Avis scientifique 2012/083

Lignes directrices scientifiques sur la manière d'assurer la représentativité dans la conception des réseaux d'aires marines protégées

Sommaire

  • Ce processus national d'examen scientifique par les pairs, qui s'appuie sur l'expérience internationale et nationale, a porté principalement sur la manière d'assurer l'uniformité dans le choix de l’échelle (niveau de sous-divisions d'une biorégion) à laquelle la représentativité doit être établie, et sur la façon dont les aires protégées d'un réseau d'AMP seraient jugées représentatives d'une unité biogéographique dans la biorégion.
  • Pour conclure qu'un réseau est représentatif, il faut respecter trois exigences :
    1. un système de classification biogéographique accepté servant à déterminer quelles unités biogéographiques de la biorégion seront représentées dans le réseau pour veiller à ce que la gamme complète des écosystèmes de la biorégion soit comprise;
    2. une carte précise et informative de la biorégion reliée à ce système de classification qui sert à décider à quel endroit sélectionner des aires pour que celles-ci représentent les unités biogéographiques voulues;
    3. une décision selon laquelle les aires choisies représentent convenablement les unités biogéographiques servant à déterminer la partie de chaque unité à inclure dans le réseau.
  • La classification des biorégions en unités écologiques devrait comprendre la connaissance détaillée de la répartition et des profils d'abondance des espèces ainsi que leurs interactions avec leur habitat et les autres espèces.  Dans les cas où ces données ne sont pas disponibles, on peut faire appel à des facteurs géophysiques et océanographiques lorsqu'il y a des raisons de croire que ces facteurs permettent de distinguer les types d'habitats et de communautés.  Lorsque les données biologiques sont disponibles, elles devraient servir à valider ou à ajuster les frontières des unités biogéographiques.
  • Les zones côtières sont souvent très différentes des zones extracôtières en raison des différences de pressions anthropiques et d'origine naturelle et des différences dans la structure des communautés.  Compte tenu de ces différences, il est recommandé d'examiner ces environnements séparément au moment de choisir l'échelle appropriée pour intégrer la représentativité au réseau d'AMP.
  • Dans le même ordre d'idées, étant donné que l'échelle des tendances et des processus écologiques qui doivent être représentés dans le réseau pourrait être plus finement résolue dans les milieux benthiques que dans les milieux pélagiques, les classifications écologiques pour les systèmes benthiques et pélagiques devraient comprendre certaines analyses réalisées séparément pour les deux milieux puisque les aspects écologiques importants des systèmes peuvent être résolus à différentes échelles.
  • Il faudrait éviter toute classification en dessous d'une échelle pour laquelle les données disponibles sont insuffisantes pour établir une classification précise. Dans la mesure où il existe suffisamment de données, la règle d'arrêt pour le choix de l'échelle de sous-division à laquelle il faut intégrer la représentativité dans le réseau doit correspondre à l'échelle qui montre le mieux les tendances de la structure des communautés dont on estime qu'elles découlent des fonctions écologiques spécifiques à la biorégion.
  • Les fonctions que remplissent les aires représentatives d'un réseau comprennent les fonctions écologiques (p. ex. productivité primaire, processus des communautés benthiques, prédation par les piscivores) ainsi que les fonctions associées à la gestion et aux politiques (police d'assurance, référence et fonctions des reproducteurs). 
  • Pour chacun des processus écologiques, des tendances stables apparaissent souvent sur une échelle de dizaines à de milliers de kilomètres carrés, la prédation par les piscivores présentant fréquemment des tendances stables à des échelles plus vastes.  Par conséquent, si l'échelle spatiale des aires représentatives suffit à soutenir les échelles spatiales d'alimentation, de frai et de maturation des juvéniles des principaux prédateurs de niveau trophique supérieur et des poissons fourrages, on peut supposer que les échelles spatiales sont suffisamment vastes pour protéger aussi les autres processus écologiques.
  • Pour assurer la durabilité des fonctions des aires représentatives, il faut tenir compte des besoins suivants :
    1. gestion rigoureuse à l'intérieurdu réseau représentatif d'AMP, les activités sujettes à la mauvaise gestion étant exclues;
    2. aires représentatives suffisamment vastes pour que les structures écosystémiques essentielles et les processus fonctionnels soient convenablement inclus dans le réseau d'AMP de sorte que les pressions à l'extérieur du réseau n'influent pas sur les structures et fonctions à l'intérieur du réseau;
    3. approches de gestion intégrée en place entre les aires protégées afin de protéger les fonctions écologiques qui se produisent à des échelles plus vastes que celles qui peuvent être protégées de manière adéquate par des AMP individuelles.

Le présent avis scientifique découle de la réunion de consultation nationale du 2 octobre 2012 portant sur l’ « Orientation sur les aires marines protégées « représentatives » pour la planification du réseau». Toute autre publication découlant de ce processus sera publiée lorsqu'elle sera disponible sur le calendrier des avis scientifiques du secteur des Sciences du MPO.

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(12 pages; 175 K)

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