Document de recherche 2012/023

Conditions océanographiques physiques dans le golfe du Saint-Laurent en 2011

Par P.S. Galbraith, J. Chassé, D. Gilbert, P. Larouche, D. Brickman, B. Pettigrew, L. Devine, A. Gosselin, R.G. Pettipas et C. Lafleur

Résumé

Le présent document donne un aperçu des conditions d’océanographie physique qui ont prévalu dans le golfe du Saint-Laurent en 2011. Les températures de l’air moyennées de janvier à mars, étaient supérieures à la normale (+1,7 °C, + 0,9 ET ou écart-type), ainsi qu’annuellement (+0,7 °C, +0,7 ET). L’apport d’eau douce mensuel moyen mesuré à Québec a été supérieur à la normale pour l’ensemble de l’année 2011 (+1,4 ET), le septième débit annuel le plus élevé depuis 1955, avec le quatrième débit mensuel le plus élevé survenu en mai. Les températures de l’eau près de la surface ont été supérieures à la normale en hiver, suivi de conditions normales jusqu’en novembre quand elles sont redevenues supérieures à la normale. Le volume maximal des glaces dans le golfe s’est établi à 14 km³, une valeur près du minimum depuis 1969 observé un an plus tôt, et en accord avec les températures élevées de la couche de surface mélangée hivernale ainsi qu'avec des températures de l’air élevées en décembre 2010 et janvier 2011. La durée de la saison de glace 2010-2011 a été plus courte que la normale et était associée à une prise tardive.  Aucune glace n’a été exportée vers le plateau Néo-écossais. Les entrées hivernales d’eaux froides et salées du plateau du Labrador ont rempli entièrement la cuvette de Mécatina au cours de l’hiver 2011. Le volume de ces entrées d’eaux était de 2200 km³ (+0,5 ET), et représente 29 % (+1,5 ET) de toutes les eaux froides sous -1 °C. Le volume de la couche de surface mélangée hivernale, sélectionnée avec un critère moins strict de la température, sous 0 °C au lieu de – 1 °C, était de 13 300 km³ (excluant l’estuaire). Bien que cela égale le volume le plus faible enregistré depuis 1996, ceci correspond néanmoins à 40 % du volume d’eau total présent dans le golfe. Cependant, la couche de surface hivernale était chaude, autour de 0,5 à 1 °C au-dessus du point de congélation. Ce fut la seconde fois en 16 ans de monitorage hivernal que de telles conditions ont été observées. L’indice de la CIF (couche intermédiaire froide) d’été pour 2011 s’est établi à +0,17 °C, ce qui est comparable aux conditions observées en 2006, l’année la plus chaude depuis 1983. Sur le plateau madelinien, aucune partie du fond n’était couverte par des eaux de température < 0 °C en septembre 2011, tel qu’observé aussi en 2005 à 2007, 2009 et 2010. Les profils régionaux de la CIF d’août et de septembre indiquent que les couches où T < 1 °C et < 0 °C ont été beaucoup plus minces dans la plupart du golfe en 2011 comparativement à 2010 et que la température minimale était en général supérieure dans l’ensemble du golfe. Les températures dans la colonne d’eau observées en mars 2011 ont été caractérisées par une couche de surface mince et chaude. La CIF est demeurée sous la normale en épaisseur et au-dessus de la normale en température pour le reste de l’année, et ce en particulier dans l’estuaire et le centre du golfe; à la station Rimouski, son épaisseur et sa température minimale ont atteint des records depuis le début de son monitorage en 1991. Les eaux profondes de l’estuaire étaient plus froides et moins salées que la normale en 2011. Des eaux très chaudes occupaient le détroit de Cabot durant toute l’année à 250 m, la profondeur du maximum de température. Dans l’ensemble, la température a été généralement au-dessus de la normale à 150 m, et normale aux profondeurs allant de 200 à 300 m, tandis que la salinité était normale de 150 à 250 m et au-dessus de la normal à 300 m. Les températures à 300 m ont globalement augmenté de façon significative (par 1,3 ET). Au détroit de Cabot, l’anomalie à 300 m atteignait +1,2 ET, la valeur la plus élevée depuis 1994. La salinité à 200 m et 300 m a augmenté globalement de 0,9 et 2,4 ET respectivement, mais a augmenté au détroit de Cabot pour atteindre +1,2 ET à 200 m et +1,5 ET à 300 m, cette dernière valeur étant un record depuis 1986.  La salinité dans la région du centre a augmenté de 2,8 ET entre 2010 et 2011, passant de -1,6 à +1,2 ET. Les eaux profondes de l’estuaire qui auraient dû se refroidir en 2011 se sont plutôt réchauffées. Durant les deux prochaines années, l’anomalie chaude présente depuis 2010 dans le détroit de Cabot devrait remonter le chenal Laurentien vers l’estuaire. La couche de surface était épaisse et très chaude en novembre 2011, plus chaude même que les conditions de novembre 2010 qui étaient précurseures de l’hiver faible en couvert de glace de 2011.

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(88 pages; 13340 K)

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