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Effet socio-économique de l’aquaculture au Canada


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SOMMAIRE

Aperçu

La présente étude vise à estimer l’effet économique de l’aquaculture au Canada, en particulier l’effet au niveau communautaire et régional dans les principales zones de production. Elle vise également à examiner les défis auxquels l’industrie fait face pour atteindre son potentiel de production.

L’aquaculture commerciale au Canada a vu le jour dans les années 1950 lorsque l’élevage de la truite a débuté en Ontario, en Colombie-Britannique et au Québec et la culture des huîtres, au Nouveau-Brunswick, en Colombie-Britannique et à l’Île-du-Prince-Édouard. L’industrie a pris son envol suite au succès du développement de la salmoniculture. Les premières tentatives d’élevage commercial du saumon au Canada ont été effectuées au début des années 1970 en Colombie-Britannique. Des travaux de développement de la salmoniculture ont été entrepris au milieu des années 1970 au Nouveau‑Brunswick et en Nouvelle‑Écosse. Une industrie de la culture des moules bleues a vu le jour sur la côte Est durant les années 1970 puis a rapidement pris de l’expansion à l’Île-du-Prince-Édouard durant les années 1990. Aujourd’hui, la moule bleue se classe au premier rang des coquillages cultivés, en poids et en valeur.

Aujourd’hui, l’aquaculture est pratiquée dans les dix provinces et au Yukon. La production de saumon atlantique, de saumon quinnat, de truite, d’omble chevalier, de moules bleues et d’huîtres est bien établie. L’élevage de plusieurs autres espèces, notamment le flétan, l’esturgeon, le tilapia, la morue charbonnière et le pétoncle est à divers stades de développement.

Production

La production de l’aquaculture au Canada a plus que quadruplé entre 1990 et 2006. Elle est passée de 40 000 à 170 000 t (en tonnes équivalentes de poids brut), alors que la valeur à la ferme est passée de 195 $ à un peu plus de 900 millions de dollars (figure S-1). La baisse de la valeur de la production en 2008, qui se situait aux alentours de 740 millions de dollars, était due à la faiblesse des prix et à un recul de la production sur la côte Est attribuable aux modifications du système de gestion par baie.

Figure S-1

Figure S-1 : La production de l’aquaculture Canada, 1990-2008

La quantité et la valeur de la production nationale est divisée environ également entre les côtes du Pacifique et de l’Atlantique, bien que la Colombie-Britannique vient en tête de toutes les autres provinces, pesant typiquement pour 50 % environ de la valeur totale de la production contre 25 à 30 % pour le Nouveau-Brunswick. La figure S-2 illustre la ventilation de la valeur de la production par province et la figure S-3, de la quantité produite (en tonnes) selon l’espèce.

Figure S-2 / Figure S-3

Figure S-2 : La valeur de la production par province, 2008 / Figure S-3 : La quantité produite selon l’espèce, 2008

La valeur de la production de l’industrie canadienne de l’aquaculture en 2007 est estimée à un peu plus de 1,0 milliard de dollars (tableau S-1). Cette somme représente la valeur totale des produits finaux vendus sur le marché de gros par les entreprises aquacoles canadiennes. La valeur du produit final est la somme de la valeur à la ferme et de la valeur ajoutée par transformation primaire (p. ex. habillage et filetage dans le cas du saumon et de la truite, et lavage et classement dans le cas des huîtres et des moules). De nombreux pisciculteurs sont pleinement intégrés et effectuent toutes les opérations, du grossissement à la transformation. Plusieurs conchyliculteurs traitent leurs propres produits et traitent aussi les produits d’autres producteurs.

Tableau S-1
Valeur du produit final de l’aquaculture (en milliers de dollars)

  Poissons Coquillages Total
Colombie-Britannique 522 600 37 100 559 700
Ontario 17 000 - 17 000
Québec 12 700 1 000 13 700
Nouveau-Brunswick 272 900 7 000 279 000
Nouvelle-Écosse 43 000 10 000 53 000
Île-du-Prince-Édouard 1 900 56 000 57 900
Terre-Neuve-et-Labrador 38 800 5 600 44 400
Total 908 900 116 700 1 025 600

Effet économique

Trois indicateurs clés sont utilisés pour mesurer l’effet économique : le PIB, l’emploi et le revenu. L’effet est mesuré à trois niveaux : effet direct, effet indirect et effet secondaire. L’effet direct saisit l’incidence de l’industrie de l’aquaculture même (écloseries, grossissement et transformation); l’effet indirect, l’incidence sur les entreprises qui fournissent des biens et services au secteur; et l’effet secondaire, l’incidence de la dépense du revenu gagné par les personnes employées dans des activités directes et indirectes.

L’effet économique se produit lorsque les dépenses engagées par l’industrie exercent leur plein effet sur l’économie. Les frais d’achat d’intrants par une entreprise aquacole deviennent le revenu de nombreuses autres entreprises qui, en retour, dépensent leurs intrants pour acheter les biens et services qu’elles produisent, et ainsi de suite. La somme de ces rondes de dépense reflète la valeur brute de l’activité économique. Cette activité se produit dans la province où l’aquaculture a lieu, ainsi que dans les autres provinces où les entreprises de biens et services sont situées. La valeur brute de l’aquaculture au Canada en 2007 s’élevait à 2,1 milliards de dollars.

Les données sur la valeur brute de la production aquacole illustrent dans quelle mesure l’aquaculture pratiquée dans une province est importante pour celle‑ci et toutes les autres provinces. La lecture horizontale des données du tableau S-2 situe l’activité économique déclenchée d’un bout à l’autre du Canada par la production aquacole dans chaque province et la lecture verticale, l’activité totale dans chaque province déclenchée par sa propre industrie et les industries dans les autres provinces.

  • L’aquaculture pousse des ramifications très longues au Canada. Bien que la plus grande partie de l’activité déclenchée par l’aquaculture a lieu dans la province de production (illustrée par la ligne diagonale des cellules dans le tableau S-2), les entreprises de biens et services de chaque province bénéficient, au moins en partie, de l’activité aquacole menée dans les autres provinces.
  • L’aquaculture a de solides liens intra-provinciaux. La valeur en dollars du niveau d’activité économique déclenchée par l’aquaculture dans chaque province se chiffre au double environ de la valeur de la production aquacole dans cette province. Par exemple, la production aquacole au Nouveau-Brunswick valait 279,9 millions de dollars en 2007 et a déclenché une activité économique totale d’une valeur de 588,3 millions à l’échelle du Canada.

Tableau S-2
Valeur brute de la production par province (k$)

Valeur de la production de l’aquaculture (k$)
C.-B. N.-B. N.-É. T.-N. Î.-P.-É. Ont. Qc Autres Total
C.-B. 559 700 946 129 1 650 1 710 864 182 69 915 67 343 134 006 1 221 799
N.-B. 279 900 11 388 400 038 47 429 7 058 5 745 51 367 45 817 19 414 588 256
N.-É. 53 000 688 6 485 79 587 855 496 10 120 4 085 2 902 105 218
T.-N. 44 400 444 2 329 5 418 65 791 288 7 448 2 539 3 442 87 699
Î.-P.-É. 57 900 374 4 229 1 931 427 70 633 3 281 1 394 839 83 108
Ont. 17 000 1 073 76 183 81 26 26 372 1 583 1 269 30 662
Qc 13 700 337 204 163 144 27 1 137 19 623 892 22 526
  Total 960 432 415 012 136 420 75 220 77 399 169 639 142 384 162 764 2 139 270

Source : Modèle interprovincial des entrées-sorties de 2005, Statistique Canada.

Au total, l’industrie de l’aquaculture a contribué un peu plus de 1,0 milliard de dollars au PIB du Canada en 2007, soit un peu plus de 320 millions de dollars en effets directs sur le PIB et 685 millions environ en effets d’entraînement. Elle a créé un nombre estimatif de 14 500 équivalents à temps plein d’emploi, bien que l’effet global sur l’emploi était plus élevé en raison du caractère saisonnier de certaines activités. Le total du revenu du travail est estimé à un peu plus de 500 millions de dollars. Le tableau S-3 est une ventilation des effets au niveau national et selon les provinces. Les effets au niveau provincial ne saisissent que les effets des activités ayant lieu dans les limites de chaque province. Les effets indirects et secondaires au niveau national incluent les effets d’entraînement dans d’autres provinces.

Tableau S-3
Effet de l’aquaculture au Canada

Valeur de la production
1 025 6 M$
T.-N.-L. N.-É. Î.-P.-É. N.-B. Qc Ont. C.-B. Canada
PIB (k$)
Effet direct 20 000 22 800 42 800 69 100 8 200 7 480 151 100 321 480
Effet indirect 8 400 10 600 6 400 47 200 2 500 4 080 167 900 450 400
Effet secondaire 6 200 8 500 10 400 30 800 3 700 4 250 106 300 233 300
Total 34 600 41 900 59 600 147 100 14 400 15 810 425 300 1 005 180
Emploi (ETP)
Effet direct 215 380 790 1 100 80 110 2 220 4 895
Effet indirect 120 170 125 790 35 55 2 330 6 400
Effet secondaire 70 120 250 530 45 51 1 410 3 200
Total 405 670 1 165 2 420 160 216 5 960 14 495
Revenu (k$)
Effet direct 6 200 12 200 22 000 32 700 2 600 2 720 78 400 156 820
Effet indirect 4 900 6 400 2 900 28 300 1 200 2 040 95 100 241 200
Effet secondaire 2 200 4 800 6 400 16 800 1 230 1 530 50 400 107 900
Total 13 300 23 400 31 300 77 800 5 030 6 290 223 900 505 920

Nota : Les effets provinciaux saisissent seulement les effets des activités ayant lieu dans les limites de la province. Les effets nationaux indirects et secondaires incluent les effets débordant d’une province à l’autre.

Effet communautaire

Campbell River et Comox (région de Comox-Strathcona), Colombie-Britannique

En raison du déclin de la foresterie et des pêches commerciales dans le nord de l’île de Vancouver, la salmoniculture et la conchyliculture occupent une place de plus en plus importante dans l’économie de la région.

  • Les principales entreprises salmonicoles sont basées à Campbell River, tout comme nombre des entreprises qui leur fournissent biens et services, notamment la transformation du poisson, des filets et leur entretien, le transport, l’emballage, des contenants, des services de plongeurs, de la machinerie et de l’équipement.
  • Plus de 200 entreprises du nord de l’île de Vancouver fournissent des biens et services à l’industrie. Nombre de celles-ci sont entièrement dépendantes de l’industrie de la salmoniculture.
  • Des dépenses totales de of 382 millions de dollars engagées par l’industrie en 2007, 290 millions environ l’ont été dans la zone de rayonnement.
  • Nombre des personnes qui travaillent dans les fermes le long de la côte vivent à Campbell River ou dans les collectivités voisines.
  • La conchyliculture est centrée au sud de Comox, dans le détroit de Baynes et la région de l’inlet Okeover de l’île Cortes.
  • La salmoniculture et la conchyliculture contribuent 10 % environ de l’emploi et du revenu dans la zone de rayonnement (région de Comox-Strathcona).
Comté de Charlotte, Nouveau-Brunswick

L’aquaculture a transformé le comté de Charlotte d’une région de chômage élevé et de revenus faibles en une région de prospérité relative dans la province.

  • Toutes les entreprises de production aquacole ont leur siège social à St. George, tout comme nombre des entreprises leur fournissant biens et services, y compris filets et entretien, transformation, transport, conditionnement, machines et équipement.
  • Quelque 100 entreprises fournissent des biens et services à l’industrie. Nombre de ces entreprises dépendent entièrement de la salmoniculture.
  • Des dépenses totales de 205 millions de dollars engagées par l’industrie en 2007, environ 150 millions ont été consacrés à l’achat d’intrants directs et indirects dans la zone de rayonnement.
  • La salmoniculture compte pour environ 16 % des emplois dans le comté et 26 % des revenus d’emploi.

Secteurs nord et est de l’Île-du-Prince-Édouard

L’aquaculture contribue à l’économie de la zone de rayonnement de plusieurs façons, notamment :

  • elle constitue une source de revenus et d’emplois à longueur d’année dans une région qui a traditionnellement connu peu d’autres emplois de substitution à l’agriculture et à la pêche, des activités saisonnières;
  • elle est une activité largement distribuée sur le plan géographique et accessible à ceux qui préfèrent vivre à la campagne;
  • elle crée (plutôt que circule) la richesse dans le sens qu’elle dépend presque exclusivement des marchés d’exportation pour ses revenus;
  • des dépenses totales de 27,0 millions de dollars engagées par l’industrie en 2007, environ 24,0 millions ont été consacrés à l’achat d’intrants directs et indirects dans la zone de rayonnement;
  • l’aquaculture compte pour environ 10 % des emplois et des revenus dans la zone de rayonnement.

Île Manitoulin, Ontario

La truiticulture constitue une importante source de diversification économique pour l’île Manitoulin. Le taux de chômage relativement élevé dans l’île reflète les défis auxquels les collectivités rurales font face pour générer des avenues de développement économique. L’utilisation productive de ressources locales pour gagner un revenu en « exportant » des produits contribue à la base de l’économie locale. Des dépenses totales de 8,7 millions de dollars engagées par l’industrie en 2007, 5,1 millions environ l’ont été dans la zone de rayonnement. L’aquaculture compte pour 1 % environ des emplois et des revenus dans la région.

Possibilités et défis

Colombie-Britannique

Il y a des possibilités de croissance de la production salmonicole en Colombie-Britannique, mais les représentants de l’industrie indiquent que, au mieux, cette croissance peut se chiffrer à 10 % environ au dessus des niveaux actuels (70-75 000 t/an). La productivité des sites est considérée comme un facteur limitant. Bien que le ministère de l’Environnement ait délivré des permis pour quelque 130 sites, de 30 à 40 de ceux ci ne sont pas exploités à cause de leur faible productivité. L’atteinte d’un niveau de croissance de 10 % dépend de l’accès à des sites plus exposés de productivité plus élevée.

Plusieurs facteurs entravent la capacité de croissance de l’industrie et de renforcement de sa position sur les marchés. Le lent processus de réglementation s’inscrit parmi ces facteurs. L’approbation de nouveaux sites et les modifications des baux existants exigent beaucoup de temps, ce qui laisse l’industrie aux prises avec un trop grand nombre de petits sites non productifs et de coûts d’exploitation élevés. Un mauvais contrat social découlant de la conviction du public que la salmoniculture est responsable des dommages causés aux stocks sauvages contribue sans aucun doute à la lenteur des approbations réglementaires. Il faut également tenir compte du devoir de consulter des provinces et de l’accommodement des intérêts dans les droits et titres des Premières nations dans le calendrier de décisions.

Les études indiquent que l’industrie de la conchyliculture a des possibilités considérables de croissance par l’entremise d’augmentations de la productivité, vu le potentiel de marché et les espaces maritimes adéquats. Mais l’industrie s’est lentement développée au cours de la dernière décennie et fait face à plusieurs défis pour atteindre son potentiel. L’industrie étant composée de petites unités de production, elle ne dispose pas des ressources financières requises pour l’innovation technologique, ce qui résulte en une faible productivité, de faibles marges et la difficulté d’attirer des travailleurs et de les fidéliser. Il faut également réagir aux préoccupations d’ordre environnemental et esthétique que soulève chez le public l’expansion de l’industrie. L’éducation publique, l’innovation, les consultations menées auprès des Premières nations (comme dans le cas du poisson), l’absence d’écloseries et les limites éventuelles au niveau de l’accès à l’ensemencement constituent la solution à ces problèmes.

Provinces de l’Atlantique

Il existe des possibilités d’accroissement de la production salmonicole dans les provinces de l’Atlantique. Le système de gestion par baie introduit au Nouveau-Brunswick en 2006 a entraîné une réduction du nombre de sites actifs dans une année donnée. La capacité de production annuelle dans des conditions favorables est estimée à 45 000 t d’une charge de 11 millions de smolts. L’industrie ensemence de 7 à 8 millions de smolts par an à l’heure actuelle; la production se situe aux alentours de 35 000 t. Il existe des possibilités d’expansion en Nouvelle-Écosse, quoique les conditions biophysiques (risque de surrefroidissement) et l’opposition du public limitent le développement de sites potentiels. Il existe aussi des possibilités d’expansion dans la région de la baie d’Espoir, à Terre-Neuve-et-Labrador, mais aucune estimation ferme du potentiel de production n’est disponible.

L’industrie est actuellement bien positionnée pour tirer profit de possibilités de croissance. Elle est située à proximité des marchés canadiens et américains, et jouit à l’heure actuelle de prix à la hausse sur ceux‑ci. L’industrie est également structurée de sorte à pouvoir croître grâce à la fusion des quelque 40 entreprises actives au milieu des années 1990 qui s’est soldée par quatre entreprises principales. Elle jouit également d’un bon contrat social dans la plupart des régions, ce qui contribue à un climat d’investissement positif.

D’après des estimations de la capacité biophysique, l’industrie de la conchyliculture a des possibilités de croissance à Terre-Neuve-et-Labrador, en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick mais un potentiel de croissance limité à l’Île-du-Prince-Édouard. Et bien que l’industrie jouisse d’une bonne position sur les marchés canadiens et américains, leur développement ne se produit pas à la même cadence que la capacité de production de l’industrie. Par conséquent, l’industrie a été aux prises avec des prix faibles et de petites marges.

L’industrie de la région de l’Atlantique se compose de nombreuses petites fermes familiales et de quelques grandes entreprises qui traitent leurs propres produits. Bien que ce soit un bon modèle de développement rural, il contribue aussi à la faiblesse générale de l’industrie. Comme cette dernière est constituée de petites unités de production, elle est caractérisée par une faible productivité, une innovation technologique limitée, une forte concurrence pour une part de marché et, en bout de ligne, de faibles marges. Les possibilités d’amélioration du rendement semblent reposer sur le développement de marchés et de l’adoption, par l’industrie, d’une approche de marketing plus coordonnée.

Ontario

L’industrie prend appui sur l’accès à des sites offrant d’excellentes conditions biophysiques et la proximité à un marché vaste dans le sud de l’Ontario. Elle est également étayée par de nombreuses entreprises fournissant des biens et services essentiels.

Bien qu’il existe d’amples possibilités d’expansion vu l’espace adéquat offrant de bonnes conditions de croissance, l’industrie ne considère pas le régime de réglementation comme lui étant favorable. En outre, les propriétaires fonciers et les propriétaires de chalet s’opposent à l’implantation de l’industrie dans leur voisinage, certains à cause de considérations d’ordre esthétique et d’autres, de craintes de dommages à l’environnement. La crainte dans l’industrie est que, à moins qu’il y ait expansion, l’intérêt des aquaculteurs existants qui se sont démenés pour développer l’industrie pourrait décliner. Il serait donc difficile de soutenir les entreprises jusqu’à une deuxième génération, ce qui ferait qu’il serait impossible d’attirer de nouveaux aquaculteurs.

1. INTRODUCTION

1. Justification de l’étude

Au Canada, l’aquaculture génère des revenus à la ferme de 800 à 900 millions de dollars.[1] Elle crée des milliers d’emplois directs et un nombre encore plus élevé dans les industries y ayant des liens étroits en aval et en amont. L’aquaculture est pratiquée à divers degrés à l’échelle du Canada; l’activité est concentrée en Colombie-Britannique et dans les provinces de l’Atlantique.

L’industrie a connu une croissance remarquable au cours des 20 dernières années : la production totale a plus que quadruplé. L’intérêt dans les espèces qui sont aujourd’hui les principales mises en élevage – le saumon, les moules, la truite et les huîtres – a vu le jour dans les années 1970. Les premières années ont été marquées par des travaux considérables de recherche et développement visant à identifier les meilleures souches et à comprendre les conditions d’habitat donnant une croissance optimale. L’industrie – en particulier la salmoniculture et la mytiliculture – a commencé à prendre de l’essor à la fin des années 1980.[2]

La disponibilité de nouveaux sites, d’importants investissements dans la capacité, de meilleures techniques de production et la capacité de l’industrie de se disputer la faveur du consommateur dans les marchés internationaux, où la demande a aussi considérablement augmenté, sont à l’origine de l’essor de l’industrie.

Ce que les chiffres de production ne révèlent pas est l’importante contribution économique et socio-économique de l’industrie au micro‑niveau – au niveau des collectivités côtières et rurales où l’aquaculture a effectivement lieu. Dans ces collectivités, l’aquaculture génère des milliers d’emplois et des millions de dollars en revenus de manière directe aux sites d’élevage et de manière indirecte par le biais de liens en amont aux fournisseurs d’équipement, d’aliments pour poissons et de services et de liens en aval à des transformateurs et à des commerçants. Dans de nombreux cas, ces collectivités sont situées dans des régions isolées où les avenues de développement économique ont tendance à être limitées.

Plusieurs analyses de l’économie et des retombées économiques estimatives de l’aquaculture à un macro‑niveau, généralement au niveau provincial, ont été faites.[3]Quelques études de l’économie de l’aquaculture au niveau communautaire ont également été effectuées mais, bien qu’utiles dans le sens qu’elles permettent de mieux la comprendre, elles répondent souvent à un besoin précis et couvrent une seule espèce, ce qui limite leur efficacité. Prises en bloc, ces études n’ont pas un point de mire, une portée et une approche uniformes, ce qui fait qu’il est difficile de combiner les résultats pour en faire un ensemble cohérent.

2. Portée et approche

Le présent rapport vise en premier lieu à combler quelques-unes de ces lacunes, soit à quantifier les retombées économiques de l’aquaculture dans chacune des provinces et au pays et à examiner l’importance des activités aquacoles dans des collectivités choisies. Ces renseignements sont essentiels pour guider la formulation de politiques et de stratégies pour le développement durable de l’aquaculture. Il vise en deuxième lieu à établir un niveau de référence pour déterminer la croissance de l’industrie et ses retombées futures. Les objectifs sont nommément :

  • de nature économique : évaluer l’effet économique de l’industrie de l’aquaculture sur l’économie canadienne et les économies provinciales par le biais d’une analyse des retombées économiques directes, indirectes et secondaires attribuables à chacun des sous‑secteurs – pisciculture et conchyliculture. La présente analyse vise à capter la diversité structurale (p. ex. taille/propriétaire/liens) et régionale (p. ex. mélange d’espèces par province) de l’industrie.
  • de nature socio-économique : évaluer l’effet socio-économique de l’industrie de l’aquaculture sur des collectivités choisies. Ceci comprend une analyse de l’importance de l’industrie au niveau communautaire reposant sur une gamme d’indicateurs sociaux (p. ex. données démographiques, emploi et revenu).
  • de croissance future : pour identifier les possibilités et les défis auxquels l’industrie doit faire face au cours des quelques prochaines années.

L’atteinte de ces objectifs requiert des données – des données sur la valeur de la production de l’aquaculture pour estimer les retombées économiques et des données sur la nature, l’échelle et l’emplacement des activités aquacoles pour décrire et mesurer les retombées au niveau communautaire. Les données sur la valeur de la production proviennent de Statistique Canada. Elles ont été quelque peu modifiées de sorte à saisir la pleine étendue des activités aquacoles. Ces modifications reposent sur des renseignements obtenus par le biais de longs entretiens avec les représentants des principales entreprises aquacoles des côtes Est et Ouest. Les résultats de ces entretiens constituent aussi la base de l’évaluation des retombées communautaires (nommément pour mieux comprendre la structure de l’industrie et les liens) et ont servi à identifier les possibilités et les défis futurs.

3. Division du rapport

Outre l’introduction, le rapport comprend les chapitres suivants :

  • le chapitre II donne un aperçu de l’industrie de l’aquaculture au Canada, y compris des espèces mises en élevage, des méthodes de culture, de la distribution géographique des activités aquacoles et des niveaux de production;
  • le chapitre III donne un aperçu des données et des méthodes utilisées pour leur analyse et fait état d’estimations de l’effet économique aux niveaux national et provinciaux;
  • le chapitre IV contient une évaluation des effets communautaires et examine le rôle que l’aquaculture joue dans la génération d’emplois et de revenus ainsi que dans le développement commercial;
  • le chapitre V fait état de projections de croissance pour l’industrie et examine certains des principaux défis et possibilités auxquels l’aquaculture fait face au Canada;
  • le chapitre VI donne un aperçu des exigences de recherches futures.

2. L’AQUACULTURE AU CANADA

1. Espèces et méthodes de culture

Aperçu

L’aquaculture commerciale au Canada a vu le jour dans les années 1950 lorsque l’élevage de la truite a débuté en Ontario, en Colombie-Britannique et au Québec et la culture des huîtres, au Nouveau-Brunswick, en Colombie-Britannique et à l’Île-du-Prince-Édouard. Ces premières activités avaient tendance à être pratiquées à petite échelle et à faire appel à des techniques et à de l’équipement rudimentaires. Les niveaux de production étaient modestes.

L’industrie a pris son envol suite au succès du développement de la salmoniculture. Les premières tentatives d’élevage commercial du saumon au Canada ont été effectuées au début des années 1970 en Colombie-Britannique, avec diverses espèces de saumon du Pacifique.[4] Ces premiers efforts étaient en grande partie de nature expérimentale et ont connu un succès limité. Des travaux de développement de l’élevage du saumon atlantique ont été entrepris au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse au milieu des années 1970 dans la foulée du succès de l’élevage de cette espèce en Norvège.[5] L’industrie s’était solidement implantée au Nouveau-Brunswick par le milieu des années 1980 et, en 1984, le transfert du saumon atlantique aux fins d’élevage en Colombie-Britannique a été autorisé.

L’industrie de la culture des huîtres était bien implantée au Nouveau-Brunswick, en Colombie-Britannique et à l’Île-du-Prince-Édouard par la fin des années 1980 et a prospéré durant les années 1990 et au début des années 2000. Une industrie de la culture des moules bleues a vu le jour sur la côte Est durant les années 1970 puis a rapidement pris de l’expansion durant les années 1990. Aujourd’hui, la moule bleue se classe au premier rang des coquillages cultivés, en poids et en valeur. L’élevage de la truite en cages se poursuit en Ontario et dans d’autres provinces; la production a doublé par rapport aux niveaux des années 1990.

Poissons

Les opérations d’élevage de poissons se divisent en trois composantes ou étapes distinctes : écloserie, grossissement et transformation. Les activités décrites ci‑dessous se rapportent au saumon. L’élevage de la truite est semblable, sauf pour le fait que le grossissement a lieu en eau douce.[6]

  • Écloserie : Les œufs prélevés de géniteurs sont fertilisés puis incubés en eau douce dans des écloseries. Les quatre principaux stades de développement – œuf, alevin vésiculé, tacon et smolt – durent 18 mois. Les premiers stades de vie en rivière sont ainsi reproduits en écloserie. Lorsque les smolts pèsent de 75 à 100 g, ils sont prêts à être transférés dans des cages mouillées en mer (soit par camion‑citerne monté à bord d’un traversier ou par pompage d’un vivier aménagé à bord d’un bateau spécialement conçu à cette fin).
  • Grossissement : Les smolts sont placés dans des cages installées en mer et y sont gardés jusqu’à ce qu’ils atteignent une taille commercialisable (de 4 à 5 kg). Cette période dure de 16 à 24 mois. Les cages, généralement réunies en grappes de 10 à 12 et ancrées en eaux littorales, se composent d’un cadre rigide auquel sont fixés des nappes de filet pour contenir les poissons et les protéger des prédateurs. La plupart des salmoniculteurs transfèrent les smolts en deux étapes, au printemps et en automne, afin d’avoir une production à longueur d’année. Les poissons sont nourris tout au long de l’étape de grossissement et la consommation alimentaire est étroitement surveillée à l’aide de caméras installées dans les cages. La santé des poissons est également étroitement contrôlée. En général, de 9 à 10 % des smolts mis en élevage ne survivent pas jusqu’à la récolte; c’est au cours des premiers mois de séjour en mer que le taux de mortalité est le plus élevé. Lorsque les saumons ont atteint une taille commercialisable, ils sont retirés des cages, assommés puis mis dans la cale de bateaux pour le transport au rivage, d’où ils sont transférés à une usine de transformation.
  • Transformation : La plus grande partie des saumons sont transformés jusqu’au stade primaire, c’est-à-dire qu’ils sont éviscérés et lavés. Ils sont vendus à l’état entier (éviscéré avec tête). La plus grande partie du saumon atlantique produit en Colombie-Britannique est transformée sous cette forme, alors qu’une proportion de plus en plus élevée de la production au Nouveau-Brunswick est transformée jusqu’au stade secondaire (filets, portions et darnes) en réponse aux conditions changeantes du marché.

Coquillages

Les opérations de culture de coquillages se divisent en trois étapes distinctes : le captage et l’ensemencement de naissain, le grossissement et le traitement. Les activités décrites ci‑dessous se rapportent aux huîtres et aux moules, qui sont les principales espèces de coquillages faisant l’objet d’une culture commerciale au Canada.[7]

  • Captage et ensemencement de naissain : Le naissain (larves d’huître et de moule) peut être recueilli dans le milieu naturel (p. ex. estuaires) à l’aide de divers types de collecteurs (un simple cordage dans le cas des moules ou, dans le cas des huîtres, un cordage auquel est attaché un substrat artificiel – coquilles ou autres matériaux – sur lequel les larves se fixent). Lorsque le naissain a atteint une taille adéquate, il est enlevé des collecteurs, classé puis ensemencé dans le milieu de grossissement. En Colombie-Britannique, la plus grande partie du naissain d’huître provient d’écloseries, ce qui élimine l’incertitude entourant le moment et l’ampleur des pontes naturelles.
  • Grossissement : Des techniques de culture en suspension sont généralement utilisées car elles permettent d’obtenir de meilleurs taux de croissance et de réduire le risque de prédation. Les moules sont placées dans des filets tubulaires ou boudins, qui sont fixés à des filières flottantes (ou à des radeaux dans certaines régions) et suspendus dans la colonne d’eau. Elles atteignent une taille commercialisable en 18 à 24 mois. Les huîtres peuvent être placées dans des paniers pyramidaux suspendus de radeaux ou de filières ou encore dans des poches en Vexar disposées sur le fond ou des claies fixées au fond jusqu’à ce qu’elles atteignent une taille commercialisable (de 36 à 48 mois). La récolte se fait principalement à la main, bien qu’elle se mécanise de plus en plus à mesure que la taille des entreprises conchylicoles augmente.
  • Transformation : Comme la plus grande partie des moules et des huîtres sont vendues en coquille (à l’état vivant), elles requièrent peu de traitement. Elles sont nettoyées, classées, emballées et expédiées.

2. L’aquaculture à l’échelon du Canada

L’aquaculture est pratiquée dans toutes les provinces et au Yukon. L’élevage de plusieurs espèces de poissons et de mollusques marins est bien établi sur les côtes Est et Ouest, et l’élevage d’autres est à divers stades de développement. Le tableau 1 est un résumé des espèces élevées au pays.

Tableau 1
Espèces élevées au Canada

  Poissons Mollusques Plantes
Terre-Neuve-et-Labrador Saumon atlantique
Saumon arc-en-ciel
Morue
Moule
Clams
 
Nouvelle-Écosse Saumon atlantique
Omble chevalier
Flétan
Saumon arc-en-ciel
Truite arc-en-ciel
Tilapia
Huître américaine
Moule bleue
Clams
Palourde américaine
Ormeau
 
Île-du-Prince-Édouard Truite arc-en-ciel
Omble chevalier
Moule bleue
Huître américaine
 
Nouveau-Brunswick Saumon atlantique
Truite arc-en-ciel
Saumon arc-en-ciel
Morue
Flétan
Huître américaine
Moule bleue
Algues
Québec Omble chevalier
Truite arc-en-ciel
Omble de fontaine
Truite mouchetée
Huître américaine
Moule bleue
Pétoncle géant
 
Ontario Truite arc-en-ciel
Omble chevalier
Tilapia
Esturgeon
   
Manitoba Truite arc-en-ciel
Omble chevalier
   
Saskatchewan Truite arc-en-ciel
Saumon arc-en-ciel
   
Alberta Truite arc-en-ciel
Tilapia
   
Colombie-Britannique Saumon atlantique
Saumon quinnat
Saumon coho
Esturgeon
Truite arc-en-ciel
Tilapia
Morue charbonnière
Huître creuse du Pacifique
Palourde japonaise
Nuttalie obscure
Moule bleue
Moule méditerranéenne
Pétoncle japonais
Algues
Yukon Omble chevalier    
Territoires du Nord-Ouest Omble chevalier    

Source : Alliance de l’industrie canadienne de l’aquiculture, à http://www.aquaculture.ca/files/production-markets.php.

  • Pacifique : Le saumon atlantique domine parmi les espèces de poissons. Le saumon quinnat, le saumon coho et la morue charbonnière sont également élevés en milieu marin. Les fermes salmonicoles sont réparties à grande échelle : Sunshine Coast, côte Ouest de l’île de Vancouver, îles Discovery, archipel de Broughton et côte Centrale près de Klemtu. Plusieurs espèces de poissons dulcicoles sont également élevées, notamment la truite arc‑en‑ciel, l’esturgeon et le tilapia.

    La Colombie-Britannique est aussi un important producteur de coquillages de culture. L’huître creuse du Pacifique est la principale espèce cultivée; des moules et des pétoncles sont également produits. Les activités de culture sont concentrées dans le détroit de Baynes, au sud de Comox.

  • Atlantique : Le saumon atlantique est la principale espèce de poissons mise en élevage. De petites quantités de morue et de flétan sont également produites. La salmoniculture est pratiquée à trois principaux endroits : dans la baie de Fundy, au large des côtes du comté de Charlotte, dans le sud‑ouest du Nouveau-Brunswick; dans la baie d’Espoir, sur la côte sud de Terre‑Neuve; et le long de la côte sud de la Nouvelle‑Écosse. La truite et l’omble chevalier comptent parmi les espèces dulcicoles mises en élevage.

    La culture de coquillages – moule bleue et huître américaine – est pratiquée surtout à l’Île-du-Prince-Édouard. Les deux espèces sont également cultivées dans les autres provinces de l’Atlantique et au Québec. De petites quantités de palourdes et de pétoncles sont aussi produites.

  • Ontario et Prairies : La truite arc-en-ciel demeure la principale espèce de poissons mise en élevage. L’omble chevalier, le tilapia et l’esturgeon sont également élevés. La production est concentrée en Ontario, alors que de petites quantités sont produites dans les provinces des Prairies et au Yukon.

3. Niveaux de production

Niveau national

La production de l’aquaculture au Canada a plus que quadruplé entre 1990 et 2006. Elle est passée de 40 000 à 170 000 t (en tonnes équivalentes de poids brut), alors que la valeur à la ferme est passée de 195 $ à un peu plus de 900 millions de dollars (figure 1). La baisse de la valeur de la production en 2008, qui se situait aux alentours de 740 millions de dollars, était due à la faiblesse des prix et à un recul de la production sur la côte Est attribuable aux modifications du système de gestion par baie.

Figure 1

Figure S-1 : La production de l’aquaculture Canada, 1990-2008

La quantité et la valeur de la production nationale est divisée environ également entre les côtes du Pacifique et de l’Atlantique, bien que la Colombie-Britannique vient en tête de toutes les autres provinces, pesant typiquement pour 50 % environ de la valeur totale de la production contre 25 à 30 % pour le Nouveau-Brunswick. La figure 2 illustre la ventilation de la valeur de la production par province et la figure 3, de la quantité produite (en tonnes) selon l’espèce.

Figure 2 / Figure 3

Figure 2 : La valeur de la production par province, 2008 / Figure 3 : La quantité produite selon l’espèce, 2008

Colombie-Britannique

L’effet combiné de conditions de croissance favorables et d’une abondance de sites adéquats en Colombie-Britannique y a déclenché une augmentation rapide de la production de saumon atlantique. La quantité récoltée est passée de 1 500 t environ en 1990 à un pic de 80 000 t environ en 2002. L’apparition du virus de la NHI a cependant causé une chute de la production, jusqu’à près de 55 000 t en 2004. Mais grâce aux meilleures pratiques de biosécurité, la production a augmenté à nouveau; elle se chiffrait près de 71 000 t en 2008 (figure 4).[8] La valeur à la ferme a suivi la même tendance générale au cours de la période, passant de 10 millions de dollars environ en 1990 à plus de 400 millions en 2008 (figure 5).

La production de coquillages a doublé depuis 1990, pour passer de 4 000 à 8 000 t. Cependant, la valeur de la production à la ferme s’est multipliée par six environ (de 3 à 18 millions de dollars), une augmentation reflétant le renforcement des marchés et une hausse des prix.

Figure 4 / Figure 5 

Figure 4 : Colombie-Britannique, quantité / Figure 5 : Colombie-Britannique, valeur

Provinces de l’Atlantique

La production de l’aquaculture a aussi connu une croissance marquée dans les provinces de l’Atlantique au cours des 15 dernières années. La production de poissons (surtout du saumon) est passée d’environ 7 500 t aux alentours de 40 000 t en 2002. Une combinaison de poussées infectieuses, de marchés faibles et de regroupement d’entreprises a causé un déclin de la production jusqu’à un peu plus de 30 000 t durant la période 2003-2005[9]; la production a remonté en 2006, pour atteindre environ 45 000 t. L’adoption d’un système de gestion par baie plus rigoureux au Nouveau-Brunswick a mené à une réduction du nombre de sites actifs jusqu’à un tiers du nombre total de sites approuvés, qui se reflète dans la baisse de la production en 2007. La production s’est quelque peu rétablie en 2008 (figure 6).

Même si la production a fluctué, sa valeur à la ferme a presque quintuplé entre 1990 et 2006, passant de 75 à 340 millions de dollars (figure 7). L’industrie se rétablit du fléchissement qu’elle a connu en 2007; la valeur de la production a graduellement augmenté, pour passer de 255 millions de dollars en 2007 aux alentours de 275 millions. Le Nouveau-Brunswick est le principal producteur, alors que Terre-Neuve et la Nouvelle-Écosse contribuent une part de plus en plus élevée à la production dans les dernières années.

La production de coquillages a augmenté à un taux semblable au cours de la période, passant de 6 500 t à 30 000 t. La valeur de la production à la ferme a augmenté de 10 millions de dollars à un peu plus de 50 millions. La moule bleue est la principale espèce mise en culture, suivie de l’huître. Les deux espèces sont cultivées dans toutes les provinces de l’Atlantique, mais la production est concentrée dans l’Île-du-Prince-Édouard.

Figure 6 / Figure 7

Figure 6 : Production de l’aquaculture en Atlantique / Figure 7 : Valeur de la production de l’aquaculture en Atlantique

Ontario et Ouest canadien

La production (principalement de la truite arc-en-ciel) dans les provinces intérieures – Ontario et provinces des Prairies – et au Yukon a presque doublé entre 1990 et 2007, pour passer d’environ 2 500 t à 4 200 t, alors que sa valeur a augmenté de 14 millions de dollars environ à 17 millions. Plus de 95 % du poisson d’élevage provient de l’Ontario; la plus grande partie est mis en élevage dans la baie Georgienne, au large de l’île Manitoulin.

4. Environnement concurrentiel

Les entreprises aquacoles canadiennes vendent leurs produits partout dans le monde. Le Canada et les États-Unis occupent la position de force sur les marchés à cause de la proximité de ces deux pays aux zones de production et de la capacité résultante des pisciculteurs canadiens de les alimenter en produits frais. Par contre, la zone de rayonnement des conchyliculteurs a tendance à être régionale à cause des coûts élevés de transport par unité et des défis que pose l’expédition d’un produit vivant. En revanche, le marché pour le poisson est mondial, en particulier pour les salmoniculteurs.

Que le marché pour le saumon soit international est une bonne chose mais aussi une mauvaise chose. Du côté positif, cela signifie que les salmoniculteurs ont de nombreuses possibilités de vente de leur produit. Du côté négatif, cela signifie qu’ils doivent faire face à la concurrence de la part d’autres pays producteurs. Le saumon était un produit de luxe par le passé, mais il est devenu une denrée de base suite au développement d’installations de production à grande échelle dans plusieurs pays. Entre autres choses, cela signifie que la production et la consommation de saumon sont devenues hautement sensibles aux prix. Les choix de produits de la mer et d’autres sources de protéines ouverts aux consommateurs régulent les prix du saumon. L’essor de l’industrie a forcé les producteurs à exploiter leurs installations de façon aussi efficiente que possible afin de survivre.

Les données sur la production et les prix présentées à la figure 8 illustrent bien l’historique de l’industrie de l’élevage du saumon au Canada et dans les autres principaux pays producteurs de saumon (Norvège, Chili et Écosse). À mesure que la production a augmenté dans les années 1990 et au début des années 2000, les prix ont diminué parce que la demande ne suivait pas la même tendance que l’offre. L’industrie avait beaucoup de succès au niveau de la production, mais pas autant au niveau du développement de marchés pour la vendre. Pendant toute cette période, elle a été marquée par des fusions et des banqueroutes.

Figure 8

Figure 8 : Production mondiale de saumon et tendances des prix, 1990-2009

En Colombie-Britannique, durant les années 1980, quelque 100 entreprises pratiquaient l’aquaculture; il n’y en plus que quatre maintenant. Au Nouveau-Brunswick, le nombre d’entreprises a chuté également, passant d’environ 40 au début des années 1990 à seulement quatre en 2006. À mesure que la production a ralenti durant la période 2004-2006 et que le développement des marchés s’est amélioré, les prix ont commencé à augmenter et l’industrie s’est stabilisée. Au Canada, l’industrie connaît actuellement une période de grande prospérité résultant d’une baisse marquée de la production au Chili qui a débuté en 2008 et devrait se poursuivre jusqu’en 2011 au moins. Le risque, évidemment, est que l’industrie suralimentera le marché, ce qui provoquera la chute des prix.

3. EFFET ÉCONOMIQUE

1. Précisions sur la méthode d’évaluation de l’effet

Concepts clés

Le compte rendu de l’effet d’une activité économique débute généralement par l’établissement d’un profil descriptif de l’activité, énonçant sa nature et ses caractéristiques économiques et donnant un aperçu de ses liens à d’autres secteurs de l’économie générale. Les facteurs clés agissant sur le rendement et les tendances sont examinés et quantifiés à l’aide d’indicateurs particuliers à l’industrie. Les conditions applicables aux ressources, le cadre de réglementation et les marchés comptent parmi les facteurs pertinents. Le rendement est mesuré à l’aide d’indicateurs tels la quantité et la valeur de la production, le nombre d’entreprises, l’emploi et les exportations.

De par sa production, une industrie déclenche aussi une activité ailleurs dans l’économie. La somme de cette activité, généralement désignée sous le nom de effet économique, est conventionnellement mesurée à l’aide de trois indicateurs :

  • PIB : La contribution d’une industrie au produit intérieur brut représente la mesure la plus large de son effet économique. Le produit intérieur de l’aquaculture saisit la valeur qu’elle ajoute aux intrants acquis (p. ex. aliments pour poissons et services publics) par l’application de main-d’œuvre et de capital. Le PIB représente la somme de la valeur ajoutée par toutes les entreprises d’une industrie. La valeur ajoutée ne devrait pas être confondue avec la valeur de production, car celle‑ci inclut la valeur des intrants acquis.
  • Emploi : L’emploi dans une industrie est important à cause de l’importance qui y est généralement accordée. D’une pure perspective de l’effet économique, cette importance se situe au niveau de l’effet économique produit par la dépense du revenu d’emploi. Plus le niveau et le revenu d’emploi sont élevés, plus importante est l’industrie en terme de son effet économique global. Sauf indication contraire, l’emploi est mesuré en équivalent temps plein (ETP).
  • Revenu du travail : Le revenu du travail saisit les sommes versées au titre des salaires et traitements dans une industrie. La rémunération du travail sous la forme de traitements, de salaires et de gains constitue une composante clé du PIB. Les industries qui paient des salaires et des traitements moyens relativement élevés génèrent un effet économique proportionnellement plus grand que les industries qui payent des salaires et traitements moyens moins élevés.

Les effets économiques sont générés par la demande directe, indirecte et secondaire au niveau de l’économie, exprimée en terme des achats, par l’industrie et les consommateurs, de biens et services.

  • Effet direct : L’effet direct s’entend de l’effet des dépenses engagées par les entreprises de l’industrie en question (dans ce cas‑ci, l’aquaculture) pour l’achat des biens et services requis pour produire ses extrants. Les activités directes incluent l’exploitation des écloseries, le grossissement, la récolte et la transformation, ainsi que l’administration de l’entreprise et le marketing.
  • Effet indirect : L’effet indirect s’entend de l’effet des intrants acquis déclenché par la demande directe. Par exemple, les entreprises aquacoles achètent des aliments pour poissons, des embarcations et des cages de manufacturiers, ainsi que les services de biologistes, de techniciens et de plongeurs. En retour, ces entreprises achètent leurs intrants (p. ex. farine et huile de poisson, câbles d’acier et treuils, matières plastiques et nappes de filet, services de professionnels et équipement) d’autres entreprises, et ainsi de suite. Le processus de production de ces biens et services produit des effets indirects générateurs de profits, d’emploi et de revenu.
  • Effet secondaire : L’effet secondaire s’entend de la demande créée dans l’économie générale par les consommateurs qui dépensent le revenu qu’ils ont gagné dans le cadre d’emplois directs et indirects. L’effet de ces rondes de dépenses de consommation sur l’économie peut prendre un an ou plus à se produire.
La somme des effets découlant de chaque niveau de demande donne l’effet économique global de l’industrie de l’aquaculture canadienne. En général, plus forte est la capacité d’approvisionnement intérieur à chaque niveau, plus élevé est l’effet économique. Inversement, plus élevé est le contenu importé, plus faible est la réaction de l’industrie canadienne (multiplicateurs) et plus faible est l’effet.

Quantification des effets – le modèle des entrées‑sorties

Les économistes se servent de modèles économiques pour quantifier les effets. Ces modèles fournissent une vue simplifiée de l’économie; ils expriment la myriade de transactions de demande et d’approvisionnement dans le processus de production comme une série de coefficients ou de relations quantitatives. Ces coefficients, y compris le niveau d’emploi et le revenu générés par dollar de dépenses, reposent sur la mesure empirique des flux dans l’économie réelle et des données tirées de sondages effectués chaque année par Statistique Canada auprès de l’industrie.

Nous utilisons dans la présente étude le modèle interprovincial des entrées-sorties de Statistique Canada de 2005 pour générer les effets économiques. Nous considérons qu’il est plus approprié d’utiliser un modèle des entrées-sorties dans cette étude pour les raisons suivantes :

  • Ce modèle produit des résultats sur les effets directs, indirects et secondaires – les effets directs, indirects et secondaires, pourvu qu’il en existe des versions « ouverte » et « fermée ». Le passage de la version ouverte permet au revenu du travail de « sortir » de l’économie, les effets se limitant à des effets indirects. Le passage de la version fermée force le revenu du travail à alimenter l’économie, ce qui résulte en une mesure agrégée des effets indirects et secondaires. La différence entre les deux passages représente la mesure de l’effet secondaire. Pour établir les effets secondaires, Statistique Canada applique le modèle avec fermeture partielle, ce qui permet essentiellement de saisir les effets secondaires initiaux des dépenses et résulte en une estimation prudente des effets.
  • Ce modèle produit des résultats à un niveau de résolution élevé – le modèle des entrées-sorties est un tableau matriciel saisissant les flux interindustriels des achats et des ventes, ce qui permet de mesurer les effets et de les présenter au niveau de résolution le plus élevé. D’autres types de modèles (p. ex. modèle d’équilibre général, modèle économique de base) sont structurés à un niveau économique agrégé; ils n’ont pas la sensibilité d’accepter des « chocs » et sont incapables de produire des résultats propres au secteur d’activité.
L’utilisation d’un modèle des entrées-sorties a deux désavantages, souvent mentionnés : la linéarité des résultats et les coefficients interindustriels fixes.
  • La linéarité des résultats suppose que l’économie ne connaît pas de contraintes de production étant donné que le modèle produira des résultats constants selon les coefficients fixes qui y sont intégrés. Cette préoccupation est valide, bien qu’elle ne s’applique pas ;a la présente étude étant donné sa portée et ses objectifs (nous ne tentons pas de mesurer l’effet d’un changement radical dans les dépenses qui serait incompatible avec les relations interindustrielles concrétisées dans le modèle des entrées-sorties).
  • Les coefficients fixes supposent l’absence d’innovation technologique et aucun changement dans les dépenses résultant de la concurrence mondiale. Cette préoccupation est valide si le modèle n’est pas mis à jour régulièrement. Mais étant donné la lenteur du changement structurel dans une économie, de tels effets dynamiques seraient reflétés dans les coefficients tant que le modèle se fonde sur des données industrielles d’au plus trois à quatre ans. Le modèle interprovincial des entrées-sorties de Statistique Canada répond à ce critère étant donné que le modèle de 2005 et l’année de l’impact (2007) sont séparés de deux ans seulement.
Besoins en données, sources et limites

L’étude requiert des données pour deux principales raisons : alimenter le modèle des entrées-sorties pour générer des estimations de l’effet économique et décrire l’industrie de l’aquaculture suffisamment en détails pour permettre au lecteur de bien comprendre la nature de l’activité et l’étendue de son importance économique.

La quantification des effets économiques débute par des données sur la valeur brute de la production de l’industrie de l’aquaculture dans chaque province. La valeur brute de la production signifie les revenus tirés de la vente du produit final. La valeur du produit final est utilisée plutôt que la valeur à la ferme parce qu’elle saisit avec précision la structure intégrée de l’industrie et fournit un indicateur complet de l’activité globale.[10] En utilisant les coefficients pour l’industrie de l’aquaculture, le modèle des entrées-sorties attribue les revenus aux catégories de dépenses appropriées, y compris les intrants achetés, les traitements et salaires et les profits. À mesure que ces dépenses exercent leur plein effet sur l’économie (saisi par le modèle des entrées-sorties), elles génèrent les effets sur le PIB, l’emploi et le revenu du travail que nous tentons de quantifier dans la présente étude.

À ces fins, les données recueillies dans le cadre de la présente étude répondent à quatre critères clés :

  • Uniformité : Les données permettent des comparaisons entre les industries et les provinces. Cela signifie qu’elles reflètent la théorie économique standard qui décrit la mesure de l’activité économique et que les mêmes données, méthodes et outils sont utilisés dans chaque province où les effets sont mesurés. Les données proviennent de Statistique Canada ou concordent aux définitions de Statistique Canada. Toutes les valeurs de production sont exprimées en dollars courants.
  • Comparabilité : Les données sont uniformes au fil du temps de façon à ce que les changements puissent être observés et mesurés. Sinon, il sera difficile de déterminer si ce qui est observé est dû à un changement réel ou simplement à des définitions différentes, ce qui signifie que des classes standards doivent être utilisées pour les industries prises en compte. Le Système de classification des industries de l'Amérique du Nord (SCIAN) est utilisé pour cette étude.
  • Exactitude : L’aquaculture constitue une industrie distincte pour laquelle des effets directs, indirects et secondaires peuvent être mesurés, mais des ajustements peuvent avoir à être apportés pour éliminer les cas de double comptabilisation lors du calcul des effets totaux pour certains indicateurs (p. ex. emploi). Le potentiel de double comptabilisation se produit si Statistique Canada traite les secteurs de l’élevage et de la transformation de l’industrie comme des industries indépendantes aux fins de collecte de données. Par exemple, l’élevage du saumon est une activité directe en soi, mais constitue également un intrant clé pour la transformation du poisson, devenant ainsi une activité indirecte de transformation. Si aucun ajustement n’est apporté aux données ou aux résultats, les effets globaux seront surévalués.
  • Reproductibilité : Les données et les méthodes devraient pouvoir être utilisées par d’autres personnes de manière à ce que l’analyse puisse être effectuée périodiquement et ainsi rendre possible des mesures chronologiques des effets de l’aquaculture. Cela signifie que les données, les méthodes et les modèles utilisés devraient être faciles d’accès aux fins d’analyse. Pour cette raison, les définitions, les sources de données et les méthodes utilisées pour les obtenir et les hypothèses sont expliquées clairement dans le corps du texte, les tableaux et les annexes.
Les données utilisées dans la présente étude pour alimenter le modèle des entrées-sorties et produire des estimations des effets rencontrent ces critères. Elle proviennent de Statistique Canada, avec corroboration (lorsque possible) par les consultants des valeurs des extrants et des coûts des intrants par des sources de l’industrie et des gouvernements provinciaux. Malgré la fiabilité générale des données, quelques précisions peuvent être utiles pour comprendre ce que les chiffres signifient et comment ils sont appliqués dans l’analyse. Elles peuvent également servir de guide pour de futures analyses de ce genre.

  • Structure de l’industrie : L’aquaculture entre dans la classe SCIAN no 1125 – « établissements qui font la culture et la production d'animaux et de plantes aquatiques dans un environnement contrôlé et qui utilisent différentes formes d'intervention (p. ex. parcs en filet, cages, divers systèmes d'élevage en suspension) pour hausser la production, y compris l'empoissonnement, l'engraissement et la protection contre les prédateurs et les maladies ». D’après cette définition, l’industrie inclut les écloseries et les installations de grossissement.

    De nombreux producteurs transforment aussi leur production. Cela est généralement le cas du poisson. Par contre, une forte proportion de conchyliculteurs ne font que la culture et vendent leurs produits à des transformateurs (le plus souvent des conchyliculteurs eux‑mêmes), qui produisent le produit final et le commercialise. Que Statistique Canada classifie ou non une entreprise comme une entreprise aquacole ou une entreprise de transformation (SCIAN no 3117) dépend de la manière dont elle structurée et où la plus grande partie de la valeur est créée. Dans une compagnie intégrée, si plus de 50 % de la valeur du produit final est créée au niveau du grossissement, elle est classée dans SCIAN no 1125 (aquaculture); si plus de 50 % de la valeur est créée au niveau de la transformation, elle est classée dans SCIAN no 1137 (transformation). Le problème est qu’il n’est pas évident d’après les données ce qui est inclus où.

    Pour ajouter à la confusion, les entreprises elles-mêmes ne se conforment pas forcément à l’approche de classification de Statistique Canada. Il est ressortit de discussions avec des entreprises salmonicoles de la côte Ouest qui se classifiaient toutes elles-mêmes dans SCIAN no 1125, indépendamment de la structure organisationnelle (c.-à-d. même lorsque les biens de transformation peuvent être détenus par une autre entreprise ou lorsque la transformation est donnée en sous-traitance à une entreprise différente selon le principe de la rémunération des services).[11] Par contre, au moins une entreprise salmonicole de la côte Est divise sa présentation de données entre SCIAN no 1125 et SCIAN no 3117 (depuis 2007), de sorte que la valeur de la production à la ferme est déclarée sous la rubrique Aquaculture et la valeur du produit final, sous la rubrique Transformation du poisson. Cela a créé une discontinuité dans l’ensemble de données annuelles sur le compte de valeur ajoutée, qui donne à penser que la production aquacole a brusquement diminué en 2007.
  • Statistiques sur l’aquaculture : Statistique Canada publie des données annuelles sur la production (en tonnes et en valeur à la ferme) et la valeur ajoutée par province (no cat. 23‑222-X). Les données sur la production sont présentées selon l’espèce, alors que le compte de valeur ajoutée contient des données sur le revenu selon le groupe d’espèces, mais regroupe le coût des intrants au niveau industriel. La confidentialité des données n’est pas un problème au niveau national, mais peut l’être au niveau provincial pour certaines espèces certaines années.

    Statistique Canada ne recueille pas directement de données à la ferme auprès des entreprises aquacoles, mais les obtient des provinces. Les provinces n’utilisent pas une approche de cueillette des données uniforme; la plupart obtiennent des données sur la production directement des entreprises dans le cadre du compte rendu annuel régulier, alors qu’au moins une province (dans le cas du saumon) estime la production d’après le nombre de smolts d’une classe d’âge mis en élevage. De telles estimations peuvent être fiables pourvu que le taux de mortalité et le poids moyen sont contrôlés de près et que tout patron de récolte anormal soit pris en considération (p. ex. découlant du besoin de devancer la récolte à cause de la survenue d’une infection).

    La manière dont les données sur l’aquaculture sont recueillies et présentées pose certains défis pour l’estimation des effets parce que les données, telles que présentées, ne saisissent pas forcément l’ensemble de l’activité (écloserie, grossissement et transformation) définissant l’industrie. Tel qu’indiqué ci-dessus, selon la manière dont les entreprises sont structurées et qu’elles présentent leurs résultats, une partie de la valeur de l’aquaculture est attribuable à la transformation du poisson. Un examen province par province des données indique que cela se produit dans le cas du saumon au Nouveau-Brunswick et des coquillages dans la plupart des provinces.[12] Par conséquent, des ajustements aux données d’entrée sont requis pour obtenir une vue d’ensemble. Les valeurs ajustées sont présentées au tableau 2.

  • Passage du modèle des entrées-sorties : Le passage du modèle des entrées-sorties serait simple si l’industrie de l’aquaculture était représentée sous un seul code dans le SCIAN de sorte à ce que les données financières et les données sur la production saisissent les activités, écloserie, de grossissement et de transformation. L’analyste serait alors confiant que les coefficients du modèle représentent toute l’activité directe et que les multiplicateurs correspondants donneraient des estimations fiables de l’effet pour tous les aspects de l’activité de l’industrie. Dans ces circonstances, la valeur du produit final (plutôt que la valeur à la ferme) serait utilisée pour passer le modèle, ciblant SCIAN no 1125. D’après des discussions avec Statistique Canada et des entreprises aquacoles des côtes Est et Ouest, cela semble l’approche appropriée pour toutes les provinces sauf le Nouveau-Brunswick.

    Le Nouveau-Brunswick fait exception parce qu’une entreprise déclare la valeur à la ferme sous SCIAN no 1125 et la valeur de son produit final sous SCIAN no 3117 (Transformation du poisson). Si la version du modèle utilisée dans l’analyse reflète cette approche de compte rendu, elle devrait alors être passée pour Aquaculture (en utilisant la valeur à la ferme) et Transformation du poisson (en utilisant la valeur du produit final), et des ajustements apportés au niveau indirect pour éliminer la double comptabilisation.[13] Il s’avère que le modèle de 2005 est antérieur à cette approche de compte rendu, ce qui signifie que les coefficients du modèle pour SCIAN no 1125 saisissent toute l’activité directe et indirecte pour la production aquacole dans la province. Mais nous utilisons SCIAN no 3317 pour estimer les effets découlant du saumon importé dans les usines de transformation de la province.

2. Résultats sur les effets

Niveau national

Valeur de la production de l’aquaculture

La valeur de la production de l’industrie canadienne de l’aquaculture en 2007 est estimée à un peu plus de 1,0 milliard de dollars (tableau 2).[14] Cette somme représente la valeur totale des produits finaux vendus au marché de gros par les entreprises aquacoles canadiennes. La valeur des produits finaux est la somme de la valeur à la ferme et de la valeur ajoutée par transformation primaire (p. ex. habillage et filetage dans le cas du saumon et de la truite, et lavage et classement dans le cas des huîtres et des moules). De nombreux pisciculteurs sont pleinement intégrés et effectuent toutes les opérations, du grossissement à la transformation. Plusieurs conchyliculteurs traitent leurs propres produits et traitent aussi les produits d’autres producteurs. Nous croyons que l’utilisation de la valeur du produit final pour alimenter le modèle des entrées-sorties donne une idée plus précise de la structure et de l’activité de l’industrie que la valeur à la ferme.

Tableau 2
Valeur du produit final de l’aquaculture (en milliers de dollars)

  Poissons Coquillages Total
Colombie-Britannique 522 600 37 100 559 700
Ontario 17 000 - 17 000
Québec 12 700 1 000 13 700
Nouveau-Brunswick 272 900 7 000 279 000
Nouvelle-Écosse 43 000 10 000 53 000
Île-du-Prince-Édouard 1 900 56 000 57 900
Terre-Neuve-et-Labrador 38 800 5 600 44 400
Total 908 900 116 700 1 025 600

Sources : Statistique Canada, no cat. 23-222-X; British Columbia Seafood Industry Year in Review, ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique, 2007; Pêches et aquaculture, totalisation spéciale, ministère de l’Agriculture, des Pêches et de l’Aquaculture du Nouveau-Brunswick; Statistiques sur les pêches, ministère des Pêches et de l’Aquaculture de la Nouvelle-Écosse, 2007; Statistiques sur les pêches, ministère des Pêches et de l’Aquaculture de l’Île-du-Prince-Édouard, 2007; Aquaculture Highlights, ministère des Pêches et de l’Aquaculture de Terre-Neuve-et-Labrador, 2007.

Valeur brute de l’activité économique

La valeur brute de la production mesure la valeur de tous les biens et services – primaires, intermédiaires et finaux – produits et consommés au cours du processus de production du produit final d’une industrie particulière, dans ce cas‑ci l’aquaculture. Elle sert d’indicateur du niveau d’activité économique intervenant dans le processus de production. Cette activité a lieu dans la province où l’aquaculture est pratiquée, ainsi que dans les autres provinces où les industries de biens et services sont situées.

La valeur brute de la production de l’aquaculture au Canada en 2007 se chiffrait à 2,1 milliards de dollars (tableau 3).[15]

Tableau 3
Valeur brute de la production par province (k$)

Valeur de la production de l’aquaculture (k$)
C.-B. N.-B. N.-É. T.-N. Î.-P.-É. Ont. Qc Autres Total
C.-B. 559 700 946 129 1 650 1 710 864 182 69 915 67 343 134 006 1 221 799
N.-B. 279 900 11 388 400 038 47 429 7 058 5 745 51 367 45 817 19 414 588 256
N.-É. 53 000 688 6 485 79 587 855 496 10 120 4 085 2 902 105 218
T.-N. 44 400 444 2 329 5 418 65 791 288 7 448 2 539 3 442 87 699
Î.-P.-É. 57 900 374 4 229 1 931 427 70 633 3 281 1 394 839 83 108
Ont. 17 000 1 073 76 183 81 26 26 372 1 583 1 269 30 662
Qc 13 700 337 204 163 144 27 1 137 19 623 892 22 526
Total 960 432 415 012 136 420 75 220 77 399 169 639 142 384 162 764 2 139 270

Source : Modèle interprovincial des entrées-sorties de 2005, Statistique Canada.

Les données sur la valeur brute de la production aquacole du tableau 3 illustrent dans quelle mesure l’aquaculture pratiquée dans une province est importante pour celle‑ci et toutes les autres provinces. La lecture horizontale des données situe l’activité économique déclenchée d’un bout à l’autre du Canada par la production aquacole dans chaque province identifiée dans la colonne gauche et la lecture verticale, l’activité totale dans chaque province déclenchée par sa propre industrie aquacole et les industries des autres provinces.

  • L’aquaculture pousse des ramifications très longues au Canada. Bien que la plus grande partie de l’activité déclenchée par l’aquaculture a lieu dans la province de production (illustrée par la ligne diagonale des cellules dans le tableau 3), les entreprises de biens et services de chaque province bénéficient, au moins en partie, de l’activité aquacole menée dans les autres provinces.
  • L’aquaculture a de multiples ramifications dans chaque province. La valeur en dollars du niveau d’activité économique dans chaque province est 1,5 fois environ plus élevée que la valeur de la production de l’aquaculture dans cette province. Par exemple, en Colombie-Britannique, la valeur en dollars de l’activité économique déclenchée par la production aquacole en 2007 se chiffrait à 946,1 millions de dollars.
  • L’aquaculture a de solides liens intra-provinciaux. La valeur en dollars du niveau d’activité économique déclenchée par l’aquaculture dans chaque province se chiffre à deux fois environ la valeur de la production aquacole dans cette province. Par exemple, la valeur en dollars de l’activité économique déclenchée par l’aquaculture en 2007 au Nouveau-Brunswick s’élevait à 279,9 millions de dollars et à l’échelle du Canada, à 588,3 millions.
Produit intérieur brut

Au total, l’industrie de l’aquaculture contribue un peu plus de 1,0 milliard de dollars au PIB du Canada (tableau 4).

L’aquaculture a contribué 321,5 millions de dollars en effets directs sur le PIB au Canada en 2007. La contribution au PIB représente la part de la production de l’industrie (1 025,6 million) sous forme de revenu aux facteurs de production (revenu du travail, profits et revenu du capital). Exprimé d’une autre manière, le PIB est la valeur de la production moins la valeur des intrants achetés.

Tableau 4
Effet économique de l’aquaculture au Canada

  PIB
(k$)
Emploi
(ETP)
Revenu du travail
(k$)
Effet direct 321 500 4 900 156 800
Effet indirect 450 400 6 400 241 200
Effet secondaire 233 300 3 200 107 900
Total 1 005 200 14 500 505 900

Source : Modèle interprovincial des entrées-sorties de 2005, Statistique Canada.

Les milliers d’entreprises qui fournissent des biens et des services à l’industrie de l’aquaculture ont généré 450,4 millions de dollars en effets indirects sur le PIB au Canada en 2007. Les fournisseurs d’aliments, les fabricants d’équipement, les fournisseurs d’empaquetage et les moyens de transport comptent parmi les principales industries d’approvisionnement et de services. Lorsque dépensés dans l’économie au niveau large, les revenus gagnés par les personnes engagées dans des activités aquacoles directes et indirectes génèrent 233,3 millions de dollars en effets secondaires sur le PIB.

Emploi

L’industrie de l’aquaculture a créé 14 500 équivalents temps plein (ETP) d’emploi au Canada en 2007. Le nombre total de personnes en emploi est supérieur à ce chiffre en raison des pics saisonniers d’activité.

L’emploi direct dans les écloseries, les fermes, les installations de transformation et l’administration est estimé à 4 900 ETP. 6 400 ETP additionnels d’emploi indirect sont créés dans les secteurs fournissant des biens et services à l’aquaculture. L’activité secondaire génère 3 200 ETP additionnels.

Revenu

L’industrie de l’aquaculture a généré un peu plus d’un demi milliard de dollars en revenu du travail en 2007. Cette somme représente environ la moitié du PIB total. Le revenu du travail direct s’élevait à 156,8 millions de dollars, ce qui a résulté en un revenu moyen de 32 000 $ par ETP d’emploi dans des activités d’aquaculture directes. Le total du revenu indirect gagné par ceux employés dans des industries de soutien se chiffrait à 241,2 millions de dollars et leur revenu moyen, à 37 700 $ environ. Ceux en emploi dans des activités secondaires dans l’économie générale ont gagné 107,9 millions de dollars au total.

Niveau régional

Colombie-Britannique

La Colombie-Britannique est le chef de file de l’aquaculture au Canada. La production a été estimée à 559,7 millions de dollars en 2007, soit environ la moitié de la valeur national de la production. La valeur brute de l’activité économique générée pour produire cette production se chiffrait à 946,1 millions de dollars (tableau 3).

La contribution totale de l’industrie au PIB provincial se chiffre à 425,3 millions de dollars, soit 151,1 millions en effets directs, 167,9 millions en effets indirects et 106,3 millions en effets secondaires (tableau 5).

L’aquaculture génère environ 6 000 ETP d’emploi, soit 2 220 ETP d’emplois directs, 2 330 ETP d’emplois indirects et 1 410 ETP d’emplois secondaires.

L’industrie de l’aquaculture représentait 223,3 millions de dollars en revenus du travail en 2007. Cette somme représentait environ la moitié du PIB total attribuable aux activités aquacoles menées en Colombie-Britannique. Le total des revenus du travail directs s’élevait à 78,4 millions de dollars, ce qui représente un revenu moyen de 35 250 $ par ETP d’emploi dans des activités d’aquaculture directes. Les revenus indirects de ceux à l’emploi d’industries de soutien à l’aquaculture se chiffraient à 95,1 millions de dollars; le revenu moyen s’élevait à environ 40 900 $. Les personnes à l’emploi d’activités dérivées dans l’économie en général ont gagné 50,4 millions de dollars; leur revenu moyen était de 35 700 $.

Tableau 5
Effet de l’aquaculture en Colombie-Britannique

Valeur de la production
559,7 M$
PIB
(k$)
Emploi
(ETP)
Revenu du travail
(k$)
Effet direct 151 100 2 220 78 400
Effet indirect 167 900 2 330 95 100
Effet secondaire 106 300 1 410 50 400
Total 425 300 5 960 223 900

Source : Modèle interprovincial des entrées-sorties de 2005, Statistique Canada.

Provinces de l’Atlantique

L’aquaculture joue un rôle majeur dans l’économie des provinces de l’Atlantique. La production de l’aquaculture valait 435,2 millions de dollars en 2007, ce qui représente environ 40 % de la valeur nationale de la production. La valeur brute de l’activité économique générée pour produire cette production se chiffrait à 616,0 millions de dollars (tableau 3).

La contribution totale de l’industrie au PIB régional se chiffre à 283,2 millions de dollars, soit 154,7 millions de dollars en effets directs, 72,6 millions en effets indirects et 55,9 millions en effets secondaires (tableau 6).

Tableau 6
Effet de l’aquaculture au Canada atlantique

Valeur de la production
435,2 M$
Terre-Neuve-et-Labrador Nouvelle-Écosse Île-du-Prince-Édouard Nouveau-Brunswick Total
PIB (k$)          
Effet direct 20 000 22 800 42 800 69 100 154 700
Effet indirect 8 400 10 600 6 400 47 200 72 600
Effet secondaire 6 200 8 500 10 400 30 800 55 900
Total 34 600 41 900 59 600 147 100 283 200
Emploi (ETP)          
Effet direct 215 380 790 1 100 2 485
Effet indirect 120 170 125 790 1 205
Effet secondaire 70 120 250 530 970
Total 405 670 1 165 2 420 4 660
Revenu (k$)          
Effet direct 6 200 12 200 22 000 32 700 73 100
Effet indirect 4 900 6 400 2 900 28 300 42 500
Effet secondaire 2 200 4 800 6 400 16 800 30 200
  13 300 23 400 31 300 77 800 145 800

Source : Modèle interprovincial des entrées-sorties de 2005, Statistique Canada.

L’aquaculture génère 4 660 ETP d’emploi, soit 2 485 ETP d’activités directes, 1 205 ETP d’emplois indirects et 970 ETP d’activités secondaires.

L’industrie de l’aquaculture représentait 145,8 millions de dollars en revenus du travail en 2007. Cette somme représentait environ la moitié du PIB total attribuable aux activités aquacoles menées dans les provinces de l’Atlantique. Le total des revenus du travail directs s’élevait à 73,1 millions de dollars, ce qui représentait un revenu moyen de 29 000 $ par ETP d’emploi dans des activités d’aquaculture directes. Les revenus indirects de ceux à l’emploi d’industries dérivées se chiffraient à 42,5 millions de dollars; le revenu moyen s’élevait à environ 33 400 $. Les personnes à l’emploi d’activités dérivées dans l’économie en général ont gagné 30,2 millions de dollars; leur revenu moyen était de 31 000 $.

Ontario et Québec

L’aquaculture est une importante source d’emplois et de revenus dans la région de la baie Georgienne, en Ontario, et les régions côtières de la Gaspésie, au Québec. La truiticulture a produit des entrées de 17 millions de dollars en Ontario en 2007. Au Québec, l’industrie a gagné en diversité dans l’élevage de plusieurs espèces de poissons et de coquillages et a généré 14 millions de dollars environ (tableau 3).

La contribution totale des activités aquacoles au PIB se chiffre à 30,2 millions de dollars, soit 15,7 millions en effets directs, 6,5 millions en effets indirects et 7,9 millions en effets secondaires (tableau 7).

L’aquaculture génère 375 ETP d’emploi, soit 191 ETP d’activités directes, 90 ETP d’emplois indirects et 94 ETP d’activités secondaires.

L’industrie de l’aquaculture a généré 11,4 millions de dollars en revenus du travail en 2007. Cette somme représentait environ la moitié du PIB total attribuable aux activités aquacoles. Le total des revenus du travail directs s’élevait à 5,3 millions de dollars, ce qui représente un revenu moyen de 27 900 $ par ETP employé dans des activités d’aquaculture directes. Les revenus indirects de ceux à l’emploi d’industries de soutien à l’aquaculture se chiffraient à 3,3 millions de dollars; le revenu moyen s’élevait à environ 36 000 $. Les personnes à l’emploi d’activités dérivées dans l’économie en général ont gagné 2,8 millions de dollars; leur revenu moyen était de 29 400 $.

Tableau 7
Effet de l’aquaculture en Ontario et au Québec

Valeur de la production
30,7 M$
Ontario Québec Total
PIB (k$)      
Effet direct 7 480 8 220 15 700
Effet indirect 4 080 2 446 6 546
Effet secondaire 4 250 3 699 7 949
Total 15 810 14 385 30 195
Emploi (ETP)      
Effet direct 110 81 191
Effet indirect 55 35 90
Effet secondaire 51 43 94
Total 216 159 374
Revenu (k$)      
Effet direct 2 720 2 603 5 323
Effet indirect 2 040 1 233 3 273
Effet secondaire 1 530 1 233 2 763
  6 290 5 069 11 359

Source : Modèle interprovincial des entrées-sorties de 2005, Statistique Canada.

4. EFFET COMMUNAUTAIRE

1. Colombie-Britannique : Campbell River et Comox

Zone de rayonnement

L’évaluation de l’effet économique de l’aquaculture au niveau communautaire ou infraprovincial présente certains défis, principalement parce que les limites géographiques de l’activité et les limites utilisées pour recueillir et faire rapport des données statistiques sur des indicateurs tels la population, le nombre de personnes employées et le revenu ne coïncident pas. Par conséquent, bien qu’il soit possible d’indiquer le niveau d’activité d’aquaculture qui a lieu dans les régions de Campbell River ou du détroit de Baynes, il est impossible de préciser quel est l’effet économique dans ces régions particulières par rapport au niveau plus large d’activité économique parce que des données comparatives adéquates pour ces régions ne sont pas disponibles. Nous utilisons au lieu de cela une zone géographique plus vaste – la division de recensement de Comox-Strathcona – aux fins de comparaison. La figure 9 illustre les endroits où l’aquaculture est pratiquée dans le district de Comox-Strathcona et aux alentours.

Figure 9. Aquaculture dans le district de Comox-Strathcona.

Figure 9 : Aquaculture dans le district de Comox-Strathcona

Économie

Aperçu

Il s’est produit, au cours de la dernière décennie, une croissance économique dans le district de Comox-Strathcona de la Colombie-Britannique, alimentée en partie par l’arrivée de gens à la retraite et l’essor du marché de l’immobilier. L’économie est groupée autour des services de la vente au détail, de l’administration publique, des soins de santé et du tourisme; la plus grande partie de l’activité est concentrée dans le pivot de Courtenay-Comox. L’aquaculture, la foresterie, l’agriculture et d’autres industries primaires sont les secteurs clés dans les régions plus rurales. Campbell River (et le nord de l’île de Vancouver plus généralement) sont au carrefour de la salmoniculture, alors que la production conchylicole est concentrée dans le détroit de Baynes, au sud de Comox.

Les efforts de développement du district de Comox-Strathcona ont visé en particulier l’agriculture et les industries connexes à valeur ajoutée comme les secteurs économiques clés à promouvoir et à soutenir. L’aquaculture, les cultures organiques, la vitiviniculture et la production fromagère sont des exemples d’industries à créneaux qui ont favorisé la croissance et le développement dans la région. Les indicateurs économiques clés sont identifiés au tableau 8.

Tableau 8
Indicateurs économiques pour le district de Comox-Strathcona

  1996 2001 2006 Variation (%)
Population 97 666 96 131 101 595 4 %
Nombre de personnes employées 44 750 43 240 47 880 7 %
Revenu médian des ménages 41 539 $ 43 196 $ 48 252 $ 16 %

Source : Statistique Canada, données de recensement.

Population

La population de la région de Comox-Strathcona s’élevait à 101 595 personnes en 2006, ce qui représente une augmentation de 4 % par rapport à 1996 (tableau 8). L’accroissement le plus marqué de la population s’est produit à Comox; il se chiffrait à 10 % environ au cours de cette période. La population de Campbell River a connu une croissance modérée de 2,5 % environ. La population totale de la province a augmenté de plus de 10 % au cours de la même période.

Emploi

Le nombre d’emplois dans la région a augmenté de 7 % entre 1996 et 2006, principalement dans le secteur manufacturier, le secteur de la construction, l’agriculture, la vente au détail, les services de soins de santé et les services sociaux. Le changement le plus frappant dans l’emploi entre 1996 et 2006 s’est manifesté sous la forme du mouvement d’abandon des secteurs de la fabrication, de la construction et de l’agriculture (baisse de 15 à 20 %) en faveur des services de soins de santé et des services sociaux (gain de 31 %).

Les tendances de l’emploi dans les deux principaux centres économiques de la région sont quelque peu différentes. Bien que les deux aient connu des augmentations comparables de l’emploi dans les secteurs des services de soins de santé et des services sociaux, la plus grande partie du déclin de l’emploi à Campbell River était divisée entre l’agriculture (- 15 %) et les secteurs de la fabrication et de la construction (- 15 %). Par contre, Comox a connu un déclin important de l’emploi dans le secteur de la vente au détail (- 21 %), mais une forte croissance de l’emploi dans le secteur de l’éducation (41 %) et le secteur de l’hébergement et de la restauration (34 %).

Durant la décennie allant de 1996 à 2006, Comox-Strathcona a connu une baisse importante du chômage : le nombre de chômeurs a chuté d’un tiers. La plus grande partie de cette baisse s’est produite entre 2001 et 2006. Elle était plus marquée dans la ville de Comox (- 24 %), quoiqu’un changement notable se soit également produit à Campbell River (- 16 %).

Revenu

Le revenu médian des ménages dans la région de Comox-Strathcona a augmenté de 41 539 $ en 1996 à 48 252 $ en 2006 (tableau A-1). Cette augmentation de 16 % est attribuable en grande partie à la croissance du revenu de 25 % environ à Comox; la croissance du revenu était moins marquée à Campbell River (9 %). En comparaison, le revenu médian des ménages sur tout le territoire de la Colombie-Britannique a augmenté de 25 % environ au cours de la même période. Le revenu moyen dans la région est de 8 % environ moins élevé que le revenu médian des ménages dans l’ensemble de la province (52 700 $).

Activités d’aquaculture et effet

Hypothèses sur l’activité et l’effet économique

La question clé concernant les effets de l’aquaculture dans le district de Comox-Strathcona est quelle proportion de l’ensemble de l’activité et de l’emploi et du revenu connexes a lieu dans la région. Pour simplifier l’analyse, parce que la plus grande partie de l’activité directe a lieu dans la zone de rayonnement (Comox-Strathcona), nous attribuons les effets directs connexes à la région. Les renseignements fournis par l’industrie, ajoutés aux données de Statistique Canada (compte de valeur ajoutée) semblent indiquer que, des dépenses totales de 382 millions de dollars engagées par l’industrie en 2007, 290 millions environ l’ont été dans la zone de rayonnement (annexe B).

La plus grande partie de l’activité indirecte a aussi lieu dans la zone de rayonnement, mais la proportion exacte est inconnue. Les données fournies par l’industrie de l’aquaculture suggèrent que cette proportion se situe probablement entre 50 et 70 % (p. ex. les aliments pour saumon, provenant de Vancouver, comptent pour 40 % environ des dépenses d’exploitation). Donc, par prudence, nous utilisons la limite inférieure pour estimer les effets locaux sur l’emploi et le revenu. Nous utilisons la même hypothèse pour établir les effets secondaires.

Le tableau 9 montre que l’aquaculture a généré l’équivalent de 4 550 emplois à temps plein dans la région de Comox-Strathcona et un peu plus de 150 millions de dollars en revenu du travail.

Tableau 9
Effet économique en Colombie-Britannique et dans la région de Comox-Strathcona

   Colombie-Britannique Comox-Strathcona
Emploi (ETP) Revenu (k$) Emploi (ETP) Revenu (k$)
Effet direct 2 200 78 400 2 200 78 400
Effet indirect 2 300 95 100 1 650 47 550
Effet secondaire 1 400 50 400 700 25 200
Total 5 900 223 900 4 550 151 150

Source : Modèle interprovincial d’entrées-sorties de 2005, Statistique Canada.

Contexte de l’aquaculture

En raison du déclin de la foresterie et des pêches commerciales dans le nord de l’île de Vancouver, la salmoniculture et la conchyliculture occupent une place de plus en plus importante dans l’économie de Campbell River et de Comox. Les principales entreprises salmonicoles sont basées à Campbell River, tout comme nombre des entreprises qui leur fournissent biens et services, notamment la transformation du poisson, des filets et leur entretien, le transport, l’emballage, des contenants, des services de plongeurs, de la machinerie et de l’équipement. Les renseignements fournis par les entreprises salmonicoles indiquent que plus de 200 entreprises du nord de l’île de Vancouver fournissent des biens et services à l’industrie. Nombre de celles-ci sont entièrement dépendantes de l’industrie de la salmoniculture. En outre, nombre des personnes qui travaillent dans les fermes vivent à Campbell River ou dans les collectivités voisines.

Le tableau 10 met en contexte les effets sur l’emploi et le revenu en les comparant au niveau régional. Les données indiquent que l’aquaculture pèse pour 10 % environ de l’emploi et du revenu dans la région. Il faut interpréter ces résultats avec prudence.

  • En premier lieu, à cause des restrictions sur les données, la comparaison de l’emploi sous‑estime l’effet pour deux raisons : premièrement, elle compare le nombre de personnes employées dans la région et le nombre d’équivalents à temps plein d’emploi créés par l’aquaculture et, deuxièmement, elle compare une valeur saisonnière à une valeur annuelle d’ETP. Des données de recensement correspondant aux données de l’industrie de l’aquaculture n’étaient pas disponibles.
  • En deuxième lieu, à nouveau à cause des restrictions sur les données, nous avons dû faire une estimation du revenu global dans la région qui correspond au revenu d’emploi dans l’aquaculture (en ajustant les données de recensement sur le revenu médian des ménages par déduction des sources hors travail).

Tableau 10
Retombées de l’aquaculture dans la région de Comox-Strathcona

  Comox-Strathcona Aquaculture Aquaculture
(% du total)
Emploi 47 880 4 550 9 %
Revenu (k$) 1 312 100 $ 151 150 $ 11 %

Source : Statistique Canada, Recensement du Canada, Profils des communautés de 2006, et tableau A-2 (ci‑dessus).

2. Comté de Charlotte, Nouveau-Brunswick

Zone de rayonnement

L’évaluation de l’effet économique de l’aquaculture au niveau communautaire ou régional présente certains défis. Il est nécessaire, pour faire des estimations fiables de cet effet, d’avoir une correspondance étroite entre les limites géographiques de l’activité et la zone de rayonnement et de disposer de données directement comparables sur l’activité et la zone.

Ces limites correspondent raisonnablement bien dans le comté de Charlotte. Les sites aquacoles occupent la partie sud-ouest du comté et l’activité directe et indirecte connexe a lieu dans le village voisin de St. George. L’estimation de l’effet des ces activités particulières par rapport au niveau plus large de l’activité économique présente un plus grand défi parce que des données directement comparables ne sont pas disponibles; elles doivent être estimées à partir de données de recensement. La figure 10 illustre les sites de salmoniculture et le centre de l’activité à terre à St. George.

Figure 10. Salmoniculture dans le sud‑ouest du comté de Charlotte.

Figure 10 : Salmoniculture dans le sud­ouest du comté de Charlotte

Économie

L’aquaculture et la pêche dominent l’économie du comté de Charlotte, la région étant devenue le carrefour de la salmoniculture et des industries dérivées. La plus grande partie de la croissance de l’emploi dans le comté peut être attribuée à l’expansion de l’industrie de l’aquaculture car les autres secteurs se sont stabilisés ou ont fléchi. Bien que St. George soit devenu le principal centre d’activité, d’autres villes, comme St. Stephen, ont connu une croissance des services financiers et des services de vente au détail liés directement et indirectement à l’aquaculture. Le comté de Charlotte est aussi un carrefour pour les nombreuses entreprises forestières dans la région. Le tourisme est un important moteur économique pour des destinations comme St. Andrews et Grand Manan, qui sont devenus des destinations prisées des touristes au cours de la dernière décennie.

Tableau 11
Indicateurs économiques pour le comté de Charlotte

  1996 2001 2006 Variation (%)
Population 27 335 27 366 26 898 - 2 %
Nombre de personnes employées 10 400 11 571 11 635 12 %
Revenu médian des ménages 33 656 $ 38 073 $ 40 897 $ 22 %

Source : Statistique Canada, données de recensement.

Population

La population du comté de Charlotte se chiffrait à 27 335 en 1996 et à 26 898 in 2006, ce qui représente une diminution de 1,6 %, alors que la population totale de la province a diminué de 1 % au cours de la même période (tableau 11).

Emploi

De 1996 à 2006, le nombre d’emplois dans le comté de Charlotte a augmenté de 12 % environ. Cette augmentation était alimentée en grande partie par d’importantes améliorations de l’emploi dans les domaines des soins de santé et des services sociaux (29 %) et des activités primaires, y compris l’aquaculture (22 %). Ces importants gains ont été neutralisés dans une certaine mesure par les pertes d’emploi dans le secteur manufacturier et le secteur de la construction (- 29 %), ainsi que dans le secteur de la vente au détail (- 4 %).

Revenu

Le revenu médian des ménages et le revenu médian des particuliers ont nettement augmenté dans le comté de Charlotte au cours de la décennie prenant fin en 2006. Le revenu médian des ménages a augmenté de 22 %, pour passer de 33 656 $ à 40 897 $, alors que le revenu des ménages dans la province au cours de la même période a augmenté de 28,9 %, pour passer de 35 064 $ à 45 194 $.

Hypothèses sur l’activité et ses effets

L’aquaculture a transformé le comté de Charlotte d’une région de chômage élevé et à faible revenu en une région de prospérité relative dans la province. Bien que les niveaux de revenu et d’emploi se situent encore sous les niveaux moyens pour la province, le comté a fait d’importants gains au cours des deux dernières décennies par rapport à une économie caractérisée par le travail saisonnier et des possibilités économiques limitées. L’aquaculture et les industries dérivées d’approvisionnement et de services sont une source d’emplois et de bons revenus à longueur d’année. Cette industrie d’exportation est devenue la base de l’économie locale.

Une question clé se pose sur les retombées locales de l’aquaculture : quelle est la partie du total de l’activité d’aquaculture et des emplois et revenus connexes ayant lieu dans la région? Les renseignements obtenus de l’industrie, ajoutés aux données de Statistique Canada (compte de valeur ajoutée), semblent indiquer que, des dépenses totales de 205 millions de dollars engagées par l’industrie en 2007, environ 150,0 millions ont été consacrés à l’achat d’intrants directs et indirects dans la zone de rayonnement (annexe B). Comme l’ensemble de l’activité directe de salmoniculture a lieu dans le comté de Charlotte, nous reconnaissons que la salmoniculture a des effets connexes directs à un niveau de 100 % (tableau 12).

Une bonne partie de l’activité indirecte a lieu également dans le comté de Charlotte, quoique la proportion exacte ne soit pas connue avec certitude. Les renseignements fournis par l’industrie de l’aquaculture semblent indiquer que cette proportion se situe entre 60 et 70 % (p. ex. les aliments pour poissons, dont la moitié environ provient de la Nouvelle-Écosse, comptent pour 40 % environ des dépenses d’exploitation). Donc, par prudence, nous utilisons la limite inférieure pour estimer les effets locaux sur l’emploi et le revenu. Nous utilisons la même hypothèse pour établir les effets secondaires.

Tableau 12
Effet dans la province et le comté de Charlotte

  Nouveau-Brunswick Comté de Charlotte
Emploi (ETP) Revenu (k$) Emploi (ETP) Revenu (k$)
Effet direct 1 100 31 700 1 100 31 700
Effet indirect 770 27 700 460 16 600
Effet secondaire 520 16 400 310 9 800
Total 2 400 75 800 1 870 58 100

Source : Modèle interprovincial d’entrées-sorties de Statistique Canada de 2005 et estimations de l’industrie.

Contexte de l’aquaculture

La salmoniculture occupe une place importante dans l’économie du comté de Charlotte. Toutes les entreprises de production salmonicole sont basées à St. George, tout comme nombre des entreprises qui leur fournissent biens et services (transformation du poisson, filets et entretien, transport, emballage, machinerie et équipement). Une récente étude a révélé que quelque 100 entreprises fournissent des biens et services à l’industrie et que nombre de celles‑ci en dépendent entièrement.

Le tableau 13 met en contexte les effets sur l’emploi et le revenu en les comparant au total régional. Il faut interpréter ces résultats avec prudence.

  • En premier lieu, à cause des restrictions sur les données, la comparaison de l’emploi sous‑estime l’effet pour deux raisons : premièrement, elle compare le nombre de personnes employées dans la région et le nombre d’équivalents à temps plein d’emploi créés par l’aquaculture et, deuxièmement, elle compare une valeur saisonnière à une valeur annuelle d’ETP. Des données de recensement correspondant aux données de l’industrie de l’aquaculture n’étaient pas disponibles.
  • En deuxième lieu, à nouveau à cause des restrictions sur les données, nous avons dû faire une estimation du revenu global dans la région qui correspond au revenu d’emploi dans l’aquaculture (nous avons estimé le revenu régional d’après le nombre de personnes employées et le revenu d’emploi médian). Le revenu moyen de l’aquaculture est considérablement plus élevé que le revenu médian au niveau du comté et ce fait, ajouté à la déformation par le bas de l’effet sur l’emploi (voir ci‑dessus), explique l’effet relativement élevé sur le revenu.

Tableau 13
Retombées de l’aquaculture dans le comté de Charlotte

  Comté de Charlotte Aquaculture Aquaculture
(% du total)
Emploi 11 635 1 870 16 %
Revenu (k$) 222 800 $ 58 100 $ 26 %

Source : Statistique Canada, Recensement du Canada, Profil des communautés de 2006, et tableau A-4 (ci‑dessus).

3. Nord et est de l’Île-du-Prince-Édouard

Zone de rayonnement

L’évaluation de l’effet économique de l’aquaculture à un niveau communautaire ou régional à l’Île-du-Prince-Édouard présente des défis particuliers, principalement parce que les sites de grossissement sont distribués à grande échelle le long des côtes nord et est de la province, alors que les installations de transformation sont établies à quatre endroits, dont deux à une certaine distance des principales aires de culture. En résumé, l’industrie n’a pas de centre géographique coïncidant avec une collectivité bien définie. Bien que cela puisse être une bonne chose pour les centaines de résidents ruraux de la province qui travaillent au sein de l’industrie, la définition d’une zone de rayonnement requiert une certaine créativité.

La zone de rayonnement de l’aquaculture à l’Île-du-Prince-Édouard (PEI) est dérivée du rassemblement de données par secteurs de recensement capturant presque toute la production de l’aquaculture et l’activité de transformation dans la province. La zone de rayonnement se compose de plusieurs petits villages ruraux où l’aquaculture est l’une des seules sources d’emploi et de revenu à longueur d’année. Des données ont été recueillies à l’échelle des secteurs de recensement, ce qui a permis de quantifier des indicateurs socio-économiques. Ces indicateurs ont ensuite été cumulés pour établir l’importance de l’industrie au niveau infraprovincial. Les collectivités faisant l’objet d’un profil incluent celles situées aux abords et à proximité des baies et estuaires où l’aquaculture est pratiquée (figure 11), notamment :

  • Baie Malpèque
  • Baie New London
  • Rivière Murray
  • Baie Tracadie
  • Rivière Boughton
  • Rivière Brudenell
  • Bassin Darnley
  • Baie Rustico
  • Baie St. Peter’s
  • Baie Cardigan
  • Baie St. Mary’s
  • Rivière Montague
  • Baie Savage Harbour
  • Baie Hillsborough

Figure 11. Aquaculture à l’Île-du-Prince-Édouard.

Figure 11 : Aquaculture à l’Île-du-Prince-Édouard

Économie

L’agriculture, les pêches et l’aquaculture jouent des rôles centraux dans les collectivités mises en vedette. La plupart des activités aquacoles ont lieu dans 20 baies et estuaires du nord et de l’est de la province. Le traitement des moules se fait à Morell, Orwell Cove, New London et Borden-Carleton. L’agriculture et les services connexes, y compris la transformation, le transport et l’entreposage, sont bien développés et constituent la pierre angulaire de nombre de ces économies locales. Le tourisme est le soutien principal de l’économie provinciale dans son ensemble; il joue à divers degrés un rôle dans les collectivités mises en vedette. Évidemment, la pêche du homard occupe également une place importante dans l’économie provinciale bien que, comme l’agriculture et le tourisme, elle soit hautement saisonnière. Une distinction importante entre l’aquaculture et ces autres industries est que l’aquaculture est une activité pratiquée à longueur d’année.

Tableau 14
Indicateurs économiques des effets de l’aquaculture à l’Î.-P.-É.

  1996 2001 2006 Variation (%)
Population 22 005 - 22 323 1,4 %
Nombre de personnes employées 9 650 - 8 895 - 8 %
Revenu médian des ménages 33 888 $ - 46 913 $ 38 %

Source : Statistique Canada, données de recensement.

Population

La population totale des collectivités dont le profil est établi a augmenté entre 1996 et 2006, pour passer de 22 005 à 22 323 personnes. Cette augmentation est égale au taux provincial d’accroissement de la population, qui se chiffrait à 1 % environ au cours de la même période (tableau 14).

Emploi

Le nombre total d’emplois dans les collectivités dont le profil est établi a diminué par 8 % environ entre 1996 et 2006, pour passer de 9 650 à 8 895 emplois.

Revenu

Bien que le revenu médian des ménages (y compris le revenu de toutes sources) dans la zone de rayonnement ait augmenté par 38 % au cours de la période 1996-2006, le revenu d’emploi total a modérément diminué. Il a chuté par 7 %, pour passer de 159 millions de dollars en 1996 à 144 millions en 2006.

Hypothèses sur l’activité et ses effets

L’aquaculture contribue à l’économie de la zone de rayonnement de trois manières importantes : 1) elle est une source de revenu et d’emploi à longueur d’année dans une région qui a traditionnellement connu peu d’autres possibilités d’emploi que la pêche saisonnière et l’agriculture; 2) elle est une activité largement distribuée au plan géographique et accessible à ceux qui préfèrent vivre à la campagne; et 3) elle crée (plutôt que circule) la richesse dans le sens qu’elle dépend presque exclusivement des débouchés extérieurs pour ses revenus.

Une question clé concernant les effets locaux de l’aquaculture est quelle proportion de l’ensemble de l’activité et de l’emploi et du revenu connexes a lieu dans la région. Les renseignements fournis par l’industrie, ajoutés aux données de Statistique Canada (compte de valeur ajoutée) semblent indiquer que, des dépenses totales de 27,0 millions de dollars engagées par l’industrie en 2007, 24,0 millions environ l’ont été dans la zone de rayonnement pour l’achat d’intrants directs et indirects (annexe B).

L’industrie génère un effet indirect modeste étant donné la nature de l’activité. Une bonne partie de l’activité indirecte a lieu dans la zone de rayonnement, mais la proportion exacte n’est pas connue avec certitude. Les renseignements fournis par l’industrie suggèrent qu’elle se situe probablement entre 60 et 70 %, y compris les intrants comme le naissain pour engraissement, le transport, l’entretien et les réparations. Donc, par prudence, nous utilisons la limite inférieure pour estimer les effets locaux sur l’emploi et le revenu. Nous utilisons la même hypothèse pour établir les effets secondaires.

Tableau 15
Effet à l’Île-du-Prince-Édouard et dans la zone de rayonnement

  Île-du-Prince-Édouard Zone de rayonnement
Emploi (ETP) Revenu (k$) Emploi (ETP) Revenu (k$)
Effet direct 640 17 800 640 17 800
Effet indirect 100 2 300 60 1 380
Effet secondaire 200 5 200 120 3 120
Total 940 25 300 820 22 300

Source : Modèle interprovincial d’entrées-sorties de Statistique Canada de 2005 et estimations de l’industrie.

Contexte de l’aquaculture

Le tableau 16 met en contexte les effets sur l’emploi et le revenu en les comparant au total régional. Les données indiquent que l’aquaculture pèse pour 10 % environ de l’emploi et du revenu dans la zone de rayonnement. Il faut interpréter ces résultats avec prudence.

  • En premier lieu, à cause des restrictions sur les données, la comparaison de l’emploi sous‑estime l’effet pour deux raisons : premièrement, elle compare le nombre de personnes employées dans la région et le nombre d’équivalents à temps plein d’emploi créés par l’aquaculture et, deuxièmement, elle compare une valeur saisonnière à une valeur annuelle d’ETP. Des données de recensement correspondant aux données de l’industrie de l’aquaculture n’étaient pas disponibles.
  • En deuxième lieu, à nouveau à cause des restrictions sur les données, nous avons dû faire une estimation du revenu global dans la région qui correspond au revenu d’emploi dans l’aquaculture (nous avons estimé le revenu régional d’après le nombre de personnes employées et le revenu d’emploi médian). Le revenu moyen de l’aquaculture est plus élevé que le revenu médian dans la zone de rayonnement et ce fait, ajouté à la déformation par le bas de l’effet sur l’emploi (voir ci‑dessus), explique l’effet plus élevé sur le revenu.

Tableau 16
Retombées économiques de l’aquaculture dans les zones rurales de l’Î.-P.-É.

  Zone de rayonnement Aquaculture Aquaculture
(% du total)
Emploi 8 895 820 9 %
Revenu (k$) 196 500 $ 22 300 $ 11 %

Source : Statistique Canada, Recensement du Canada, Profils des communautés de 2006, et tableau A-10 (ci‑dessus).

4. Île Manitoulin, Ontario

Zone de rayonnement

L’évaluation de l’effet économique de l’aquaculture au niveau communautaire ou régional présente certains défis. Il est nécessaire, pour faire des estimations fiables de cet effet, d’avoir une correspondance étroite entre les limites géographiques de l’activité et la zone de rayonnement et de disposer de données directement comparables sur l’activité et la zone.

Ces limites correspondent raisonnablement bien dans l’île Manitoulin. Les sites aquacoles bordent l’île, et une grande partie de l’activité directe connexe y a lieu. La plupart des entreprises qui fournissent des biens et services aux aquaculteurs (activité indirecte) sont situées ailleurs, dans des collectivités avoisinantes.[16] L’estimation de l’effet des ces activités particulières par rapport au niveau plus large de l’activité économique présente un plus grand défi parce que des données directement comparables ne sont pas disponibles; elles doivent être estimées à partir de données de recensement. La carte de la figure 12 illustre les sites d’élevage en cages alentour de l’île Manitoulin.

Figure 12. Aquaculture au large de l’île Manitoulin.
 
Figure 12 : Aquaculture au large de l’île Manitoulin

Économie

Étant un centre régional de soins de santé et de services sociaux, l’île Manitoulin a connu un niveau modéré de croissance en terme de population, d’emploi et de revenu. Éperonnée par cette croissance et l’attraction de cette région pour les retraités, l’économie s’est déplacée de l’industrie primaire vers les services qui répondent aux besoins de ce segment de la population, comme la vente au détail, les services professionnels et les services financiers. Bien que l’ensemble de l’activité agricole ait diminué de 1996 à 2006, certaines industries à créneaux, comme l’aquaculture, le secteur de l’élevage bovin et l’industrie laitière, jouent encore un rôle important. Les agréments naturels de l’île, les nombreux moyens d’accueil, restaurants et activités ont fait du tourisme un important moteur de l’activité économique.

Tableau 17
Indicateurs économiques pour le district de Manitoulin

  1996 2001 2006 Variation (%)
Population 11 747 12 679 13 090 11 %
Nombre de personnes employées 4 585 5 140 5 270 15 %
Revenu médian des ménages 31 441 $ 32 238 $ 39 645 $ 26 %

Source : Statistique Canada, données de recensement.

Population

La population du district de Manitoulin a augmenté d’environ 11 % entre 1996 et 2006, pour passer de 11 747 à 13 090 personnes. Ce pourcentage est légèrement inférieur au taux d’accroissement de la population de la province au cours de la même période, qui se chiffrait à 13 % (tableau 17).

Emploi

Le nombre d’emplois dans le district de Manitoulin a modérément augmenté de 1996 à 2006, soit de 12 % environ, pour passer de 5 275 à 5 890 emplois. Une proportion importante de cette augmentation peut être attribuée à l’augmentation de 38 % des services de soins de santé et des services sociaux reliés à l’emploi au cours de la même période. Les secteurs du commerce de détail et de l’éducation ont connu des gains modérés (de 4 à 5 %), alors que l’agriculture, les pêches et la foresterie ont vu leur taux d’emploi chuter de plus de 11 % par rapport à 1996. Bien que le taux de chômage global du district ait chuté de 21 % environ au cours de la décennie se terminant en 2006, il continue, à 10,4 %, d’être considérablement plus élevé que la moyenne provinciale de 6,4 %.

Revenu

L’économie du district de Manitoulin est structurée vers des activités à faible revenu. Le revenu médian se chiffre au deux tiers de la moyenne provinciale. Le revenu médian des ménages a augmenté de 26 % entre 1996 et 2006, pour passer de 31 441 $ à 39 645 $. En comparaison, le revenu médian provincial des ménages a augmenté de 34 % environ, passant à 60 455 $ en 2006.

Hypothèses sur l’activité et ses effets

La truiticulture constitue une importante source de diversification économique pour l’île Manitoulin. Le taux de chômage relativement élevé dans l’île reflète les défis auxquels les collectivités rurales font face pour générer des avenues de développement économique. L’utilisation productive de ressources locales pour gagner un revenu en « exportant » des produits contribue à la base de l’économie locale. Des dépenses totales de 8,7 millions de dollars engagées par l’industrie en 2007, 5,1 millions environ l’ont été dans la zone de rayonnement. L’aquaculture compte pour 1 % environ des emplois et des revenus dans la région.

Une question clé concernant les effets locaux de l’aquaculture est quelle proportion de l’ensemble de l’activité et de l’emploi et du revenu connexes a lieu dans la région (district de Manitoulin). Comme la plus grande partie de l’activité directe a lieu dans la région, nous y attribuons les effets directs connexes (tableau 18). Les renseignements fournis par l’industrie, ajoutés aux données de Statistique Canada (compte de valeur ajoutée), semblent indiquer que, des dépenses totales de 8,7 millions de dollars engagées par l’industrie en 2007, 5,1 millions environ l’ont été dans la zone de rayonnement (annexe B). Comme l’ensemble de l’activité directe de production a lieu dans la zone de rayonnement, nous y attribuons 100 % des effets directs connexes (tableau 15).

Bien que les activités aquacoles soient une source d’emploi et de revenu directs pour les résidants, pratiquement toutes les quelque 100 entreprises qui fournissent biens et services au secteur (transformation du poisson, aliments pour poissons, fabrication et entretien des cages, transport, emballage, machinerie et équipement) sont situées à l’extérieur de la zone de rayonnement, dans des collectivités du nord et du sud de l’Ontario. C’est pourquoi nous n’attribuons aucun effet indirect ou secondaire de l’aquaculture à l’économie locale.

Tableau 18
Effet en Ontario et dans le district de Manitoulin

  Ontario District de Manitoulin
Emploi (ETP) Revenu (k$) Emploi (ETP) Revenu (k$)
Effet direct 110 2 700 50 1 200
Effet indirect 55 2 000 - -
Effet secondaire 50 1 500 - -
Total 215 223 900 50 1 200

Source : Modèle interprovincial d’entrées-sorties de Statistique Canada de 2005 et estimations de l’industrie.

Contexte de l’aquaculture

Le tableau 19 met en contexte les effets sur l’emploi et le revenu en les comparant au total régional. Les données indiquent que l’aquaculture pèse pour 1 % environ de l’emploi et du revenu dans le district. Il faut interpréter ces résultats avec prudence.

  • En premier lieu, à cause des restrictions sur les données, la comparaison de l’emploi sous‑estime l’effet pour deux raisons : premièrement, elle compare le nombre de personnes employées dans la région et le nombre d’équivalents à temps plein d’emploi créés par l’aquaculture et, deuxièmement, elle compare une valeur saisonnière à une valeur annuelle d’ETP. Des données de recensement correspondant aux données de l’industrie de l’aquaculture n’étaient pas disponibles.
  • En deuxième lieu, à nouveau à cause des restrictions sur les données, nous avons dû faire une estimation du revenu global dans la région qui correspond au revenu d’emploi dans l’aquaculture (nous avons estimé le revenu régional d’après le nombre d’employés et le revenu d’emploi médian).

Tableau 19
Retombées économiques dans le district de Manitoulin

  District de Manitoulin Aquaculture Aquaculture
(% du total)
Emploi 5 270 50 1,0 %
Revenu (k$) 109 000 $ 1 200 $ 1,1 %

Source : Statistique Canada, Recensement du Canada, Profils des communautés de 2006, et tableau A-4 (ci‑dessus).

5. PRINCIPALES TENDANCES ET POSSIBILITÉS

1. Facteurs de succès et possibilités de croissance

Plusieurs facteurs ont contribué au développement et à la croissance rapides de l’industrie de l’aquaculture au Canada au cours des 20 dernières années. Les particularités varient selon l’espèce et la région mais, en général, les facteurs clés étaient les suivants :

  • abondance de sites présentant des conditions biophysiques favorables;
  • meilleure compréhension des premiers stades des cycles vitaux et développement de techniques pour améliorer les taux de survie des poissons et des coquillages à ces stades;
  • développement de meilleurs stocks de géniteurs;
  • améliorations de la technologie de grossissement et de récolte;
  • entreprises et individus prêts à prendre des risques et à participer au développement de l’industrie;
  • marchés réceptifs;
  • régimes de réglementation favorables à la fin des années 1980 et dans les années 1990;
  • programmes de développement financés par l’État.

Mais la croissance n’a pas été uniformément forte dans toutes les régions, même où le potentiel en terme de conditions biophysiques peut avoir été favorable. Les figures 13 et 14 montrent que, à part quelques fluctuations, la production salmonicole a atteint un plateau sur les côtes Est et Ouest dans les années avant 2005, alors que la production conchylicole s’est stabilisée puis a diminué en 2008.

Figure 13 / Figure 14

Figure 13 : Production canadienne de saumon d’élevage, 1990-2008 / Figure 14 : Production canadienne de coquillages Canada, 1990-2008

Il existe des possibilités de croissance future, mais l’industrie canadienne de l’aquaculture fait face à plusieurs défis. Une liste des facteurs contribuant aux forces et aux faiblesses de l’industrie, ainsi que des possibilités et des menaces pour cette dernière dans chaque région, est dressée dans les tableaux 20 à 22.

2. Colombie-Britannique

Saumon

Possibilités et défis

D’après des sources industrielles, on constate une possibilité limitée de croissance dans le domaine de la production du saumon en Colombie-Britannique, mais les représentants de l’industrie précisent qu’au mieux, cette augmentation peut atteindre tout près de 10 % par rapport aux niveaux actuels (qui sont de 70 000 à 75 000 tonnes par année). On considère que la productivité des sites est un facteur limitatif, le ministère de l’Agriculture et des Terres ait accordé des permis à près de 130 sites, dont de 30 à 40 sont inactifs en raison d’une faible productivité. Par conséquent, une croissance de l’ordre de 10 % repose sur l’accès à un plus grand nombre de sites et sur des amendements afin d’accroître la production des sites actuels.

L’industrie est actuellement bien positionnée pour tirer profit de possibilités de croissance. Elle occupe une place importante aux États-Unis, où elle approvisionne un marché à la hausse en poisson de qualité élevée. Un fléchissement de l’approvisionnement en provenance du Chili a entraîné un renforcement des prix; il est probable que cette situation perdurera une ou deux autres années. L’industrie est également structurée de sorte à pouvoir prendre de l’expansion grâce à la fusion des quelque 100 entreprises salmonicoles en quatre entreprises principales dans les années 1980.

Mais plusieurs facteurs nuisent à la capacité de l’industrie de prendre de l’expansion et de renforcer sa position sur les marchés. La lenteur du processus d’approbation de nouveaux sites ou de modifications aux baux existants compte parmi ceux-ci. Il en résulte que l’industrie doit composer avec un trop grand nombre de petits sites improductifs et de coût élevé. Un mauvais contrat social né de la perception du public que la salmoniculture est responsable des dommages aux stocks sauvages contribue sans aucun doute à la lenteur des approbations réglementaires. Il faut également tenir compte du devoir de consulter des provinces et de l’accommodement des intérêts dans les droits et titres des Premières nations dans le calendrier de décisions.

Tableau 20
Analyse FFPM pour l’aquaculture en Colombie-Britannique

  Saumon Huître et autres coquillages
Forces
  • Proximité du marché américain
  • Prix à la hausse/industrie rentable
  • Excellente santé du poisson
  • Industrie unifiée
  • Excellente industrie des services de soutien
  • Bonnes conditions biophysiques
  • Marché local/régional fort
Faiblesses
  • Mauvais contrat social
  • Lenteur du processus de réglementation
  • Conditions biophysiques sous-optimales
  • Petites fermes/coûts de production élevés
  • Mauvais climat d’investissement
  • Industrie fragmentée
  • Petites unités de production
  • Mauvais climat d’investissement
  • Production limitée de naissain
  • Transfert limité de la technologie
Possibilités
  • Potentiel de croissance dans les sites exposés
  • Gestion par zone et réduction des risques
  • Renforcement du marché par le biais de liens de vente au détail plus étroits
  • Ententes avec des Premières nations
  • Transformation à valeur ajoutée
  • Productivité accrue des sites
  • Possibilités d’expansion
  • Possibilité de diversification des espèces
  • Débouchés extérieurs
Menaces
  • Réduction de la production : maladies et pou du poisson
  • Croissance nulle : pas d’accès à de nouveaux sites
  • Tension sur les prix : arrivée de la Norvège sur le marché américain
  • Rentabilité : dollar canadien plus fort
  • Opérations : pénurie de main‑d’œuvre
  • Croissance nulle : opposition à l’expansion
  • Réduction de la production : qualité de l’eau/maladies
  • Opérations : pénurie de main‑d’œuvre

En plus des défis que pose la croissance entravée par la lenteur du processus de réglementation, l’industrie fait état d’un certain nombre de menaces aux niveaux actuels de rentabilité. Les producteurs norvégiens se mobilisent pour grandir dans le marché américain et combler le vide laissé par le Chili. Cela signifierait une pression en baisse sur les prix et une réduction de la part de marché. La vigueur du dollar canadien signifie également une réduction des profits, étant donné la forte dépendance sur le marché américain (plus de 70 % de la production). L’obtention d’une main-d’œuvre adéquate pour effectuer les travaux d’élevage et de transformation ne pose pas problème à l’heure actuelle à cause du ralentissement économique, mais la pénurie de travailleurs a causé des problèmes par le passé et pourrait en causer à l’avenir lorsque l’économie se rétablira.

L’accès à de nouveaux sites signifie que des accords d’exploitation mutuellement avantageux seront passés avec des Premières nations, sur le territoire desquelles nombre de ces sites hautement productifs sont situés. Plusieurs tels accords sont déjà en place. Leurs objectifs sont de faciliter le dialogue avec les Premières nations, de favoriser le développement d’un cadre pour leur participation directe dans l’industrie, d’assurer la sécurité opérationnelle de l’entreprise et de lui offrir un potentiel de croissance. S’ils sont mis en œuvre efficacement, les protocoles d’accord créent une capacité parmi les Premières nations et génèrent des possibilités économiques. La participation de la Première nation de Kitasoo constitue l’un des meilleurs exemples de la manière que l’aquaculture peut être profitable aux collectivités traditionnelles. Les Kitasoo exploitent une ferme salmonicole et une usine de transformation qui, globalement, emploient quelque 45 membres de la bande et génèrent $1,5 million de dollars environ de revenu par an.

Effet sur les industries de soutien à l’aquaculture

L’effet sur les industries de soutien à l’aquaculture se produit plus ou moins en proportion des changements dans la production salmonicole, bien que certaines industries puissent être touchées plus que d’autres selon que l’accroissement de la production se produit par le biais de l’utilisation plus productive des sites existants ou de l’accroissement du nombre de sites. Par exemple, l’effet sur les fabricants de cages, les entreprises d’entretien et les entreprises de plongée dépend principalement du nombre de sites (et de cages), alors que l’effet sur les fabricants d’aliments, les compagnies de transport et les fournisseurs d’emballage et d’agents thérapeutiques dépend du nombre de poissons mis en élevage.

Puisque la croissance de l’industrie repose principalement sur l’accès aux nouveaux sites, on pourrait alors s’attendre à ce qu’une croissance de 10 % de l’industrie entraîne une expansion proportionnelle de toutes les industries connexes. Étant donné que la croissance de l’industrie dépend principalement de l’accès à de nouveaux sites, on pourrait s’attendre à ce que la croissance de l’industrie par 10 % entraîne une expansion proportionnelle de toutes les industries de soutien. Même si nous ne connaissons pas davantage la capacité d’utilisation des diverses industries, il y a tout lieu de penser que toutes celles-ci ou la plupart pourraient absorber une expansion par 10 % sans avoir à investir dans de nouvelles usines et du nouvel équipement. Autrement dit, la capacité des industries connexes de traiter la production accrue de l’industrie salmonicole se traduirait principalement par l’augmentation de la vitesse de traitement et l’ajout d’employés.

Coquillages

Possibilités et défis

Des études indiquent que l’industrie de la conchyliculture a d’énormes possibilités de croissance par l’entremise d’augmentations de la productivité, vu le potentiel de marché et les espaces maritimes adéquats.[17] Mais l’industrie s’est lentement développée au cours de la dernière décennie et fait face à plusieurs défis pour atteindre son potentiel.

Sauf pour quelques exceptions notables, l’industrie est composée de petites unités de production. Bien que ce soit une bonne chose du point de vue du développement rural, parce qu’elle est ainsi constituée, elle ne dispose pas des ressources financières requises pour l’innovation technologique, ce qui résulte en une faible productivité, de faibles marges et la difficulté d’attirer des travailleurs et de les fidéliser. Une industrie fragmentée fait aussi face à des défis de marketing efficace. Ces caractéristiques, réunies, créent un mauvais climat d’investissement.

Il semble que les possibilités d’amélioration du rendement reposent sur l’accroissement de la productivité des sites existants et le développement du marché, tant au niveau local que des exportations. Il faut également réagir aux préoccupations d’ordre environnemental et esthétique que soulève chez le public l’expansion de l’industrie. L’éducation du public et l’innovation sont d’importance capitale pour résoudre ces problèmes. En dernier lieu, l’amélioration du rendement s’articulera aussi autour de la résolution de la difficulté à laquelle l’industrie fait face pour satisfaire à ses besoins en main-d’œuvre. Cela prendra du temps. L’industrie améliore ses marges par le biais de l’innovation technologique et le développement des marchés, ce qui lui permettra d’offrir des salaires plus alléchants tout en réduisant dans un même temps sa dépendance sur la main-d’œuvre.

Effet sur les industries de soutien à l’aquaculture

En l’absence d’une croissance prévue de la production de coquillages qui dépasse le taux de croissance de la dernière décennie et étant donné la dépendance limitée de la plupart des producteurs sur des ressources externes, il est difficile de prévoir un effet plus que minimal sur les industries de soutien à l’aquaculture.

3. Provinces de l’Atlantique

Saumon

Possibilités et défis

Il existe des possibilités d’accroissement de la production salmonicole dans les provinces de l’Atlantique. Le système de gestion par baie introduit au Nouveau-Brunswick en 2006 a entraîné une réduction du nombre de sites actifs dans une année donnée. La capacité de production annuelle dans des conditions favorables est estimée à 45 000 t d’une charge de 11 millions de smolts. L’industrie ensemence de 7 à 8 millions de smolts par an à l’heure actuelle; la production se situe aux alentours de 35 000 t. Il existe des possibilités d’expansion en Nouvelle-Écosse, quoique les conditions biophysiques (risque de surrefroidissement) et l’opposition du public limitent le développement de sites potentiels. Il existe aussi des possibilités d’expansion dans la région de la baie d’Espoir, à Terre-Neuve-et-Labrador, mais aucune estimation ferme du potentiel de production n’est disponible.

L’industrie est actuellement bien positionnée pour tirer profit de possibilités de croissance. Les marchés canadien et américain sont situés à proximité, et l’industrie y jouit de prix à la hausse. Elle est également structurée de sorte à pouvoir prendre de l’expansion, les quelque 40 entreprises actives dans les années 1990 s’étant fusionnées pour former quatre entreprises principales. L’industrie jouit également d’un bon contrat social dans la plupart des régions, ce qui contribue à un climat d’investissement positif.

L’industrie fait état de plusieurs menaces à sa croissance. La concurrence exercée par les producteurs norvégiens sur le marché américain signifierait une tension sur les prix et une réduction de la part de marché. La vigueur du dollar canadien signifie aussi une réduction des profits, étant donné la forte dépendance sur le marché américain (plus de 70 % de la production). Les maladies constituent une menace constante, bien que le nouveau système de gestion par baie et l’adoption de protocoles de biosécurité plus rigoureux aient permis de réduire considérablement les risques. Trouver une quantité suffisante de travailleurs pour effectuer les travaux d’élevage et de transformation est un problème constant au Nouveau-Brunswick; au moins une entreprise a dû embaucher des travailleurs étrangers.

Tableau 21
Analyse FFPM pour l’aquaculture dans les provinces de l’Atlantique

  Saumon Moule/huître
Forces
  • Proximité du marché américain
  • Prix à la hausse/industrie rentable
  • Bonne séparation des sites/gestion par baie
  • Excellente santé du poisson
  • Industrie unifiée
  • Bon contrat social dans la plupart des régions
  • Bonnes conditions biophysiques
  • Marché local/régional solide
  • Bonne visibilité sur le marché
Faiblesses
  • Potentiel limité de nouveaux sites littoraux
  • Risque d’épisodes de surrefroidissement
  • Déséquilibre de la production dû au système de gestion par baie au N.-B.
  • Industrie fragmentée
  • Marché mal développé
  • Petites unités de production
  • Coûts de transport élevés
  • Risque de fermetures en saison
Possibilités
  • Potentiel de croissance dans les sites exposés
  • Force du marché par le biais de liens de vente au détail plus étroits
  • Transformation à valeur ajoutée plus poussée
  • Productivité accrue des sites
  • Coordination du marketing
  • Augmentation de la production à de nouveaux sites
Menaces
  • Réduction de la production : maladies et pou du poisson
  • Croissance nulle : pas d’accès à de nouveaux sites
  • Tension sur les prix : arrivée de la Norvège sur le marché américain
  • Rentabilité : dollar canadien plus fort
  • Opérations : pénurie de main‑d’œuvre
  • Croissance nulle : opposition au développement de nouveaux sites
  • Faibles marges : fort dollar canadien
  • Opérations : pénurie de main‑d’œuvre
  • Marché : production continue d’être limitée par la demande

Effet sur les industries de soutien à l’aquaculture

Les répercussions sur les industries de soutien à l’aquaculture suivent la même tendance qu’en Colombie-Britannique, l’effet étant ressenti plus ou moins en proportion au changement dans la production de saumon, bien que certaines industries pourraient être plus touchées que d’autres selon que la croissance se produise par l’utilisation plus productive des sites existants ou l’accroissement du nombre de sites.

  • Au Nouveau-Brunswick, il est probable que 30 % de la croissance au cours des prochaines années se produira par l’utilisation plus productive des sites existants à mesure que les entreprises s’adaptent au nouveau système de gestion par baie. Cela signifie que les effets de la croissance seront ressentis par les industries dont les extrants sont reliés au nombre de saumons et non au nombre de cages, soit les fournisseurs d’aliments pour poissons, ainsi que les entreprises qui fournissent des services de transformation, d’emballage et de transport. On peut s’attendre à ce qu’une croissance de cette ampleur résulte en une augmentation de la capacité pour satisfaire aux exigences additionnelles de débit d’extrants et aussi en un accroissement de l’emploi dans ces industries de soutien, dont la plupart sont basées dans le comté de Charlotte.
  • En Nouvelle-Écosse, on s’attend à une croissance modeste (un ou deux nouveaux sites) en raison des défis que pose l’approbation réglementaire. La capacité existante peut facilement absorber cet effet incrémentiel sur l’industrie.
  • À Terre-Neuve-et-Labrador, nous supposons qu’un nouveau site sera établi par an au cours des quelques prochaines années. Quelque 12 sites étant actuellement exploités, la production augmenterait donc par 5 à 10 % par an. Il est probable que l’effet incrémentiel sur l’industrie entraînera une expansion chez les industries de soutien, bien que la plupart de celles-ci soient à l’extérieur de la région, peu peuplée.

Coquillages

Possibilités et défis

D’après des estimations de la capacité biophysique, l’industrie de la conchyliculture a des possibilités de croissance en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick et à Terre-Neuve-et-Labrador, mais un potentiel de croissance limité à l’Île-du-Prince-Édouard. Et bien que l’industrie soit bien positionnée sur les marchés canadien et américain, le développement du marché n’a pas suivi la même cadence que la capacité de production de l’industrie. Par conséquent, l’industrie a dû composer avec des prix et des marges faibles.

L’industrie de la région de l’Atlantique se compose de nombreuses petites fermes familiales et de quelques grandes entreprises qui traitent leurs propres produits. Bien que ce soit un bon modèle de développement rural, il contribue aussi à la faiblesse générale de l’industrie. Comme cette dernière est constituée de petites unités de production, elle est caractérisée par une faible productivité, une innovation technologique limitée, une forte concurrence pour une part de marché et, en bout de ligne, de faibles marges. L’Île-du-Prince-Édouard est le principal producteur de coquillages, et sa position solide sur un marché limité limite la production dans les autres provinces où une expansion est possible. Dans ces circonstances, la fragmentation de l’industrie et la concurrence pour une part du marché ont tendance à faire chuter les prix. Ces caractéristiques, réunies, créent un mauvais climat d’investissement.

Les possibilités d’amélioration du rendement semblent reposer sur le développement de marchés et de l’adoption, par l’industrie, d’une approche de marketing plus coordonnée. À moins qu’une augmentation de la demande fait monter les prix et les marges, l’industrie semble destinée à rester enfermée dans une spirale concurrentielle où tout gain potentiel est sapé par le gâchage des prix pour réaliser des ventes.

Effet sur les industries de soutien à l’aquaculture

On s’attend à une augmentation limitée de la production au cours des prochaines années. Étant donné la dépendance limitée de la plupart des conchyliculteurs sur des ressources externes, il est difficile de prévoir plus qu’un effet minimal sur les industries de soutien à la conchyliculture.

4. Ontario

Truite

Possibilités et défis

L’industrie prend appui sur l’accès à des sites offrant d’excellentes conditions biophysiques et la proximité à un vaste marché dans le sud de l’Ontario. Elle est également étayée par de nombreuses entreprises fournissant des biens et services essentiels.

Bien qu’il existe d’amples possibilités d’expansion vu l’espace adéquat offrant de bonnes conditions de croissance, l’industrie ne considère pas le régime de réglementation comme lui étant favorable. En outre, les propriétaires fonciers et les propriétaires de chalet s’opposent à l’implantation de l’industrie dans leur voisinage, certains à cause de considérations d’ordre esthétique et d’autres, de craintes de dommages à l’environnement.

La crainte dans l’industrie est que, à moins qu’il y ait expansion, l’intérêt des aquaculteurs existants qui se sont démenés pour développer l’industrie pourrait décliner. Il serait donc difficile de soutenir les entreprises jusqu’à une deuxième génération, ce qui ferait qu’il serait impossible d’attirer de nouveaux aquaculteurs.

Tableau 22
Analyse FFPM pour l’élevage de la truite en cages en Ontario

Forces
  • Excellentes conditions biophysiques
  • Proximité aux marchés
  • Producteurs engagés
  • Industrie des biens et services solidaire
Faiblesses
  • Absence d’un système de réglementation à l’appui
  • Compétition par le saumon sur les marchés
  • Renseignements erronés sur les méthodes culturales
  • Appui public limité pour l’expansion
Possibilités
  • Espace et conditions pour l’expansion
  • Développement des marchés
Menaces
  • Croissance nulle : pas d’accès à de nouveaux sites
  • Tension sur les prix : par le saumon atlantique/l’omble
  • Opérations : renseignements erronés

Effet sur les industries de soutien à l’aquaculture

On s’attend à un accroissement limité de la production aquacole au cours des prochaines années. Par conséquent, il est difficile de prévoir un effet plus que minimum sur les industries de soutien à l’aquaculture, et ces répercussions pourraient être facilement absorbées au sein de la capacité existante.

6. BESOINS FUTURS DE RECHERCHE

1. Données complètes et cohérentes sur l’industrie de l’aquaculture

Statistique Canada publie des données annuelles sur l’aquaculture – des données sur la production et la valeur à la ferme et des données de compte de valeur ajoutée – qui devraient servir de base fiable pour l’estimation des effets de cette industrie. Cela est le cas la plupart du temps. Mais nous avons trouvé des cas où cela était impossible, notamment lorsque nous avons tenté : a) de rapprocher certaines données et les renseignements fournis par l’industrie; b) de rapprocher certaines données à la ferme et des données de compte de valeur ajoutée et c) de nous assurer que les données saisissaient la pleine mesure de l’activité aquacole dans toutes les provinces. Nous avons éventuellement résolu ces problèmes mais, pour ce faire, Statistique Canada et les consultants ont dû consacrer beaucoup de temps à clarifier les concepts et les méthodes.

Dans le cas du point a, Statistique Canada compte sur les provinces pour recueillir et présenter les données de production. Mais les provinces ne recueillent pas toutes les données de la même manière. Ce problème disparaîtrait si elles utilisaient toutes la même approche (même une forme standard) et obtenaient les rapports de production directement de l’industrie.

Dans le cas du point b, le problème peut être retracé à la manière dont les entreprises classifient leurs activités : aquaculture (SCIAN no 1125) ou transformation du poisson (SCIAN no 3317). L’approche utilisée à l’échelle de l’industrie ne semble pas uniforme et il n’est pas clair d’après les données provinciales quelle approche est utilisée. Cela mène à confusion parce que les différences et les changements d’une année à l’autre peuvent être attribuables à des changements réels dans la production ou à des changements dans la classification industrielle, mais il n’est pas clair lesquels.

Le point c découle du problème de classification mentionné au point b. Selon le SCIAN, la production d’un établissement peut être classifiée sous transformation du poisson même si ce n’est que la filiale de transformation d’une entreprise dont la principale activité est clairement l’aquaculture. Si de telles entreprises sont incluses dans la classification transformation du poisson (et cela n’est pas clair d’après les données), alors le compte de valeur ajoutée sous-estime la valeur finale de la production de l’aquaculture. Cela se produit chez le poisson et les coquillages.

La leçon à en tirer est que les données ne devraient pas considérées au pied de la lettre. L’analyste doit comprendre les concepts et les méthodes et savoir comment ajuster les données de sorte à ce qu’elles transmettent une image précise de l’industrie. Pour faciliter des études ultérieures de ce genre, Statistique Canada devrait peut-être ouvrir un compte satellite pour l’aquaculture qui saisit d’une manière officielle et uniforme la pleine valeur de l’activité de cette industrie.

2. Accent sur le secteur conchylicole

En comparaison au secteur du saumon, on sait peu de chose au sujet de la structure et du fonctionnement de l’industrie de la conchyliculture. Cela est dû en grande partie au fait que ce secteur a tendance à être constitué de petits producteurs indépendants qui se livrent à des activités de production peu viables sur le plan économique et incapables d’appuyer des organisations en mesure de mener ou de financer des études approfondies.

Cela présente un défi pour des études de ce genre. Les statistiques officielles contiennent des données limitées sur des indicateurs clés tels le nombre de concessions exploitées, la structure du capital social, l’emploi dans l’industrie et le niveau de revenu. La collecte de ces données et d’autres renseignements auprès de centaines de producteurs, dont nombre refusent de remplir des questionnaires ou sont trop occupés pour le faire, a tendance se situer au delà des ressources de ce genre d’étude général.

Mais pour donner une vue même générale du secteur, les responsables provinciaux des permis ou les associations industrielles devraient systématiquement collecter ces données de base. Une province recueille ces données périodiquement, mais d’autres ne le font pas et les lacunes dans les données ont généralement tendance à être importantes.

BIBLIOGRAPHIE

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Pêches et Océans Canada, Ministère de l’Agriculture, des Pêches et de l’Aquaculture du Nouveau‑Brunswick, Ministère des Pêches et de l’Aquaculture de Terre-Neuve-et-Labrador, Ministère de l’Agriculture et des Pêches de la Nouvelle-Écosse, Agence de promotion économique du Canada atlantique, Agriculture et Agroalimentaire Canada, Entreprises Nouveau-Brunswick et New Brunswick Salmon Growers Association. Rapport du Groupe de travail visant à favoriser la durabilité de l’industrie salmonicole au Canada atlantique. Avril 2005.

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Statistique Canada. Statistiques d’aquaculture. 2008.

ANNEXE A. VALEUR DE LA PRODUCTION DE SAUMON POUR LE NOUVEAU BRUNSWICK*

Production de saumon au Nouveau-Brunswick
  Valeur à la ferme Produit final
  Entier (60 %) Filet (40 %) Valeur
Production (t) 32 000 19 200 7 424  
Prix ($/kg) 5,00 6,16 11,43  
Valeur (k$) 160 000 118 272 84 856 203 128

Importations au Nouveau-Brunswick : 11 000 t de la Nouvelle-Écosse et du Maine
  Valeur à la ferme Produit final
  Entier (60 %) Filet (40 %) Valeur
Production (t) 11 000 6 600 2 552  
Prix ($/kg)   6,16 11,43  
Valeur (k$)   40 656 29 169 69 825

Valeur totale du produit final, y compris le poisson importé             272 954

Remarque

  1. Le nombre de tonnes (32 000) repose sur une capacité à l’équilibre.
  2. La division des produits repose sur les estimations de l’industrie.
  3. Le poids des filets repose sur une production de 40 % et un rendement de 58 %.
  4. Le prix du produit repose sur le prix des exportations américaines ajusté en fonction du taux de change.

*Ce calcul est requis à cause des préoccupations que soulève la précision des données et parce que 2007 n’est pas une année représentative pour l’industrie.

Effet des 203,1 M$ tirés de l’aquaculture (1125)
  PIB (k$) Emploi (ETP) Revenu (k$)
Effet direct 62 900 938 28 400
Effet indirect 32 500 548 18 300
Effet secondaire 22 300 386 12 200
Total 117 700 1 872 58 900
Effet des 69,8 M$ tirés de la transformation (3317)
  PIB (k$) Emploi (ETP) Revenu (k$)
Effet direct 4 007 140 3 287
Effet indirect 13 584 221 9 371
Effet secondaire 7 678 133 4 188
Total 25 269 494 16 846
Effet total
  PIB (k$) Emploi (ETP) Revenu (k$)
Effet direct 66 907 1 078 31 687
Effet indirect 46 084 769 27 671
Effet secondaire 29 978 519 16 388
Total 142 969 2 366 75 746

Source : Modèle interprovincial des entrées-sorties de 2005, Statistique Canada.

ANNEXE B. PARTS RÉGIONALES DES DÉPENSES PROVINCIALES TOTALES EN AQUACULTURE

(cliquez sur l'image pour l'élargie)

ANNEX B: DERIVATION OF REGIONAL SHARE OF TOTAL PROVINCIAL AQUACULTURE EXPENDITURES

(cliquez sur l'image pour l'élargie)

ANNEX B: DERIVATION OF REGIONAL SHARE OF TOTAL PROVINCIAL AQUACULTURE EXPENDITURES

ANNEXE C. MULTIPLICATEURS PROVINCIAUX : AQUACULTURE SCIAN N 1125

  Multiplicateurs par province Multiplicateurs - autres provinces
PIB Emploi Revenu PIB Emploi Revenu
Direct Indirect Secondaire Direct Indirect Secondaire Direct Indirect Secondaire   direct/indirect  
C.-B 0,27 0,30 0,19 3,97 4,16 2,52 0,14 0,17 0,09 0,19 2,47 0,09
Ont. 0,44 0,24 0,25 6,45 3,23 3,00 0,16 0,12 0,09 0,10 1,26 0,04
Qc 0,60 0,18 0,27 5,92 2,53 3,13 0,19 0,09 0,09 0,09 0,99 0,04
N.-B. 0,31 0,16 0,11 4,62 2,70 1,90 0,14 0,09 0,06 0,26 3,80 0,14
N.-É. 0,43 0,20 0,16 7,22 3,18 2,31 0,23 0,12 0,09 0,19 2,70 0,10
Î.-P.-É. 0,74 0,11 0,18 13,61 2,19 4,27 0,38 0,05 0,11 0,09 1,27 0,05
T.-N.-L. 0,45 0,19 0,14 4,83 2,68 1,58 0,14 0,11 0,05 0,19 2,72 0,10

1. Statistique Canada, Aquaculture Statistics 2008, no cat. 23-222-X.

2. Un aperçu du développement et de la croissance de la salmoniculture en Colombie-Britannique est donné dans Robson, Peter A., Salmon Farming: The Whole Story, 2006, Heritage House Publishing, Surrey, C.-B. Pour une description of the early développement de l’aquaculture au Canada atlantique, consulter Cold-Water Aquaculture in Atlantic Canada, 1995, edited by Andrew D. Boghen, Canadian Institute for Research on Regional Development.

3. Par exemple, Gardner Pinfold (2009), Impact économique des activités maritimes au Canada

4. Un excellent aperçu du développement et de la croissance de la salmoniculture en Colombie-Britannique se trouve dans Salmon Farming: The Whole Story, de Peter A. Robson, 2006, Heritage House Publishing, Surrey, C.-B.

5. Pour une description des débuts de la salmoniculture au Canada atlantique, voir « Salmon Aquaculture: Present Status and Prospects for the Future » de R.L. Saunders, dans Cold-Water Aquaculture in Atlantic Canada, 1995, publié sous la direction de Andrew D. Boghen, Institut canadien de recherche sur le développement régional.

6. L’élevage d’autres espèces de poissons, notamment la morue, le flétan et la morue charbonnière, est en voie de développement. Le cycle de production de ces espèces est différent de celui décrit pour le saumon car ce sont des poissons de mer.

7. Pour en savoir plus sur les techniques d’élevage, voir Aqua InfoMussel Culture in Prince Edward Island, publié par le ministère de l’Agriculture, des Pêches et de l’Aquaculture de l’Île-du-Prince-Édouard, et BC Seafood Factsheets - Pacific Oyster, publié par la BC Shellfish Growers Association.

8. La NHI (nécrose hématopoïétique infectieuse) est une infection virale qui attaque les reins et d’autres organes chez plusieurs espèces de poisons, y compris le saumon et la truite sauvages et d’élevage. Elle est inoffensive pour les humains. Chez les espèces mises en élevage, la maladie est gérée par vaccination, l’isolement des poissons infectés et la désinfection des œufs fertilisés.

9. L’industrie a été frappée par une épidémie d’anémie infectieuse du saumon ou AIS. L’AIS est causée par un virus (semblable au virus de la grippe) et survient principalement chez le saumon atlantique sauvage et d’élevage. Elle peut également se manifester chez la truite brune et la truite arc‑en‑ciel. L’AIS est inoffensive pour les humains, mais elle est létale pour le saumon. Des mesures de biosécurité rigoureuses ont été introduites pour réduire le risque et prévenir la propagation de cette maladie, y compris des méthodes de récolte contrôlée, des sites d’élevage d’une seule classe d’âge et un système de gestion par baie exigeant la rotation triennale des sites pour permettre un an de mise en jachère entre les classes d’âge successives.

10. Toutes les entreprises salmonicoles, sauf une, transforment toute ou presque toute leur production. Lorsque la transformation du poisson est effectuée par d’autres, ces deux ou trois entreprises transforment du saumon exclusivement. Dans le cas des coquillages, moins de producteurs transforment leur propre production, mais ceux qui le font transforment aussi la production d’autres.

11. Il est communément accepté que la production de l’aquaculture et des pêches de capture forme un intrant dans l’industrie de la transformation du poisson. Cela est généralement le cas, mais pas toujours. Pour la plupart des entreprises, le grossissement constitue la principale activité du point de vue du revenu, la transformation étant considérée comme une activité secondaire de l’entreprise ou donnée à la sous-traitance selon le principe de la rémunération des services. Dans ces circonstances, la transformation devient un coût des intrants pour l’entreprises aquacole, plutôt que le contraire.

12. Statistique Canada fixe la valeur du produit final pour le poisson au Nouveau-Brunswick à 130 millions de dollars en 2007. Notre estimation, reposant sur des données de l’industrie et du gouvernement provincial sur les produits et les prix, est de 273 millions de dollars (annexe A). Pour les coquillages, nous avons utilisé les données provinciales sur la production et le prix du produit final pour obtenir les estimations présentées au tableau 2.

13. Si les effets de l’aquaculture et de la transformation du poisson sont estimés séparément à l’aide d’un modèle des entrées-sorties, des ajustements sont requis pour éviter la double comptabilisation si les résultats sont additionnés. Cela vient du fait que l’effet de l’aquaculture (direct et indirect) serait saisi à juste titre et aussi comme un effet indirect de l’industrie de la transformation parce qu’elle représente un important intrant à cette industrie.

14. Les restrictions sur les données (restrictions sur la publication imposées par Statistique Canada) empêchent l’inclusion dans le tableau 2 des valeurs de l’aquaculture pour les provinces des Prairies et les territoires.

15. Les restrictions sur les données empêchent de faire une estimation de la valeur brute de la production pour les provinces des Prairies et les territoires.

16. Voir Economic Impact of the Cage Culture Industry in Ontario, HCA, 2006.

17. Voir Economic Potential of the British Columbia Aquaculture Industry, 1998, rapport rédigé pour le compte du ministère de la Diversification de l’économie de l’Ouest.