 présentées au tableau 3.8 en utilisant le rapport entre le PIB et
les recettes de 2005 (.367) à la valeur estimée du PIB en dollars courants pour 2006. On
calcule l'estimation en appliquant une croissance de 6% au PIB de 2005 en se basant sur la
croissance réelle du PIB de 2005-06 dans le domaine du transport maritime. Les données
du PIB par industrie pour 2006 en dollars enchaînés (2002) sont disponibles auprès de
Statistiques Canada.
Impact économique
Les segments du secteur du transport sur l'eau que représentent la haute mer et les côtes ont
produit un PIB total de 5,5 milliards de dollars (tableau 3.9) pour des recettes totales d'à peine
inférieures à 6,3 milliards de dollars (tableau 3.8). Le secteur a créé environ 41 560 emplois
directs et 36 400 autres emplois dans des activités indirectes. Ces emplois ont généré un revenu
du travail de près de 3,7 milliards de dollars.
Ces impacts ne reflètent que le volet « pour embauche » de l'industrie et, par conséquent, ils
représentent une estimation conservatrice de l'importance économique du secteur du transport sur
l'eau.
Tableau 3.9: Impact économique du secteur du transport maritime au Canada
| PIB et revenu en 000 $ - Emplois - nombre d'ÉTP |
Transport maritime |
Activités de soutien |
Secteur du transport maritime |
| Impact direct |
| PIB |
1 211 790 |
1 826 641 |
3 038 431 |
| Emplois |
14 506 |
27 086 |
41 592 |
| Revenu |
845 742 |
1 209 378 |
2 055 120 |
| Impact indirect |
| PIB |
497 318 |
633 509 |
1 130 827 |
| Emplois |
6 633 |
11 718 |
18 351 |
| Revenu |
288 256 |
399 305 |
687 561 |
| Impact induit |
| PIB |
553 693 |
796 101 |
1 349 794 |
| Emplois |
6 380 |
11 713 |
18 093 |
| Revenu |
382 854 |
540 755 |
923 608 |
| Impact total |
| PIB |
2 262 801 |
3 256 251 |
5 519 052 |
| Emplois |
27 518 |
50 517 |
78 035 |
| Revenu |
1 516 852 |
2 149 437 |
3 666 289 |
Source: Modèle d'entrée-sortie interprovincial de Statistiques Canada, version de 2005.
4. Tourisme et loisirs
Secteur
Le tourisme ne présente aucune classification en vertu du SCIAN, puisqu'il recoupe plusieurs
industries établies, dont le transport, l'hébergement et la restauration. Néanmoins, on reconnaît
généralement le tourisme comme une source majeure d'impact économique et, pour cette raison,
il constitue un des sujets d'analyse dans le cadre des activités maritimes.
En raison, principalement, de la portée et de la précision des sources de données, le tourisme est
réparti en trois domaines de dépenses aux fins de cette analyse, soit la pêche sportive en mer, les
voyages à bord des navires de croisière, ainsi que le tourisme côtier sous forme d'activités
récréatives sur l'eau. Dans chacun des cas, les activités sont habituellement saisonnières, alors
qu'elles durent de 2 à 6 mois dans la plupart des régions côtières du Canada. Un survol de chaque
activité et les estimations des dépenses sont présentés à l'annexe C.
- Pêche sportive: Cette activité comprend la pêche en eau salée et dans les estuaires en
faisant appel à des navires nolisés et des guides, ainsi qu'à ses propres navires et
installations.
- Voyages à bord de navires de croisière: Ce secteur est apparu au cours de la dernière
décennie comme une des principales sources saisonnières d'activité touristique. Sur la
côte est, les croisiéristes offrent des voyages de retour entre le nord-est des É.-U. et les
ports sur le Saint-Laurent, incluant divers ports d'escale dans les provinces de
l'Atlantique. Sur la côte ouest, Vancouver est un port d'attache, alors qu'on dénombre
plusieurs ports d'escale en route vers l'Alaska.
- Tourisme et loisirs côtiers: Ce volet comprend le tourisme sur les océans (observation
des baleines, visite de points d'intérêt, randonnée pédestre sur les côtes, plongée, kayak),
ainsi que la voile, les croisières et la visite des plages et d'autres emplacements
maritimes. Ce segment comprend les touristes résidents et de l'étranger, ainsi que les
résidents locaux.
Les données au tableau 3.10 nous présentent un survol des principaux indicateurs de l'industrie,
incluant les dépenses moyennes par voyage ou par individu servant de base aux estimations des
impacts. (Nota : Les estimations reposent sur les dépenses réelles; les valeurs non marchandes ne
sont pas comprises.) Dans le cas de la pêche sportive et des loisirs sur les côtes, les dépenses sont
consacrées aux voyages, à l'hébergement, aux aliments, aux vols nolisés, ainsi qu'à l'équipement.
Dans le cas des voyages à bord des navires de croisière, les impacts reposent sur les dépenses des
passagers et des membres d'équipage dans les ports d'escale. Les dépenses moyennes présentées
au tableau 3.10 ne comprennent pas les dépenses par navire de croisière incluant les droits de
port, le carburant et les provisions. Ces dépenses appartiennent à la catégorie du transport
maritime.
Tableau 3:10: Activités de tourisme et loisir au Canada, 2006
| Pêche sportive |
Navires de croisière |
Tourisme côtier1 |
| Jours |
Dépenses moyennes par jour $ |
Appels de navire # |
Passagers |
Dépenses moyennes par passager $ |
Jours |
Dépenses moyennes par joury $ |
| 3 210 |
242 |
1 000 |
1 749 |
270 |
36 278 |
47 |
Source: Annexe C
1La navigation de plaisance n'est pas comprise dans ces chiffres, mais uniquement dans le total des dépenses,
puisque les nombres de jours de participation n'étaient pas disponibles.
Production
Les activités dans le domaine du tourisme maritime on généré des dépenses de près de 4,3
milliards de dollars au Canada en 2006. Les dépenses de la part des touristes participant aux
activités côtières représentent à peine plus de 73% des dépenses totales, suivies de la pêche
sportive avec 17% et des voyages à bord de navires de croisière avec 10%. À l'annexe C, on
présente une explication détaillée de la façon dont on a calculé ces dépenses.
Tableau 3.11: Dépenses touristiques au Canada, 2002-2006
(millions $)
| |
Pêche sportive |
Navires de croisière |
Tourisme côtier |
Total |
| 2002 |
693 |
334 |
S/O |
S/O |
| 2003 |
714 |
337 |
S/O |
S/O |
| 2004 |
736 |
411 |
S/O |
S/O |
| 2005 |
757 |
442 |
S/O |
S/O |
| 2006 |
778 |
472 |
3 093 |
4 344 |
Source: Annexe C
Questions et ajustements aux données
- Les données globales portant sur le secteur touristique ne font pas l'objet d'une
compilation systématique au Canada. Les estimations des dépenses ou des impacts dans
le domaine touristique tendent à être particulières à certaines activités ou très générales,
sans compter qu'on les recueille habituellement dans le cadre de sondages. Une lacune
continue lors des études d'impact sur les océans a consisté dans l'absence de priorisation
des activités touchant les océans lors de ces sondages. Par conséquent, les estimations des
impacts sur les océans étaient, au mieux, partielles ou, au pire, complètes, mais basées sur
des hypothèses difficiles à vérifier.
- Les estimations qu'on retrouve dans cette étude proviennent de sources variées. Deux
sont axées précisément sur les activités touristiques dans le domaine maritime, les
voyages à bord de navires de croisière, ainsi que la pêche sportive. Les autres, dont
l'Enquête sur les voyages des résidents du Canada (EVRC), réalisées à tous les trimestres
par Statistiques Canada, ainsi que l'Enquête de Statistiques Canada sur les activités et les
préférences en matière de voyages concernent le tourisme de façon générale, mais elles
permettent à l'analyste d'extraire les données sur la participation (jours et dépenses dans
le cas de l'enquête sur les voyages) sur les activités particulières, dont plusieurs dans le
domaine des océans. Une autre source, intitulée Economic Impact of the Canadian
Recreational Boating Industry (2006), nous présente les dépenses par province, mais
uniquement pour 2006. Par conséquent, les données sont incomplètes pour 2002 – 2005.
- Collectivement, ces sources nous donnent une bonne approximation de l'impact
économique des activités touristiques et de loisir dans le domaine des océans. L'aspect le
plus faible de l'analyse reposerait habituellement sur l'évaluation des activités de loisir
sur les côtes. Cependant, puisqu'aucun sondage ne concerne précisément les activités de
loisir dans le domaine des océans, la combinaison de l'EVRC et de l'Enquête sur les
activités de voyage sert de base à une estimation passablement complète des impacts des
loisirs dans le domaine des océans (même si les valeurs non marchandes ne sont pas
comprises). On doit déployer davantage d'efforts pour estimer les dépenses associées aux
activités des résidents locaux sur les plages.
Impact économique
Le secteur touristique dans le domaine des océans a généré 4,2 milliards de dollars au niveau du
PIB (tableau 3.11). Le secteur a créé au-delà de 45 400 emplois directs et 46 400 emplois de plus au
niveau des activités indirectes. Ces emplois ont généré presque 3,2 milliards de dollars en revenu du
travail.
Tableau 3.12: Impact du tourisme sur les océans au Canada, 2006
| PIB et revenu en 000 $ - Emplois - nombre d'ÉTP |
Pêche sportive |
Voyages sur des navires de croisière |
Tourisme côtier |
Total pour le tourisme maritime |
| Impact direct |
| PIB |
338 992 |
205 463 |
1 345 598 |
1 890 053 |
| Emplois |
8 151 |
4 941 |
32 357 |
45 449 |
| Revenu |
259 915 |
157 534 |
1 031 708 |
1 449 157 |
| Impact indirect |
| PIB |
233 318 |
141 413 |
926 133 |
1 300 864 |
| Emplois |
4 492 |
2 723 |
17 831 |
25 045 |
| Revenu |
165 429 |
100 266 |
656 656 |
922 351 |
| Impact induit |
| PIB |
182 558 |
110 648 |
724 646 |
1 017 852 |
| Emplois |
3 838 |
2 327 |
15 237 |
21 402 |
| Revenu |
142 452 |
86 340 |
565 449 |
794 240 |
| Impact total |
| PIB |
754 868 |
457 524 |
2 996 377 |
4 208 770 |
| Emplois |
16 482 |
9 990 |
65 424 |
91 896 |
| Revenu |
567 796 |
344 140 |
2 253 812 |
3 165 748 |
Source: Modèle d'entrée-sortie interprovincial de Statistiques Canada, version de 2005.
5. Construction maritime
Secteur
La construction maritime comprend les activités de construction qui se déroulent dans
l'environnement maritime. Deux types de construction maritime sont compris dans cette étude,
soit les ports et le développement pétrolier et gazier en mer (aménagement d'installations). En
vertu du SCIAN, la construction maritime fait partie d'une catégorie de construction générale :
- Construction lourde et dans le domaine du génie civil : SCIAN #2379 –
Établissements participant principalement à la construction d'ouvrages lourds et de génie
civil impliquant des activités par des corps de métier spécialisés, comme le battage de
pieux et le dragage, incluant le développement d'installations maritimes.
La quantification des activités de construction dans le domaine maritime repose sur quatre
sources de données distinctes :
- Les administrations portuaires et les exploitants/utilisateurs des ports (incluant les
traversiers en C.-B.) en ce qui concerne la construction des ouvrages, incluant les quais et
les installations de manutention du fret.
- Pêches et Océans Canada en ce qui concerne la construction et l'entretien des ports pour
petits bateaux.
- Le ministère de la Défense nationale dans les domaines de la construction et de
l'entretien des bases et des installations navales.
- L'industrie pétrolière et gazière en ce qui concerne l'exploitation des champs pétrolifères
en mer.
Production
La valeur des activités de construction maritime au Canada varie d'environ 420 à 590 millions de
dollars chaque année entre 2002 et 2006, avec des dépenses annuelles moyennes de 535 millions
de dollars consacrées aux immobilisations (les chiffres présentés au tableau 3.13 ont été ajustés
pour tenir compte de l'inflation et son exprimés en dollars de 2005). L'exploitation de champs
pétrolifères et gaziers au large de Terre-Neuve et Labrador et de la Nouvelle-Écosse représente
près de la moitié du total. On estime les impacts économiques à partir de la moyenne de 5 ans des
dépenses d'immobilisations. Ces dépenses sont d'ailleurs présentées en détail à l'annexe D.
Tableau 3.13: Construction maritime au Canada, 2002-2006
| Dépenses en 000$ (2005) |
Ports |
Ports pour petits |
Défense nationale |
Pétrole et gaz naturel |
Traversiers en C.-B. |
Total |
| 2002 |
95 435 |
S/O |
82 519 |
316 815 |
39 378 |
S/O |
| 2003 |
69 637 |
28 776 |
79 031 |
369 957 |
39 574 |
586 975 |
| 2004 |
83 291 |
27 931 |
73 060 |
329 124 |
73 630 |
587 036 |
| 2005 |
90 736 |
25 094 |
97 119 |
204 750 |
101 000 |
518 699 |
| 2006 |
139 563 |
27 504 |
88 534 |
118 272 |
45 806 |
419 679 |
| Moyenne de 5 ans |
95 732 |
27 326 |
84 052 |
267 784 |
59 878 |
534 772 |
Source: Annexe D
Questions et ajustements aux données
- Les données relatives aux ports ne comprennent pas les activités de construction dans les
ports privés et les marinas pour lesquelles on ne compile aucune donnée. Par conséquent,
les résultats présentés au tableau 3.13 constituent une sous-estimation des dépenses
réelles consacrées aux immobilisations.
- Les rapports publiés sur les dépenses consacrées à l'exploitation pétrolière et gazière
indiquent avec précision les dépenses locales (provinciales), mais sans faire la distinction
entre les activités de fabrication et d'installation. Par conséquent, les données au tableau
3.13 constituent une exagération de ce qu'on considérerait comme une activité de
construction véritable (installation). Néanmoins, même s'il ne s'agit pas d'impacts
véritables au niveau des activités de construction, les chiffres nous indiquent avec
précision le niveau d'activité dans les provinces qui contribuent à l'impact économique
découlant de l'exploitation en mer.
Impact économique
Le secteur de la construction maritime a généré 440 millions de dollars au niveau du PIB global
(tableau 3.14) pour des dépenses totales atteignant les 535 millions de dollars (tableau 3.13). Le
secteur a créé tout près de 2 410 emplois directs en 2006 et 3 200 emplois de plus qui sont
attribuables aux activités indirectes. Ces emplois ont généré au-delà de 270 millions de dollars en
revenu du travail.
Tableau 3.14: Impact économique de la construction maritime au Canada, 2006
| PIB et revenu en 000 $ - Emplois - nombre d'ÉTP |
Ports |
Pétrole et gaz naturel en mer |
Total pour la construction maritime |
| Impact direct |
| PIB |
106 796 |
125 607 |
232 402 |
| Emplois |
1 569 |
841 |
2 410 |
| Revenu |
69 417 |
65 926 |
135 343 |
| Impact indirect |
| PIB |
66 655 |
47 193 |
113 847 |
| Emplois |
1 572 |
423 |
1 996 |
| Revenu |
57 287 |
16 067 |
73 355 |
| Impact induit |
| PIB |
53 708 |
41 282 |
94 990 |
| Emplois |
909 |
285 |
1 194 |
| Revenu |
40 686 |
21 417 |
62 103 |
| Impact total |
| PIB |
227 158 |
214 082 |
441 240 |
| Emplois |
4 051 |
1 549 |
5 600 |
| Revenu |
167 390 |
103 409 |
270 800 |
Source: Modèle d'entrée-sortie interprovincial de Statistiques Canada, version de 2005.
6. Construction navale, réparation et fabrication de
bateaux
Secteur
Ce secteur comporte deux industries, soit la construction navale, ainsi que la réparation et la
fabrication de bateaux. En 2006, elles ont généré des recettes totales de l'ordre de 1,1 milliard de
dollars.
- Construction navale et réparation: SCIAN #336611 – Cette industrie comprend des
établissements participant principalement à l'exploitation d'un chantier naval doté
d'installations fixes, incluant des cales sèches et de l'équipement de fabrication
permettant de construire et de réparer des navires (qui ne sont pas destinés à un usage
personnel).
- Fabrication de bateaux: SCIAN #336612 – Établissements où l'on s'adonne
principalement à la fabrication de bateaux (destinés à un usage personnel, incluant les
bateaux de pêche).
L'industrie canadienne de la construction navale et de la fabrication de bateaux comprend
quelque 810 établissements où l'on produit des navires destinés à un usage industriel et personnel
en haute mer, sur les côtes ainsi qu'en eaux intérieures. Puisqu'on peut faire appel à plusieurs
types d'embarcations en mer ou sur les étendues d'eau douce, il n'existe aucune façon directe
d'isoler le volet maritime de l'industrie. L'approche adoptée dans cette étude consiste à attribuer
une désignation maritime en fonction de l'emplacement des établissements, soit plus précisément
aux firmes situées sur les côtes canadiennes. L'utilisation d'une telle approche permet de réduire
le nombre total d'environ 225, soit à 585 établissements (135 chantiers navals, SCIAN 336611; 450 ateliers de construction de bateaux, SCIAN 336612). Le nombre total d'emplois excède
6 700.
Tableau 3.15: Structure de l'industrie de la construction navale et de la fabrication des bateaux au Canada, 2006
| Construction et réparation de navires1 |
Fabrication de bateaux1 |
| Établissements |
Emplois |
Établissements |
Emplois |
| 135 |
2 800 |
450 |
3 900 |
Source: Industrie Canada, http://www.ic.gc.ca/cis-sic/cis-sic.nsf/IDE/cis33661este.html;
Statistiques Canada, no de cat. 301-0006, Statistiques principales des industries manufacturières du Canada
1Comprend les données des provinces côtières seulement.
Production
Le volet maritime de l'industrie de la construction navale et de la fabrication des bateaux a
produit des extrants qu'on estime à 1,1 milliard de dollars au Canada en 2006. Le volet consacré à
la construction navale (SCIAN 336611) représentait 520 millions de dollars, alors que celui de la
fabrication des bateaux (SCIAN 336612) a contribué pour un montant qu'on estime à 540
millions de dollars (tableau 3.16).
Tableau 3.16: Production de l'industrie (maritime) de la construction navale et de la fabrication des bateaux au Canada, 2002-2006
| |
Construction et réparation de navires |
Fabrication de bateaux |
Total |
| Établissements # |
Recettes millions $ |
Établissements # |
Recettes millions $ |
Établissements # |
Recettes millions $ |
| 2002 |
68 |
608 |
289 |
550 |
357 |
1 158 |
| 2003 |
80 |
468 |
258 |
584 |
338 |
1 052 |
| 2004 |
191 |
517 |
665 |
552 |
856 |
1 069 |
| 2005 |
119 |
450 |
456 |
461 |
575 |
911 |
| 2006 |
135 |
521 |
450 |
543 |
585 |
1 065 |
Source: Statistiques Canada, tabulation spéciale, Industrie Canada, http://www.ic.gc.ca/cis-sic/cis-sic.nsf/IDE/cis33661este.html
Questions et ajustements aux données
- La confidentialité des données représente l'aspect le plus difficile pour les industries de la
construction navale et de la fabrication des bateaux. Les industries, en particulier la
construction navale et la réparation, sont petites dans les provinces de l'Atlantique, alors
qu'on ne compte que quelques établissements qui réalisent des activités. Statistiques
Canada peut fournir un tableau spécial portant sur la valeur des extrants, même si les
données seraient regroupées de façon à répondre aux restrictions en matière de
confidentialité. Les données regroupant la construction navale et la fabrication des
bateaux par province sont présentées à l'annexe E.
Impact économique
L'industrie de la construction navale et de la fabrication de bateaux a généré un PIB global de
803,5 millions de dollars (tableau 3.17) pour des recettes totales de 1,1 milliard de dollars
(tableau 3.16). Le secteur a créé au-delà de 8 940 emplois directs, alors que 7 100 autres emplois
sont attribuables à des activités indirectes. Ces emplois ont généré plus de 674 millions de dollars
en revenus pour les foyers.
Tableau 3.17: Impact économique de l'industrie de la construction navale et la fabrication des navires au Canada, 2006
| PIB et revenu en 000 $ - Emplois - nombre d'ÉTP |
Construction navale |
Fabrication de bateaux |
Total pour l'industrie |
| Impact direct |
| PIB |
317 730 |
144 660 |
462 390 |
| Emplois |
6 766 |
2 179 |
8 944 |
| Revenu |
312 080 |
74 640 |
386 720 |
| Impact indirect |
| PIB |
95 820 |
54 250 |
150 070 |
| Emplois |
2 468 |
768 |
3 236 |
| Revenu |
89 000 |
26 500 |
115 500 |
| Impact induit |
| PIB |
127 920 |
63 166 |
191 086 |
| Emplois |
3 013 |
872 |
3 885 |
| Revenu |
138 599 |
33 301 |
171 900 |
| Impact total |
| PIB |
541 470 |
262 076 |
803 546 |
| Emplois |
12 247 |
3 819 |
16 066 |
| Revenu |
539 679 |
134 441 |
674 120 |
Source: Modèle d'entrée-sortie interprovincial de Statistiques Canada, version de 2005.
7. Activités secondaires
Dans le cadre de référence de cette étude, on identifie plusieurs activités qui présentent un lien
direct ou indirect avec l'océan auquel un ou plusieurs des éléments suivants peuvent s'appliquer :
a) on dispose de renseignements limités sur la nature et l'ampleur du lien existant entre l'océan et
l'activité en question; b) l'activité peut dépendre des intrants maritimes et terrestres qui ne sont
pas faciles à distinguer; c) l'activité peut être trop amorphe ou trop peu développée pour qu'on
puisse l'inscrire comme une classification distincte du SCIAN, de sorte qu'on l'a placée dans un
regroupement plus général de l'industrie; et d) même si aucune de ces contraintes n'existe, les
données pertinentes relatives aux extrants ou au PIB qui sont nécessaires afin de déterminer les
impacts peuvent être confidentielles.
Dans cette section, on examine les enjeux de trois activités, soit la pêche de subsistance, le raffinage
et les pipelines en mer. On procède ainsi à une analyse d'impact détaillée des trois autres activités
secondaires qu'on a identifiées dans le cadre de référence et pour lesquelles on a réalisé un examen
qualitatif.
- Pêche de subsistance: Cette activité se déroule dans l'Arctique entre les peuples inuits et
dans les régions du sud chez les Premières nations vivant sur les côtes de l'Atlantique et
du Pacifique. Dans tous les endroits, l'ampleur de la participation et les niveaux de
récolte sont peu documentés, s'ils le sont.
La pêche et la chasse de subsistance ont procuré presque tous les aliments et les
matériaux que les Inuvialuits utilisaient au début des années 1900. Le phoque annelé, le
phoque barbu, la baleine boréale et le bélouga, ainsi que plusieurs espèces de poisson et
de sauvagine ont tous contribué à la subsistance des premiers habitants. Le petit lard et la
viande étaient des éléments importants du régime des Inuvialuits et de leurs chiens, même
si le poisson disponible toute l'année durant représentait probablement l'aspect le plus
important de leur régime. La traditionnelle chasse à la baleine que pratiquaient les
Inuvialuits s'est poursuivie à des fins domestiques et on chasse toujours le phoque sur la
mer glacée ou à bord de navires. L'économie actuelle axée sur les salaires et l'évolution
du mode de vie a donné lieu à une baisse importante de la récolte de subsistance, mais de
façon particulière, la baisse du recours aux traîneaux à chiens a réduit le besoin de
sources de protéine afin de nourrir ces derniers. Certaines estimations révèlent que les
niveaux de récolte actuels équivalent environ au tiers de ce qu'ils étaient dans les années
1960.
Les études des récoltes dans la région d'établissement des Inuvialuits et au Nunavut ne
comportent des données que jusqu'en 1999 et 2001 respectivement. Les rapports récents,
incluant le Rapport de survol et d'évaluation économiques de 2008 concernant la VZGO
de la mer de Beaufort, concernent ces sources et le travail réalisé par GSGislason and
Associates en 2003 afin d'estimer la valeur économique connexe. En résumé, il existe un
écart considérable afin de comprendre la portée et l'importance actuelles de la pêche de
subsistance.
Basées sur les données des récoltes les plus récentes, les estimations des récoltes de 1999
et 2001 demeurent pertinentes. On capture chaque année environ 1 200 Mt de denrées
comestibles provenant des mammifères, et à peine plus de 300 Mt de poisson. Si on peut
prendre pour acquis qu'on obtiendra des niveaux de récolte moyens identiques jusqu'en
2006, on ne devra tenir compte que de la valeur de la récolte. Dans une étude intitulée
Nunavik Comparative Price Index, on fait état des changements au niveau du prix de la
viande entre 2000 et 2006. Si on évalue les sources de protéines de subsistance en
fonction du coût de remplacement des sources de protéines vendues en magasins, cellesci
ont augmenté de près de 20% depuis l'étude de GSGislason, ce qui nous porterait à
croire à des activités valant aux alentours de 39 millions de dollars dans le domaine de la
récolte de subsistance en 2006.
Au sein des Premières nations, on qualifie la pêche à des fins alimentaires, sociales et
cérémonielles (ASC), de pêche de subsistance et celle-ci peut, dans certains cas,
comprendre la vente de prises afin de couvrir les coûts attribuables à la pêche. Ces pêches
donnent lieu à des poursuites en vertu de mesures de gestion variées imposées par le
Canada et ayant pour but de limiter l'effort et de conserver les stocks de poisson. Ces
mesures sont définies dans les règlements en vertu d'ententes avec chacune des Premières
nations et elles peuvent comprendre les limites par pêcheur individuel par jour, le total
autorisé de captures (TAC) pour la Première nation, des montants réservés à des fins
ASC, des limites en fonction de certaines zones de pêche ou d'autres désignations, ainsi
que des limites au niveau des prises accessoires. Ces pêcheries sont également soumises à
plusieurs des mêmes restrictions qu'on retrouve habituellement dans le domaine de la
pêche commerciale, incluant les restrictions au niveau des engins, les limites légales de
taille, les saisons de pêche, ainsi que les exigences en matière de surveillance et de
rapports.
Les données portant sur la pêche de subsistance des Premières nations ne sont pas
disponibles. La complexité des arrangements de pêche fait en sorte qu'il est difficile pour
le MPO de produire des estimations des quantités allouées, mais la surveillance et les
rapports des prises réelles sont également limitées ou inexistantes. Par conséquent, il est
impossible de quantifier les activités en termes économiques. Les renseignements au sujet
des attributions se retrouvent dans le texte de nombreuses ententes et, dans certains cas,
ceux-ci sont également liés aux décisions relatives au TAC qui apparaissent dans d'autres
documents ou qui résultent des négociations annuelles avec les Premières nations. Même
si on pouvait effectuer la référence croisée et la recherche de suivi nécessaires, certaines
attributions demeurent vagues, puisqu'on ne fait état que des montants destinés aux
pêcheurs à titre individuel ou aux montants pour la pêche ASC. Il serait alors nécessaire
d'enquêter sur les niveaux de participation et sur l'interprétation de ces définitions avant
de pouvoir estimer le nombre de prises. Même si on recueille des données sur les prises,
on constate un manque d'uniformité et de fiabilité au niveau des méthodes de suivi à la
grandeur du Canada. Par conséquent, Pêches et Océans Canada ne produit aucun rapport
des données concernant les prises de subsistance (ASC).
- Raffinage: On pourrait décrire le raffinage comme une industrie qui dépend des
opérations maritimes selon la source du pétrole brut. Si le brut provient de champs
pétrolifères en mer, le raffinage est au pétrole ce que la transformation est au poisson –
un lien rétroactif avec une ressource océanique. En tant que tel, il est théoriquement
correct d'inclure les raffineries alimentées par le pétrole en mer dans la catégorie des
industries maritimes.
Alors que cet obstacle conceptuel est facile à surmonter, les défis méthodologiques et au
niveau des données sont plus sérieux. Les difficultés et certaines solutions possibles
peuvent s'illustrer à partir des raffineries situées dans le Canada atlantique et en prenant
le pétrole brut produit au large de Terre-Neuve et Labrador (soit le « brut des Grands
bancs) à titre d'exemple.
La région de l'Atlantique compte quatre raffineries, soit une à Terre-Neuve et Labrador,
une en Nouvelle-Écosse, une au Nouveau-Brunswick et une autre dans l'est du Québec
(on dénombre également six raffineries à Montréal). Les quatre raffineries régionales
présentent une capacité combinée de 720 000 barils de pétrole brut par jour.
La région
comporte trois champs pétrolifères, soit Hibernia, Terra Nova et White Rose, qui sont
tous situés au large de Terre-Neuve et Labrador. Ces champs ont produit en moyenne
près de 300 000 barils par jour. Ainsi, dans des circonstances idéales, les champs en mer
pourraient fournir près de 40% de la capacité régionale en matière de raffinage.
Avant de se pencher sur les défis entourant la quantification des impacts, il vaut la peine
de préciser, alors que les raffineries régionales présentent un aspect maritime, qu'elles ne
dépendent pas nécessairement de la mer. Toutes les raffineries ont été construites avant
l'apparition des champs dans les Grands bancs. Même aujourd'hui, alors que les sources
de pétrole brut se trouvent à nos portes, les raffineries dépendent principalement de
sources importées de pétrole brut. En partie, cela concerne la mesure dans laquelle le brut
de Terre-Neuve est conforme au type de pétrole que les raffineries sont conçues pour
raffiner (et à savoir si un mélange est nécessaire ou possible). Cela concerne également,
en partie, les forces concurrentielles sur les marchés mondiaux du brut.
Les exigences minimales d'estimation fiable de l'impact de l'industrie concernent des
données sur la valeur brute de la production et de la contribution au PIB. On peut
connaître les recettes brutes en consultant le document CANSIM 301-0006 (la production
de l'industrie était évaluée à 63,2 milliards de dollars en 2006), mais même si on compte
22 raffineries au Canada, aucune donnée sur le PIB n'est disponible même à l'échelle
nationale (pour des raisons de confidentialité). Si des données nationales étaient
disponibles, il pourrait avoir été possible d'estimer la part régionale du PIB national en
fonction de la production relative (les capacités sont indiquées et il est possible de
déterminer l'utilisation de la capacité). La faiblesse repose ici dans les types différents de
produits (et, par conséquent, dans les valeurs différentes) que chaque raffinerie est
capable de produire. De plus, tout dépendant de l'utilisation de la capacité et de la
concurrence sur les marchés régionaux des produits du pétrole, les marges de raffinage
(et, par conséquent, les profits) peuvent différer substantiellement par rapport à la
moyenne nationale.
En prenant pour acquis qu'il serait possible de surmonter ces obstacles, il reste un
problème qui consiste à déterminer la part de la production de brut des raffineries
régionales dont on tient compte dans l'approvisionnement domestique en mer.
Statistiques Canada et l'Office national de l'énergie font état de l'approvisionnement
domestique et de la disposition par région. Ces données révèlent que l'utilisation du brut
des Grands bancs dans les raffineries de la région de l'Atlantique a connu une
augmentation constante pour atteindre près de 22% des besoins totaux des raffineries en
2007 (en prenant pour acquis qu'on utilise la capacité des raffineries à 90%, cela signifie
que le brut des Grands bancs répond environ à 3% des besoins totaux en raffinage au
Canada). Les données sur la navigation révèlent que le reste de la production des Grands
bancs est exporté vers le nord-est des É.-U. et la côte du Golfe, alors qu'une partie est
également utilisée par une ou plusieurs raffineries à Montréal.
En résumé, les données nécessaires afin d'estimer l'impact au niveau des océans qui
résultent des activités de raffinage ne sont pas disponibles dans les sources de statistiques
accessibles au public. Les sociétés pétrolières inscrites à la bourse publient des états
financiers, mais on a tendance à regrouper les résultats du raffinage avec les autres unités
de l'entreprise, de sorte qu'il est impossible d'établir un lien entre ces valeurs et le
raffinage. De plus, les sociétés pétrolières ne sont pas toutes inscrites à la bourse (incluant
Irving Oil, la plus grande raffinerie au Canada). Compte tenu de la non-disponibilité des
données essentielles et des hypothèses nécessaires, toute estimation de l'impact
économique serait questionnable.
- Pipelines en mer: Le Canada possède un pipeline qui transporte les hydrocarbures
produits en mer. Ce pipeline achemine le gaz naturel et les liquides du projet de l'île de
Sable au large de la Nouvelle-Écosse vers une usine de fractionnement située dans la
province. Ce pipeline en mer (et l'usine de fractionnement) font partie intégrale du
système de production de l'île de Sable, alors que l'essence vendue aux clients au point
d'entrée du pipeline à terre a fait l'objet d'une transformation afin de répondre aux
exigences régissant la vente d'essence.
La méthode employée afin de déterminer la façon dont on estimerait l'impact
économique d'un pipeline en mer ne diffère aucunement de celle employée pour un
pipeline sur la terre ferme. Statistiques Canada présente le PIB de cette industrie (SCIAN
4861 pour le pétrole brut et SCIAN 4862 pour le gaz naturel) à l'échelle nationale même
si des préoccupations relatives à la confidentialité limiteraient la disponibilité des
données dans certaines provinces (comme la Nouvelle-Écosse).
Au-delà de la question de la confidentialité, l'autre limite repose dans ce que les données
ne présentent aucune distinction entre les pipelines en mer et sur terre. Ainsi, même si on
publiait les données sur les pipelines dans les territoires présentant des systèmes en mer et
sur la terre ferme (comme la Nouvelle-Écosse), il pourrait être difficile de faire la
distinction avec confiance entre les contributions maritime et terrestre au PIB.
En guise d'alternative, parce que le pipeline au large de la Nouvelle-Écosse fait partie
intégrante du projet de l'île de Sable, une façon possible d'estimer son impact
économique consiste à baser la contribution au PIB (et d'autres indicateurs des impacts) à
sa part des coûts totaux des immobilisations du projet en mer. Cette approche nous
procurerait une bonne approximation de sa contribution à l'impact au niveau du PIB,
puisque ce projet engouffre tellement de capitaux, alors que l'impact se fait
principalement sentir au niveau des rendements et des capitaux (plutôt qu'au niveau du
revenu du travail). Les impacts au niveau de l'emploi et du revenu du travail sont limités,
compte tenu de la nature des installations et de ses opérations.
Suivant cette approche, le pipeline en mer représentait près de 25% du coût total des
immobilisations de l'île de Sable. Ce projet représentait près de 15% des recettes totales
attribuable au pétrole et au gaz naturel en mer en 2006 (tableau 3.5). En prenant pour
acquis que la contribution au PIB est proportionnelle aux recettes attribuables au pétrole
exploité en mer par rapport aux projets de gaz naturel (il n'existe aucune façon de le
savoir à partir des données disponibles), le pipeline en mer équivaudrait à 3,5% de
l'impact au niveau du PIB attribuable au pétrole et au gaz naturel en mer comme on peut
le voir au tableau 3.6 (291 millions de dollars en PIB direct).
- Systèmes de navigation et de guidage: On a présenté cette industrie comme une
industrie primaire, mais on n'a pu estimer ses impacts en raison du manque de données
de base. Même si cette industrie fabrique des produits destinés principalement au
domaine de l'aéronautique, les renseignements d'Industrie Canada sur les entreprises de
cette industrie nous indiquent qu'à tout le moins une partie de la production de près d'un
tiers de ces firmes sembleraient avoir des applications dans le domaine maritime.
Il est impossible de produire une estimation de l'impact économique du volet maritime de
l'industrie, parce qu'on ne dispose pas de données financières et économiques de base.
L'industrie comprend 176 établissements où travaillent 7 180 employés. Dans
l'ensemble, cette industrie présentait des recettes totales avoisinant le 1,5 milliard de
dollars en 2006, alors que les activités de fabrication sont venues ajouter presque 800
millions de dollars. Statistiques Canada présente les statistiques principales de l'industrie
en général (CANSIM 301-0006), mais ne donne aucune information qui permettrait de
faire la distinction entre les volets maritimes et aéronautiques.
Alors qu'il est possible d'isoler le segment maritime de l'industrie du regroupement
général à un certain moment dans l'avenir, cela peut ne pas être le cas pendant quelques
années, puisqu'on semblerait alors tenir compte d'une proportion relativement faible de la
production de cette industrie. Et puisque c'est la nature du produit ou du service, et non
pas l'utilisation de ces derniers qui détermine la désignation de l'industrie, il semble
improbable qu'on modifie le SCIAN pour cette raison.
À la lumière de ces contraintes, deux options sembleraient s'offrir afin d'élaborer une
estimation de la valeur de production dans le domaine de la fabrication maritime, soit
demander à Statistiques Canada de créer un compte satellite ou organiser un sondage dans
l'industrie. La base de données d'Industrie Canada, qui renferme 176 établissements,
servirait de point de départ dans ce dernier cas. Cependant, puisqu'un tel sondage
reposerait sur des renseignements financiers sensibles (essentiellement la même
information que demande Statistiques Canada), l'expérience nous porte à croire que la
probabilité de réussite est faible.