Avis scientifique 2009/074

État actuel de la population de phoques du Groenland (Pagophilus groenlandicus) de l’Atlantique Nord-Ouest

Sommaire

  • Les phoques du Groenland de l’Atlantique Nord-Ouest sont chassés dans les eaux du Canada et du Groenland. Après s’être maintenus en moyenne à environ 52 000 individus par année entre 1983 et 1995, les prélèvements canadiens déclarés ont considérablement augmenté pour osciller entre 240 000 et 366 000 phoques de 1996 à 2006. Ils ont ensuite diminué considérablement à partir de 2007, pour atteindre 72 400 individus déclarés en 2009. Les prélèvements groenlandais ont quant à eux augmenté de façon constante depuis le milieu des années 1970, atteignant un sommet d’environ 100 000 individus en 2000. Ils ont par la suite fluctué, s’établissant en moyenne à 85 000 phoques environ. Les prélèvements dans l’Arctique canadien sont quant à eux demeurés faibles (<1 000 individus).
  • La présente évaluation est fondée sur les relevés des petits effectués une fois tous les 4 à 5 ans que l’on combine avec des estimations des taux de reproduction et des prélèvements afin de déterminer l’abondance totale à l’aide d’un modèle de la population.
  • On a estimé les prélèvements totaux de phoques de Groenland en utilisant les prélèvements déclarés, des estimations des prises accessoires dans la pêche à la lompe à Terre-Neuve ainsi que des estimations des phoques tués mais qui n’ont pas été retrouvés (« abattus et perdus ») par les chasseurs des différentes régions. De 1996 à 2004, les prélèvements importants enregistrés au Canada et au Groenland ont totalisé en moyenne 465 500 individus par année. Cependant, les prélèvements totaux de 2009 ont décliné à 250 000 individus, principalement en raison de la baisse des prises des chasseurs commerciaux canadiens.
  • Les taux de gestation parmi les femelles de 4 ans sont faibles et n’affichent aucune tendance, tandis que les taux de gestation des femelles de 5 et de 6 ans se sont accrus dans les années 1970, mais ont décliné au milieu des années 1980. Les taux de gestation des femelles de 7 ans et plus sont demeurés élevés jusqu’au milieu des années 1980, puis ont décliné pour atteindre les faibles niveaux actuels. Les taux de gestation les plus récents, qui sont fondés sur des données de 2002 à 2007, sont inférieurs à ceux utilisés en 2008 pour estimer l’effectif total de la population de phoques du Groenland de l’Atlantique Nord-Ouest.
  • En mars 2008, on a effectué des relevés pour estimer la production réelle de petits. En tout, 287 000 petits (ET=27 600; CV=9,6 %) sont nés dans le sud du Golfe, 176 800 (ET=22 800; CV=12,9 %) dans le nord du Golfe et 23 400 (ET=5 500; CV=23,5 %) dans une petite concentration située sur le Front. Des relevés visuels et photographiques de la concentration principale présente sur le Front ont donné des estimations passablement différentes de 589 400 petits (ET=49 500; CV=8,4 %) et de 1 161 600 petits (ET=112 300; CV=9,7 %), respectivement. On a tenté de trouver les causes possibles de cet écart, mais en vain.
  • Avec le relevé photographique de la grande concentration du Front, on a établi une estimation de la production totale de petits en 2008 de 1 648 800 individus (ET=118 000; CV=7,2 %); par contre, le relevé visuel a donné une estimation de 1 076 600 petits (ET=61 300; CV=5,7 %). L’estimation la moins élevée concorde avec la prévision obtenue avec le modèle d’évaluation de la population de phoques du Groenland, mais pas l’estimation la plus élevée.
  • Étant donné l’écart entre les estimations de la production de petits ci-devant, on a ajusté le modèle de la population en fonction de l’estimation de la production de petits la moins élevée en 2008, et on a obtenu une population totale de 6,5 millions d’individus (IC de 95 %=5,7 à 7,3 millions) en 2008 et de 6,9 millions d’individus (IC de 95 %=6,0 à 7,7 millions) en 2009. La valeur de 2008 est plus élevée que la projection démographique obtenue avec la dernière évaluation, principalement en raison des taux de reproduction inférieurs observés au cours des dernières années et de l’ajustement à la nouvelle estimation de la production de petits.
  • Les changements apportés au modèle d’évaluation de la population ont entraîné une légère hausse de l’estimation de la population totale (~4 %). Cependant, la nouvelle estimation est plus précise (c.-à-d. variance moindre).
  • Les trois scénarios de prélèvement proposés par Gestion des pêches et de l’aquaculture, y compris un prévoyant des prélèvements annuels de 300 000 individus en 2010-2012, respecteront les objectifs du plan de gestion du phoque du Groenland et n’entraîneront pas la baisse prévue de la population sous la valeur de N70 avant 2012.
  • L’incertitude entourant l’estimation de la production de petits sur le Front en 2008, la variabilité associée aux paramètres du modèle ainsi que les changements susceptibles de survenir dans les taux de mortalité naturelle en raison des conditions environnementales accroissent l’incertitude des estimations de la taille de la population et de l’effet des prélèvements sur la trajectoire démographique. Le manque de connaissance à propos des prélèvements groenlandais augmente aussi l’incertitude. Comme les relevés ne sont effectués que tous les 4 ou 5 ans et que seuls les petits sont dénombrés, il est possible que l’on ne puisse détecter les changements dans les taux de mortalité naturelle chez les jeunes de l’année entre les années de relevé que de 10 à 15 ans plus tard, dans le cadre d’évaluations ultérieures. Par contre, l’effet de changements dans la mortalité chez les adultes sera vraisemblablement détecté plus tôt.

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