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Impact économique des activités maritimes au Canada

Impact Économiques - Secteur Privé

1. Secteur des poissons et fruits de mer

Secteur

Le secteur canadien des poissons et fruits de mer produit des recettes attribuables aux ventes de l'ordre de 4 milliards de dollars, ce qui place généralement le Canada parmi les cinq premiers pays exportateurs au monde.

Le secteur se compose de trois industries interreliées, soit la pêche, l'aquaculture et la transformation du poisson.

  • Pêche commerciale: SCIAN #11411 – Récolte du poisson dans son habitat naturel au moyen de navires et d'engins spécialisés. Les navires comprennent des chalutiers, des senneurs, des ligneurs, des palangriers, ainsi que divers types de bateaux à pont découvert utilisés pour pêcher le homard, le crabe et pour la pêche en plongée. Les engins comprennent des chaluts, des palangres, des sennes coulissantes, des lignes avec hameçons, ainsi que divers types de pièges et de casiers.

  • Aquaculture: SCIAN #11251 – Établissements participant à l'élevage dans les centres piscicoles et à la production d'animaux aquatiques dans des environnements contrôlés en faisant appel à divers types d'intervention (comme des parcs en filets, des cages, des systèmes de suspension variés) afin d'accroître la production, incluant le stockage, l'alimentation et la protection contre les prédateurs et les maladies.

  • Préparation et emballage des poissons et fruits de mer: SCIAN #31171 – Établissements participant au parage, à la préparation en filets, à la mise en conserve, au fumage, au salage et à la congélation du poisson, ainsi qu'au décorticage et à l'emballage des crustacés. Les navires-usines appartiennent à cette catégorie.

L'industrie de la pêche commerciale se compose de quelque 21 000 navires de pêche qui sont principalement indépendants (tableau 3.1) et qui embauchent environ 40 000 personnes (capitaines et membres d'équipage) principalement pendant les saisons de pêche. Le nombre de navires et de détenteurs de permis a chuté de près du tiers sur la côte atlantique depuis le début des années 1990, et de près de moitié sur la côte du Pacifique. Cette chute est attribuable en partie à l'effondrement des stocks importants sur les deux côtes (le poisson de fond dans l'Atlantique et le saumon dans le Pacifique), ainsi qu'en partie aux changements au niveau des systèmes de gestion (soit les quotas transférables) qui favorisent une utilisation plus efficace des capitaux. Les données définissant les tendances dans le domaine de la pêche sont énoncées dans la discussion sur les impacts régionaux au chapitre V.

Tableau 3.1: Structure du secteur des poissons et fruits de mer au Canada, 2006
Pêche commerciale Aquaculture Transformation
Navires Emplois Sites Emplois PlanUsinests Emplois
21 000 40 000 2 906 5 450 752 38 100

Source: Ministères provinciaux des pêches et de l'aquaculture

Les navires vendent leurs prises aux usines de transformation ou à d'autres intermédiaires, alors qu'un faible pourcentage se rend directement aux clients. On constate une intégration verticale dans certaines pêcheries (propriété commune des navires de pêche et des usines de transformation), même si cela représente une proportion relativement faible de la production totale de l'industrie. La gestion de la pêche repose sur une combinaison de permis d'accès limité, d'un total autorisé de captures et de quotas individuels, de restrictions au niveau de la taille du poisson, ainsi que de restrictions au niveau de la saison, des engins et des navires.

L'industrie aquacole repose sur un ensemble d'opérations intégrées de façon verticale et indépendantes (incluant les aquaculteurs à contrat) réalisée dans 2 906 sites licenciés (qui ne sont pas tous actifs). Le saumon représente de 75 à 80% de la valeur de production, alors que les moules et les huîtres représentent en majeure partie le reste. Plusieurs exploitations aquacoles transforment leur propre production, même si la production aquacole est également acheminée vers les usines desservant les pêcheurs commerciaux.

L'industrie de la transformation des poissons et fruits de mer se compose de 752 établissements qui embauchent quelque 38 100 travailleurs occupant principalement des emplois saisonniers (tableau 3.1). La plupart des usines s'arrachent les matières premières des navires de pêche indépendants, alors que l'intégration verticale est généralement limitée au coût d'immobilisation élevé de la pêche en haute mer, incluant celle qui autorise les navires-usines (comme la crevette nordique, le pétoncle de mer et la mactre d'Amérique). Le nombre d'usines a chuté depuis le début des années 1990, alors que l'industrie s'est consolidée en réaction à la baisse des approvisionnements et du nombre de navires capables de procurer la matière première.

Production

Le secteur de la pêche commerciale au Canada produit habituellement près d'un million de tonnes (poids débarqué) de matière première chaque année, pour une valeur s'élevant entre 1,8 et 2,2 milliards de dollars (tableau 3.2). La baisse de valeur des extrants depuis 2003 est attribuable en partie à la baisse des débarquements, mais principalement à la baisse des recettes provenant des exportations vers notre principal partenaire commercial, soit les É.-U. (en raison de la baisse de valeur du dollar américain).

Le domaine de l'aquaculture présente une augmentation constante du tonnage et de la valeur jusqu'en 2006, alors que la légère baisse de valeur constatée en 2007 résultait dans une grande mesure de la pression au niveau des taux de change. La valeur des extrants repose simultanément sur la valeur à la ferme et sur la valeur du produit final, puisque les statistiques officielles comprennent la transformation aquacole, qui est un volet de l'industrie aquacole.

Entre le début et le milieu des années 2000, la valeur de production finale de l'industrie des poissons et fruits de mer (soit la transformation plus l'aquaculture; la production de la pêche commerciale est comprise dans la transformation) était stable tout juste en-dessous de 5 milliards de dollars, alors que près de 80% étaient destinés aux marchés d'exportation. La baisse abrupte de valeur de la production transformée dans les pêcheries maritimes en 2005 fut compensée par une augmentation de la production aquacole (tableau 3.2). Cette baisse s'explique en partie par l'évolution du taux de change, mais également par une chute abrupte en 2005 des prix du crabe des neiges, une espèce primordiale dans le domaine de la pêche dans l'Atlantique.

Tableau 3.2: Production des poissons et fruits de mer au Canada, 2003-2007
  Débarquements de la pêche commerciale Production aquacole Production transformation Industrie des poisssons et fruits de mer Valeur des exportations
tonnes 0 $ tonnes 0 $ 0 $ 0 $ 0 $
2003 1 068 682 2 185 383 146 900 573 981 4 301 326 4 875 307 4 368 285
2004 1 130 260 2 213 428 138 400 526 828 4 301 326 4 840 438 4 306 948
2005 1 048 159 1 937 984 151 390 700 158 4 301 326 4 680 063 4 168 157
2006 1 030 041 1 820 281 167 800 895 031 3 962 305 4 857 336 3 951 772
2007 972 628 1 887 543 166 170 787 494 S/O S/O 3 726 594

Source: MPO http://www.dfo-mpo.gc.ca/stats-fra.htm; Statistiques Canada, tableau spécial Statistiques Canada, no de cat. 301-0006

Questions et ajustements aux données

  • Lorsqu'on doit produire une estimation de l'impact global du secteur des poissons et fruits de mer, il faut faire preuve de prudence afin d'éliminer le comptage en double des cas de corrélation en amont avec les pêches et l'aquaculture afin d'estimer les impacts indirects et induits de l'industrie de la transformation. Pour ce faire, on doit réduire les achats de l'industrie de la pêche à zéro au moment d'estimer les impacts de l'industrie de la transformation.

Impact économique

Le secteur des poissons et fruits de mer a généré 3,9 milliards de dollars en PIB (tableau 3.3) pour des recettes totales à peine inférieures à 4,9 milliards en 2006 (tableau 3.2). Le secteur a créé l'équivalent de 37 255 emplois directs à temps plein (le nombre d'emplois directs réel est presque deux fois plus élevé en raison de la variation saisonnière) et 25 200 emplois de plus attribuables aux activités indirectes. Ces emplois ont donné lieu à près de 2,3 milliards de dollars en revenus pour les foyers.

Tableau 3.3: Impact économique du secteur des poissons et fruits de mer au Canada, 2006
PIB et revenu en 000 $ - Emplois - nombre d'ÉTP Pêche Aquaculture Transformation1 Secteur des poissons et fruits de mer
Impact direct
PIB 929 861 289 010 932 433 2 151 304
Emplois 10 098 4 173 22 983 37 255
Revenu 623 943 121 845 650 887 1 396 675
Impact indirect
PIB 220 891 204 659 566 486 992 037
Emplois 3 416 2 936 7 863 14 215
Revenu 119 958 102 429 214 123 436 510
Impact induit
PIB 302 414 141 140 297 283 740 837
Emplois 3 447 2 012 5 625 11 084
Revenu 213 573 70 409 178 830 462 811
Impact total
PIB 1 453 167 634 810 1 796 202 3 884 178
Emplois 16 961 9 121 36 472 62 554
Revenu 957 474 294 683 1 043 840 2 295 997

1Les impacts indirects et induits de l'industrie de la transformation sont ajustés afin d'éliminer le comptage en double de la pêche.
Source: Modèle d'entrée-sortie interprovincial de Statistiques Canada, version de 2005.

2. Secteur du pétrole et du gaz naturel en mer

Secteur

Le secteur du pétrole et du gaz naturel en mer a généré des recettes dans les 9 milliards de dollars (2006) attribuables aux ventes, alors que la production fut exportée en majeure partie vers les É.- U.

Le secteur se compose de deux industries interreliées : soit l'extraction du pétrole brut et du gaz naturel, ainsi que les activités de soutien aux opérations relatives au pétrole et au gaz naturel:

  • Extraction: SCIAN #211111 – Cette industrie se compose d'établissements participant principalement à l'exploitation, au développement et à la production du pétrole ou du gaz naturel à partir de puits à l'intérieur desquels circulent des hydrocarbures en faisant appel aux techniques de pompage normales. Les installations en mer comprennent des systèmes de production fixes ou flottants, alors qu'on transporte les hydrocarbures vers les installations à terre par navire ou au moyen d'un pipeline.

  • Activités de soutien: SCIAN #213111/2 – Cette industrie se compose d'établissements participant principalement aux activités sur une base contractuelle dans le cadre des opérations concernant le pétrole et le gaz naturel. Ces opérations comprennent le forage d'exploration, ainsi que les divers services nécessaires pour procéder à l'essai d'un puits et le préparer en vue de la production (installation du cuvelage, cimentation, perforation des cuvelages des puits, acidification et traitement chimique des puits).

À ce jour, l'extraction du pétrole et du gaz naturel en mer ne s'effectue que sur la côte est du Canada. Trois projets dans le domaine du pétrole brut ont été mis sur pied et la production est en cours sur les Grands bancs au large de Terre-Neuve et Labrador (Hibernia, Terra Nova et White Rose), alors qu'un autre projet se trouve au stade de planification (Hebron). Un projet de gaz naturel a été mis sur pied et est en cours de production sur la plate-forme Scotian au large de la Nouvelle-Écosse (Sable), alors qu'un autre est au stade de planification (Deep Panuke). Compte tenu des sommes substantielles nécessaires pour développer ces projets (plusieurs milliards de dollars chacun), tous les projets sont développés par des consortia de grandes sociétés pétrolières.

Tableau 3.4: Secteur du pétrole et du gaz naturel en mer, coûts d'exploitation et emplois, 2006
  Extraction Activités de soutien
Projets # Coûts d'exploitation millions $ Emplois ÉTP Nombre de puits percés Coût millions $ Emplois ÉTP
4 1 300 3 000 6 185 200

Source: CNLOPB/OCNEHE

Les services de soutien (exploration) comprenaient six puits en 2006, ceux-ci étant tous situés sur les Grands bancs. Quatre de ces puits ont été forés afin de délimiter le champ White Rose, alors que deux autres étaient des puits d'exploration. On réalise habituellement un programme de forage avec une plate-forme de forage autoélévatrice ou une plate-forme semi-submersible avec l'appui de navires d'approvisionnement et de sécurité, d'hélicoptères et de services variés de finition et d'essai. Les activités d'exploration sur les Grands bancs ont été relativement stables au cours de la dernière décennie, alors que les résultats décevants sur la plate-forme Scotian ont entraîné une baisse de l'exploration dans cette zone. L'exploration en mer est une activité dispendieuse, alors que les puits coûtent habituellement de 30 à 40 millions de dollars.

Production

Ensemble, les trois projets pétroliers ont produit 125 millions de barils de pétrole brut en 2008, pour une valeur totale de 12,9 milliards de dollars (tableau 3.5). L'augmentation substantielle de valeur depuis 2004 était attribuable aux prix croissants du pétrole, qui ont plus que compensé la baisse de valeur du dollar américain.

Des augmentations comparables au niveau des prix du gaz naturel ont permis d'accroître la valeur de la production du gaz naturel de Sable à 1,5 milliard de dollars en 2005. La baisse en 2006 était attribuable à la baisse de production, à des prix plus faibles et à la valeur réduite du dollar américain. La production a repris en 2007 avec l'ajout d'une plate-forme de compression et, compte tenu de l'augmentation des prix, les recettes sont passées à un montant estimé de 1,46 milliard de dollars en 2008.

Tableau 3.5: Production de pétrole en mer au Canada, 2002-2008
  Pétrole br Gaz naturel
millions de barils millions $ milliards de pieds cubes millions $
2002 104 4 082 193 827
2003 123 4 994 165 1 152
2004 115 5 681 153 1 096
2005 111 7 387 149 1 518
2006 110 8 108 134 1 014
2007 134 10 435 155 1 079
2008 125 12 917 164 1 462

Source: Voir la dérivation et les sources à l'annexe A.

Questions et ajustements aux données

  • Statistiques Canada ne publie pas les données relatives aux extrants et au PIB pour le secteur des activités en mer pour des raisons de confidentialité (trop peu de producteurs). L'application des prix du pétrole brut et du gaz naturel aux données de production (disponibles auprès des conseils du pétrole en mer correspondants) permettent de connaître la valeur des extrants nécessaires afin d'estimer les impacts. Ces résultats sont présentés au tableau 3.5, alors que la façon de dériver les estimations est présentée à l'annexe A.
  • L'impact du PIB nominal total est attribué aux provinces correspondantes (Terre-Neuve et Labrador et la Nouvelle-Écosse), puisque c'est à ces endroits que s'effectue la production. L'estimation des impacts directs au niveau de l'emploi et des revenus pose un problème, puisque les dépenses produisant ces impacts ne sont pas toutes effectuées dans les provinces et parce que les impacts directs ne sont pas déclarés pour des raisons de confidentialité. Ces impacts sont calculés à partir de la part des dépenses totales réalisées dans les provinces (et provenant des conseils du pétrole en mer correspondants) et sont ajustés en fonction des valeurs publiées de ces indicateurs.

Impacts économiques

Le secteur du pétrole et du gaz naturel en mer a généré un PIB total de 9,3 milliards de dollars (tableau 3.6) sur des recettes totales de 9,1 milliards de dollars en 2006 (tableau 3.5). Ce secteur a créé 3 800 emplois directs et 4 600 autres dans des activités indirectes. Ces emplois ont créé 465 millions de dollars en revenu du travail. Mentionnons cependant que le PIB direct est attribuable en grande partie aux profits et aux paiements sur la dette (rendement des capitaux), dont la plupart quittent les provinces d'origine (les redevances attribuables aux ressources demeurent). Cela ne signifie pas qu'on devrait ajuster le PIB. Alors que le PIB reflète avec précision le revenu produit dans une zone donnée, il n'indique pas nécessairement le revenu injecté dans l'économie de cette région. À cet égard, le pétrole et le gaz naturel constituent simplement un exemple extrême de nombreuses autres industries dont les revenus sont versés en tant que paiements aux propriétaires de capitaux qui demeurent à l'extérieur de la zone où ce revenu est généré.

En plus des emplois et des revenus résultant du développement et de la production sur le terrain, les provinces productrices tirent des profits énormes des redevances. En 2007, par exemple, Terre-Neuve et Labrador a recueilli 1,5 milliard de dollars en redevances, alors que ce montant atteignait 380 millions de dollars en Nouvelle-Écosse.

Tableau 3.6: Impact économique du secteur du pétrole et du gaz naturel en mer au Canada, 2006
PIB et revenu en 000 $ - Emplois - nombre d'ÉTP pétrole et de gaz naturel Services de soutien pétrole et du gaz naturel
Impact direct
PIB 7 753 603 85 560 7 839 163
Emplois 3 334 488 3 822
Revenu 227 039 35 340 262 379
Impact indirect
PIB 952 713 35 340 988 053
Emplois 2 800 271 3 071
Revenu 115 558 13 020 128 578
Impact induit
PIB 435 316 26 598 461 914
Emplois 1 365 160 1 524
Revenu 63 252 11 160 74 412
Impact total
PIB 9 141 632 147 498 9 289 130
Emplois 7 498 919 8 417
Revenu 405 850 59 520 465 370

Source: CNLOPB/OCNEHE; Modèle d'entrée-sortie interprovincial de Statistiques Canada, version de 2005.

3. Secteur du transport maritime

Secteur

Le secteur du transport maritime génère des recettes qu'on estime à 6,5 milliards de dollars (2006) attribuables au transport de cargaisons domestiques et internationales en haute mer et sur les voies maritimes côtières (à l'exception de la voie maritime des Grands Lacs et du Saint- Laurent en amont de Montréal).

Ce secteur se compose de deux industries étroitement liées, soit le transport sur l'eau et les activités de soutien du transport sur l'eau :

  • Transport sur l'eau: SCIAN #48311 – Cette industrie comporte des établissements impliqués principalement dans les services de navigation en haute mer, sur les côtes, sur les Grands Lacs, ainsi que dans la voie maritime du Saint-Laurent pour les marchandises et les passagers (incluant les traversiers et les navires de croisière). [Seuls les impacts attribuables à la navigation en haute mer et sur les côtes (incluant les traversiers et les navires de croisière) sont abordés dans cette étude.]

  • Activités de soutien au trafic maritime: SCIAN #4883 – Cette industrie présente quatre éléments secondaires, soit les opérations portuaires, la manutention des cargaisons maritimes, les services de navigation (pilotage, remorqueurs, entrée au bassin, sauvetage) et d'autres services au niveau du transport maritime (surveillance/vérification des cargaisons, services d'approvisionnement des navires, dock flottant servant à l'entretien).

Le trafic maritime comprend l'aspect du secteur concernant les navires, la compilation des activités des sociétés d'expédition et de traversiers seulement. L'industrie peut se diviser en deux segments, soit « pour embauche » et « pour son propre compte ». Seuls les résultats financiers du segment « pour embauche » sont compris dans les statistiques officielles. L'industrie ne tient pas compte de l'aspect 'transport maritime' des sociétés qui intègrent l'expédition à leurs opérations (« pour son propre compte »). En 2006, après quelques années d'analyse, Statistiques Canada complétait un compte satellite afin de donner un aperçu des activités pour son propre compte. On venait à la conclusion, dans ce rapport, que si les activités pour son propre compte étaient comprises dans les statistiques officielles, on ferait plus que doubler la contribution de l'industrie au PIB. Les données sur les navires au tableau 3.7 comprennent les segments « pour embauche » et « pour son propre compte » de l'industrie.

Tableau 3.7: Structure de l'industrie du transport maritime au Canada, 2007
Principaux ports Navires battant pavillon canadien
Administrations portuaires Transport Canada # Cargos Milliers de TB # Traversiers Milliers de TB
19 77 110 1 780 72 428

Source: Transports Canada, Le transport au Canada, 2007

Les activités de soutien au transport maritime concernent l'aspect portuaire du secteur, alors qu'on tient compte des activités qui se déroulent lorsque le navire entre au port, qu'il décharge sa cargaison ou qu'il transporte des passagers. Cela n'est pas une activité indirecte par rapport au transport sur l'eau, mais plutôt une industrie distincte.

Le Canada compte 96 ports majeurs, dont 19 sont gérés par les administrations portuaires canadiennes et 77 par Transports Canada. Parmi les ports gérés par les administrations portuaires canadiennes, 15 se trouvent sur la côte du Pacifique (6) ou de l'Atlantique (9); et de ceux gérés par Transports Canada, 55 sont des ports maritimes (40 dans l'Atlantique et 15 dans le Pacifique). Aux fins de cette étude, les activités aux ports des APC situés à Québec et Montréal sont comprises dans l'analyse. Les ports en amont de la voie maritime des Grands Lacs et du Saint- Laurent sont exclus.

Production

Le volet maritime du secteur du trafic maritime a généré des recettes qu'on estime à 6,3 milliards de dollars au Canada en 2006. Le segment du transport maritime (SCIAN 48311) représentait 2,8 milliards de dollars, alors que les activités de soutien (SCIAN 4883) ont amené un montant estimé à 3,5 milliards de dollars (tableau 3.8).

Tableau 3.8: Production du secteur du transport maritime au Canada, 2001-2005
Année Mouvements de navires # Cargo (000 t) Cargo (% conteneur) Recettes du transport sur l'eau (m $) Recettes des activités de soutien (m $) Recettes totales (m $) Affectations de pilotage #
2001 - 394 700 8.2 2 021 2 535 4 556 50 992
2002 40 048 408 141 9 2 191 2 748 4 939 51 118
2003 40 926 443 779 9.2 2 369 2 971 5 340 51 004
2004 40 705 453 280 9.9 2 429 3 019 5 448 51 917
2005 42 919 470 109 9.6 2 626 3 290 5 916 53 549
2006 1 S/O S/O S/O 2 783 3 487 6 270 S/O

Source: Statistiques Canada, La navigation au Canada en 2005; Transports Canada, Le transport au Canada 2007
1Données sur les recettes de 2006 estimées à partir du PIB de 2006 basées sur un rapport de ,367 entre le PIB/recettes de 2005.

L'activité industrielle se caractérise par la multiplication des mouvements de navires et par l'augmentation du tonnage des cargaisons. Soulignons également, au tableau 3.8, la part croissante du tonnage total que représente le trafic des conteneurs. Cette tendance touche principalement trois ports, soit Vancouver, Montréal et Halifax. Malgré qu'elle soit en hausse, la part relativement limitée du tonnage total attribuable aux conteneurs reflète l'importance des ports maritimes du Canada où l'on expédie des cargaisons volumineuses, incluant des produits comme le pétrole, divers minéraux métalliques et non métalliques, ainsi que du blé. Les cas de pilotage ont augmenté en fonction des mouvements des navires.

Questions et ajustements aux données

  • Statistiques Canada ne déclare pas le PIB ou d'autres données séparément des activités dans les domaines du transport sur l'eau, par train, par camion ou par avion. Sans de tels rapports distincts, si on devait élaborer une image détaillée du secteur du transport maritime, il serait nécessaire d'estimer la contribution des activités de soutien en faisant appel à des méthodes indirectes. L'estimation présentée au tableau 3.8 repose sur les données historiques (1997- 2000) faisant la distinction entre les SCIAN 48311 et 4883, sans compter qu'elle a permis la contribution relative au PIB des industries qu'il reste à déterminer (le rapport entre les SCIAN 4883/48311 est de 1.5:1.0). En procédant à l'inverse à partir de ce rapport, il est possible de déduire la valeur des extrants du SCIAN 4883 qu'on peut voir au tableau 3.8. Le rapport du PIB est confirmé par les données actuelles concernant des données aux É.-U. (le U.S. Bureau of Census présente le PIB du SCIAN 4883 et les activités de soumission des autres modes de transport). En utilisant ce rapport pour le SCIAN 48311, on peut connaître celui du SCIAN 4883, ce qui servira de base afin d'estimer les impacts sur l'industrie en général (voir l'annexe B).

  • Une autre lacune repose sur l'exclusion de l'activité de navigation « pour son propre compte ». Alors qu'à proprement parler, cette activité ne fait pas partie, de par sa définition, de l'industrie du transport maritime, le défaut de l'inclure donne néanmoins lieu à une sousestimation substantielle de la contribution de l'environnement maritime au bien-être économique. On peut ainsi invoquer un argument irréfutable afin de combler cette lacune en faisant appel aux estimations des comptes par satellite, ce qui aurait efficacement pour effet d'accroître de 130% les impacts au niveau du trafic maritime (SCIAN 48311). Il est cependant plus difficile de dire s'il est possible de justifier le même ajustement au niveau des activités de soutien (SCIAN 4883). Toutes ou presque toutes les activités de soutien seraient présumément attribuables à des navires « pour son propre compte » et compilées dans les données du SCIAN 4883, et ce, peu importe leur désignation industrielle, pourvu que les opérations commerciales se déroulent au point d'approche minimale ou aux ports de TC dont Statistiques Canada compile les données. L'ampleur des activités dans les ports privés est inconnue et on n'en tient pas compte dans les données sur les activités de soutien.

  • On ne dispose ni des extrants (recettes) ni des données sur les cargaisons pour 2006. On a obtenu les recettes de 2006 présentées au tableau 3.8 en utilisant le rapport entre le PIB et les recettes de 2005 (.367) à la valeur estimée du PIB en dollars courants pour 2006. On calcule l'estimation en appliquant une croissance de 6% au PIB de 2005 en se basant sur la croissance réelle du PIB de 2005-06 dans le domaine du transport maritime. Les données du PIB par industrie pour 2006 en dollars enchaînés (2002) sont disponibles auprès de Statistiques Canada.

Impact économique

Les segments du secteur du transport sur l'eau que représentent la haute mer et les côtes ont produit un PIB total de 5,5 milliards de dollars (tableau 3.9) pour des recettes totales d'à peine inférieures à 6,3 milliards de dollars (tableau 3.8). Le secteur a créé environ 41 560 emplois directs et 36 400 autres emplois dans des activités indirectes. Ces emplois ont généré un revenu du travail de près de 3,7 milliards de dollars.

Ces impacts ne reflètent que le volet « pour embauche » de l'industrie et, par conséquent, ils représentent une estimation conservatrice de l'importance économique du secteur du transport sur l'eau.

Tableau 3.9: Impact économique du secteur du transport maritime au Canada
PIB et revenu en 000 $ - Emplois - nombre d'ÉTP Transport maritime Activités de soutien Secteur du transport maritime
Impact direct
PIB 1 211 790 1 826 641 3 038 431
Emplois 14 506 27 086 41 592
Revenu 845 742 1 209 378 2 055 120
Impact indirect
PIB 497 318 633 509 1 130 827
Emplois 6 633 11 718 18 351
Revenu 288 256 399 305 687 561
Impact induit
PIB 553 693 796 101 1 349 794
Emplois 6 380 11 713 18 093
Revenu 382 854 540 755 923 608
Impact total
PIB 2 262 801 3 256 251 5 519 052
Emplois 27 518 50 517 78 035
Revenu 1 516 852 2 149 437 3 666 289

Source: Modèle d'entrée-sortie interprovincial de Statistiques Canada, version de 2005.

4. Tourisme et loisirs

Secteur

Le tourisme ne présente aucune classification en vertu du SCIAN, puisqu'il recoupe plusieurs industries établies, dont le transport, l'hébergement et la restauration. Néanmoins, on reconnaît généralement le tourisme comme une source majeure d'impact économique et, pour cette raison, il constitue un des sujets d'analyse dans le cadre des activités maritimes.

En raison, principalement, de la portée et de la précision des sources de données, le tourisme est réparti en trois domaines de dépenses aux fins de cette analyse, soit la pêche sportive en mer, les voyages à bord des navires de croisière, ainsi que le tourisme côtier sous forme d'activités récréatives sur l'eau. Dans chacun des cas, les activités sont habituellement saisonnières, alors qu'elles durent de 2 à 6 mois dans la plupart des régions côtières du Canada. Un survol de chaque activité et les estimations des dépenses sont présentés à l'annexe C.

  • Pêche sportive: Cette activité comprend la pêche en eau salée et dans les estuaires en faisant appel à des navires nolisés et des guides, ainsi qu'à ses propres navires et installations.

  • Voyages à bord de navires de croisière: Ce secteur est apparu au cours de la dernière décennie comme une des principales sources saisonnières d'activité touristique. Sur la côte est, les croisiéristes offrent des voyages de retour entre le nord-est des É.-U. et les ports sur le Saint-Laurent, incluant divers ports d'escale dans les provinces de l'Atlantique. Sur la côte ouest, Vancouver est un port d'attache, alors qu'on dénombre plusieurs ports d'escale en route vers l'Alaska.

  • Tourisme et loisirs côtiers: Ce volet comprend le tourisme sur les océans (observation des baleines, visite de points d'intérêt, randonnée pédestre sur les côtes, plongée, kayak), ainsi que la voile, les croisières et la visite des plages et d'autres emplacements maritimes. Ce segment comprend les touristes résidents et de l'étranger, ainsi que les résidents locaux.

Les données au tableau 3.10 nous présentent un survol des principaux indicateurs de l'industrie, incluant les dépenses moyennes par voyage ou par individu servant de base aux estimations des impacts. (Nota : Les estimations reposent sur les dépenses réelles; les valeurs non marchandes ne sont pas comprises.) Dans le cas de la pêche sportive et des loisirs sur les côtes, les dépenses sont consacrées aux voyages, à l'hébergement, aux aliments, aux vols nolisés, ainsi qu'à l'équipement. Dans le cas des voyages à bord des navires de croisière, les impacts reposent sur les dépenses des passagers et des membres d'équipage dans les ports d'escale. Les dépenses moyennes présentées au tableau 3.10 ne comprennent pas les dépenses par navire de croisière incluant les droits de port, le carburant et les provisions. Ces dépenses appartiennent à la catégorie du transport maritime.

Tableau 3:10: Activités de tourisme et loisir au Canada, 2006
Pêche sportive Navires de croisière Tourisme côtier1
Jours Dépenses moyennes par jour $ Appels de navire # Passagers Dépenses moyennes par passager $ Jours Dépenses moyennes par joury $
3 210 242 1 000 1 749 270 36 278 47

Source: Annexe C
1La navigation de plaisance n'est pas comprise dans ces chiffres, mais uniquement dans le total des dépenses, puisque les nombres de jours de participation n'étaient pas disponibles.

Production

Les activités dans le domaine du tourisme maritime on généré des dépenses de près de 4,3 milliards de dollars au Canada en 2006. Les dépenses de la part des touristes participant aux activités côtières représentent à peine plus de 73% des dépenses totales, suivies de la pêche sportive avec 17% et des voyages à bord de navires de croisière avec 10%. À l'annexe C, on présente une explication détaillée de la façon dont on a calculé ces dépenses.

Tableau 3.11: Dépenses touristiques au Canada, 2002-2006 (millions $)
  Pêche sportive Navires de croisière Tourisme côtier Total
2002 693 334 S/O S/O
2003 714 337 S/O S/O
2004 736 411 S/O S/O
2005 757 442 S/O S/O
2006 778 472 3 093 4 344

Source: Annexe C

Questions et ajustements aux données

  • Les données globales portant sur le secteur touristique ne font pas l'objet d'une compilation systématique au Canada. Les estimations des dépenses ou des impacts dans le domaine touristique tendent à être particulières à certaines activités ou très générales, sans compter qu'on les recueille habituellement dans le cadre de sondages. Une lacune continue lors des études d'impact sur les océans a consisté dans l'absence de priorisation des activités touchant les océans lors de ces sondages. Par conséquent, les estimations des impacts sur les océans étaient, au mieux, partielles ou, au pire, complètes, mais basées sur des hypothèses difficiles à vérifier.

  • Les estimations qu'on retrouve dans cette étude proviennent de sources variées. Deux sont axées précisément sur les activités touristiques dans le domaine maritime, les voyages à bord de navires de croisière, ainsi que la pêche sportive. Les autres, dont l'Enquête sur les voyages des résidents du Canada (EVRC), réalisées à tous les trimestres par Statistiques Canada, ainsi que l'Enquête de Statistiques Canada sur les activités et les préférences en matière de voyages concernent le tourisme de façon générale, mais elles permettent à l'analyste d'extraire les données sur la participation (jours et dépenses dans le cas de l'enquête sur les voyages) sur les activités particulières, dont plusieurs dans le domaine des océans. Une autre source, intitulée Economic Impact of the Canadian Recreational Boating Industry (2006), nous présente les dépenses par province, mais uniquement pour 2006. Par conséquent, les données sont incomplètes pour 2002 – 2005.

  • Collectivement, ces sources nous donnent une bonne approximation de l'impact économique des activités touristiques et de loisir dans le domaine des océans. L'aspect le plus faible de l'analyse reposerait habituellement sur l'évaluation des activités de loisir sur les côtes. Cependant, puisqu'aucun sondage ne concerne précisément les activités de loisir dans le domaine des océans, la combinaison de l'EVRC et de l'Enquête sur les activités de voyage sert de base à une estimation passablement complète des impacts des loisirs dans le domaine des océans (même si les valeurs non marchandes ne sont pas comprises). On doit déployer davantage d'efforts pour estimer les dépenses associées aux activités des résidents locaux sur les plages.

Impact économique

Le secteur touristique dans le domaine des océans a généré 4,2 milliards de dollars au niveau du PIB (tableau 3.11). Le secteur a créé au-delà de 45 400 emplois directs et 46 400 emplois de plus au niveau des activités indirectes. Ces emplois ont généré presque 3,2 milliards de dollars en revenu du travail.

Tableau 3.12: Impact du tourisme sur les océans au Canada, 2006
PIB et revenu en 000 $ - Emplois - nombre d'ÉTP Pêche sportive Voyages sur des navires de croisière Tourisme côtier Total pour le tourisme maritime
Impact direct
PIB 338 992 205 463 1 345 598 1 890 053
Emplois 8 151 4 941 32 357 45 449
Revenu 259 915 157 534 1 031 708 1 449 157
Impact indirect
PIB 233 318 141 413 926 133 1 300 864
Emplois 4 492 2 723 17 831 25 045
Revenu 165 429 100 266 656 656 922 351
Impact induit
PIB 182 558 110 648 724 646 1 017 852
Emplois 3 838 2 327 15 237 21 402
Revenu 142 452 86 340 565 449 794 240
Impact total
PIB 754 868 457 524 2 996 377 4 208 770
Emplois 16 482 9 990 65 424 91 896
Revenu 567 796 344 140 2 253 812 3 165 748

Source: Modèle d'entrée-sortie interprovincial de Statistiques Canada, version de 2005.

5. Construction maritime

Secteur

La construction maritime comprend les activités de construction qui se déroulent dans l'environnement maritime. Deux types de construction maritime sont compris dans cette étude, soit les ports et le développement pétrolier et gazier en mer (aménagement d'installations). En vertu du SCIAN, la construction maritime fait partie d'une catégorie de construction générale :

  • Construction lourde et dans le domaine du génie civil : SCIAN #2379 – Établissements participant principalement à la construction d'ouvrages lourds et de génie civil impliquant des activités par des corps de métier spécialisés, comme le battage de pieux et le dragage, incluant le développement d'installations maritimes.

La quantification des activités de construction dans le domaine maritime repose sur quatre sources de données distinctes :

  • Les administrations portuaires et les exploitants/utilisateurs des ports (incluant les traversiers en C.-B.) en ce qui concerne la construction des ouvrages, incluant les quais et les installations de manutention du fret.
  • Pêches et Océans Canada en ce qui concerne la construction et l'entretien des ports pour petits bateaux.
  • Le ministère de la Défense nationale dans les domaines de la construction et de l'entretien des bases et des installations navales.
  • L'industrie pétrolière et gazière en ce qui concerne l'exploitation des champs pétrolifères en mer.

Production

La valeur des activités de construction maritime au Canada varie d'environ 420 à 590 millions de dollars chaque année entre 2002 et 2006, avec des dépenses annuelles moyennes de 535 millions de dollars consacrées aux immobilisations (les chiffres présentés au tableau 3.13 ont été ajustés pour tenir compte de l'inflation et son exprimés en dollars de 2005). L'exploitation de champs pétrolifères et gaziers au large de Terre-Neuve et Labrador et de la Nouvelle-Écosse représente près de la moitié du total. On estime les impacts économiques à partir de la moyenne de 5 ans des dépenses d'immobilisations. Ces dépenses sont d'ailleurs présentées en détail à l'annexe D.

Tableau 3.13: Construction maritime au Canada, 2002-2006
Dépenses en 000$ (2005) Ports Ports pour petits Défense nationale Pétrole et gaz naturel Traversiers en C.-B. Total
2002 95 435 S/O 82 519 316 815 39 378 S/O
2003 69 637 28 776 79 031 369 957 39 574 586 975
2004 83 291 27 931 73 060 329 124 73 630 587 036
2005 90 736 25 094 97 119 204 750 101 000 518 699
2006 139 563 27 504 88 534 118 272 45 806 419 679
Moyenne de 5 ans 95 732 27 326 84 052 267 784 59 878 534 772

Source: Annexe D

Questions et ajustements aux données

  • Les données relatives aux ports ne comprennent pas les activités de construction dans les ports privés et les marinas pour lesquelles on ne compile aucune donnée. Par conséquent, les résultats présentés au tableau 3.13 constituent une sous-estimation des dépenses réelles consacrées aux immobilisations.
  • Les rapports publiés sur les dépenses consacrées à l'exploitation pétrolière et gazière indiquent avec précision les dépenses locales (provinciales), mais sans faire la distinction entre les activités de fabrication et d'installation. Par conséquent, les données au tableau 3.13 constituent une exagération de ce qu'on considérerait comme une activité de construction véritable (installation). Néanmoins, même s'il ne s'agit pas d'impacts véritables au niveau des activités de construction, les chiffres nous indiquent avec précision le niveau d'activité dans les provinces qui contribuent à l'impact économique découlant de l'exploitation en mer.

Impact économique

Le secteur de la construction maritime a généré 440 millions de dollars au niveau du PIB global (tableau 3.14) pour des dépenses totales atteignant les 535 millions de dollars (tableau 3.13). Le secteur a créé tout près de 2 410 emplois directs en 2006 et 3 200 emplois de plus qui sont attribuables aux activités indirectes. Ces emplois ont généré au-delà de 270 millions de dollars en revenu du travail.

Tableau 3.14: Impact économique de la construction maritime au Canada, 2006
PIB et revenu en 000 $ - Emplois - nombre d'ÉTP Ports Pétrole et gaz naturel en mer Total pour la construction maritime
Impact direct
PIB 106 796 125 607 232 402
Emplois 1 569 841 2 410
Revenu 69 417 65 926 135 343
Impact indirect
PIB 66 655 47 193 113 847
Emplois 1 572 423 1 996
Revenu 57 287 16 067 73 355
Impact induit
PIB 53 708 41 282 94 990
Emplois 909 285 1 194
Revenu 40 686 21 417 62 103
Impact total
PIB 227 158 214 082 441 240
Emplois 4 051 1 549 5 600
Revenu 167 390 103 409 270 800

Source: Modèle d'entrée-sortie interprovincial de Statistiques Canada, version de 2005.

6. Construction navale, réparation et fabrication de bateaux

Secteur

Ce secteur comporte deux industries, soit la construction navale, ainsi que la réparation et la fabrication de bateaux. En 2006, elles ont généré des recettes totales de l'ordre de 1,1 milliard de dollars.

  • Construction navale et réparation: SCIAN #336611 – Cette industrie comprend des établissements participant principalement à l'exploitation d'un chantier naval doté d'installations fixes, incluant des cales sèches et de l'équipement de fabrication permettant de construire et de réparer des navires (qui ne sont pas destinés à un usage personnel).

  • Fabrication de bateaux: SCIAN #336612 – Établissements où l'on s'adonne principalement à la fabrication de bateaux (destinés à un usage personnel, incluant les bateaux de pêche).

L'industrie canadienne de la construction navale et de la fabrication de bateaux comprend quelque 810 établissements où l'on produit des navires destinés à un usage industriel et personnel en haute mer, sur les côtes ainsi qu'en eaux intérieures. Puisqu'on peut faire appel à plusieurs types d'embarcations en mer ou sur les étendues d'eau douce, il n'existe aucune façon directe d'isoler le volet maritime de l'industrie. L'approche adoptée dans cette étude consiste à attribuer une désignation maritime en fonction de l'emplacement des établissements, soit plus précisément aux firmes situées sur les côtes canadiennes. L'utilisation d'une telle approche permet de réduire le nombre total d'environ 225, soit à 585 établissements (135 chantiers navals, SCIAN 336611; 450 ateliers de construction de bateaux, SCIAN 336612). Le nombre total d'emplois excède 6 700.

Tableau 3.15: Structure de l'industrie de la construction navale et de la fabrication des bateaux au Canada, 2006
Construction et réparation de navires1 Fabrication de bateaux1
Établissements Emplois Établissements Emplois
135 2 800 450 3 900

Source: Industrie Canada, http://www.ic.gc.ca/cis-sic/cis-sic.nsf/IDE/cis33661este.html; Statistiques Canada, no de cat. 301-0006, Statistiques principales des industries manufacturières du Canada
1Comprend les données des provinces côtières seulement.

Production

Le volet maritime de l'industrie de la construction navale et de la fabrication des bateaux a produit des extrants qu'on estime à 1,1 milliard de dollars au Canada en 2006. Le volet consacré à la construction navale (SCIAN 336611) représentait 520 millions de dollars, alors que celui de la fabrication des bateaux (SCIAN 336612) a contribué pour un montant qu'on estime à 540 millions de dollars (tableau 3.16).

Tableau 3.16: Production de l'industrie (maritime) de la construction navale et de la fabrication des bateaux au Canada, 2002-2006
  Construction et réparation de navires Fabrication de bateaux Total
Établissements # Recettes millions $ Établissements # Recettes millions $ Établissements # Recettes millions $
2002 68 608 289 550 357 1 158
2003 80 468 258 584 338 1 052
2004 191 517 665 552 856 1 069
2005 119 450 456 461 575 911
2006 135 521 450 543 585 1 065

Source: Statistiques Canada, tabulation spéciale, Industrie Canada, http://www.ic.gc.ca/cis-sic/cis-sic.nsf/IDE/cis33661este.html

Questions et ajustements aux données

  • La confidentialité des données représente l'aspect le plus difficile pour les industries de la construction navale et de la fabrication des bateaux. Les industries, en particulier la construction navale et la réparation, sont petites dans les provinces de l'Atlantique, alors qu'on ne compte que quelques établissements qui réalisent des activités. Statistiques Canada peut fournir un tableau spécial portant sur la valeur des extrants, même si les données seraient regroupées de façon à répondre aux restrictions en matière de confidentialité. Les données regroupant la construction navale et la fabrication des bateaux par province sont présentées à l'annexe E.

Impact économique

L'industrie de la construction navale et de la fabrication de bateaux a généré un PIB global de 803,5 millions de dollars (tableau 3.17) pour des recettes totales de 1,1 milliard de dollars (tableau 3.16). Le secteur a créé au-delà de 8 940 emplois directs, alors que 7 100 autres emplois sont attribuables à des activités indirectes. Ces emplois ont généré plus de 674 millions de dollars en revenus pour les foyers.

Tableau 3.17: Impact économique de l'industrie de la construction navale et la fabrication des navires au Canada, 2006
PIB et revenu en 000 $ - Emplois - nombre d'ÉTP Construction navale Fabrication de bateaux Total pour l'industrie
Impact direct
PIB 317 730 144 660 462 390
Emplois 6 766 2 179 8 944
Revenu 312 080 74 640 386 720
Impact indirect
PIB 95 820 54 250 150 070
Emplois 2 468 768 3 236
Revenu 89 000 26 500 115 500
Impact induit
PIB 127 920 63 166 191 086
Emplois 3 013 872 3 885
Revenu 138 599 33 301 171 900
Impact total
PIB 541 470 262 076 803 546
Emplois 12 247 3 819 16 066
Revenu 539 679 134 441 674 120

Source: Modèle d'entrée-sortie interprovincial de Statistiques Canada, version de 2005.

7. Activités secondaires

Dans le cadre de référence de cette étude, on identifie plusieurs activités qui présentent un lien direct ou indirect avec l'océan auquel un ou plusieurs des éléments suivants peuvent s'appliquer : a) on dispose de renseignements limités sur la nature et l'ampleur du lien existant entre l'océan et l'activité en question; b) l'activité peut dépendre des intrants maritimes et terrestres qui ne sont pas faciles à distinguer; c) l'activité peut être trop amorphe ou trop peu développée pour qu'on puisse l'inscrire comme une classification distincte du SCIAN, de sorte qu'on l'a placée dans un regroupement plus général de l'industrie; et d) même si aucune de ces contraintes n'existe, les données pertinentes relatives aux extrants ou au PIB qui sont nécessaires afin de déterminer les impacts peuvent être confidentielles.

Dans cette section, on examine les enjeux de trois activités, soit la pêche de subsistance, le raffinage et les pipelines en mer. On procède ainsi à une analyse d'impact détaillée des trois autres activités secondaires qu'on a identifiées dans le cadre de référence et pour lesquelles on a réalisé un examen qualitatif.

  • Pêche de subsistance: Cette activité se déroule dans l'Arctique entre les peuples inuits et dans les régions du sud chez les Premières nations vivant sur les côtes de l'Atlantique et du Pacifique. Dans tous les endroits, l'ampleur de la participation et les niveaux de récolte sont peu documentés, s'ils le sont.

    La pêche et la chasse de subsistance ont procuré presque tous les aliments et les matériaux que les Inuvialuits utilisaient au début des années 1900. Le phoque annelé, le phoque barbu, la baleine boréale et le bélouga, ainsi que plusieurs espèces de poisson et de sauvagine ont tous contribué à la subsistance des premiers habitants. Le petit lard et la viande étaient des éléments importants du régime des Inuvialuits et de leurs chiens, même si le poisson disponible toute l'année durant représentait probablement l'aspect le plus important de leur régime. La traditionnelle chasse à la baleine que pratiquaient les Inuvialuits s'est poursuivie à des fins domestiques et on chasse toujours le phoque sur la mer glacée ou à bord de navires. L'économie actuelle axée sur les salaires et l'évolution du mode de vie a donné lieu à une baisse importante de la récolte de subsistance, mais de façon particulière, la baisse du recours aux traîneaux à chiens a réduit le besoin de sources de protéine afin de nourrir ces derniers. Certaines estimations révèlent que les niveaux de récolte actuels équivalent environ au tiers de ce qu'ils étaient dans les années 1960.

    Les études des récoltes dans la région d'établissement des Inuvialuits et au Nunavut ne comportent des données que jusqu'en 1999 et 2001 respectivement. Les rapports récents, incluant le Rapport de survol et d'évaluation économiques de 2008 concernant la VZGO de la mer de Beaufort, concernent ces sources et le travail réalisé par GSGislason and Associates en 2003 afin d'estimer la valeur économique connexe. En résumé, il existe un écart considérable afin de comprendre la portée et l'importance actuelles de la pêche de subsistance.

    Basées sur les données des récoltes les plus récentes, les estimations des récoltes de 1999 et 2001 demeurent pertinentes. On capture chaque année environ 1 200 Mt de denrées comestibles provenant des mammifères, et à peine plus de 300 Mt de poisson. Si on peut prendre pour acquis qu'on obtiendra des niveaux de récolte moyens identiques jusqu'en 2006, on ne devra tenir compte que de la valeur de la récolte. Dans une étude intitulée Nunavik Comparative Price Index, on fait état des changements au niveau du prix de la viande entre 2000 et 2006. Si on évalue les sources de protéines de subsistance en fonction du coût de remplacement des sources de protéines vendues en magasins, cellesci ont augmenté de près de 20% depuis l'étude de GSGislason, ce qui nous porterait à croire à des activités valant aux alentours de 39 millions de dollars dans le domaine de la récolte de subsistance en 2006.

    Au sein des Premières nations, on qualifie la pêche à des fins alimentaires, sociales et cérémonielles (ASC), de pêche de subsistance et celle-ci peut, dans certains cas, comprendre la vente de prises afin de couvrir les coûts attribuables à la pêche. Ces pêches donnent lieu à des poursuites en vertu de mesures de gestion variées imposées par le Canada et ayant pour but de limiter l'effort et de conserver les stocks de poisson. Ces mesures sont définies dans les règlements en vertu d'ententes avec chacune des Premières nations et elles peuvent comprendre les limites par pêcheur individuel par jour, le total autorisé de captures (TAC) pour la Première nation, des montants réservés à des fins ASC, des limites en fonction de certaines zones de pêche ou d'autres désignations, ainsi que des limites au niveau des prises accessoires. Ces pêcheries sont également soumises à plusieurs des mêmes restrictions qu'on retrouve habituellement dans le domaine de la pêche commerciale, incluant les restrictions au niveau des engins, les limites légales de taille, les saisons de pêche, ainsi que les exigences en matière de surveillance et de rapports.

    Les données portant sur la pêche de subsistance des Premières nations ne sont pas disponibles. La complexité des arrangements de pêche fait en sorte qu'il est difficile pour le MPO de produire des estimations des quantités allouées, mais la surveillance et les rapports des prises réelles sont également limitées ou inexistantes. Par conséquent, il est impossible de quantifier les activités en termes économiques. Les renseignements au sujet des attributions se retrouvent dans le texte de nombreuses ententes et, dans certains cas, ceux-ci sont également liés aux décisions relatives au TAC qui apparaissent dans d'autres documents ou qui résultent des négociations annuelles avec les Premières nations. Même si on pouvait effectuer la référence croisée et la recherche de suivi nécessaires, certaines attributions demeurent vagues, puisqu'on ne fait état que des montants destinés aux pêcheurs à titre individuel ou aux montants pour la pêche ASC. Il serait alors nécessaire d'enquêter sur les niveaux de participation et sur l'interprétation de ces définitions avant de pouvoir estimer le nombre de prises. Même si on recueille des données sur les prises, on constate un manque d'uniformité et de fiabilité au niveau des méthodes de suivi à la grandeur du Canada. Par conséquent, Pêches et Océans Canada ne produit aucun rapport des données concernant les prises de subsistance (ASC).

  • Raffinage: On pourrait décrire le raffinage comme une industrie qui dépend des opérations maritimes selon la source du pétrole brut. Si le brut provient de champs pétrolifères en mer, le raffinage est au pétrole ce que la transformation est au poisson – un lien rétroactif avec une ressource océanique. En tant que tel, il est théoriquement correct d'inclure les raffineries alimentées par le pétrole en mer dans la catégorie des industries maritimes.

    Alors que cet obstacle conceptuel est facile à surmonter, les défis méthodologiques et au niveau des données sont plus sérieux. Les difficultés et certaines solutions possibles peuvent s'illustrer à partir des raffineries situées dans le Canada atlantique et en prenant le pétrole brut produit au large de Terre-Neuve et Labrador (soit le « brut des Grands bancs) à titre d'exemple.

    La région de l'Atlantique compte quatre raffineries, soit une à Terre-Neuve et Labrador, une en Nouvelle-Écosse, une au Nouveau-Brunswick et une autre dans l'est du Québec (on dénombre également six raffineries à Montréal). Les quatre raffineries régionales présentent une capacité combinée de 720 000 barils de pétrole brut par jour. La région comporte trois champs pétrolifères, soit Hibernia, Terra Nova et White Rose, qui sont tous situés au large de Terre-Neuve et Labrador. Ces champs ont produit en moyenne près de 300 000 barils par jour. Ainsi, dans des circonstances idéales, les champs en mer pourraient fournir près de 40% de la capacité régionale en matière de raffinage.

    Avant de se pencher sur les défis entourant la quantification des impacts, il vaut la peine de préciser, alors que les raffineries régionales présentent un aspect maritime, qu'elles ne dépendent pas nécessairement de la mer. Toutes les raffineries ont été construites avant l'apparition des champs dans les Grands bancs. Même aujourd'hui, alors que les sources de pétrole brut se trouvent à nos portes, les raffineries dépendent principalement de sources importées de pétrole brut. En partie, cela concerne la mesure dans laquelle le brut de Terre-Neuve est conforme au type de pétrole que les raffineries sont conçues pour raffiner (et à savoir si un mélange est nécessaire ou possible). Cela concerne également, en partie, les forces concurrentielles sur les marchés mondiaux du brut.

    Les exigences minimales d'estimation fiable de l'impact de l'industrie concernent des données sur la valeur brute de la production et de la contribution au PIB. On peut connaître les recettes brutes en consultant le document CANSIM 301-0006 (la production de l'industrie était évaluée à 63,2 milliards de dollars en 2006), mais même si on compte 22 raffineries au Canada, aucune donnée sur le PIB n'est disponible même à l'échelle nationale (pour des raisons de confidentialité). Si des données nationales étaient disponibles, il pourrait avoir été possible d'estimer la part régionale du PIB national en fonction de la production relative (les capacités sont indiquées et il est possible de déterminer l'utilisation de la capacité). La faiblesse repose ici dans les types différents de produits (et, par conséquent, dans les valeurs différentes) que chaque raffinerie est capable de produire. De plus, tout dépendant de l'utilisation de la capacité et de la concurrence sur les marchés régionaux des produits du pétrole, les marges de raffinage (et, par conséquent, les profits) peuvent différer substantiellement par rapport à la moyenne nationale.

    En prenant pour acquis qu'il serait possible de surmonter ces obstacles, il reste un problème qui consiste à déterminer la part de la production de brut des raffineries régionales dont on tient compte dans l'approvisionnement domestique en mer. Statistiques Canada et l'Office national de l'énergie font état de l'approvisionnement domestique et de la disposition par région. Ces données révèlent que l'utilisation du brut des Grands bancs dans les raffineries de la région de l'Atlantique a connu une augmentation constante pour atteindre près de 22% des besoins totaux des raffineries en 2007 (en prenant pour acquis qu'on utilise la capacité des raffineries à 90%, cela signifie que le brut des Grands bancs répond environ à 3% des besoins totaux en raffinage au Canada). Les données sur la navigation révèlent que le reste de la production des Grands bancs est exporté vers le nord-est des É.-U. et la côte du Golfe, alors qu'une partie est également utilisée par une ou plusieurs raffineries à Montréal.

    En résumé, les données nécessaires afin d'estimer l'impact au niveau des océans qui résultent des activités de raffinage ne sont pas disponibles dans les sources de statistiques accessibles au public. Les sociétés pétrolières inscrites à la bourse publient des états financiers, mais on a tendance à regrouper les résultats du raffinage avec les autres unités de l'entreprise, de sorte qu'il est impossible d'établir un lien entre ces valeurs et le raffinage. De plus, les sociétés pétrolières ne sont pas toutes inscrites à la bourse (incluant Irving Oil, la plus grande raffinerie au Canada). Compte tenu de la non-disponibilité des données essentielles et des hypothèses nécessaires, toute estimation de l'impact économique serait questionnable.

  • Pipelines en mer: Le Canada possède un pipeline qui transporte les hydrocarbures produits en mer. Ce pipeline achemine le gaz naturel et les liquides du projet de l'île de Sable au large de la Nouvelle-Écosse vers une usine de fractionnement située dans la province. Ce pipeline en mer (et l'usine de fractionnement) font partie intégrale du système de production de l'île de Sable, alors que l'essence vendue aux clients au point d'entrée du pipeline à terre a fait l'objet d'une transformation afin de répondre aux exigences régissant la vente d'essence.

    La méthode employée afin de déterminer la façon dont on estimerait l'impact économique d'un pipeline en mer ne diffère aucunement de celle employée pour un pipeline sur la terre ferme. Statistiques Canada présente le PIB de cette industrie (SCIAN 4861 pour le pétrole brut et SCIAN 4862 pour le gaz naturel) à l'échelle nationale même si des préoccupations relatives à la confidentialité limiteraient la disponibilité des données dans certaines provinces (comme la Nouvelle-Écosse).

    Au-delà de la question de la confidentialité, l'autre limite repose dans ce que les données ne présentent aucune distinction entre les pipelines en mer et sur terre. Ainsi, même si on publiait les données sur les pipelines dans les territoires présentant des systèmes en mer et sur la terre ferme (comme la Nouvelle-Écosse), il pourrait être difficile de faire la distinction avec confiance entre les contributions maritime et terrestre au PIB.

    En guise d'alternative, parce que le pipeline au large de la Nouvelle-Écosse fait partie intégrante du projet de l'île de Sable, une façon possible d'estimer son impact économique consiste à baser la contribution au PIB (et d'autres indicateurs des impacts) à sa part des coûts totaux des immobilisations du projet en mer. Cette approche nous procurerait une bonne approximation de sa contribution à l'impact au niveau du PIB, puisque ce projet engouffre tellement de capitaux, alors que l'impact se fait principalement sentir au niveau des rendements et des capitaux (plutôt qu'au niveau du revenu du travail). Les impacts au niveau de l'emploi et du revenu du travail sont limités, compte tenu de la nature des installations et de ses opérations.

    Suivant cette approche, le pipeline en mer représentait près de 25% du coût total des immobilisations de l'île de Sable. Ce projet représentait près de 15% des recettes totales attribuable au pétrole et au gaz naturel en mer en 2006 (tableau 3.5). En prenant pour acquis que la contribution au PIB est proportionnelle aux recettes attribuables au pétrole exploité en mer par rapport aux projets de gaz naturel (il n'existe aucune façon de le savoir à partir des données disponibles), le pipeline en mer équivaudrait à 3,5% de l'impact au niveau du PIB attribuable au pétrole et au gaz naturel en mer comme on peut le voir au tableau 3.6 (291 millions de dollars en PIB direct).

  • Systèmes de navigation et de guidage: On a présenté cette industrie comme une industrie primaire, mais on n'a pu estimer ses impacts en raison du manque de données de base. Même si cette industrie fabrique des produits destinés principalement au domaine de l'aéronautique, les renseignements d'Industrie Canada sur les entreprises de cette industrie nous indiquent qu'à tout le moins une partie de la production de près d'un tiers de ces firmes sembleraient avoir des applications dans le domaine maritime.

    Il est impossible de produire une estimation de l'impact économique du volet maritime de l'industrie, parce qu'on ne dispose pas de données financières et économiques de base. L'industrie comprend 176 établissements où travaillent 7 180 employés. Dans l'ensemble, cette industrie présentait des recettes totales avoisinant le 1,5 milliard de dollars en 2006, alors que les activités de fabrication sont venues ajouter presque 800 millions de dollars. Statistiques Canada présente les statistiques principales de l'industrie en général (CANSIM 301-0006), mais ne donne aucune information qui permettrait de faire la distinction entre les volets maritimes et aéronautiques.

    Alors qu'il est possible d'isoler le segment maritime de l'industrie du regroupement général à un certain moment dans l'avenir, cela peut ne pas être le cas pendant quelques années, puisqu'on semblerait alors tenir compte d'une proportion relativement faible de la production de cette industrie. Et puisque c'est la nature du produit ou du service, et non pas l'utilisation de ces derniers qui détermine la désignation de l'industrie, il semble improbable qu'on modifie le SCIAN pour cette raison.

    À la lumière de ces contraintes, deux options sembleraient s'offrir afin d'élaborer une estimation de la valeur de production dans le domaine de la fabrication maritime, soit demander à Statistiques Canada de créer un compte satellite ou organiser un sondage dans l'industrie. La base de données d'Industrie Canada, qui renferme 176 établissements, servirait de point de départ dans ce dernier cas. Cependant, puisqu'un tel sondage reposerait sur des renseignements financiers sensibles (essentiellement la même information que demande Statistiques Canada), l'expérience nous porte à croire que la probabilité de réussite est faible.
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