Avis scientifique 2017/031

Conditions océanographiques dans la zone atlantique en 2016

Sommaire

  • Les températures de surface de la mer étaient au-dessus de la normale en hiver sur le Plateau néo-écossais et la baie de Fundy, avec plusieurs records de série atteints en mars et avril. Des records ont aussi eu lieu en novembre pour les régions du sud-ouest des Grands Bancs (3O), du banc de Saint-Pierre (3P), détroit de Cabot (4V), le golfe et l’estuaire du Saint-Laurent. Lorsque moyennée sur les mois habituellement libre de glace, les températures étaient près de la normale sur le Plateau de Terre-Neuve-et-Labrador et au-dessus de la normale ailleurs dans la zone. Les températures moyennes annuelles de 0 à 50 m aux stations d'échantillonnage à haute fréquence étaient au-dessus de la normale à toutes les stations du PMZA, incluant un niveau record de série à la station Rimouski.
  • Le volume de glace moyenné sur toute la saison de glace était près de la normale sur le plateau de Terre-Neuve-et-Labrador, mais était le quatrième plus faible depuis le début des données en 1969 dans le golfe du Saint-Laurent. Conformément avec le couvert de glace hivernal, les conditions estivales de la couche intermédiaire froide étaient près de la normale sur le Plateau de Terre­Neuve­et­du-Labrador, ou à tout le moins pas fortement anormales, mais étaient fortement plus chaudes et minces que la normale dans le golfe du Saint-Laurent et le Plateau néo­écossais.
  • Les températures au fond étaient généralement normales ou supérieures à la normale dans la zone, comprenant de très fortes anomalies sur le Plateau néo-écossais, un record de 33 ans dans 3Ps et un record centenaire dans les eaux profondes du nord du golfe du Saint-Laurent. La température au fond était à un niveau record de série à la station Rimouski.
  • Les inventaires de sels nutritifs profonds ont démontré une hétérogénéité spatiale considérable et étaient presque normaux dans une grande partie de la zone atlantique, mais de fortes anomalies négatives se sont produites à la Station 27, ainsi que dans l'est du Plateau néo-écossais et dans la baie de Fundy. Le retour aux conditions normales représente un renversement de périodes d’inventaires peu élevés persistants sur le Plateau de Terre-Neuve-et-Labrador (7 ans) et des inventaires élevés dans une grande partie du golfe du Saint-Laurent (4 ans).
  • Les inventaires annuels de chlorophylle étaient généralement inférieurs à la normale dans toute la zone, les anomalies négatives les plus fortes sont survenues sur le Plateau de Terre-Neuve-et-Labrador et dans le nord-ouest du golfe du Saint-Laurent.
  • Le début de la floraison printanière du phytoplancton a été retardé sur le Plateau de Terre-Neuve-et-Labrador et était soit normal ou hâtif dans le golfe du Saint-Laurent et sur le  Plateau néo-écossais; L'ampleur de la floraison était généralement inférieure à la normale à l'exception du golfe de Saint-Laurent où la floraison sur le Plateau madelinien était bien supérieure à la normale; La durée de la floraison était très variable, avec de courtes floraisons sur le Plateau de Terre-Neuve-et-Labrador, dans le nord du golfe du Saint-Laurent et sur le Plateau néo-écossais central, et des floraisons plus longues que la moyenne dans le sud du golfe du Saint-Laurent et sur l'est du Plateau néo-écossais.
  • Le changement de communauté zooplanctonique observé ces dernières années a persisté en 2016, caractérisé par une abondance plus faible du copépode Calanus finmarchicus riche en énergie, des abondances plus élevées de petits copépodes et d’espèces d'eau et chaude, et une plus grande abondance de non-copépodes. Les anomalies négatives de C. finmarchicus les plus faibles se sont produites sur le Plateau néo-écossais alors que de fortes anomalies positives dans Pseudocalanus sp. et des non-copépodes ont eu lieu dans le golfe du Saint-Laurent et sur le Plateau de Terre-Neuve-et-Labrador.
  • Au cours de l'hiver 2016, la mer du Labrador a connu la convection la plus profonde depuis 1994. C'était la quatrième année d'intensification progressive et d'approfondissement du mélange et de la production de l'eau de mer du Labrador depuis 2012. Les couches supérieures, 0 à 200 m, et profondes, 200-2000 m, ont refroidi depuis 2010. Le courant du Labrador s’est intensifié en 2016 par rapport aux quatre années précédentes. Bien que l'initiation et l'amplitude de la floraison printanière du phytoplancton aies été près de la normale, la durée plus longue et la plus grande ampleur sur le Plateau et dans le bassin du Labrador ont produit un inventaire de chlorophylle plus élevé que la normale. La variabilité interannuelle sur plusieurs décennies de la température et de la salinité dans la mer du Labrador est dominée par des changements à l'échelle décennale rendant les tendances à long terme moins évidentes.

Le présent avis scientifique découle de la Dix-neuvième réunion annuelle du Programme de monitorage de la zone atlantique (PMZA) tenue du 14 au 17 mars 2017. Toute autre publication découlant de cette réunion sera publiée, lorsqu’elle sera disponible, sur le calendrier des avis scientifiques de Pêches et Océans Canada.

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