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Impact économique des activités maritimes au Canada

Observations Finales

1. Potentiel de croissance Industrie des poissons et fruits de mer

  • Pêche: Les activités de la pêche commerciale sur les côtes de l'Atlantique et du Pacifique sont essentiellement exploitées au maximum. Autrement dit, une expansion à ce niveau est improbable, à moins d'une augmentation substantielle dans l'abondance des stocks et d'un relâchement des règles régissant l'admission à la pêche (qui présentent toutes deux des précédents). Même sans une augmentation de la participation, on constate un potentiel de croissance économique en termes de rendements plus élevés au niveau des immobilisations et de la main-d'oeuvre, même si cela dépend d'une abondance accrue des stocks et d'une amélioration des conditions du marché. L'appauvrissement des stocks (poisson de fond sur la côte de l'Atlantique et saumon sur la côte du Pacifique) est venu contrer les efforts déployés dans cette industrie au cours des 10 à 20 dernières années et on constate des preuves limitées d'un repli au niveau de ces espèces dans un avenir prochain. Sur le plan positif, ces baisses ont été compensées dans des mesures variées par une augmentation de la production des mollusques et crustacés, qui sont généralement des espèces plus vulnérables. Néanmoins, la taille globale des pêcheries commerciales sur les deux côtes – nombre de navires et de participants – a chuté et, compte tenu de l'admission limitée et de l'utilisation accrue des quotas individuels transférables, un retour aux niveaux de participation des années 1980 est peu probable. En résumé, toute amélioration des impacts économiques sera probablement estimée en termes de PIB et de revenu, plutôt qu'au niveau des emplois.

  • Aquaculture: Il existe des possibilités considérables d'augmenter la production de poisson moyennant un habitat convenable (encore plus sur la côte du Pacifique que du côté de l'Atlantique), mais l'industrie devra s'attaquer aux préoccupations attribuables à la dégradation de l'environnement, incluant les menaces au niveau des espèces sauvages afin qu'une telle expansion puisse porter fruits. La production des mollusques et crustacés subit moins d'opposition du point de vue environnemental, mais l'accès à l'océan représente une contrainte. On constate une opposition publique de la part des propriétaires fonciers dans certains endroits pour des raisons esthétiques, des intervenants dans le domaine de la pêche commerciale en raison de la perte des fonds de pêche, ainsi que des propriétaires d'embarcations qui sont préoccupés par les risques sur le plan de la navigation. Certaines espèces de mollusques et crustacés sont également confrontées à des contraintes attribuables au marché, puisque l'industrie a connu davantage de succès au niveau de la production que de la mise en marché du produit (comme les moules sur la côte atlantique).

  • Transformation du poisson: Le potentiel de croissance est lié dans une grande mesure à la disponibilité des matières premières au niveau de la pêche et de l'aquaculture commerciales. L'industrie doit relever un défi considérable en basant son expansion sur les matières premières confirmées sur le marché international. Les producteurs à faible coût en Asie ont entraîné une hausse des prix, alors que les usines de transformation au Canada ont de la difficulté à les concurrencer, en raison des coûts d'exploitation locaux qui sont plus élevés. De plus, la valeur des exportations canadiennes vers les États-Unis a chuté en raison de la faiblesse du dollar américain. En résumé, l'industrie se trouve dans une situation difficile. La croissance de l'industrie dans l'avenir dépendra simultanément de l'approvisionnement local en matières premières, d'une plus grande efficacité, de marchés plus robustes, ainsi que de taux de change plus favorables.

  • Pétrole et gaz naturel en mer: L'avenir semble prometteur, mais il est entouré d'une importante aura d'incertitude et de risque. Deux projets en mer, soit Hebron (pétrole/Grands bancs) et Deep Panuke (gaz naturel/Plate-forme Scotian), en sont présentement au stade de planification sur la côte atlantique. Leur exploitation au cours des quelques prochaines années aura est impacts positifs sur la fabrication, la construction et les services, sans compter qu'il en résultera des recettes plus élevées au moment où la production aura atteint son rythme de croisière. Les autres développements sur la côte est dépendent des nouvelles découvertes de réserves récupérables sur le plan économique. Les zones situées au large dans l'Arctique et sur la côte du Pacifique peuvent receler un potentiel incroyable. Les moratoires au niveau des politiques fédérales et provinciales qui interdisent l'exploitation et le développement des gisements de pétrole et de gaz naturel en mer restent en place en Colombie-Britannique, et on constate une incertitude considérable sur le plan de la réglementation en raison des développements possibles. Dans tous les cas, les zones frontalières sont des environnements dispendieux à exploiter, tant au niveau du forage que du développement. Le caractère économique d'une découverte dépend de plusieurs facteurs, incluant la taille du bassin, la géologie de la structure, les coûts d'immobilisation de l'approche employée pour l'exploitation, ainsi que les prix de l'énergie. Alors qu'il est tentant de présenter un point de vue optimiste de l'exploitation d'un tel potentiel compte tenu de la soif de pétrole qui enveloppe l'Amérique du Nord, les événements récents sur les marchés du pétrole viennent rehausser la grande incertitude inhérente au secteur du pétrole et du gaz naturel.

  • Transport maritime: Le potentiel de croissance est lié à la demande de marchandises expédiées en provenance du Canada et à la demande de biens expédiés dans des conteneurs à destination du Canada et principalement en provenance du Proche-Orient. Jusqu'à la fin de 2008, ces sources de demande entraînaient une augmentation constante des cargaisons transitant par les ports canadiens sur les côtes du Pacifique et de l'Atlantique. On a complété la construction d'un nouveau terminal pour conteneurs sur la côte est en 2007 et on compte présentement deux propositions de construction de nouveaux terminaux sur la côte est. On compte également des propositions visant à construire des terminaux méthaniers et à accroître la capacité de raffinage, ce qui viendrait augmenter la demande au niveau du transport maritime et des services de soutien. La récession mondiale a entraîné une baisse de la demande de marchandises, ainsi que des biens manufacturés expédiés par conteneur, ce qui pourrait compromettre le moment (et possiblement la viabilité) de ces différentes propositions. Le potentiel de croissance à long terme semble intéressant, compte tenu du potentiel de ressources du Canada, même s'il pourrait falloir quelques années afin de reprendre le rythme d'il y a quelques années.

  • Tourisme océanique: Le potentiel de croissance est lié à plusieurs facteurs, dont la capacité du Canada d'entretenir un environnement côtier attrayant, le développement continu de la capacité et des possibilités sur le plan touristique (comme les croisières et l'écotourisme), le climat économique général, ainsi que la concurrence des autres destinations. Les trois formes de tourisme océanique ont présenté une tendance à la hausse au cours des quelques dernières années sur la côte du Pacifique, mais le contraire sur la côte atlantique. La perspective à court terme nous laisse entrevoir un faible rendement attribuable à la récession actuelle, même si celui-ci pourrait être compensé dans une certaine mesure par la baisse abrupte des prix du pétrole depuis la fin de 2008. La perspective à long terme est plus prometteuse dans un monde de plus en plus exigu où le Canada offre d'excellentes possibilités d'évasion.

  • Construction navale et fabrication de bateaux: Depuis les 20 dernières années, le Canada a constaté une baisse constante de sa capacité de construction navale alors que les chantiers luttent pour concurrencer les pays dont les gouvernements offrent un soutien financier substantiel pour venir en aide à cette industrie. La majeure partie du travail qu'on effectue dans les chantiers canadiens concerne le radoub et la réparation, alors que les nouvelles activités de fabrication concernent principalement les navires de la marine et la Garde côtière. Le gouvernement fédéral a élaboré des programmes majeurs ayant pour but de remplacer les navires vieillissants dans les deux services, même si le moment demeure incertain. L'avenir des ateliers de construction au Canada dépend de la demande de bateaux de pêche et d'embarcations de plaisance. L'industrie de la pêche ne connaît aucune expansion, de sorte que la demande résulte principalement du besoin de remplacer les navires. À tout le mieux, la demande restera stable, alors que les fluctuations seront attribuables aux ressources et aux conditions du marché. Plusieurs ateliers de construction sur les côtes du Pacifique et de l'Atlantique ont réussi leur transition vers le secteur des embarcations de plaisance. Cependant, il s'agit là d'un marché très concurrentiel qui est également exposé aux tendances générales de l'économie. La perspective à long terme en ce qui concerne la demande est faible.

  • Construction maritime: Plusieurs des projets proposés sur les côtes de l'Atlantique, du Pacifique et de l'Arctique pourraient entraîner une baisse considérable des activités. Tel est le cas, par exemple, des terminaux méthaniers, de l'expansion au niveau des cargaisons en vrac dans le sud, ainsi que d'un centre de réapprovisionnement de la marine/Garde côtière dans l'Arctique. Le réchauffement de la planète et la fonte des glaces dans la région polaire pourraient éventuellement permettre la navigation commerciale par le passage du nord-ouest et possiblement la création de ports pour y acheminer les cargaisons domestiques. La construction en mer restera épisodique, alors qu'elle dépendra des découvertes et des développements dans le domaine. Autrement, on s'attend à ce que l'aménagement continu des ports donne lieu à une demande stable de services de construction.

2. Défis et lacunes

L'obtention des données économiques essentielles représente le principal défi lorsqu'on souhaite produire un tel rapport. Cette difficulté se présente au niveau de l'industrie dans le cadre de certaines activités, ainsi que sur le plan géographique. Le résultat du processus de quantification de la valeur des extrants et des impacts de chaque activité est présenté à l'annexe H.

  • Sur le plan industriel, il se peut que les données ne soient pas disponibles, parce que l'activité maritime ne se déroule pas conformément à une classification établie du SCIAN. Celles-ci peuvent concerner simultanément plusieurs industries ou appartenir uniquement à une industrie générale. Ces contraintes peuvent influencer la capacité d'estimer les impacts, mais à tout le moins, elles influencent l'approche adoptée et la confiance à l'égard des résultats.

  • Sur le plan géographique, il arrive souvent que les données ne soient pas disponibles pour des raisons de confidentialité – le nombre d'établissements dans l'industrie dans cette région peut être trop peu élevé pour justifier la production de rapports – ou parce que la région particulière n'est pas bien couverte par Statistiques Canada. Une telle situation peut présenter certaines difficultés si, comme c'est présentement le cas, l'analyse et les rapports sont nécessaires au niveau régional.

Ces défis particuliers n'influencent pas toutes les activités maritimes, mais quelques-unes ne présentent pas le moindre défi sur le plan de l'analyse, soit, à tour de rôle :

  • La pêche commerciale: Il existe deux sources de données sur la valeur des extrants. Le MPO publie des données sur la valeur des débarquements dans le domaine de la pêche commerciale par province avec un retard de près d'un an. Ces données sont accessibles sur le site Web du MPO. Statistiques Canada (CANSIM 381-0016 ) utilise ces données pour la pêche commerciale au niveau provincial, mais avec un retard de 3 à 4 ans. Statistiques Canada compte grandement sur ces données, sur ses propres sondages, ainsi que sur les données d'ordre administratif (imposition) afin de calibrer son modèle d'entrée-sortie, ainsi que pour préparer des estimations annuelles du PIB. Les estimations du nombre d'emploi dans le domaine de la pêche représentent un point faible. Il est possible d'estimer le niveau de participation à partir des données de l'assuranceemploi (nombre de demandes), mais celles-ci produisent à tout le moins une limite inférieure, parce que les participants ne présentent pas tous une demande. Les données du MPO sur l'enregistrement des pêcheurs nous procureraient une limite supérieure, mais les gens qui s'inscrivent à la pêche ne le font pas tous. Il n'existe aucune donnée officielle sur les équivalents temps plein et aucune méthode fiable pour effectuer cette estimation. En partie, une telle situation reflète le statut des membres – qui sont considérés comme des entrepreneurs indépendants et non des employés – et en partie la nature saisonnière de la pêche. Le travail ne se limite pas au temps consacré à pêcher, mais il englobe également le temps de préparation qui précède et le temps d'entretien une fois la saison terminée.

    Les estimations du nombre d'emplois dont on fait état dans l'analyse des impacts proviennent des résultats du modèle d'entrée-sortie. Ce modèle permet de calculer le niveau d'emploi nécessaire afin d'atteindre un niveau de sortie donné en fonction des niveaux de revenus établis à partir des données administratives et des sondages.

  • L'aquaculture: Les ministères provinciaux produisent des rapports efficaces sur les statistiques dans le domaine de l'aquaculture (incluant la production et la valeur par espèce, le nombre de sites et le nombre d'employés) : Les comptes sur la valeur ajoutée dans l'industrie dans chacune des provinces sont publiés par le MPO et par Statistiques Canada (CANSIM 381-0016) . Il existe un délai d'environ un an entre les rapports de la province et du MPO. Statistiques Canada compte grandement sur les données de production, sur ses propres sondages, ainsi que sur les données d'ordre administratif (imposition) afin de calibrer son modèle d'entrée-sortie, ainsi que pour préparer des estimations annuelles du PIB.

  • La transformation du poisson: La valeur annuelle de production et d'autres statistiques importantes sur la fabrication provenant de Statistiques Canada sont disponibles en ligne pour 2004-2006 jusqu'au CANSIM 301-0006, ainsi que pour les années antérieures à partir des documents CANSIM 301-0003 et 301-0005 . Quant aux statistiques sur les exportations, on peut les consulter en ligne sur le site Web Strategis d'Industrie Canada.

    D'autres données de l'industrie, comme le nombre d'usines et d'emplois, sont également compilées par certaines provinces, mais on constate un manque d'uniformité entre les approches provinciales. Un problème qui concerne les données sur les extrants consiste dans ce qu'on inclut les matières premières importées dans les statistiques sur la production et sur les exportations. Il s'agit là d'une préoccupation si on justifie l'inclusion de la transformation des poissons et fruits de mer en invoquant son lien avec la pêche domestique. Autrement, cela ne pose aucun problème (on ne considère pas qu'il s'agit d'un problème dans cette étude). La contribution à la production de matières premières importées peut être substantielle. Au Nouveau-Brunswick, par exemple, les usines de transformation du homard comptent grandement sur le homard du Maine en tant que source de matière première.

  • Le pétrole et le gaz naturel: Statistiques Canada a supprimé les données de production pour l'industrie pétrolière et gazière en mer à Terre-Neuve et Labrador et en NouvelleÉcosse pour des raisons de confidentialité. On peut ainsi estimer la valeur de production en faisant appel aux données de production publiées (quantité) appliquées aux prix moyens du marché. Pour connaître les données de production mensuelles, consulter l'OCNEHE. On peut calculer la valeur en utilisant les prix mensuels moyens du gaz naturel importés (nord-est des É.-U.) accessibles sur le site Web de la U.S. EIA en prenant soin de les ajuster en fonction du taux de change du dollar canadien par rapport au dollar américain pour ensuite calculer le tarif net d'acheminement par pipeline (afin de connaître le revenu net du producteur). La façon de calculer les valeurs de production utilisées dans ce rapport est présentée à l'annexe A.

    En ce qui concerne les activités au large de Terre-Neuve et Labrador, il faut obtenir les données de production mensuelles (du CNLOPB) et calculer ensuite les recettes en utilisant les prix mensuels moyens du pétrole basés sur un type de brut de référence présentant des caractéristiques comparables (tel Brent) et en ajustant ensuite ce montant en fonction du taux de change du dollar canadien par rapport au dollar américain (le pétrole s'échange contre des dollars américains). Pour la Nouvelle-Écosse, cela signifie qu'il faut obtenir les données de production mensuelles (de l'OCNEHE) pour ensuite calculer les recettes à partir des prix mensuels moyens d'importation du gaz naturel (nord-est des É.-U.) et ajuster le résultat en fonction du taux de change du dollar canadien par rapport au dollar américain pour finalement calculer le tarif net d'acheminement par pipeline (afin de connaître le revenu net du producteur).

    Les autres données sur l'industrie hauturière sont habituellement raisonnablement bien déclarées par les comités hauturiers, même si on ne fait pas la distinction entre les données relatives aux dépenses sur le développement des projets par rapport aux opérations dans les rapports de l'OCNEHE. À moins que l'analyste n'ait accès à ce détail (ce qui est le cas pour cette analyse), on ne pourrait relater les impacts qu'en vertu des limites générales de confiance.

  • Le transport maritime: Les données relatives au PIB et aux extrants dans le domaine du transport maritime (SCIAN 4831) sont disponibles à l'échelle nationale, mais Statistiques Canada les supprime pour certaines provinces et pour certaines années pour des raisons de confidentialité. Ces données ne couvrent que le segment « en vertu d'un contrat de location » de l'industrie et non les activités de transport maritime des entreprises qui utilisent leurs propres navires (ce qu'on qualifie de navigation « à titre personnel »). Même si Statistiques Canada a créé un compte satellite pour les activités « à titre personnel » pour des raisons ayant trait à la pureté de la définition, la valeur de cette activité n'est pas comprise dans l'analyse et dans les résultats d'impact de ce rapport. Puisque l'analyse des comptes satellites mène à la conclusion en vertu de laquelle la valeur de l'activité « à titre personnel » est en réalité supérieure à l'activité « en vertu d'un contrat de location », les résultats présentés dans ce rapport doivent être considérés comme étant très conservateurs.

    Un autre problème grave concerne le fait qu'il n'existe pas de données sur les services de soutien au transport maritime (SCIAN 4883), parce que Statistiques Canada intègre cette activité au groupe plus général que sont les services de soutien au transport (SCIAN 488). Pour élaborer une image complète du secteur du transport sur l'eau, on doit estimer la contribution des activités de soutien en faisant appel à des méthodes indirectes. L'estimation présentée dans ce rapport repose sur des données historiques (1997-2000) qui font la distinction entre les SCIAN 48311 et 4883, ce qui a permis de déterminer la contribution relative au PIB des activités (le rapport entre les SCIAN 4883 et 48311 est de 1,5:1,0). Ce rapport est confirmé par les données américaines actuelles de ces industries.

  • Le tourisme et les loisirs: On ne compile pas de façon systématique les données détaillées sur le secteur touristique. Cette étude repose sur trois sources secondaires. Deux sont axées sur les activités touristiques particulières au domaine maritime, les voyages à bord de navires de croisière, ainsi que la pêche sportive, alors que les données sur les dépenses sont disponibles par province. Dans la troisième – intitulée Enquête sur les voyages des résidents du Canada (EVRC) et réalisée à tous les trimestres par Statistiques Canada – on aborde le tourisme de façon générale tout en permettant à l'analyste d'extraire les données de participation (jours et dépenses) sur les activités spécifiques, dont plusieurs sont axées sur les océans (randonnées pédestres sur les côtes, plongée, kayak, voile, visite des plages). Idéalement, l'analyste obtiendrait des fichiers électroniques sur la pêche sportive et les bases de données des EVRC du MPO et de Statistiques Canada afin d'en extraire les données pertinentes (qu'on a obtenues pour cette analyse).

    Ensemble, les trois sources nous donnent une bonne approximation de l'impact économique du tourisme océanique, même si on devrait considérer les résultats comme étant conservateurs, parce que les critères de ce qui constitue un « voyage » donnent lieu à une sous-estimation de la participation dans les activités relatives aux océans et parce qu'on ne tient pas compte des non-résidents dans cette enquête.

    Partant de ces données, la prochaine étape consiste à soumettre les dépenses à un modèle d'entrée-sortie. Cependant, le tourisme ne fait pas partie des 303 industries pour lesquelles on a élaboré des vecteurs d'entrée et de sortie dans le modèle de Statistiques Canada. Autrement dit, on doit classer les dépenses par industrie (les enquêtes nous présentent une décomposition des dépenses par catégorie) et par province et les inscrire dans un formulaire fourni par Statistiques Canada pour ensuite les remettre afin de pouvoir exécuter le modèle.

  • La construction maritime: Les données sur le PIB et les extrants ne sont pas disponibles pour cette activité. Il en est ainsi, parce qu'il ne s'agit pas exclusivement d'une activité maritime. Afin d'exécuter le modèle d'entrée-sortie, la construction maritime entrerait dans une catégorie de construction générale, soit autres travaux de construction lourde et de génie civil (SCIAN 2379), ce qui comprend les activités de construction maritime et sur la terre ferme. Les données sur les dépenses dont on a besoin pour exécuter le modèle sont compilées à partir de plusieurs sources, incluant chacune des administrations portuaires (non seulement afin de connaître leurs propres données, mais également les dépenses de construction générales dans chacun des ports), le MPO en ce qui concerne les ports pour petits bateaux, le MDN en ce qui concerne les dépenses en immobilisations des bases navales, ainsi que les provinces et les sociétés de traversiers en ce qui concerne les dépenses consacrées aux terminaux et les offices extracôtiers en ce qui concerne les dépenses sur l'exploitation pétrolière et gazière. Ces sources excluraient les dépenses d'immobilisations dans les installations privées, ce qui donnerait lieu à une sousestimation des impacts totaux au niveau de la construction.

  • La construction navale et la fabrication de bateaux: La valeur de production est publiée par Statistiques Canada, même si on supprime les données de certaines années pour des raisons de confidentialité. On peut connaître la valeur de production selon Statistiques Canada (qui est soumise à la confidentialité) en ligne en consultant le document CANSIM 301-0006 (pour les années 2004-2006) ainsi que les documents CANSIM 301-0003 et 301-0005 en ce qui concerne les années antérieures. Dans le cas des années qui font l'objet de la présente étude, les données sont confidentielles. On a obtenu les données de production de Statistiques Canada en vertu d'une demande spéciale.

    Même si on n'utilise que les données des provinces côtières dans l'analyse des impacts, il est possible que les chantiers de ces provinces puissent baser leurs activités de fabrication sur l'eau douce et que les fabricants dans les provinces intérieures fabriquent des embarcations destinées à un usage maritime. Cette source d'erreur sera probablement faible.

    En plus des navires et des bateaux, on fabrique également de l'équipement de navigation et de recherche destiné aux océans. Cependant, les fabricants ne font pas tous partie de la même industrie de fabrication en vertu du SCIAN. Ils appartiennent à un regroupement plus vaste d'industries qui comprend principalement les entreprises dont la production est destinée au domaine de l'aéronautique. Par conséquent, la valeur de production, soit la principale statistique qui permettrait de déterminer les impacts de l'industrie, n'est pas disponible.

3. Nouveaux enjeux

Même si on procède depuis plusieurs décennies à l'évaluation des biens et services non destinés au marché, l'importance et la pertinence politique de cet ouvrage ont été mis au jour en 1997 lorsque Robert Costanza dirigea une équipe de chercheurs qui ont publié les valeurs estimées des services et du capital naturel des écosystèmes du monde. Ces estimations ont donné lieu à des délibérations portant sur la méthodologie et la précision, mais un consensus a commencé à émerger en appui à la constatation à l'effet que les valeurs non marchandes globales excédaient les valeurs sur le marché à l'échelle mondiale. On peut ainsi prétendre que cela nous porte à croire que les efforts visant à entretenir la valeur maximale et la durabilité à long terme de l'utilisation de la ressources et des services axés sur les écosystèmes pourraient être aussi bien ou mieux informés en appréciant les biens et les services non destinés au marché. Une telle démarche fut suivie par une hausse très marquée des travaux d'évaluation écologique, dont plusieurs études concernant les océans et les écosystèmes maritimes côtiers.

Les principaux sujets de la recherche axée sur l'évaluation non marchande dans le domaine des écosystèmes océaniques et maritimes comprennent :

  • les ressources physiques des océans (valeur immobilière, protection du rivage, esthétique, modération de la température ambiante et de la température des installations, caractéristiques géologiques);
  • aspects du tourisme et des loisirs dans le domaine maritime;
  • services axés sur les écosystèmes (biodiversité, assimilation des déchets, survie, réglementation axée sur le climat); recherche et éducation, culture et patrimoine, santé (qualité de l'air et de l'eau); et
  • investissements (valeur de transformation et valeur des options).

L'évaluation des biens et services non destinés au marché s'effectue le plus souvent dans un cadre axé sur la valeur économique totale (marchande et non marchande). Les valeurs sont classées en fonction de l'usage et du non-usage. Les valeurs d'usage comprennent les valeurs directe, indirecte et d'option, alors que les valeurs de non-usage comprennent les valeurs d'existence, de transformation et d'altruisme. Parmi les méthodologies employées pour déterminer la valeur non marchande, mentionnons :

  • la préférence révélée (méthode hédonique et méthode du coût du trajet);
  • la préférence déclarée (méthode d'évaluation des contingences et de modélisation des choix);
  • le transfert des avantages; et
  • les méthodologies des coûts (coût de remplacement, coût éludé et coût de renonciation).

Les défis les plus importants qu'on doit relever afin de procéder à des évaluations économiques totales détaillées des ressources océaniques et maritimes côtières reposent sur la complexité inhérente des écosystèmes et sur la capacité d'identifier les biens et les services non destinés au marché, sur les difficultés entourant l'intégration de la recherche interdisciplinaire servant à caractériser les océans, sur le besoin de recueillir des données primaires, de définir les limites des efforts d'évaluation, ainsi que sur les problèmes entourant le double comptage et la distribution (qui assume les coûts et qui profite des avantages identifiés).

Il est évident que les valeurs non marchandes sont importantes et considérables. Les politiques et le processus décisionnel bénéficieraient grandement de l'existence d'estimations de la valeur économique totale. On dispose de méthodes et de la capacité d'entreprendre le travail nécessaire, mais il faudrait définir les priorités en raison des défis et entreprendre un projet à long terme afin d'amasser les données nécessaires.