Avis scientifique 2016/041

Conditions océanographiques dans la zone Atlantique en 2015

Sommaire

  • Les températures de surface étaient au-dessus de la normale en janvier et février dans la portion libre de glace de la zone, généralement près de la normale jusqu’en juin dans toute la zone, sous la normale à normale sur le Plateau du Labrador et de Terre-Neuve pour le reste de l’année, mais normal à au-dessus de la normale ailleurs dans la zone.
  • Après un hiver froid et un réchauffement printanier tardif, les températures de surface ont atteint un record de série satellitaire (depuis 1985) en septembre dans le golfe du Saint-Laurent. Des records de séries ont aussi eu lieu en septembre dans l’Estuaire du Saint-Laurent et dans la partie ouest du Plateau néo-écossais (division 4X), et près d’un record dans la région de l’est du golfe du Maine ̶ baie de Fundy. Le refroidissement automnal s’est produit deux semaines plus tard que la normale dans le golfe du Saint-Laurent.
  • Le volume de glace moyenné sur toute la saison de glace était près de la normale dans le golfe du Saint-Laurent et sur le plateau de Terre-Neuve-et-du-Labrador, mais son étendue était au-dessus de la normale en mars et avril au large de la côte est de Terre-Neuve et du sud du Labrador, ainsi que dans le sud du golfe. Le couvert de glace a persisté jusqu'à 5 semaines de plus que la normale, perturbant le début de la pêche au crabe des neiges et du homard.
  • La superficie printanière de la couche intermédiaire froide (CIF) était près du niveau record sur les Grands Bancs et est demeurée légèrement au-dessus de la normale en été, mais en automne elle était érodée sous la normale au large de la côte est de Terre-Neuve et était complètement disparue au large du sud du Labrador. Le volume de la CIF dans le golfe Saint-Laurent n’était pas au-dessus de la normale au printemps en dépit de l’hiver froid, et la CIF était chaude et mince dès le mois d’août. Le volume de la CIF en juillet sur le Plateau néo-écossais était le septième plus petit en 42 ans.
  • Les températures au fond étaient généralement normales ou supérieures à la normale dans la zone, comprenant un niveau près du record dans la division 4V du Plateau néo-écossais et des températures à des niveaux record de 100 ans dans les eaux profondes du nord du golfe du Saint-Laurent. Les étendues au fond occupées par des températures > 6 °C sont à des niveaux record dans les chenaux Esquiman et Anticosti.
  • Aux stations d'échantillonnage à haute fréquence, les températures moyennes 0‑50 m étaient normales ou au-dessus des normales. Les températures au fond étaient sous la normale à la station 27, mais au-dessus de la normale aux autres stations (Halifax 2, Prince 5, vallée de Shediac et Rimouski). La température était à un niveau record de séries à la station Rimouski dans ces deux couches.
  • La stratification était sous la normale à toutes les stations d'échantillonnage à haute fréquence sauf Halifax 2, et était à son niveau le plus bas de la série à la station vallée de Shediac.
  • Les inventaires de nitrate sous la couche de surface sur le Plateau de Terre-Neuve-et-du-Labrador sont demeurés largement sous la normale en 2015, une poursuite du déclin qui a débuté en 2008/09. En revanche, les inventaires de nitrate sous la couche de surface dans le golfe du Saint-Laurent ont augmenté depuis 2010, avec des records de série dans les régions de l’est et du nord. Les inventaires de nitrate sous la couche de surface ont augmentés au-dessus de la normale sur le Plateau néo-écossais, mais ont baissé sous la normale dans la Baie de Fundy.
  • Les inventaires de chlorophylle a sont demeurés faibles en 2015 sur le Plateau de Terre-Neuve-et-du-Labrador, poursuivant un patron qui a débuté en 2011. Les inventaires de chlorophylle a étaient près de la normale ou au-dessus de la normale ailleurs dans la zone, atteignant un record dans le nord-est du golfe Saint-Laurent.
  • Le début de la floraison printanière de phytoplancton était tardif au travers une grande portion de la zone, probablement causée par le long hiver et la grande étendue du couvert de glace à la fin de l’hiver. Par contre, des floraisons printanières se sont produites tôt dans le nord-ouest du golfe Saint-Laurent et sur le Banc de Georges.
  • L'ampleur de la floraison printanière était inférieure à la normale dans la majeure partie de la zone atlantique, sauf au nord du golfe Saint-Laurent, dans le Basin St-Anthony et sur le Banc de Georges.
  • La durée de la floraison printanière était généralement inférieure à la normale dans la zone atlantique, sauf pour des records  de longue durée dans les deux régions du nord du golfe Saint-Laurent.
  • L'abondance de Calanus finmarchicus était en dessous ou bien en dessous de la normale dans une grande partie de la zone atlantique, à l'exception du Bonnet flamand, et a atteint des records de faibles abondances dans des régions du golfe Saint-Laurent et du Plateau néo-écossais.
  • L'abondance de Pseudocalanus spp. était au-dessus de la normale au travers du Plateau de Terre-Neuve-et-du-Labrador et du golfe Saint-Laurent, mais près de la normale ou sous la normale sur le Plateau néo-écossais.
  • L'abondance de copépodes a augmenté par rapport aux niveaux observés en 2014 dans la majorité de la zone, donnant généralement des conditions au-dessus de la normale. Les exceptions sont l’est et le nord-ouest du golfe Saint-Laurent où les abondances ont baissé sous les normales.
  • Les taxons non-copépodes avaient des abondances au-dessus de la normale au travers de la zone, atteignant des niveaux record ou près des records dans plusieurs régions du golfe Saint-Laurent. Cela semble être la poursuite d'une tendance qui a commencé en 2010‑12.
  • L’indice de transport du courant du Labrador était près de la normale au large du Labrador et de Terre-Neuve et inférieure à la normale sur le talus néo-écossais.
  • Dans la mer du Labrador centrale, la convection hivernale a atteint une profondeur maximale de 1850 m en 2015 alors que le maximum était de 1700 m en 2014.
  • La convection hivernale en 2015 est la plus profonde depuis le record de 2400 m en 1994. Cette convection a produit la plus grande classe d’âge d’eau de la mer du Labrador (LSW pour Labrador Sea Water) des deux dernières décennies, et contient des concentrations élevées de gaz atmosphériques (oxygène, gazes anthropogènes, et dioxyde de carbone) qui se sont étendus à travers toute la masse d’eau (atteignant 1900 m à certains endroits).  
  • La variabilité interannuelle du contenu de chaleur de la mer du Labrador et le flux de chaleur cumulé à la surface durant les saisons de refroidissement indiquent que le refroidissement atmosphérique hivernal anormalement fort qui est associé à l’oscillation nord-atlantique continue d’être responsable de la convection récurrente dans la mer du Labrador.
  • Les épisodes de convection profonde récurrente contribuent à la variabilité décennale des propriétés des masses d’eaux profondes, du transport profond dans l’Atlantique Nord subpolaire, et à la circulation méridienne de retournement de l'Atlantique.
  • Des bandes de fortes abondances de phytoplancton ont été observées dans la portion est de la mer du labrador en 2015, et apparaissaient être aligné avec des gradients horizontaux de densité de l’eau de mer au travers la ligne AR7W.  

Le présent avis scientifique découle de la dix-huitième réunion annuelle du Programme de Monitorage de la Zone Atlantique (PMZA) tenue du 15 au 18 mars 2015. Toute autre publication découlant de cette réunion sera publiée, lorsqu’elle sera disponible, sur le calendrier des avis scientifiques de Pêches et Océans Canada.

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