Recherche scientifique sur le pou du poisson

Nouvelles méthodes de contrôle pour gérer le pou du poisson

Nouvelles méthodes de contrôle pour gérer le pou du poisson

La recherche scientifique est au cœur d'une industrie aquacole écologiquement durable. Les scientifiques et les chercheurs de Pêches et Océans Canada (MPO) s'emploient avec diligence à approfondir les connaissances sur le pou du poisson, ses relations avec les poissons et le milieu marin, ainsi que les méthodes et les traitements utilisés pour réduire sa présence à proximité des espèces sauvages et d'élevage. Certaines activités de recherche sont menées au sein du Ministère, mais d'autres sont le résultat de collaborations avec des chercheurs et des scientifiques d'universités canadiennes, d'autres ordres de gouvernement, de l'industrie et de partenaires internationaux.

Innovation

Les scientifiques et les chercheurs étudient des méthodes innovatrices, efficaces et respectueuses de l'environnement pour lutter contre le pou du poisson :

Des chercheurs étudient l'utilisation de pièges lumineux et de filtres biologiques pour surveiller et contrôler le pou du poisson dans un contexte commercial en vue d'évaluer l'efficacité de ces méthodes pour attirer le pou du poisson planctonique et adulte et l'éliminer du milieu d'élevage en cage.


La recherche sur la possible utilisation de tanches-tautogues, surnommées poissons-nettoyeurs, pour éliminer le pou du poisson dans les élevages de saumon de l'Atlantique pourrait aboutir sur une autre méthode de lutte contre le pou du poisson au Canada, notamment à Terre-Neuve.

Aquaculture multitrophique intégrée

Depuis janvier 2010, des chercheurs étudient, dans le cadre d'un projet qui se prolongera jusqu'en décembre 2014, les effets de l'agent thérapeutique SLICE® sur un ver (la néréide) courant dans les sédiments des fermes aquacoles de la baie de Fundy (Nouveau-Brunswick) qui utilisent ce produit chimique. Des études de toxicité en cours évaluent les effets aigus et chroniques de cet agent thérapeutique sur les néréides afin d'évaluer la faisabilité de la culture de ce ver en dessous des fermes salmonicoles pour « traiter » les solides organiques qui se déposent en dehors des fermes.


Les chercheurs examinent la capacité de certaines espèces de mollusques filtreurs, comme la moule bleue, l'huître creuse du Pacifique et le pétoncle japonais, à ingérer en laboratoire les nauplius ou les copépodes planctoniques du pou du poisson. Si on identifie une espèce douée de cette capacité, une expérience connexe sur le terrain sera effectuée pour déterminer si l'élevage de bivalves auprès d'exploitations salmonicoles pourrait réduire l'abondance du pou du poisson chez les saumons en cage.


Génomique du pou et du saumon

En Colombie-Britannique, une équipe de recherche multidisciplinaire a lancé le projet GiLS (Génomique du pou et du poisson) en 2008 avec quatre objectifs principaux :1) clarifier les réactions génétiques des saumons de l'Atlantique et du Pacifique au pou du poisson L. salmonis  grâce à la technologie des biopuces pour prédire les réactions des deux espèces de saumon; 2) découvrir les réactions génétiques du pou du poisson afin de développer des cibles efficaces de traitement du parasite; 3) confirmer et définir la population du pou du poisson L. salmonis  dans le Pacifique; 4) analyser l'utilisation des connaissances scientifiques pour mieux comprendre la controverse concernant le pou du poisson et le saumon, et y mettre fin.

  • Résumé de recherche, R et D en aquaculture au Canada (articles publiés en 2009 et 2011)

Traitements

Les pratiques efficaces concernant le choix d'emplacement et de gestion de fermes aquacoles de l'inlet Knight et de l'archipel Broughton reposent sur les renseignements suivants : les lieux où se trouvent des larves du pou du poisson, le rayon et la vitesse de propagation à partir des fermes qui servent de sources d'adultes et d'œufs, ainsi que la période pendant laquelle les larves demeurent présentes et infectieuses pendant les traitements ou les efforts de capture. (juin 2010 – mars 2011)


Entre juillet 2006 et mars 2007, on a mené des recherches en laboratoire et sur le terrain afin de combler les lacunes dans les connaissances sur les résidus de SLICE® chez le saumon dans des eaux à une température au-dessus de 5 °C (SLICE® est un agent thérapeutique contre le pou du poisson que l'on ajoute à la nourriture). Ces recherches visaient à atténuer les problèmes liés au délai d'attente de 68 jours imposé avant de pouvoir faire l'élevage du saumon traité (délai alors exigé lorsqu'on utilisait cet agent thérapeutique).


On a entrepris une évaluation en deux phases des concentrations de benzoate d'émamectine, matière active de SLICE®, dans les sédiments locaux et la colonne d'eau, ainsi que de ces effets sur les populations locales de crevette tachetée. La recherche sur le terrain et en laboratoire a eu recours à un large éventail de méthodes génomiques. On a également utilisé les concentrations mesurées de benzoate d'émamectine pour mettre à l'essai, calibrer et appliquer le modèle DEPOMOD afin de prédire l'évolution du BE dans les écosystèmes aquatiques pertinents dans le but de servir de base aux politiques futures visant à réglementer l'utilisation du SLICE®.

  • Résumé de recherche (phase I, phase II), R et D en aquaculture au Canada (article publié en 2011)

À l'aide d'un système de cage circulaire à l'échelle placé dans le plus gros bassin à canal laminaire du monde, des chercheurs ont étudié la vitesse de dilution et de dispersion des agents thérapeutiques et les conséquences pour les organismes non ciblés dans les bâches et les bateaux viviers. Les résultats ont montré la dilution et la dispersion rapides des agents thérapeutiques administrés par immersion dans les couches supérieures de la colonne d'eau qui représentait les différentes conditions de croissance du Canada atlantique, ce qui indique que les agents thérapeutiques ne devraient pas avoir d'incidence sur les organismes non ciblés du fond marin dans des conditions normales de traitement.

  • R et D en aquaculture au Canada (article publié en 2011)

On fait le suivi du transport et de la dispersion des effluents issus des traitements en bassins et en bateaux viviers dans des exploitations comportant de multiples cages à l'aide d'un colorant fluorescent pour estimer le degré d'exposition du milieu marin, et notamment de la zone benthique, et étudier les effets de cette exposition.


Les effets potentiels des bains de traitement contre le pou du saumon d'élevage sur des organismes non ciblés font l'objet d'une étude au Nouveau-Brunswick. Des chercheurs se pencheront sur les effets de l'AlphaMax® et du Salmosan® (produits utilisés contre les poux du poisson sur les saumons d'élevage) sur des homards et des crevettes de sable adultes et larvaires dans le but de mieux comprendre la réaction des homards adultes à de courtes expositions, à répétition, à l'AlphaMax®, ainsi qu'à de longues expositions à de faibles concentrations du pesticide. Dans le cadre des études de dispersion de colorant, des échantillons d'eau seront recueillis pour tester la toxicité chez les crustacés. Comme suite à ce projet, on utilisera des biomarqueurs de stress oxydatif afin d'évaluer les impacts sublétaux et cumulatifs des traitements pour le pou du poisson (AlphaMax® and Salmosan®) sur ces organismes non ciblés. Les résultats de ces travaux pourraient servir à guider l'élaboration d'un plan intégré de lutte antiparasitaire pour l'industrie salmonicole.


Un projet de recherche analyse les effets cumulatifs des traitements contre le pou du poisson (AlphaMax® [deltaméthrine] et Salmosan® [azaméthiphos]) sur des organismes non ciblés comme les crevettes et les homards. L'étude évaluera le taux de bioaccumulation ainsi que la persistance de ces produits chimiques dans le tissu des crevettes et des homards. De nouvelles technologies permettent aux chercheurs de prélever des sections très minces (cryosections) d'un animal entier afin d'étudier la bioaccumulation et tout éventuel impact à l'échelle cellulaire.

Pou du poisson chez le saumon sauvage

Une équipe de recherche multidisciplinaire étudie la possibilité que le pou du poisson soit un vecteur d'agents pathogènes bactériens ou viraux chez les saumons hôtes. L'étude comprend un examen génétique de la réaction immunitaire du saumon au comportement alimentaire parasitique du pou du poisson pour déterminer si ce comportement est à l'origine des petites zones bien délimitées où la réaction immunitaire est faible et qui pourraient servir de voie d'entrée aux agents pathogènes.

  • R et D en aquaculture au Canada (article publié en 2011)

Les partenaires de recherche du Broughton Archipelago Monitoring Plan tentent de faire progresser les connaissances sur les niveaux de pou de poisson chez les saumons roses et kétas juvéniles sauvages et sur les interactions entre le pou du poisson, le saumon sauvage et le saumon d'élevage dans une zone géographique plus vaste. Les participants au plan s'emploient aussi à évaluer l'efficacité de différentes approches de gestion des fermes salmonicoles afin de réduire les possibilités que le pou du poisson du saumon d'élevage infecte les saumons roses et kétas juvéniles.


En 2007 et 2008, des chercheurs ont étudié l'état général de santé des saumons roses juvéniles pendant la dévalaison dans l'archipel Broughton. Ils ont examiné l'état physiologique des poissons ainsi que la présence de pou du poisson, d'autres parasites, de bactéries, de virus et de lésions microscopiques. Les résultats semblent indiquer que le coefficient de condition n'était pas sensiblement associé au pou du poisson.

  • R et D en aquaculture au Canada (article publié en 2009)

Des études ont porté sur la modélisation de la dispersion du pou du poisson et des taux de rencontre avec les saumons du Pacifique juvéniles durant leur séjour précoce en eau salée et leur migration dans l'archipel Broughton et les îles Discovery.

  • Résumé de recherche (projet 1, projet 2), R et D en aquaculture au Canada (article publié en 2011)

La prévalence et l'abondance du pou du poisson chez les jeunes saumons roses et kétas sauvages auraient diminué entre 2003 et 2008 selon le MPO, qui assure la surveillance du pou du poisson.

  • R et D en aquaculture au Canada (article publié en 2009)

Les recherches menées entre 2007 et 2008 indiquent que les saumons roses juvéniles doivent atteindre un poids critique de 0,7 g pour être en mesure de résister au pou du poisson.


Pour mieux comprendre la sensibilité du saumon du Pacifique juvénile au pou du poisson, des chercheurs ont testé deux hypothèses qui voudraient que les juvéniles du saumon rose et du saumon kéta soient pareillement sensibles à l’infestation par le pou du poisson L. salmonis  et qu'un régime alimentaire pauvre en éléments nutritifs soit à l’origine des cas d’infestation grave de L. salmonis . Les résultats obtenus indiquent notamment que les saumons roses juvéniles en bonne santé montraient une résistance innée relativement forte à l’infestation par cette espèce de pou du poisson.

  • Les autres résultats sont décrits dans l'article de R et D en aquaculture au Canada de 2007.
  • Recherche connexe : comparaison de la sensibilité au pou du poisson chez les saumons roses et kétas juvéniles par rapport à celle des juvéniles de saumon de l'Atlantique d'élevage (R et D en aquaculture au Canada de 2007).

Un projet de recherche pluriannuel examine, en laboratoire, les effets d'une infestation simple ou répétée par le pou du poisson (Lepeophtheirus salmonis) sur la santé des jeunes saumons du Pacifique. Des chercheurs se penchent sur la sensibilité au pou du poisson et le niveau d'infestation mortel chez les jeunes saumons rouges, coho et kéta, ainsi que sur leurs réactions immunitaires.


On a estimé l'abondance de juvéniles de saumon rose et de saumon kéta dans l’archipel de Broughton en juillet 2006 en vue d’établir si la zone autour des exploitations salmonicoles servait d'aire de croissance ou de couloir de migration. L'étude visait également à déterminer l'état de santé des juvéniles élevés dans l'archipel pendant cette période.

  • R et D en aquaculture au Canada (article publié en 2007)

Il est nécessaire de comprendre comment les infestations de poux du poisson se développent chez les salmonidés juvéniles après leur entrée dans l'eau de mer et de connaître le moment où elles se produisent pour pouvoir analyser le rôle éventuel des exploitations salmonicoles comme sources de pou du poisson ou d'autres pathogènes dans les infections touchant les saumons sauvages juvéniles. De 2012 à 2013, des chercheurs examineront le développement des infestations de pou du poisson chez les saumons roses et kétas juvéniles ainsi que chez des hôtes autres que les salmonidés dans les détroits de Georgie et de Johnstone. Les niveaux de poux du poisson seront surveillés de l'entrée en eau de mer jusqu'à ce que le poisson entre dans le détroit de la Reine-Charlotte.


Entre août 2004 et mai 2006, on a mené des recherches afin d'identifier les sources et les cycles de la production normale de L. salmonis  dans l'océan Pacifique afin d'établir un rapport avec les cycles de développement du pou du poisson dans les élevages de saumon en parcs en filet et de faciliter la lutte efficace contre le parasite. Une étude complémentaire effectuée entre mai 2005 et juin 2007 visait à surveiller le développement du pou du poisson sur l'épinoche et d'autres hôtes potentiels pendant les deux mois avant et pendant l'entrée dans l'océan des saumons roses et kétas.

Examen et dénombrement des poux de mer présents sur un saumon du Pacifique capturé à la traîne dans le détroit de la Reine-Charlotte.

Examen et dénombrement des poux de mer présents sur un saumon du Pacifique capturé à la traîne dans le détroit de la Reine-Charlotte.

Examen et dénombrement des poux de mer présents sur les saumons de l'Atlantique pêchés à la ligne dans une exploitation salmonicole en parcs en filet.

Examen et dénombrement des poux de mer présents sur les saumons de l'Atlantique pêchés à la ligne dans une exploitation salmonicole en parcs en filet.

Technologies de recherche

Entre décembre 2007 et 2009, on a étudié la faisabilité d'utiliser la technique écossaise des cages sentinelles pour mieux quantifier l'abondance des larves planctoniques du pou du poisson L. salmonis dans l'archipel Broughton durant les mois d'hiver (en particulier durant les semaines et mois précédant la migration des juvéniles du saumon rose et du saumon kéta vers la haute mer).

La modélisation à l'appui de la lutte contre le pou du poisson

Les programmes de recherche sur le terrain et les modèles numériques de la circulation de l'eau développés grâce à la recherche par Pêches et Océans Canada ont permis de mieux comprendre la circulation dans la région de Broughton en Colombie-Britannique. Les chercheurs ont utilisé un logiciel de suivi des particules et les courants du modèle numérique pour simuler les déplacements des agents pathogènes, des efflorescences d'algues toxiques et des stades larvaires du pou du poisson à partir de divers points d'origine. À l'aide de ces modèles, les chercheurs ont étudié le cycle vital du pou du poisson.

  • Résumé de recherche (projet 1, projet 2), R et D en aquaculture au Canada (article publié en 2007)
  • Résumé de recherche – Validation du modèle numérique de la distribution spatiale des stades planctoniques du pou du poisson

On a développé deux modèles informatiques pour l'archipel Broughton afin d'estimer les concentrations des copépodites pour la période allant de 2009 à 2013. Le premier est un modèle tridimensionnel capable de simuler les champs de vitesse, de salinité et de température et le deuxième, un modèle couplé de la dispersion, du développement et du comportement du pou du poisson.

  • Résumé de recherche (projet 1, projet 2), R et D en aquaculture au Canada (articles publiés en 2009 et 2011)
  • Fiche technique : Modélisation à l'appui d'un plan de gestion coordonnée du pou du poisson dans les zones de production aquicole de la Colombie-Britannique

Dès 2012, on élabore un modèle prédictif de la distribution des poux du poisson provenant des exploitations aquacoles dans le but d'estimer le nombre de rencontres des saumons en migration de sortie avec des poux du poisson.


Initiatives et information connexes