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Atténuation des incidences des levés
sismiques dans le milieu marin
Énoncé des pratiques canadiennes
Contexte
- Le présent Énoncé des pratiques canadiennes
vise à officialiser et à normaliser les mesures d’atténuation
appliquées au Canada à l’égard des levés
sismiques menés en milieu marin.
- Le présent Énoncé des pratiques canadiennes
puise son fondement dans une série d’analyses, commandées
par le ministère des Pêches et des Océans Canada,
de la documentation scientifique sur les effets possibles du bruit causé par
les levés sismiques sur l’écosystème marin.
- Le processus sous-tendant le cadre d’évaluation des
effets possibles des levés sismiques tenait compte des principaux éléments
de l’écosystème marin suivants :
- les poissons marins;
- les invertébrés marins;
- le zooplancton marin, les oeufs et les larves de poissons et
d’invertébrés;
- les tortues marines;
- les mammifères marins.
- Les analyses ont été faites par des équipes
de spécialistes de ces domaines. Elles incluaient une vaste étude
des ouvrages scientifiques faisant état des résultats d’études
expérimentales et de surveillance sur les lieux des effets du
bruit, principalement du bruit sismique, sur les organismes marins.
- Lors d’une réunion d’un comité scientifique
consultatif national tenue en mai 2004, des spécialistes canadiens
et étrangers ont passé ces analyses en revue. Ils en ont
utilisés les résultats, ainsi que leurs connaissances réunies
et le travail effectué en mars 2003 sur un Cadre décisionnel
pour l’examen préalable des projets de levés sismiques,
pour formuler des conclusions et des avis scientifiques sur les incidences
possibles des activités de levés sismiques.
- Lorsque cela était possible et approprié, la revue
tenait compte des effets biologiques et écologiques possibles
suivants des levés sismiques sur l’élément
de l’écosystème marin en question :
- les effets physiques et physiologiques directs;
- les effets possibles directs sur le comportement; et
- si ces effets étaient cumulatifs, chroniques, directs ou
indirects
- Les conclusions scientifiques formulées dans le cadre du Processus
scientifique consultatif reposaient aussi sur une démarche axée
sur le risque tenant compte des facteurs suivants :
- la vraisemblance de divers effets biologiques et écologiques;
- la gravité possible de divers effets biologiques et écologiques,
dans lequel cas des mesures d’atténuation ou des mesures
correctives devront être prises :
- lorsque des répercussions nuisibles à l’échelon
des populations se produiront probablement; ou
- lorsqu’il est considéré comme probable
que les relevés sismiques tueront, causeront du tort,
ou harcèleront un individu d’une espèce
de mammifères marins ou de tortues marines inscrite
comme une espèce en voie de disparition ou menacée à l’annexe
1, 2 ou 3 de la Loi sur les espèces en péril.
- Les conclusions générales suivantes ont été tirées
de la revue de la documentation scientifique. Elles sous-tendent les
mesures d’atténuation incluses dans cet Énoncé des
pratiques canadiennes à l’égard des cas qui indiquent
un risque potentiellement plus élevé d’une incidence écologique
importante, telle que décrite aux sous alinéas (b)(i) ou
(ii) :
- dans le cas des poissons, on prévoit que les effets
biologiques et écologiques des ondes de levés sismiques
en milieu marin seront faibles, sont inconnus ou sont mal compris,
sauf si ces ondes ont des effets sur le comportement, qui pourraient
mener à la dispersion permanente d’agrégation
de reproducteurs ou à une déviation permanente des
voies de migration;
- dans le cas des invertébrés, on prévoit
que les effets biologiques et écologiques des ondes de levés
sismiques en milieu marin seront faibles, sont inconnus ou sont
mal compris, sauf si ces ondes ont des incidences sur les activités
de reproduction ou de croissance ou encore entraînent une
dispersion de longue durée des groupes de reproducteurs
ou la déviation de longue durée des voies de migration;
- dans le cas du zooplancton, des oeufs et des larves de poissons
et d’invertébrés, les données sont généralement
insuffisantes pour évaluer les dommages aux oeufs et aux
larves de poissons et de crustacés que peut causer les ondes
de levés sismiques sur le terrain; toutefois, des modèles
permettent de prédire que l’ordre de grandeur de la
mortalité des oeufs et des larves imputable à l’exposition à ces
ondes serait de loin inférieur au niveau attendu dans une
population;
- dans le cas des tortues marines, on considère comme
peu probable qu’elles soient plus sensibles aux ondes de
levés sismiques que les cétacés ou certains
poissons;
- dans le cas des mammifères marins, on prévoit
que les effets biologiques et écologiques des ondes de levés
sismiques seront faibles, sont inconnus ou sont mal compris, mais
ils pourraient être plus graves s’ils mènent à un
changement de comportement, donnant lieu à
- un déplacement des mammifères marins
des aires d’alimentation pour lesquelles il n’y
pas d’alternatives;
- un déplacement des mammifères marins
d’aires de reproduction ou de croissance;
- une déviation des mammifères marins en
migration de leurs voies migratoires pour lesquelles il n’y
a pas d’alternatives ou, s’il y en a, ils devront
dépenser beaucoup plus d’énergie pour
migrer.
- Le rapport des résultats de cette revue, évalué par
les pairs, intitulé Évaluation des renseignements scientifiques
sur les impacts des bruits sismiques sur les poissons, les invertébrés,
les tortues et les mammifères marins (Rapport sur l’état
d’habitat, 2004/002) est disponible à http://www.dfo-mpo.gc.ca/csas/Csas/etat/2004/HSR2004_002_F.pdf
- Il est établi qu il est possible d’atténuer les
risques particuliers pour les organismes marins identifiés dans
le présent Énoncé des pratiques canadiennes en se
servant des meilleures méthodes et techniques disponibles, éprouvées
et pratiquement possibles. Toutefois, le présent Énoncé des
pratiques canadiennes vise aussi à favoriser l’évaluation
et le développement de nouvelles techniques en vue d accroître
la capacité de détecter la présence d’organismes
sensibles.
- D’après les connaissances recueillies et l’expérience
acquise, on ne prévoit pas que les relevés sismiques assujettis
aux mesures d’atténuation établies dans le présent Énoncé des
pratiques canadiennes auront des incidences environnementales néfastes.
Par conséquent, aucune nouvelle mesure d’atténuation
n’est recommandée, sauf selon les modalités des articles
17 ou 18 de la Partie II.
- La connaissance scientifique des effets possibles des activités
de levés sismiques varie selon la circonstance. À mesure
que de nouvelles données scientifiques seront recueillies et que
de nouvelles techniques seront mises au point, il se pourrait qu’il
soit nécessaire de réviser les mesures d’atténuation établies
dans le présent Énoncé des pratiques canadiennes.
Partie I : Application
- A moins d’avis contraire, les mesures d’atténuation établies
dans le présent Énoncé des pratiques canadiennes
s’appliquent à tout relevé sismique qui fait appel à un
canon à air ou à un ou des réseaux de canons à air,
indépendamment de l’objectif du programme.
- Les mesures d’atténuation établies dans le présent Énoncé des
pratiques canadiennes ne s’appliquent pas aux relevés sismiques
effectués :
- dans les eaux prises par les glaces; ou
- dans les eaux douces.
- Les mesures d`atténuation établies dans le présent Énoncé des
pratiques canadiennes ne portent pas sur la question de l’atténuation
des répercussions sociales ou économiques des relevés
sismiques, notamment l’exigence à l’effet de minimiser
le conflit spatial potentiel entre les activités pétrolières
et gazières en milieu marin et d’autres utilisateurs du
milieu marin
- Lorsqu’un autre organisme de réglementation fédéral,
provincial ou autre établit des mesures précises visant
les activités de levés sismiques en milieu marin substantiellement équivalentes
aux mesures identifiées dans le présent Énoncé des
pratiques canadiennes, les opérateurs des canons à air
ne sont tenus de se conformer qu’à ces premières.
Partie II : Mesures d`atténuation
- Tous les programmes visant à acquérir des données
sismiques dans le milieu marin du Canada doivent être conçus
de façon à éviter
- de tuer un individu d’une espèce de mammifères
marins ou de tortues marines inscrite comme espèce en voie
de disparition ou menacée aux annexes 1, 2 ou 3 de la Loi
sur les espèces en péril, de lui nuire ou de le harceler;
et
- de provoquer des effets à l’échelon des
populations de toutes les autres espèces d’organismes
marins.
- Tous les programmes visant à acquérir des données
sismiques dans le milieu marin du Canada doivent être conçus,
dans la mesure du pratique, de façon à éviter ce
qui suit :
- disperser une agrégation de poissons reproducteurs d’une
frayère connue;
- déplacer un troupeau de mammifères marins regroupé pour
s’alimenter, se reproduire ou allaiter leurs petits s’il
est de connaissance notoire qu’il n’existe pas une
autre aire pour mener ces activités;
- faire fortement dévier des agrégations de poissons
ou des troupeaux de mammifères marins de leur route ou corridor
de migration connu s’il est de connaissance notoire qu’il
n’existe pas une autre route ou corridor de migration ou,
le cas échéant, qu’en utilisant ces trajets,
les mammifères marins ou les agrégations de poissons
devront dépenser beaucoup plus d’énergie pour
migrer, ce qui pourrait résulter en d’importants effets
néfastes.
- Tous les programmes visant à acquérir des données
sismiques dans le milieu marin du Canada doivent être conçus,
dans la mesure du pratique, de façon à éviter ce
qui suit :
- déplacer, un individu d’une espèce de
mammifères marins inscrite comme espèce en voie de
disparition ou menacée aux annexes 1, 2 ou 3 de la Loi
sur les espèces en péril qui se reproduit, s’alimente
ou allaite ses petits, s’il est de connaissance notoire qu’il
n’existe pas une autre aire pour mener ces activités;
- faire dévier, d’une route ou d’un corridor
de migration connu, un individu en migration d’une espèce
de mammifères marins inscrite comme espèce en voie
de disparition ou menacée aux annexes 1, 2 ou 3 de la Loi
sur les espèces en péril, s’il est de connaissance
notoire qu’il n’existe pas une autre route ou corridor
de migration qu’il est raisonnable de croire qu’il
peut accéder.
- Pour tous les programmes visant à acquérir des données
sismiques dans le milieu marin du Canada, il est nécessaire de :
- circonscrire une zone de sécurité de 500 mètres à partir
du centre de la source des tirs sismiques;
- lorsque la zone de sécurité est visible, faire
effectuer une surveillance visuelle à intervalles réguliers
de cette zone par un observateur des mammifères marins qualifié,
et de façon ininterrompue durant une période d’au
moins 30 minutes avant le début des tirs sismiques.
- Si une tortue marine ou une baleine, à l’exception
d’un dauphin ou d’un marsouin, est repérée
dans la zone de sécurité à un moment quelconque
durant la période de 30 minutes indiquée à l’alinéa
8(b), le début des tirs sismiques doit être retardé jusqu’à cette
tortue marine ou baleine n’ait été vue pendant au
moins 30 minutes dans la zone de sécurité ou jusqu’à ce
qu’un observateur ait vu la tortue marine ou la baleine repérée
quitter la zone de sécurité.
- Les tirs sismiques doivent être immédiatement stoppés
lorsqu’ un individu d’une espèce de tortues marines
ou de baleines est observé dans la zone de sécurité si
- cette espèce de tortues marines ou de baleines est
inscrite comme espèce en voie de disparition ou menacée à l’annexe
1, 2 ou 3 de la Loi sur les espèces en péril; ou
- cette espèce de tortues marines ou de baleines est
inscrite comme espèce préoccupante à l’annexe
1, 2 ou 3 de la Loi sur les espèces en péril et,
en regard des modalités énoncées à l’alinéa
5(b), est identifiée comme étant particulièrement
sensible aux ondes sismiques dans une évaluation environnementale
et pour laquelle il pourrait y avoir d’importants effets
néfastes.
- Une fois que l’individu de l’espèce indiquée à l’article
10 a quitté la zone de sécurité, ou 30 minutes après
qu’il a été aperçu pour la dernière
fois, les tirs sismiques peuvent recommencer, conformément aux
mesures décrites ci dessous, en accélérant graduellement
le niveau de la pression ou en commencent progressivement dans les cas
où les tirs ont été stoppés pendant plus
de 30 minutes.
- Pour les intervalles entre les lignes de relevé, les tirs
sismiques devraient être stoppés ou réduits à une
seule source d’énergie; si les tirs sismiques sont stoppés,
d’autres mesures peuvent être utilisées pour circonscrire
la zone de sécurité, et dans ce cas, l’accélération
graduelle ou le commencement progressif des tirs n’est pas requis.
- Pour le commencement ou le recommencement des tirs sismiques après
leur arrêt pendant plus de 30 minutes, pour quelque cause que ce
soit, il convient d’accélérer graduellement le niveau
de pression et :
- d’entreprendre l’accélération grâce à l’utilisation
d’un seul canon, de préférence celui qui produit
le moins de bruit et d’énergie;
- d’activer des sources additionnelles de tirs sismiques
de façon croissante durant une période de 20 à 40
minutes jusqu’à l’atteinte du niveau d’activité qui
convient.
- Lorsque la visibilité est réduite ou lorsque la zone
de sécurité n’est pas visible, et si les tirs sismiques
ont été stoppés pour plus de 30 minutes, les opérateurs
des canons à air sont fortement encouragés de prendre des
mesures passives de surveillance acoustique avant d’accélérer
graduellement le niveau de pression ou de commencer progressivement les
tirs si :
- des baleines émettant des vocalisations, autres que
des dauphins, ont déjà été repérées à cet
endroit dans les 24 heures précédentes lorsque la
visibilité était bonne;
- on peut raisonnablement s’attendre à ce que
baleines émettant des vocalisations, autres que des dauphins,
soient présentes.
- Lorsque la visibilité est réduite ou lorsque la zone
de sécurité n’est pas visible et que le programme
de levés sismiques est exécuté dans un secteur connu
comme étant un endroit où il est raisonnable de s’attendre à rencontrer
une espèce de baleine, autre que des dauphins, inscrite comme
espèce en voie de disparition ou menacée à l’annexe
1, 2 ou 3 de la Loi sur les espèces en péril, l’accélération
graduelle du niveau de pression ou le commencement progressif des tirs
sismiques ne peut débuter que si des techniques passives de surveillance
acoustique sont employées pour vérifier la présence
de baleines, autres que des dauphins, grâce à leurs vocalisations.
- Lorsque des mesures passives de surveillance acoustique sont employées,
l’accélération graduelle du niveau de pression ou
le commencement progressif des tirs sismiques ne peut débuter
que si une période de 30 minutes s’est écoulée
depuis le dernier enregistrement de vocalisations émises par des
baleines, autres que des dauphins.
- Quiconque veut entreprendre des activités de levés
sismiques dans le milieu marin du Canada peut être requis, à titre
de condition d’autorisation de cette activité, de mettre
en place des mesures d’atténuation additionnelles si, par
suite d’un examen ou d’une évaluation environnementale
du projet :
- il est probable qu’il y ait des effets chroniques ou
cumulatifs :
- de multiples sources d’émission d’ondes
sismiques (p. ex., deux bateaux de sismologie pour un projet,
ou de multiples projets de levés sismiques); ou
- de la combinaison de projets de levés sismiques
et d’autres activités qui ont un effet néfaste
sur la qualité du milieu marin dans la région
perturbée par le ou les projets de levés sismiques;
ou
- de la combinaison de ce qui précède.
- Des changements peuvent être autorisés à une
ou plusieurs de ces normes si :
- des mesures d’atténuation différentes
sont proposées en vue d’atteindre un niveau équivalent
de protection environnementale; ou
- ces changements sont peu susceptibles de résulter
en des incidences environnementales importantes.
Partie III : Commentaires
Fraie
- La mesure d’atténuation de l’alinéa 6(a)
ne vise pas à atténuer la mortalité ni les effets
physiques du bruit provoqué par les activités de levés
sismiques sur les poissons et leur frai; ces effets, s’ils se produisent,
ne sont pas considérer comme ayant des effets à l’échelon
des populations.
- La mesure d’atténuation de l’alinéa 6(a)
vise à éliminer les risques de changements dans le comportement
de fraie, soit surtout le risque de dispersion des agrégations
de reproducteurs.
- Étant donné la nature des activités de levés
sismiques, surtout le fait que les réseaux de canons à air
sont en général remorqués dans l’eau et qu’ils
ne demeurent donc pas à un seul et même endroit, et étant
donné que les invertébrés ne sont pas susceptibles
de se disperser plus que leur capacité de se regrouper ne leur
permet, cette mesure s’applique aux poissons.
- Le promoteur devrait fournir les renseignements requis pour évaluer
le potentiel de dispersion de poissons par le biais du processus d’évaluation
environnementale ou de consultations, par l’autorité responsable,
de spécialistes scientifiques, ou de ces deux moyens.
- 23. Il est reconnu que, en raison des comportements des poissons et
du fait qu’ils sont mal compris, notre connaissance de l’époque,
de la durée et de l’endroit exacts de la fraie et de la
migration est imprécise. Suffisamment de données sont toutefois
disponibles pour que des efforts raisonnables soient faits afin d’éviter
les situations qui pourraient soulever des préoccupations, notamment :
- s’il a été établi qu’il n’existe
que quelques endroits essentiels localisés où une
espèce se regroupe pour frayer, ces endroits devraient être évités
durant les pics de fraie;
- durant les pics de fraie, la fraie peut s’étaler
sur plusieurs jours ou semaines et montre typiquement une distribution
normale une fois qu’elle a commencé; la période
la plus proche de la moyenne est la période la plus préoccupante
et aucune activité de levés sismiques ne devrait être
effectuée à ce moment-là;
- lors de la migration, une espèce peut franchir des
centaines et même des milliers de kilomètres sur une
période de semaines ou de mois, et avoir à surmonter
de nombreux obstacles; de faibles perturbations temporelles ou
spatiales de la migration sont donc peu préoccupantes sauf
si des activités de levés sismiques, seules ou combinées à d’autres,
donnent lieu à une situation où il est raisonnable
de conclure qu’il est fortement vraisemblable que les poissons
n’atteindront pas leur destination de migration.
- Les situations les moins préoccupantes sont les suivantes :
- il existe de nombreuses frayères de l’espèce
en question et le programme de levés sismiques n’en
touchera que quelques-unes au moment de la fraie;
- l’espèce en question ne se regroupe pas pour
frayer, ou seule une petite proportion des individus de cette espèce
le fait;
- la fraie de l’espèce en question se produit sur
une vaste superficie (p. ex. des milliers de kilomètres
carrés) et le programme de levés sismiques n’en
touchera qu’une faible proportion;
- la fraie a lieu sur une longue période et le programme
de levés sismiques sera exécuté soit au début
ou à la fin de celle-ci.
- Toutes les mesures visant les frayères et les époques
de fraie s’appliquent à toutes les espèces de poissons,
qu’elles aient une importance commerciale ou non.
- Les renseignements disponibles sur les aires et les époques
de la fraie sont incomplets et imprécis; cependant, on dispose
de certaines connaissances, et il faut faire de notre mieux pour acquérir
des données sur la fraie et s’en servir, surtout durant
le processus d’évaluation environnementale, ce qui suppose
notamment de tenir compte du savoir écologique traditionnel.
- De plus, il faut aussi savoir que la plupart des parties du milieu
marin, sinon toutes, peuvent servir d’aires de fraie à certaines
espèces durant certaines époques de l’année;
la mesure en question ne vise pas à interdire en général
les activités de levés sismiques pour cette raison, mais
plutôt à veiller à ce que ces activités soient
planifiées de façon à éviter les zones très
fragiles.
Mesures passives de surveillance acoustique
- Indépendamment des limites connues des techniques passives
de surveillance acoustique, elles constituent toutefois le meilleur moyen
disponible pour localiser des baleines grâce à leurs vocalisations
avant d’accélérer graduellement le niveau de pression
acoustique ou de commencer graduellement les tirs sismiques. Il est donc
fortement encouragé d’utiliser ces techniques avant de débuter
des activités de levés sismiques lorsque la zone de sécurité n’est
pas visible en raison de la pénombre ou des conditions climatiques
- On encourage en outre fortement les promoteurs d’activités
de levés sismiques d’investir dans le perfectionnement des
techniques passives de surveillance acoustique, ainsi que dans le développement
de dispositifs de dépistage actif de mammifères.
- On prévoit que l’application de ces techniques, à mesure
qu’elles seront perfectionnées, sera exigée lors
de l’exécution de tous les programmes visant à acquérir
des données sismiques. Cela n’est toutefois pas une exigence
ferme à ce moment-ci, autre que dans les secteurs où il
est raisonnable de s’attendre à rencontrer une espèce
de baleine émettant des vocalisations inscrite comme espèce
en voie de disparition ou menacée à l’annexe 1, 2
ou 3 de la Loi sur les espèces en péril.
- On s’attend en outre à ce que, à mesure que
la fiabilité et la précision des techniques passives de
surveillance acoustique s’améliorent, les articles portant
sur les procédures de début des tirs sismiques seront modifiés
de sorte à refléter la capacité de détecter
non seulement une baleine émettant des vocalisations mais aussi
d’établir si elle est dans la zone de sécurité.
Relevé de terrain / Mesure du profil sismique vertical
- Dans la mesure où cela peut se faire, les articles 8 à 17
inclusivement s’appliquent aux programmes de levés sismiques
exécutés en vue de faire des relevés de terrain
et mesurer le profil sismique vertical. On reconnaît toutefois
que, dans de nombreux cas, un relevé de terrain ou l’établissement
d’un profil sismique vertical est de courte durée et fait
appel à moins de sources d’ondes sismiques qu’un relevé sismique
2D ou 3D; par conséquent, des changements peuvent être considérés
en application de l’article 18.
- Alors qu’il peut ne pas être possible de décharger
une seule source d’ondes sismiques comme moyen d’accélérer
graduellement le niveau de pression ou de commencer progressivement les
tirs sismiques, les dispositions de l’alinéa 18(a) devraient être
appliquées comme autre moyen de le faire.
Relevés de recherche à des fins autres que la prospection
pétrolière ou gazière
- On reconnaît que les relevés de recherche faisant
appel à un réseau de canons à air de faible puissance
ou à une source semblable d’ondes sismiques peuvent poser
un faible risque pour le milieu marin, selon le niveau réel des
ondes émises. Comme la Loi canadienne sur l’évaluation
environnementale est le mécanisme fédéral servant à évaluer
un tel risque, les mesures d’atténuation énoncées
aux articles 8 à 18 ne s’appliquent pas si un relevé n’est
pas assujetti à une évaluation environnementale en vertu
des dispositions de cette Loi.
Limites, autres recherches et surveillance des effets environnementaux
- Les mesures d’atténuation énoncées dans
le présent document sont fondées sur une évaluation
de la documentation scientifique disponible, évaluée par
des pairs, sur les effets biologiques et écologiques connus et
attendus des ondes sismiques sur le milieu marin.
- Comme il l’est indiqué ci-dessus et dans le rapport
scientifique consultatif national, il existe de nombreuses lacunes dans
les connaissances scientifiques sur les effets possibles des ondes sismiques
sur le milieu marin. Il est donc fortement recommandé de mener
d’autres études scientifiques sur ces effets dans le milieu
marin du Canada.
- En outre, il est fortement recommandé de mettre sur pied
des programmes de surveillance des incidences environnementales, comme
le prévoit la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale.

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