Élaboration de stratégies de lutte contre la propagation de Styela clava à l'Î.-P.-É - une étude épidémiologique d'usines de transformation

MG-05-01-004

Description

L'ascidie plissée, Styela clava, une espèce aquatique envahissante, a été décelée pour la première fois dans les eaux de l'Île-du-Prince-Édouard en 1998, fixée à des moules cultivées (Mytilus edulis). Ce tunicier a eu un effet dévastateur pour l'industrie de la mytiliculture dans les rivières Murray et Brudenell, car il se fixe en grand nombre sur les boudins de moule et l'équipement mytilicole, disputant la nourriture aux moules et salissant l'équipement. Cette infestation a grandement nui à la production de moules, et le seul poids des tuniciers pose des problèmes pour la culture. Le parasite a récemment été découvert dans la rivière Cardigan et la baie de Malpèque, ce qui pourrait avoir un effet dévastateur sur la durabilité de toute l'industrie de la mytiliculture à l'Î.-P.-É. s'il s'établit dans ces secteurs mytilicoles ou ailleurs. Les fortes infestations donnent lieu à de nombreux problèmes : plus de matériel (bouées, etc.) est requis pour la production, les coûts de la main-d'œuvre augmentent à cause des blessures, l'entretien des fermes requiert plus de travailleurs et les coûts de traitement des moules, qu'il faut décrasser pour empêcher la propagation de ce parasite dans les secteurs vierges, grimpent. Dans certains cas, les boudins de moules sont dégarnis, habituellement à cause de la chute de moules et/ou de leur mort due au poids des tuniciers. Depuis l'introduction de S. clava dans les eaux de la province, trois autres espèces exotiques de tuniciers y ont été trouvées sur des moules cultivées.

Plusieurs mesures préventives ont été adoptées pour réduire la propagation de l'ascidie plissée, notamment des restrictions sur les déplacements de coquillages provenant de secteurs infestés, ce qui a causé des problèmes économiques additionnels aux mytiliculteurs des secteurs infestés. La plupart de ces restrictions s'appuient sur des preuves scientifiques, mais certaines ont été mises en place à titre de mesures préventives sans justification scientifique. Dans ces cas, les mytiliculteurs s'inquiètent que rien n'indique que les restrictions en vigueur préviendront la propagation de S. clava et sont d'avis que les problèmes économiques connexes ne sont pas justifiés.

La propagation de l'ascidie plissée résultant des activités menées après la récolte, principalement associées au traitement de boudins infestés dans les secteurs non infestés, inquiète grandement les mytiliculteurs. Les restrictions appliquées aux usines de traitement ont été mises en place pour pratiquement éliminer toute possibilité d'introduction de S. clava dans les eaux non infestées, bien que le risque d'introduction par le biais d'activités de traitement n'ait jamais été évalué sous tous les angles. Il est urgent de comprendre le risque de dispersion des espèces aquatiques envahissantes (EAI) par le biais des installations de traitement afin d'éviter toute propagation ultérieure ou la mise en place de restrictions excessives qui auront des répercussions économiques. Les usines de traitement sont considérées comme un important vecteur d'EAI. Mais elles sont des composantes essentielles des industries de la pêche et de l'aquaculture. L'importation de produits (y compris les auto-stoppeurs) constitue le principal risque attribué aux activités industrielles. Les activités de traitement peuvent également accélérer la dispersion des EAI établies. Les niveaux de pression de propagation générés par ces usines n'ont cependant pas été bien documentés. Il est concevable que, dans ces usines, la pression de propagation varie considérablement par rapport aux caractéristiques de l'environnement, des méthodes culturales et d'infestation.

Le premier objectif de l'étude est d'évaluer le risque de dispersion de S. clava associé aux pratiques culturales et aux conditions dans les usines de traitement des moules. Les étapes de traitement présentant un risque élevé d'introduction de S. clava dans des secteurs non touchés seront identifiées, et le cheminement et la condition de S. clava dans les usines seront évalués et documentés. Certaines des méthodes de traitement peuvent causer l'écrasement ou le déchiquetage des tuniciers. La rupture des gonades suffit à libérer les gamètes, qui pourraient se retrouver dans les plans d'eau récepteurs des eaux usées. La quantité d'œufs et de larves libérés à chacune des étapes de traitement identifiées sera évaluée; les paramètres environnementaux à chacune de ces étapes seront également quantifiés, notamment la température, la salinité, la photopériode, la teneur en oxygène, la teneur en ammoniac, le pH et la turbidité.

Le deuxième objectif de l'étude est d'élaborer des stratégies de lutte pour minimiser le potentiel de libération de gamètes. Des essais seront menés en laboratoire pour évaluer l'impact des paramètres de l'eau (température, salinité, etc.) dans les usines de traitement sur la viabilité des premiers stades du cycle de vie de l'ascidie plissée. À cette fin, des simulations en laboratoire des conditions trouvées aux diverses étapes de traitement dans les usines seront faites. L'effet d'agents stressants et de la photopériode (dans les usines) sur la reproduction du tunicier sera également évalué. En dernier lieu, les résultats de ces travaux seront évalués dans une situation de traitement de moules pour valider l'efficacité de ces stratégies.

Nom du programme

Programme coopératif de recherche et développement en aquaculture (PCRDA)

Année

2005 - 2008

Écorégion

Atlantique : Golfe et estuaire du Saint-Laurent

Chercheur principal / Chercheurs principaux / Chercheuse principale / Chercheuses principales

Daniel Bourque
Courriel: Daniel.Bourque@dfo-mpo.gc.ca