Avis scientifique 2009/071

Avis scientifique sur les séquences d’effets liés à l’aquaculture des poissons, des mollusques et des crustacés

Sommaire

  1. Des liens entre les activités (facteurs de perturbation) et les effets des facteurs de perturbation ont été proposés pour chacune des sept catégories de facteurs de perturbation examinées, soit les produits chimiques, les évasions d’élevage, la lumière, le bruit, les éléments nutritifs, les agents pathogènes et la structure. Il a été déterminé que les liens définis dans les séquences d’effets (SE) préliminaires fournies aux fins de l’examen constituaient des représentations relativement simplistes de la réalité, car, malgré leur exhaustivité, ces liens ne sont que partiellement représentatifs de la complexité des relations et des rétroactions susceptibles de survenir. On fait remarquer que des effets cumulatifs ou en cascade se produisent entre les séquences et varient dans l’espace et dans le temps, ainsi qu’en fonction du niveau d’activité. Il est essentiel de connaître cette grande complexité pour bien comprendre les liens. En outre, on a également indiqué que les SE fournies ne sont pas complètement représentatives des fonctions écologiques synergétiques à grande échelle. Elles n’en sont cependant pas moins importantes du point de vue de la science. Les documents scientifiques à l’appui comprennent des graphiques, qui viennent compléter les diagrammes des SE.
  2. Des produits chimiques s’introduisent dans le milieu aquatique dans le cadre des pratiques normales d’aquaculture. Ils sont libérés directement dans la colonne d’eau (pesticides, agents antisalissures et désinfectants), ou se retrouvent dans les fèces ou les constituants d’aliments médicamentés (médicaments). Des dangers ont été associés à la plupart de ces composés, mais les données de terrain sur l’exposition et les effets sont limitées. Bien que des données soient recueillies lors des cycles d’utilisation de produits thérapeutiques, l’accès à ces données est limité, ce qui entrave considérablement la caractérisation des séquences et des effets.
  3. Des menaces éventuelles pour les populations sauvages ont été associées aux évasions d’élevage, mais les probabilités et l’ampleur de ces menaces sont encore mal connues. Des études ciblées et approfondies devront être menées au sein de systèmes écologiques bien définis où l’on sait que des évasions et des interactions se produisent.
  4. Des données suggèrent que l’éclairage utilisé aux fins des activités d’aquaculture n’aurait qu’un effet local.
  5. Exception faite des dispositifs de dissuasion acoustiques, les effets du bruit lié à l’aquaculture sont généralement localisés et de courte durée, et trop peu importants pour causer préjudice.
  6. De manière générale, les données scientifiques indiquent que l’aquaculture de bivalves et de poissons peut avoir une incidence sur l’apport d’éléments nutritifs dans les milieux pélagiques et benthiques. L’expérience ainsi que des données de modélisation ont démontré que des dépôts accrus de matière organique provenant d’organismes sauvages et de culture salissants pouvaient éventuellement altérer l’habitat benthique. Les liens entre la filtration par les bivalves et la perte d’éléments nutritifs sont bien connus. Certains des effets de la libération d’éléments nutritifs issus de l’aquaculture dans la colonne d’eau sont, par contre, moins bien connus.
  7. Pour déterminer la mesure dans laquelle les agents pathogènes provenant des sites d’aquaculture constituent des facteurs de perturbation, il faudra recueillir des données sur les maladies et infections qui prévalent chez les populations aquatiques sauvages. Au Canada, comme dans bien d’autres pays, presque aucune surveillance des agents pathogènes au sein des populations animales sauvages n’est effectuée. En l’absence des données que permettrait de recueillir une telle surveillance, il est impossible de déterminer dans quelle mesure les agents pathogènes constituent des facteurs de perturbation. D’après des observations scientifiques, les agents pathogènes présents au sein des populations sauvages seraient à l’origine des infections initiales chez les animaux d’aquaculture. D’autres données indiquent que les animaux d’aquaculture libèrent des agents pathogènes dans leur environnement. Les connaissances sur le transfert d’agents pathogènes d’animaux d’aquaculture (ou de produits issus d’animaux d’aquaculture) vers les populations sauvages demeurent néanmoins très limitées.
  8. Tous les types d’activités aquacoles nécessitent la mise en place ou le retrait de structures matérielles importantes. Ces structures peuvent aussi bien être des composantes inorganiques (cordages, bouées, ancres, etc.) que des composantes vivantes (poissons, bivalves). Divers assemblages biologiques peuvent coloniser ces structures et influer sur l’écosystème, tant localement qu’à plus grande échelle.
  9. Des quantités substantielles de données, recueillies dans un large éventail de milieux, indiquent que les principaux facteurs qui influent sur les séquences d’effets comprennent les suivants : i) caractéristiques de la colonne d’eau (p. ex. intensité du courant, stratification, température, salinité, concentration d’oxygène dissous); ii) bathymétrie (p. ex. profondeur, topographie du fond); iii) pratiques d’exploitation (p. ex. espèces d’élevage, organismes sauvages/salissants, caractéristiques des aliments, densité d’empoissonnement); et iv) caractéristiques biologiques, chimiques et physiques du milieu récepteur.
  10. Des lacunes considérables sur le plan des connaissances au sujet de certains liens entre les facteurs de perturbation clés et les effets font en sorte qu’il est difficile d’établir des diagrammes de séquences d’effets complets. Les recherches nécessaires pour pallier ces lacunes sont énumérées dans chacune des catégories de facteurs de perturbation présentées dans les pages qui suivent.

 Document PDF complet
(26 pages; 115 K)

Avis d’accessibilité :

Ce document est disponible en format PDF. Si le document suivant ne vous est pas accessible, veuillez communiquer avec le Secrétariat pour l’obtenir sous une autre forme (par exemple un imprimé ordinaire, en gros caractères, en braille ou un document audio).

Date de modification :