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LES EAUX CANADIENNES
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Processus consultatif des nations unies sur les océans III,
Du 8 au 15 avril 2002

Allocution d'ouverture du Canada
M. Matthew King - Sous-ministre adjoint, Océans
Pêches et Océans Canada

Messieurs les coprésidents, distingués délégués, je suis très heureux de pouvoir exposer aujourd'hui la perspective du Canada.

Permettez-moi tout d'abord de dire que le Canada considère cette tribune comme un élément primordial du contexte international des océans. En réunissant un éventail d'intervenants gouvernementaux et non gouvernementaux pour examiner périodiquement les questions relatives aux océans, cette tribune remplit une fonction unique et essentielle, qui est de trouver les meilleurs moyens et les plus imaginatifs de gérer les océans du monde au cours des années à venir.

De fait, le Canada a été un ardent défenseur du processus consultatif informel depuis ses débuts.

Et notre confiance était bien placée.

Bien que le Processus consultatif ait tenu seulement deux rencontres, nous assistons plus que jamais auparavant à des débats beaucoup plus en profondeur, ciblés et pertinents sur les océans à l'assemblée générale. C'est une réalisation dont nous pouvons tous être fiers.

Et nous trouvons très stimulant que dès maintenant, au cours de sa troisième année, on note toujours une volonté collective forte et enthousiaste de s'attaquer aux défis complexes qui sont associés à la gestion des océans.

Survol de l'année

Depuis la réunion de l'année dernière, l'ordre du jour international dans le domaine des océans a été bien rempli. Un certain nombre de rencontres importantes ont contribué à maintenir les questions côtières et océaniques parmi les plus importantes de l'ordre du jour international.

Ceci est particulièrement vrai pour le Canada.

En juin dernier, nous avons été les hôtes de la Conférence sur l'intendance des océans, à Vancouver. Cette Conférence a donné aux participants du monde entier une excellente occasion de mettre en commun leurs expériences et leurs idées sur les démarches équilibrées et intégrées de gestion des océans.

Ces expériences et ces idées aideront à guider les activités du Canada au cours des années à venir et contribueront à affermir le « message à propos des océans », tandis que nous nous préparons pour le Sommet mondial sur le développement durable, en septembre.

En novembre dernier, Montréal a été la scène du premier Examen intergouvernemental du Programme d'action mondial pour la protection du milieu marin.

La Déclaration de Montréal qui en a résulté représente un important engagement politique en vue d'améliorer l'état des océans du monde. Elle prévoit des mesures concrètes en vue de faire face aux effets des eaux usées, de la modification et de la destruction de l'habitat, ainsi que de l'accumulation des nutriments dans les milieux marins et côtiers. Elle fait aussi ressortir l'importance de gérer les eaux communes - aussi bien les eaux douces que les eaux marines.

La réunion de Montréal a été suivie de près par la Conférence mondiale sur les océans et les côtes qui a eu lieu à Paris, en décembre. Cette assemblée réunissait un grand nombre de représentants des gouvernements, des universités et de l'industrie ainsi que d'organismes non gouvernementaux et intergouvernementaux dont le but était d'élaborer des recommandations visant l'amélioration de la gestion des côtes et des océans.

La conférence a donné lieu à la préparation de certaines recommandations importantes : Améliorer la santé des collectivités côtières. Surveiller et évaluer l'état du milieu marin. Mettre en oeuvre des ententes internationales et s'y conformer.

Toutes ces rencontres, et d'autres également, aident à attirer l'attention à l'échelle internationale sur les problèmes côtiers et océaniques. Elles font aussi ressortir l'importance de veiller à ce que les océans fassent partie intégrante de l'ordre du jour du SMDD cet automne.

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Le SMDD et le Processus consultatif

De fait, le dialogue entourant le SMDD a permis de réaffirmer l'importance du développement durable de nos ressources océaniques et côtières.

Nos océans contribuent directement au soulagement de la pauvreté, à la sécurité alimentaire et aux moyens de subsistance durable. De plus, ils constituent une occasion unique de coopération pour les gouvernements, l'industrie et les collectivités.

Nos débats dans le cadre des deux panels, cette année, ajouteront certainement au message sur les océans qui sera transmis à Johannesburg.

Et le Canada est ici pour apporter une importante contribution.

Groupe A : Protection et préservation du milieu marin

Pour ce qui est de la protection et de la préservation du milieu marin, nous croyons que l'expérience que le Canada acquiert dans le domaine du développement durable de ses côtes et de ses trois océans aux niveaux local, régional, national et binational, pourrait être appliquée ailleurs.

Au cours des entretiens en groupe, sur la préservation et la protection du milieu marin, nous fournirons des commentaires sur nos expériences et sur les leçons apprises dans le cadre de notre programme lié au PAM et de nos zones de protection marines.

Groupe B : Gestion intégrée des océans

Nous apprenons aussi des leçons en appliquant une démarche intégrée à la gestion des océans.

Pour le Canada, la gouvernance des océans pose un défi évident : créer des mécanismes de gestion et des outils qui permettent de conserver et de protéger les écosystèmes, tout en offrant des occasions de générer de la richesse pour les économies et les collectivités axées sur les océans.

En outre, la prise de bonnes décisions respectueuses de l'environnement exige l'intégration des connaissances dans les domaines des sciences naturelles et sociales, y compris le savoir des utilisateurs traditionnels.

De fait, on ne saurait trop insister sur l'importance des modèles de gestion qui tiennent compte du savoir et des priorités traditionnels ou indigènes. Le Canada est convaincu qu'il existe des exemples régionaux importants qui méritent qu'on les étudie et qu'on les examine plus à fond.

Nous allons partager nos expériences un peu plus tard au cours de notre présentation au Groupe B sur la gestion intégrée des océans.

Mais le Canada n'est pas seul à faire face au défi de la gouvernance des océans.

Il est important de noter que la question de la gouvernance en matière d'environnement à l'échelle internationale est un thème très important du SMDD. C'est là un défi véritablement mondial.

C'est pourquoi le rôle et la fonction de coordination que procure le Sous-comité sur les océans et les zones côtières (SOCA) devraient être maintenus. C'est là un point de discussion sur lequel il serait utile que se penche cette tribune.

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Groupe B : Coopération régionale et acquisition de capacité

Le Canada est aussi déterminé à améliorer la coopération régionale et l'acquisition de capacité - ou à aider les autres États océaniques à atteindre leurs objectifs dans le domaine des océans.

Pour ce faire, le Canada collabore avec un certain nombre d'organisations régionales, comme le Conseil de l'Arctique, l'APEC, l'Association des nations du Sud-Est, la Communauté des Caraïbes et le Forum des îles du Pacifique. Notre expérience au sein de ces organisations nous a montré qu'il n'était pas seulement possible mais aussi souhaitable de développer de façon coopérative la capacité scientifique et technique du Secteur des Océans et de l’Habitatau moyen d'institutions nationales et régionales.

De plus, la coopération régionale entre États membres, universités et spécialistes publics et privés - ainsi que l'adoption de programmes scientifiques et techniques dans le cadre de plans ministériels et industriels - ont tous permis de démontrer un engagement élargi à l'égard du développement durable des océans.

Nous avons noté que les programmes axés sur les océans des entités régionales avaient stimulé un sentiment d'appartenance et de leadership parmi les États membres et leurs organisations régionales. Le Conseil des ressources marines de l'APEC en est un bon exemple.

Promouvoir la collaboration au niveau régional est un choix logique puisque des groupes de pays partagent des préoccupations et des objectifs semblables à l'égard d'une ressource commune. Par exemple, on devrait examiner le potentiel d'échange d'information et de planification coopérative du travail entre organismes régionaux de développement et de santé, de protection de l'environnement, des pêches et des sciences. Il est aussi crucial d'associer les besoins de développement aux capacités de gestion des océans et les réseaux de formation et de recherche régionaux pourraient être un moyen efficace en ce sens.

Coopération et coordination : information

Mais il est clair que la base de toute collaboration et de toute coordination internationale est l'information.

De fait, la gestion et le partage de l'information sont des éléments-clés de l'amélioration de la collaboration et de la coopération. Quoique apparemment simples, ils sont hautement efficaces. On ne peut en sous-estimer l'importance.

Ainsi, le Canada est déterminé à trouver des moyens d'améliorer la façon dont l'information est échangée entre tous les États océaniques.

Au niveau international, la Commission océanographique intergouvernementale est bien placée pour faciliter l'échange de technologies et aider à fournir des évaluations des océans. Le rôle de cette organisation dans le cadre des échanges d'information mérite une attention particulière.

Les différents gouvernements ont aussi l'obligation de communiquer l'information sur les océans à leurs citoyens.

Au Canada, nous avons fait un effort particulier pour mettre au point des outils axés sur le Web qui favorisent la participation de tous les intervenants dans le domaine des océans. À mesure que progresse la mise en oeuvre de la Stratégie sur les océans du Canada et de notre Programme d'action national, Internet devient un mécanisme de plus en plus important pour informer les Canadiens et les amener à participer aux activités de gestion intégrée des océans.

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Le processus consultatif : l'avenir

Messieurs les coprésidents, distingués délégués, le Processus consultatif peut stimuler la réflexion et la créativité pour une meilleure progression de la gestion des océans. La délégation canadienne est enthousiaste à l'idée de participer à ces entretiens et espère que des recommandations créatives et innovatrices en ressortiront.

Comme aimait bien à le dire notre collègue Elizabeth Mann Borgese : « J'ai toujours considéré la mer comme le laboratoire d'un nouvel ordre mondial en préparation ».

Elizabeth nous a récemment quittés. Elle débordait d'une énergie en apparence illimitée et elle manifestait un engagement profond envers les océans. De plus, elle était déterminée à modifier le comportement humain à l'égard des océans.

Entre autres, le professeur Borgese a aidé à fonder l'Institut international des océans, elle a joué un rôle-clé dans l'établissement de la commission mondiale des océans, et elle était un membre inestimable du Conseil consultatif sur les océans du ministre canadien des Pêches et des Océans.

Ce ne sont-là que quelques-unes de ses réalisations. Ses connaissances, sa passion et sa vision des océans ont eu des effets considérables sur les politiques relatives aux océans, au Canada et à l'étranger et il ne fait aucun doute que son absence crée un vide immense.

Mais à l'approche du SMDD, nous pouvons réitérer l'appel d'Elizabeth à l'égard d'un nouvel ordre mondial pour les océans.

Un ordre mondial qui permettra davantage à tous les intervenants utiles de mettre l'accent sur les problèmes océaniques pertinents. De définir les nouvelles menaces. De s'assurer que les décideurs dispose de l'information dont ils ont besoin pour prendre des mesures concrètes afin d'atténuer les pressions toujours croissantes exercées sur nos océans et nos côtes.

Le Processus consultatif sur les océans jouera un rôle important au cours de cette nouvelle étape. Les tribunes comme celle-ci constituent un excellent moyen pour commencer à relever le défi lancé par Elizabeth.

Au nom de toute la délégation canadienne, j'aimerais réitérer la confiance du Canada - et son soutien - à l'égard de ce Processus et l'espoir que nous mettons dans son maintien au cours des années à venir.

C'est avec grand plaisir que je participerai aux discussions aujourd'hui.