ARCHIVÉ – Programme d'innovation en aquaculture et d'accès au marché - Rapport final

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Table des matières

INTRODUCTION

Environics Research Group est fier de soumettre le présent rapport de recherche à l'Alliance de l'industrie canadienne de l'aquaculture. Ce rapport examine les résultats d'une recherche sur l'opinion publique concernant le saumon en général, et plus particulièrement le saumon d'élevage de la Colombie-Britannique (C.-B.). On a interrogé les acheteurs commerciaux de cette catégorie de saumon ainsi que les consommateurs de trois villes de l'Ouest (Vancouver, San Francisco et Los Angeles).

Les producteurs de saumons d'élevage de la C.-B. doivent mieux connaître l'opinion des clients commerciaux au sujet de leurs produits, ainsi que celle des consommateurs qui achètent leurs produits de saumon dans les supermarchés ou les restaurants. Voici plus précisément les principaux objectifs de la recherche :

Les trois phases de la recherche peuvent être résumées comme suit :

RÉSUMÉ

Ce résumé fournit les principaux résultats d'une recherche sur l'opinion publique concernant le saumon en général, et plus particulièrement le saumon d'élevage de la Colombie-Britannique. On a interrogé les acheteurs commerciaux de cette catégorie de saumon ainsi que les consommateurs de trois villes de la côte Ouest.

Groupes de discussion des consommateurs

Environics a dirigé deux groupes de discussion exploratoire desquels faisaient partie des consommateurs de saumon à Vancouver afin d'aider à l'élaboration d'un questionnaire d'enquête quantitative. La première réunion comptait de jeunes consommateurs de saumon, et la deuxième séance était composée de consommateurs plus âgés.

Recherche quantitative sur les consommateurs

Comportement de l'acheteur de saumon frais

En moyenne, les consommateurs de saumon indiquent avoir acheté du saumon frais ou congelé 2,3 fois au cours du dernier mois. Ils achètent généralement du saumon au comptoir libre-service des supermarchés (39 %) ou au comptoir à poisson doté de personnel dans les épiceries (38 %). Une bien plus petite proportion révèle acheter habituellement le saumon dans des marchés spécialisés ou des poissonneries (16 %). Les consommateurs achètent surtout des filets (76 %) et des steaks (49 %) de saumon; 28 % indiquent acheter le saumon entier, 22 % disent acheter du saumon congelé emballé sous vide; 12 % achètent du saumon mariné et déjà assaisonné, et 7 % affirment acheter des brochettes de saumon.

Consommation de saumon

Deux consommateurs de saumon sur dix (21 %) décrivent le saumon comme étant un aliment « favori qu'ils mangent plus souvent que d'autres sources de protéines », et quatre consommateurs sur dix (40 %) affirment qu'ils mangent du saumon presque aussi souvent que d'autres sources de protéines et qu'il fait partie intégrante de leur régime alimentaire. Quatre personnes sur dix disent qu'ils mangent du saumon de temps en temps, mais moins souvent que d'autres sources de protéines (35 %), ou qu'ils mangent rarement du saumon (4 %). Les hommes, les jeunes et les personnes qui ne sont pas de race blanche sont plus susceptibles de dire que le saumon constitue l'un de leurs aliments favoris.

Presque tous s'entendent pour dire que « le saumon est l'une des sources de protéines les plus saines » (96 %), que « les enfants devraient en manger régulièrement » (89 %) et qu'eux-mêmes « voudraient en manger plus souvent » (87 %). Plus de huit consommateurs sur dix (86 %) conviennent que « lorsqu'ils mangent du saumon, ils se sentent mieux que lorsqu'ils mangent de la viande ou de la volaille ». Une proportion semblable (85 %) est aussi d'accord sur le fait que « le saumon est l'un des aliments les plus savoureux et agréables à manger ».

Six personnes sur dix (60 %) affirment que « le saumon coûte trop cher pour qu'elles en mangent régulièrement ». Un tiers des participants (33 %) conviennent qu'il « n'est pas sain de manger trop souvent du saumon ». Trois participants sur dix (29 %) indiquent que « le saumon est compliqué à apprêter comparativement à d'autres sources de protéines ».

La moitié des consommateurs de saumon disent qu'ils achètent et mangent maintenant plus de saumon frais qu'il y a quelques années. Quatre consommateurs sur dix indiquent en acheter et en manger environ la même quantité, et à peine un sur dix affirme en manger moins. Les jeunes et les personnes qui ne sont pas de race blanche sont plus susceptibles d'affirmer qu'ils achètent et mangent plus de saumon.

En outre, quatre personnes sur dix (40 %) prévoient en manger beaucoup plus (11 %) ou un peu plus (29 %) qu'aujourd'hui. Plus de la moitié des participants ont l'intention de continuer d'en consommer la même quantité. Seulement six pour cent (6 %) ont l'intention d'en acheter et d'en manger moins. Les jeunes et les consommateurs de Los Angeles sont plus susceptibles de prévoir augmenter leur consommation de saumon.
Les principales raisons expliquant pourquoi les consommateurs prévoient acheter et manger plus de saumon à l'avenir sont la valeur nutritive de ce poisson et le fait qu'il est plus sain que d'autres sources de protéines (59 %). Un tiers des participants (33 %) disent que c'est parce que leur famille en aime le goût. Parmi la très petite proportion de personnes qui prévoient acheter et manger moins de saumon (n = 66), les principales raisons données sont le prix ainsi que des préoccupations relatives à la disponibilité du saumon sauvage et à l'environnement.

Neuf consommateurs sur dix estiment être très (41 %) ou assez (49 %) à l'aise et savoir comment cuisiner le saumon chez eux.

Consommation de saumon au restaurant

En moyenne, les consommateurs de saumon indiquent avoir commandé du saumon 1,3 fois au cours du dernier mois. Au total, 57 % d'entre eux ont commandé du saumon, 29 % l'ayant fait une fois, 13 %, deux fois, et 15 %, trois fois ou plus.

Les consommateurs de saumon révèlent manger assez souvent à l'extérieur; les deux tiers indiquent le faire au moins une fois par semaine (33 %). Parmi les personnes qui mangent à l'extérieur, le saumon est modérément populaire, 7 % d'entre elles affirmant commander presque toujours du saumon au restaurant, 22 % disant commander du saumon la majorité du temps, et 50 % en commandant de temps en temps.

Les sushis et les sashimis sont maintenant très populaires auprès des consommateurs de saumon de la côte Ouest qui mangent au restaurant. Trois consommateurs sur dix (29 %) indiquent qu'ils mangent des sushis ou des sashimis une fois par semaine ou plus, et 20 % en mangent deux ou trois fois par mois. Ces aliments sont principalement consommés à Vancouver, et par des hommes, des jeunes, des Asiatiques de l'Est et des latinophones. Une grande majorité des personnes qui mangent des sushis ou des sashimis disent que lorsqu'elles consomment ces aliments, leur repas comprend toujours (28 %), généralement (34 %) ou parfois (33 %) du saumon.

Facteurs lors de l'achat de saumon frais

Le facteur le plus susceptible d'être considéré comme étant important par les consommateurs de saumon au moment de décider d'acheter du poisson frais est le goût (69 % estiment que c'est très important). Parmi les autres facteurs qui sont souvent considérés comme étant très importants, mentionnons les préoccupations à l'égard de la contamination (54 %), la valeur nutritive (52 %) et le fait que le poisson soit disponible frais (52 %). De plus petites proportions considèrent les facteurs suivants comme étant très importants : le prix (44 %), le fait que le saumon soit sauvage ou d'élevage (37 %), la durabilité environnementale de la méthode de production (32 %), le fait de le manger le jour même (30 %), la teneur en gras saturés (28 %), la facilité de préparation et de cuisson (28 %), le pays d'origine (25 %) et l'aspect substantiel (20 %).

Lorsqu'on demande aux consommateurs de donner les principales raisons pour lesquelles ils achètent du saumon frais, le bon goût (29 %) et les nombreux avantages nutritionnels (29 %) arrivent en tête de liste. Pour de plus petites proportions, le coût abordable (13 %) ou le fait qu'il soit offert frais (11 %) constituent les principales raisons. Les femmes et les personnes âgées mentionnent plus souvent les avantages nutritionnels.

Lorsqu'on demande aux consommateurs de donner les principales raisons pour lesquelles ils n'achètent pas de saumon frais, le prix trop élevé (41 %) arrive en tête. De plus petites proportions ont donné les raisons selon lesquelles il est peut-être contaminé par du mercure ou des BPC (14 %), il n'est pas offert frais (9 %) ou c'est du saumon d'élevage (9 %).

Le saumon par rapport à d'autres sources de protéines

On a demandé aux participants de comparer le saumon à d'autres sources de protéines et d'évaluer ce qui est le mieux. Les propriétés qui classent le saumon bien au-dessus des autres sources de protéines sont les suivantes : c'est un aliment sain en général (83 % disent que le saumon est meilleur), il est faible en gras (74 %), il est nutritif (67 %), ce qu'une personne ressent en en mangeant (52 %) et la fraîcheur (50 %). Les propriétés qui le classent sous les autres sources de protéines sont le prix (62 % disent que les autres sources de protéines sont mieux), la teneur en hormones et en produits chimiques (43 %), et l'aspect substantiel (42 %).

Les avis diffèrent quant à savoir si le saumon d'élevage ou tout autre animal d'élevage a un plus grand impact négatif sur l'environnement. Deux personnes sur dix (20 %) estiment que le saumon d'élevage a le plus d'incidence négative, et vingt-neuf pour cent (29 %) croient que c'est l'élevage d'autres animaux qui a le plus de répercussions négatives. La moitié (51 %) des participants estiment que c'est comparable à cet égard.

Pays d'origine

Les consommateurs de San Francisco et de Los Angeles ont tendance à penser que le saumon le plus frais offert dans leur communauté provient de l'Alaska (81 et 76 % respectivement) et de la Colombie-Britannique (27 et 21 % respectivement). À Vancouver, les consommateurs pensent plutôt que le saumon le plus frais provient de la Colombie-Britannique (84 %), et de l'Alaska (39 %). Dans les trois villes, les gens préfèrent le saumon provenant de leur pays, mais il est intéressant de noter qu'à San Francisco et à Los Angeles, le saumon de la Colombie-Britannique est classé bien au-dessus du saumon provenant de l'Écosse, du Chili ou de la Norvège.
Norway.

Les consommateurs de saumon dans les trois communautés expriment une grande préférence pour le saumon sauvage d'Alaska (64 %) par rapport au saumon d'élevage de la Colombie-Britannique (14 %), et vingt-deux pour cent (22 %) indiquent qu'ils ne voient pas la différence. Même à Vancouver, les gens préfèrent le saumon sauvage d'Alaska (60 %) comparativement au saumon d'élevage de la Colombie-Britannique (24 %).

Questions de durabilité

La grande majorité (86 %) des participants se dit très (45 %) ou plutôt (41 %) concernée par l'approvisionnement futur en poissons et en produits de la mer. Les principales préoccupations mentionnées touchent la surpêche (34 %), le mercure et les produits chimiques (30 %) et, dans une moindre mesure, l'incidence du changement climatique sur les stocks de poisson (11 %). De plus petites proportions se disent surtout préoccupées par des questions relatives à l'aquaculture, comme les dommages causés au plancher océanique (7 %), la prise d'autres espèces par erreur (5 %), la propagation de maladies depuis une exploitation aquacole (5 %), les dommages causés à l'environnement océanique par les exploitations aquacoles (4 %), l’élevage en général (3 %) ou l'évasion d'espèces non indigènes dans l'océan depuis une exploitation aquacole (moins de 1 %).

La moitié (48 %) des consommateurs de saumon estiment que le poisson ou les produits de la mer provenant d'un approvisionnement durable coûtent plus cher que ceux provenant d'un approvisionnement non durable. Trente-sept pour cent (37 %) estiment qu'ils coûteraient le même prix, et 15 % pensent que le poisson et les produits de la mer durables coûtent moins cher. En moyenne, les consommateurs de saumon accepteraient de payer jusqu'à 7,4 % plus cher du poisson et des produits de la mer provenant d'un approvisionnement durable. Seulement 17 % d'entre eux refuseraient de payer plus cher du poisson de source durable.

Saumon frais d'élevage et sauvage

Pour l'énoncé « Cela m'importe peu que le saumon que j'achète soit sauvage ou provienne d'un élevage », on constate un important écart, quarante-quatre pour cent (44 %) des gens étant fortement (15 %) ou plutôt (29 %) en accord, et cinquante-six pour cent (56 %) étant fortement (27 %) ou plutôt (29 %) en désaccord.

Lorsqu'on leur demande, les consommateurs de saumon expriment une nette préférence pour le saumon sauvage par rapport au saumon d'élevage. Six personnes sur dix (62 %) disent qu'elles préfèrent de beaucoup (36 %) ou plutôt (26 %) le saumon sauvage, tandis que seulement onze pour cent (11 %) disent préférer le saumon d'élevage. Vingt-huit pour cent (28 %) des participants indiquent ne pas avoir de préférence. La préférence marquée pour le saumon d'élevage prévaut surtout à Vancouver (44 %) et auprès des personnes âgées de 45 à 59 ans (45 %), de 60 ans et plus (55 %) et des personnes de race blanche (41 %). Il convient de noter qu'une personne exprimant une forte préférence pour le saumon sauvage a de fortes chances d'être très préoccupée par l'approvisionnement futur en poissons et de se dire très bien renseignée sur l'élevage du saumon.

Les principales raisons pour lesquelles les consommateurs préfèrent le saumon sauvage plutôt que le saumon d'élevage sont qu'il a meilleur goût, qu'il est plus frais et de meilleure qualité (41 %), qu'il est plus sain et plus nutritif (29 %) et qu'il est plus sécuritaire et contient moins de contaminants (25 %). Seulement de très petites proportions disent préférer le saumon sauvage parce que le saumon d'élevage aurait des répercussions écologiques négatives.

En général, les consommateurs ont tendance à surestimer beaucoup le fait que le saumon frais qu'ils achètent est sauvage et non d'élevage. En moyenne, ils estiment que 55 % du saumon qu'ils achètent est sauvage et que 45 % est d'élevage – même si, en réalité, la majorité du saumon vendu sur ces marchés provient d'un élevage. Les Vancouverois et les personnes âgées de 30 ans ou plus sont plus susceptibles d'affirmer que la majorité du saumon qu'ils achètent est sauvage.

On a demandé aux consommateurs si, entre le saumon sauvage et d'élevage, l'un est meilleur que l'autre sur divers aspects. Le saumon sauvage est surtout perçu comme étant meilleur en ce qui concerne le goût (67 % disent que le saumon sauvage a meilleur goût), les avantages nutritionnels (52 %) et la plus grande fraîcheur (48 %). Le saumon d'élevage prend le dessus quand on pense qu'il aide à prévenir la surpêche (71 %), qu'il est offert tout au long de l'année (67 %) et qu'il coûte moins cher (65 %). Les avis divergent quant à savoir lequel est meilleur lorsqu'on parle de la durabilité environnementale (36 % pour le saumon sauvage, 42 % pour le saumon d'élevage), du risque de présence de toxines (34 % pour le saumon sauvage, 37 % pour le saumon d'élevage) et de la teneur en matières grasses (26 % pour le saumon sauvage, 16 % pour le saumon d'élevage).

Opinions sur l’élevage

Environ les trois quarts des consommateurs (73 %) se décrivent comme étant très (21 %) ou assez (52 %) renseignés sur l’élevage. Sept consommateurs sur dix disent être sûrs que l'industrie aquacole en Colombie-Britannique est bien réglementée et exploitée d'une manière durable, mais seulement 14 % d'entre eux sont « très » sûrs, par rapport aux 58 % qui ne sont que « plutôt » sûrs. Quatre Vancouverois sur dix (42 %) sont peu/pas du tout sûrs, tandis qu'à Los Angeles et à San Francisco, la grande majorité des gens sont au moins plutôt sûrs.

L'une des principales constatations découlant de cette enquête est que six consommateurs sur dix conviennent que « le saumon d'élevage est bon pour l'environnement, car il réduit la pression exercée sur les stocks de saumon sauvage en aidant à répondre à la demande des consommateurs ». En comparaison, trente-neuf pour cent (39 %) des personnes sont d'accord sur le fait que « le saumon d'élevage est mauvais pour l'environnement en raison des effets nocifs sur les populations sauvages ».

Faits et idées fausses sur le saumon d'élevage

On demande aux consommateurs d'indiquer vrai ou faux concernant une série d'énoncés sur le saumon. Les idées fausses les plus communes sont que le saumon sauvage est plus nutritif que le saumon d'élevage (65 % le croient) et que le saumon d'élevage est plus frais que le saumon sauvage, car il est pêché chaque jour (seulement 42 % croient que c'est vrai).

Nouvelles sur les répercussions écologiques de l’élevage

La moitié (49 %) des consommateurs ont vu, lu ou entendu des nouvelles au cours des dernières années concernant les possibles répercussions écologiques de l’élevage. Parmi les personnes qui ont entendu les nouvelles, les sujets les plus relatés sont les suivants : l’élevage pollue l'environnement et les océans (20 %), la surpêche et la diminution des populations de saumon sauvage (19 %), la propagation de maladies et du pou du poisson des saumons d'élevage aux saumons sauvages (18 %), les évasions de saumons d'élevage dans l'océan (11 %), et les produits chimiques et les colorants utilisés dans les exploitations aquacoles (9 %).

Informations requises et sources

Lorsque les consommateurs de saumon achètent du poisson ou des produits de la mer, l'information supplémentaire qui les intéresse le plus, c'est de savoir si le produit est sauvage ou d'élevage (27 %), sa provenance (21 %) et sa valeur nutritive (20 %).

La source d'information sur l'aquaculture et le saumon d'élevage la plupart du temps perçue comme étant « la plus crédible » provient des scientifiques du milieu universitaire (38 %). Parmi les autres sources citées comment étant plus crédibles, il y a les groupes environnementaux (17 %), les scientifiques du gouvernement (10 %) et l'association de l'industrie salmonicole (10 %).

Répercussion des mesures des ONGE

Si un groupe environnemental demandait aux consommateurs de boycotter le saumon d'élevage, 13 % des consommateurs affirment que cela aurait de très fortes répercussions, et 41 % disent que cela aurait certaines répercussions. Moins de la moitié des participants (46 %) estiment que cela n'aurait que peu ou pas de répercussions. Parmi les consommateurs qui affirment que le saumon est l'un de leurs aliments favoris, 24 % indiquent que cela aurait de très importantes répercussions, et cela est aussi vrai pour 25 % des personnes qui estiment être très bien renseignées sur le saumon d'élevage.

Lorsqu'on leur demande s'ils sont susceptibles de poser divers gestes à cause d'une campagne menée par des groupes environnementaux, la moitié (49 %) des participants disent qu'ils seraient très susceptibles de faire quelques recherches pour obtenir plus de faits à ce sujet. Un quart d'entre eux (27 %) affirment qu'ils achèteraient fort probablement du saumon sauvage plutôt que du saumon d'élevage, même s'il était plus cher. Moins d'une personne sur dix estime qu'elle prendrait fort probablement des mesures plus sévères, comme arrêter de manger du saumon et commencer à manger plus viande (7 %) ou boycotter un supermarché jusqu'à ce qu'il arrête de vendre du saumon d'élevage (7 %).

Certification

Six consommateurs de saumon sur dix (62 %) affirment que s'ils savaient que l'élevage des saumons était certifié par rapport au respect des normes environnementales élevées et était pratiqué de façon durable, ils seraient plus susceptibles d'acheter le produit. Trois personnes sur dix (29 %) disent que cela ne ferait aucune différence, et neuf pour cent (9 %) indiquent qu'ils seraient moins susceptibles d'acheter le produit.

Analyse par segmentation

On a effectué une segmentation psychographique des consommateurs de saumon afin de déterminer quels ensembles sous-jacents d'opinions et de valeurs peuvent être déterminés en ce qui concerne l'orientation vis-à-vis des préoccupations relatives au saumon d'élevage, à l'environnement et à la santé. La segmentation a donné quatre groupes : les consommateurs pragmatiques (30 %), les consommateurs désintéressés (25 %), les consommateurs éthiques (23 %) et les consommateurs avertis (17 %). Chaque groupe se doit d'être analysé individuellement en détail du point de vue de l'industrie aquacole. Les consommateurs éthiques seront peut-être ceux les plus difficiles à joindre, mais il pourrait être très avantageux d'élaborer des messages visant particulièrement les consommateurs pragmatiques et avertis.

Entretiens avec des acheteurs de saumon

Environics a interrogé 23 acheteurs de saumon frais d'élevage. La majorité d'entre eux provenaient du long de la côte Ouest, certains venaient de la côte Est, et on a aussi communiqué avec des acheteurs canadiens. La majorité d'entre eux achètent des millions de livres de saumon par an et les vendent à des clients des services de restauration et à de grandes chaînes de supermarchés.

Facteurs ayant une incidence sur les décisions concernant l'achat de saumon

Divers facteurs sont pris en compte avant l'achat de saumon. Ceux-ci comprennent : la qualité (fraîcheur, couleur, consistance); le prix; la disponibilité et l'uniformité de l'approvisionnement; le service à la clientèle et la fidélité du vendeur.

Les bienfaits du saumon sur la santé, surtout la présence d'oméga-3, ont aussi été désignés en tant que facteurs importants ayant une incidence sur la demande de saumon après qu'on les ait mentionnés. Les considérations environnementales ont rarement été indiquées en premier dans ce contexte.

Opinions à l'égard du saumon sauvage et du saumon d'élevage

Les avantages du saumon d'élevage par rapport au saumon sauvage qui ont été mentionnés sont les suivants :

Les acheteurs ont eu plus de difficulté à trouver des inconvénients au saumon d'élevage. Voici ceux qui sont revenus le plus souvent :

Lorsqu'on a demandé aux acheteurs d'énumérer les avantages du saumon sauvage, ils ont surtout répondu :

Les inconvénients évidents du saumon sauvage se résument aux éléments suivants :

Pronostic du marché du saumon d'élevage

La majorité des acheteurs ont signalé que, au cours des dernières années, la proportion de saumon d'élevage qu'ils avaient acheté avait augmenté ou était demeurée au même niveau relativement élevé. Plusieurs raisons ont été données : le prix du saumon sauvage a augmenté, les consommateurs font de plus en plus attention au prix, le saumon sauvage est moins accessible puisque la saison a été raccourcie, et la majorité des acheteurs et des consommateurs s'habituent de plus en plus à la stabilité du prix et de l'approvisionnement du saumon d'élevage.

D'ailleurs, la majorité des acheteurs interrogés s'attendent à ce que le marché du saumon d'élevage prenne de l'expansion au cours des cinq prochaines années. Les raisons de cette croissance prévue sont les suivantes :

Une minorité d'acheteurs considèrent que le marché stagne ou recule, citant des préoccupations comme la récession, ce qui rend le saumon difficilement abordable (le poulet coûte beaucoup moins cher) dans le cadre de la concurrence pour le marché des protéines, et les problèmes potentiels d'approvisionnement, comme la crise d'anémie infectieuse du saumon (AIS) au Chili. Les acheteurs qui approvisionnent sur le marché haut de gamme et gastronomique voient venir une possible diminution de la demande. Certaines personnes estiment que la controverse environnementale peut ralentir la croissance, mais elle ne peut pas l'inverser.

Menaces pesant sur le marché du saumon

La menace la plus évidente pesant sur le marché du saumon d'élevage est que si le prix venait à monter en flèche, le produit ne serait plus compétitif. Une autre possibilité serait une menace pesant sur l'approvisionnement, comme l'épidémie d'AIS au Chili, ou d'autres problèmes avec les parasites de type Kudoa. Le facteur qui pourrait potentiellement surpasser tous les autres serait des crises quant à la salubrité du saumon et menaçant la santé humaine. Par exemple, si l'on venait à prouver définitivement que le saumon d'élevage a une forte teneur en BPC ou est cancérogène.

Questions des clients

Voici une liste de questions fréquemment posées par les clients à leurs acheteurs :

Sources de renseignements

Les vendeurs constituent la principale source de renseignements; les acheteurs révèlent entretenir des relations étroites avec leurs fournisseurs. « Salmon of the Americas », le National Fisheries Institute et la BCSFA sont aussi mentionnés. La majorité d'entre eux sont satisfaits des sources actuelles, mais se demandent si les consommateurs reçoivent aussi les renseignements. Une source centrale de renseignements (idéalement gouvernementale) permettrait d'informer les consommateurs et de promouvoir le saumon, mais l'information n'est pas la priorité des acheteurs.

Le saumon de la C.-B. comparé à d'autres sources de protéines

De nombreux acheteurs estiment que les différences entre le saumon d'élevage canadien et le saumon provenant d'autres pays comme le Chili, la Norvège et l'Écosse sont relativement mineures et que, dans la plupart des cas, il s'agit plutôt de la différence de réputation aux yeux des consommateurs plutôt que des différences tangibles et réelles. Le saumon canadien présente un avantage majeur pour les acheteurs : sa proximité géographique. Les acheteurs situés sur la côte Ouest en particulier considèrent que le saumon de la Colombie-Britannique est frais en raison de la plus courte distance à parcourir lors de son transport.

Les acheteurs estiment que la majorité des consommateurs ne font pas vraiment la différence lorsque le saumon provient de pays différents. Il est très rare que le client d'un acheteur lui demande précisément d'acheter du saumon provenant d'un pays en particulier.

Avantages concurrentiels du saumon de la Colombie-Britannique

Dans l'ensemble, les avantages concurrentiels du saumon d'élevage de la C.-B. peuvent se résumer aux éléments suivants :

Les principaux points négatifs du saumon de la C.-B. sont les suivants : a) il est associé aux parasites de type Kudoa; b) même si les enjeux environnementaux concernant l’élevage touchent les saumons d'élevage dans tous les pays, la controverse ne semble s'appliquer que pour la C.-B.

La majorité des acheteurs voient le saumon d'élevage qu'ils achètent comme étant du « saumon de la C.-B. », et non du « saumon canadien », et ils estiment qu'il vaut mieux le promouvoir de cette façon.

Durabilité

Lorsqu'on a demandé aux acheteurs comment ils définissaient la « durabilité » dans le contexte du saumon d'élevage, on a constaté une certaine divergence. La majorité des acheteurs considèrent que la durabilité est un symbole de gérance environnementale et d'une industrie bien gérée, tandis que d'autres considèrent qu'il s'agit d'une expression à la mode qui ne s'applique pas à cette industrie. Les gens ont l'impression que le saumon d'élevage est automatiquement « durable » puisqu'il est provient d'une exploitation et ne peut donc pas faire l'objet d'une surpêche. La crise d'AIS au Chili a sensibilisé les gens sur les conséquences de pratiques non durables, comme une densité trop élevée dans les enclos.

Les préoccupations concernent principalement les menaces hypothétiques pesant sur la santé humaine quant aux produits ajoutés à l'alimentation des poissons. Certaines inquiétudes sont liées aux déchets des exploitations aquacoles et à leurs répercussions sur les océans, et les évasions et les croisements entre saumons sauvages et d'élevage ont été cités en tant que menaces potentielles pesant sur le saumon sauvage. Le pou du poisson a rarement été mentionné.

Réaction aux controverses environnementales

Les acheteurs de saumon sont très peu sensibilisés aux campagnes ou aux publicités de groupes environnementaux concernant le saumon d'élevage. Ils ont tendance à considérer toute controverse sur l'élevage du saumon comme découlant d'une campagne médiatique plutôt que de campagnes concertées menées par une ONGE. Quelques personnes ont d'elles-mêmes mentionné David Suzuki, Living Oceans et le Comité de la sécurité maritime (CSM), d'autres ont dit qu'ils avaient entendu parler de la Coastal Alliance for Aquaculture Reform (CAAR) et du Monterey Bay Aquarium.

Le consensus auquel sont parvenus les acheteurs est que toutes les campagnes d'ONGE dirigées contre l'élevage du saumon ont eu peu de répercussions jusqu'à maintenant. Ils sont bien plus préoccupés par l'incidence des nouvelles histoires négatives qu'ils ont déjà vues par le passé. Cependant, lorsque ces histoires paraissent, elles ne font que diminuer la demande à très court terme et, comme le dit un acheteur : « Nous suivons la vague. »

Certification

Toute certification environnementale accordée par une tierce partie à un producteur de saumon en particulier serait saluée par les acheteurs. La majorité des acheteurs sont très enthousiastes à ce sujet et disent que ce serait formidable.

Conseil pour l'industrie salmonicole de la C.-B.

Conseil des acheteurs à l'égard de l'industrie salmonicole de la C.-B. :

CONCLUSIONS ET RECOMMENDATIONS

Il y a plusieurs conclusions à tirer de cette recherche, et qui mènent à des recommandations réalisables. Les principales conclusions s'énoncent comme suit :

Consommateurs

Acheteurs