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Table des matières
Commerce de produits aquacoles
Gestion environnementale guidée par l'innovation
Ministères provinciaux responsables de l'aquaculture
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Aquaculture Canada (version PDF, 5.2mb)
L’aquaculture joue un rôle de plus en plus important dans l’économie canadienne, offrant d’intéressantes possibilités d’emploi dans les localités côtières et rurales du pays et contribuant à l’offre alimentaire mondiale. La production aquacole canadienne a plus que doublé depuis 1996 et sa valeur a presque triplé pendant la même période, frôlant maintenant le milliard de dollars par année. L’industrie aquacole canadienne a un potentiel énorme.
Cela étant, le gouvernement du Canada a engagé pour les cinq prochaines années un montant de 70 millions de dollars pour aider l’industrie aquacole à devenir plus concurrentielle et à produire de meilleurs résultats. Ce financement aidera à améliorer le processus réglementaire en assurant une meilleure coordination entre les différents ordres de gouvernement. Il aidera les concepteurs de règlements à se fonder sur des connaissances scientifiques pour élaborer des normes environnementales axées sur le rendement pour les entreprises aquacoles. Finalement, il stimulera l’innovation et la certification, gages d’une amélioration de la compétitivité et de la productivité de l’industrie.
La présente brochure brosse un tableau de l’industrie aquacole canadienne; elle contient de l’information essentielle sur l’industrie et explique les innovations scientifiques et technologiques quiont débouché sur des améliorations concrètes du rendement environnemental de l’industrie.
Le Canada produit des poissons et fruits de mer d’élevage d’une qualité et d’une salubrité inégalées, ce dont je suis très fière. Toutefois, pour garantir sa réussite à long terme, l’industrie de l’aquaculture doit démontrer qu’elle est écologiquement et économiquement viable, et que ses produits sont d’une qualité irréprochable.
L’honorable Gail Shea
Ministre des Pêches et des Océans
L’industrie aquacole canadienne produit des poissons et fruits de mer de première qualité. Les aquaculteurs élèvent un large éventail de poissons et de coquillages en eau salée et en eau douce. L’aquaculture répond à une demande mondiale croissante en poissons frais, nutritifs et abordables, à un moment où les populations de certaines espèces ont plafonné ou parfois même ont commencé à diminuer.
La plupart des activités aquacoles au Canada se déroulent dans un certain nombre de milieux marins sur les côtes est et ouest du pays. Quatre-vingt-dix pour cent de la production aquacole proviennent de l’élevage en mer et 10 %, de l’élevage en eau douce, que l’on pratique dans chacune des provinces, à une échelle limitée.
L’industrie emploie des technologies de pointe et doit se plier à des exigences réglementaires strictes concernant la salubrité des produits et le rendement environnemental. Appuyée par de solides connaissances et avis scientifiques fournis par le ministère des Pêches et des Océans (MPO) du Canada, l’industrie améliore continuellement sa productivité, sa compétitivité et sa durabilité.
En 2006, le Canada occupait la 16e place pour la valeur de sa production aquacole. La même année, la production aquacole a augmenté sa part du marché intérieur des poissons et fruits de mer. La valeur des produits aquacoles représentait le tiers des ventes de poissons et fruits de mer (sauvages et d’élevage confondus) au Canada; en 2005, ils représentaient le quart des ventes totales (Figure 1). Ce gain s’explique par la valeur plus élevée des produits de l’aquaculture.Figure 1 - Part des produits de l’aquaculture dans la valeur globale des poissons et fruits de mer vendus au Canada

Source: MPO
L’industrie aquacole canadienne continue de croître. En 2006, la production a atteint 181 491 tonnes, une hausse de 17 % par rapport à 2005, dont près de la moitié provenait de la Colombie-Britannique. Cette production a généré des ventes à la ferme d’une valeur jamais atteinte de 961 millions de dollars, soit une hausse de 34 %. Cette année-là, quantité et valeur ont dépassé les données de 2002, dernière année où la production avait atteint un sommet.
Les ventes de poissons ont représenté la majeure partie de cette hausse. La production piscicole a augmenté de 22 % et a atteint 142 815 tonnes, soit 78 % de la production totale (Tableau 1). Également, plus de 92 % de la valeur totale, soit 890 millions de dollars, ont été générés par la pisciculture (Tableau 2). Dans les poissons, on compte le saumon, la truite et quelques autres espèces marines et d’eau douce. La pisciculture est pratiquée dans toutes les provinces; les établissements salmonicoles sont concentrés en Colombie-Britannique et au Nouveau-Brunswick et les établissements trutticoles sont disséminés dans le centre du Canada et dans les Prairies.
La production de coquillages a augmenté modestement, tout comme la valeur des ventes. En 2006, de fortes tempêtes hivernales en Colombie-Britannique ont causé de lourdes pertes aux installations conchylicoles et aux stocks de coquillages. La production est passée de 38 611 tonnes en 2005 à 38 860 tonnes en 2006 et les ventes à la ferme ont atteint 70,5 millions de dollars. Parmi les coquillages d’élevage, on compte la moule, l’huître, la mye, le pétoncle et quelques autres espèces; la conchyliculture est concentrée sur la côte est. Les quatre provinces de la côte est – Terre-Neuve‑et‑Labrador, l’Île-du-Prince-Édouard, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick – ont produit 75 % de la production totale de coquillages; les 25 % restants sont répartis inégalement entre la Colombie-Britannique (24,2 %) et le Québec (0,8 %).Tableau 1 - Productions aquacoles par espèce (en tonnes)
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2002 |
2003 |
2004 |
2005 |
2006 |
|---|---|---|---|---|---|
|
|
|
|
|
|
Poissons |
|
|
|
|
|
Saumon |
126 321 |
99 961 |
90 646 |
98 369 |
125 880 |
Truite |
7 601 |
5 988 |
5 680 |
5 697 |
7 128 |
Divers |
3 601 |
8 502 |
7 491 |
12 621 |
9 807 |
Total (poissons) |
137 523 |
114 451 |
103 817 |
116 687 |
142 815 |
Coquillages |
|
|
|
|
|
Mye |
1 500 |
1 589 |
1 599 |
1 831 |
1 600 |
Huître |
11 520 |
13 621 |
13 228 |
12 957 |
12 488 |
Moule |
20 615 |
20 590 |
22 863 |
22 930 |
23 826 |
Pétoncle |
67 |
95 |
87 |
61 |
58 |
Divers |
578 |
594 |
808 |
832 |
708 |
Total (coquillages) |
34 280 |
36 489 |
38 585 |
38 611 |
38 680 |
Total aquaculture |
171 803 |
150 940 |
142 402 |
155 298 |
181 495 |
|
|
|
|
|
|
Tableau 2 - Ventes de produits aquacoles par espèce (k$)
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2002 |
2003 |
2004 |
2005 |
2006 |
|---|---|---|---|---|---|
|
|
|
|
|
|
Poissons |
|
|
|
|
|
Saumon |
502 036 |
441 471 |
400 180 |
543 337 |
789 089 |
Truite |
40 653 |
33 413 |
30 512 |
29597 |
34 882 |
Divers |
28 830 |
51 257 |
46 251 |
74 842 |
66 334 |
Total (poissons) |
571 519 |
526 141 |
476 943 |
647 776 |
890 305 |
Coquillages |
|
|
|
|
|
Mye |
7 100 |
7 903 |
7 371 |
8 600 |
8 300 |
Huître |
15 176 |
19 208 |
16 740 |
16 536 |
18 522 |
Moule |
31 449 |
30 929 |
32 807 |
33 582 |
35 739 |
Pétoncle |
464 |
687 |
656 |
460 |
461 |
Divers |
2 590 |
6 116 |
6 833 |
8 220 |
7 557 |
Total (coquillages) |
56 779 |
64 843 |
64 407 |
67 398 |
70 579 |
Total aquaculture |
628 298 |
590 984 |
541 350 |
715 174 |
960 884 |
|
|
|
|
|
|
Le secteur salmonicole a donné le ton avec 70 % de la production aquacole et 81 % des ventes (Figure 2). En 2006, la production salmonicole a augmenté de 28 % à 125 880 tonnes (Tableau 1). La valeur correspondante à la ferme a crû d’un imposant 45 % pour atteindre 789 millions de dollars (Tableau 2). Cette augmentation a été favorisée par le saumon atlantique et les prix élevés qu’il commande sur les marchés. La part du saumon du Pacifique (coho et quinnat) est modeste (environ 15 %) et diminue régulièrement depuis une dizaine d’années.
Figure 2 - Productions et ventes par espèce d’élevage, pour 2006

Source: MPO
La part du saumon d’élevage dans l’industrie aquacole s’est remise à monter en 2006 (Figure 3). La valeur a augmenté plus que la production. Les prix mondiaux plus élevés du saumon en 2006, stimulés par une croissance limitée de l’offre, ont eu un effet bénéfique sur l’industrie salmonicole canadienne, ce qui a engendré une hausse du prix à la ferme (Tableau 3).
Figure 3 - Part du saumon dans l’aquaculture au Canada. Source: MPO

Le gros de la production de saumon a lieu en Colombie-Britannique (59 %) et le reste, principalement au Nouveau-Brunswick, avec une certaine part à Terre-Neuve‑et‑Labrador et en Nouvelle-Écosse.
En 2006, la production de truites a augmenté à 7 128 tonnes et a atteint une valeur à la ferme de 34,8 millions de dollars (Tableaux 1 et 2). Les éleveurs produisent surtout de la truite arc-en-ciel mais aussi une certaine proportion d’omble de fontaine. Environ 60 % de la production provient de l’Ontario (Figure 4) – en grande partie, de la truite arc-en-ciel élevée en cages. Une tranche de 19 % de la production provient du Québec, surtout composée d’ombles de fontaine destinées à l’empoissonnement de plans d’eau de pêche récréative privés. Les autres provinces – surtout la Saskatchewan et l’Alberta – se partagent les quelque 21 % restants.
Un certain nombre de poissons d’eau salée et d’eau douce, groupés sous l’appellation « divers poissons », représentent une part non négligeable (7 %) de la production piscicole totale (Tableau 1). Un petit nombre de producteurs se spécialisent dans ces espèces, car les débouchés sont limités ou les techniques de production à fort volume n’ont pas encore été mises au point. Leur production combinée fluctue depuis de nombreuses années sans qu’on puisse dégager une véritable tendance. En 2006, la production a diminué de 27 % pour atteindre 9 171 tonnes, après avoir atteint un sommet sans précédent de 12 621 tonnes en 2005.
Figure 4 - Production de truites par province, 2002-2006. Source: MPO

La moule est la deuxième espèce produite, en volume, mais pas en valeur (Figure 2). Malgré une demande grandissante de moules sur le marché mondial, la croissance de la production a été lente. En 2006, la production a atteint 23 822 tonnes, soit seulement 4 % de plus qu’en 2005. En revanche, la valeur à la ferme a crû de 6 %, passant à 35,7 millions de dollars.
L’Île-du-Prince-Édouard est réputée pour sa moule bleue, espèce qui domine le marché canadien des coquillages d’élevage. Cette province a produit 72,3 % (17 234 tonnes) de la production canadienne, loin devant Terre-Neuve‑et‑Labrador (13,4 %) et les autres provinces productrices que sont le Québec, la Colombie-Britannique, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick.Tableau 3 - Prix moyen à la ferme des principales espèces d’élevage ($/kg)
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2002 |
2003 |
2004 |
2005 |
2006 |
|---|---|---|---|---|---|
|
|
|
|
|
|
Saumon |
4,00 |
4,40 |
4,40 |
5,50 |
6,30 |
Truite arc-en-ciel |
5,3 |
5,6 |
5,4 |
5,2 |
4,9 |
Moule |
1,50 |
1,50 |
1,40 |
1,50 |
1,50 |
Huître |
1,30 |
1,40 |
1,30 |
1,30 |
1,50 |
|
|
|
|
|
|
Quatre-vingt-six pour cent de la production d’huîtres provenaient de deux provinces : Colombie-Britannique (44 %) et Île-du-Prince-Édouard (42 %). Les 14 % restants étaient partagés entre la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick. En 2006, la production a baissé de 4 % à 12 488 tonnes (Tableau 1). Par contre, la valeur à la ferme de la production a bondi de 12 % pour atteindre 18,5 millions de dollars. La baisse de production est attribuable en partie aux pertes causées aux établissements ostréicoles de la Colombie-Britannique par de fortes tempêtes et à des infections des huîtres de la Nouvelle‑Écosse par un parasite désigné sous le nom de « Multinucleate Sphere X (sphère X multinucléée) ou MSX. La hausse de la valeur des ventes s’explique par une augmentation du prix unitaire (Tableau 3).
Les éleveurs de myes et autres coquillages apparentés ont subi des pertes similaires. Ce secteur de l’industrie a occupé une partie moins importante d’un marché beaucoup plus grand et n’a prospéré qu’en Colombie-Britannique. La production a baissé de 13 % à 1 600 tonnes mais les prix unitaires plus élevés (Tableau 4) ont permis aux producteurs d’éviter une chute des prix à la ferme. La valeur des ventes n’a baissé que de 3 % pour s’établir à 8,3 millions de dollars (Tableau 2).
La production de toutes les autres espèces de coquillages a diminué encore en 2006 pour s’établir à 708 tonnes, après avoir atteint un sommet de 832 tonnes en 2005; les ventes de ces espèces ont totalisé 7 557 000 dollars.Les statistiques sur la production n’identifient pas un bon nombre des espèces qui sont élevées au Canada parce que leur production est trop modeste pour justifier une déclaration distincte. Le Tableau 4 indique les principales espèces et donne une liste partielle de celles dont la production est groupée sous l’appellation « divers poissons » et « divers coquillages » dans les Tableaux 1 et 2. Ces espèces ne sont pas encore importantes du point de vue commercial, mais elles sont prometteuses pour la diversification de l’aquaculture canadienne.
Tableau 4 - Les espèces élevées au Canada
| Poissons | Coquillages | Plantes | ||
|---|---|---|---|---|
| Eau salée | Eau douce | |||
Espèces commerciales |
Saumon atlantique |
Truite arc-en-ciel |
Moule bleue |
|
Expérimental |
Morue franche |
Tilapia |
Palourde américaine |
Varech |
Source : MPO
* Différentes espèces
En 2006, les exportations de produits de l’aquaculture ont augmenté pour la deuxième année de suite, après un fléchissement en 2004. Les États-Unis demeurent le principal débouché pour les produits aquacoles canadiens, avec 93 % des ventes. Les exportations de produits aquacoles canadiens sont toujours plus élevées que les importations et ont augmenté en 2006. Les importations de produits aquacoles ont représenté moins de 4 % des échanges commerciaux en aquaculture. Les exportations ont augmenté de 9 % pour atteindre 562,5 millions de dollars alors que les importations ont diminué de 23 % pour s’établir à 21,8 millions de dollars. La balance commerciale des produits aquacoles a augmenté de 11 % à 540,7 millions de dollars (Tableau 5) et ce, en dépit de la vulnérabilité des exportateurs, causée par la force du dollar canadien face à la devise américaine.
Tableau 5 - Balance commerciale en aquaculture (k$)
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2002 |
2003 |
2004 |
2005 |
2006 |
|---|---|---|---|---|---|
|
|
|
|
|
|
Exportations |
641 654 |
489 010 |
421 759 |
514 559 |
562 581 |
Importations |
25 777 |
34 471 |
35 849 |
28 529 |
21 840 |
Balance |
615 877 |
454 539 |
385 910 |
486 030 |
540 741 |
Source : MPO
Les ventes de saumon ont représenté 96 % des exportations. Profitant d’une augmentation des prix sur le marché mondial, la valeur des exportations de saumon a continué de monter en 2006 pour atteindre 539 millions de dollars (Figure 5). Plus de 93 % des exportations de saumon étaient destinées aux grands marchés américains comme la Californie, le Massachusetts, Washington et New York. Les autres débouchés se trouvent en France, au Japon, à Taiwan et dans quelques autres pays. La part de ces marchés a décru après avoir atteint un sommet de 9 % en 2005 (Tableau 6).
Figure 5 - Exportations de produits aquacoles canadiens (M$). Source: Statistique Canada, 2007

La moule est la deuxième grande espèce aquacole d’exportation. La valeur des ventes de moules à l’étranger a baissé de 1,4 % pour s’établir à 23 millions de dollars, phénomène que l’on peut expliquer par la modeste croissance de la production. Les États-Unis sont à peu près la seule destination des moules d’élevage canadiennes. Moins de 1 % de la production a été exportée dans d’autres pays dont la part de marché a toutefois bondi en 2006. La valeur des exportations destinées à ces autres pays a atteint 538 000 dollars en 2006, comparativement à un maigre total de 21 000 $ en 2005.
Tableau 6 - Exportations de produits aquacoles canadiens sur différents marchés - Source: Statistique Canada 2007
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2002 |
2003 |
2004 |
2005 |
2006 |
|---|---|---|---|---|---|
|
|
|
|
|
|
États-Unis |
97 % |
97 % |
95 % |
91 % |
94 % |
Autres pays |
3 % |
3 % |
5 % |
9 % |
6 % |
Les exportateurs canadiens vendent la plupart de leurs saumons entiers, frais ou congelés aux États-Unis, contrairement au concurrent principal, le Chili, qui accroît ses parts de marché de produits à valeur ajoutée aux États-Unis. La part des filets de saumon atlantique dans les ventes baisse continuellement depuis quelques années (Figure 6). Plus proches des marchés américains que le Chili, les exportateurs canadiens bénéficient d’un avantage pour l’exportation de saumon frais et entier.
Figure 6 - Ventes de saumon entier et de filets. Source: MPO

On ne dispose pas de données portant précisément sur la consommation de produits aquacoles au Canada. Les données sur la consommation de poissons au Canada indiquent que la consommation de poissons sauvages et d’élevage par habitant s’élevait à 9,36 kg (poids de chair comestible) en 2006. La consommation est relativement stable depuis qu’elle a atteint un sommet de 9,8 kg en 2003. Les Canadiens ont préféré le poisson frais et congelé au poisson transformé; également, ils ont consommé davantage de coquillages que de poissons d’eau douce (Tableau 7).
Tableau 7 - Consommation de poissons et fruits de mer par habitant au Canada (kg/personne) Source: Statistiques Canada, 2007 (a)
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2002 |
2003 |
2004 |
2005 |
2006 |
|---|---|---|---|---|---|
|
|
|
|
|
|
Poissons frais et congelés |
4,01 |
4,43 |
3,94 |
4,04 |
4,09 (44 %) |
Poissons d'eau douce |
0,43 |
0,53 |
0,51 |
0,47 |
0,50 (5 %) |
| Poissons marins transformés | 2,96 | 2,81 | 2,74 | 2,90 |
2,87 (31 %) |
| Coquillages | 2,17 | 2,03 | 1,93 | 1,90 | 1,89 (20 %) |
| Total | 9,57 |
9,80 | 9,12 | 9,31 | 9.36 |
Les organismes de recherche en environnement et en salubrité des aliments ont inscrit la truite d’élevage, les moules d’élevage et les myes d’élevage sur la liste des meilleurs poissons et fruits de mer à consommer. La demande croissante en fruits de mer dans les établissements de restauration et la composition démographique changeante devraient agir pour modifier la demande de poisson d’élevage. Des détaillants non traditionnels et la commercialisation de masse par les supermarchés contribuent également à faire connaître le poisson d’élevage auprès des consommateurs canadiens.
La production et les exportations accrues de produits aquacoles ont engendré des retombées économiques en 2006, comme en témoigne la contribution sans précédent en valeur brute à l’économie nationale. Les retombées pour l’économie et l’emploi seraient supérieures si l’on tenait compte également des liens entre l’industrie aquacole et les fournisseurs locaux et régionaux de biens et de services. De plus, l’aquaculture contribue largement à l’intégration des collectivités en créant des possibilités de revenus et d’emplois dans les localités rurales et côtières.
Figure 7 - Valeur ajoutée de l’aquaculture . Source : Statistique Canada, 2007

La valeur ajoutée brute est la valeur du produit final; on l’obtient en soustrayant la valeur des intrants (les achats d’autres entreprises) de la valeur du produit brut. La valeur ajoutée brute de l’industrie à l’économie a atteint 395,8 millions de dollars, en hausse de 58 % par rapport à 2005 (Figure 7). Ce montant n’inclut pas la contribution des provinces des Prairies – Manitoba, Saskatchewan et Alberta. Naturellement, la contribution de la Colombie-Britannique est de loin la plus importante à 51 %.
Les coûts des intrants ont augmenté de 5,6 %, atteignant 590,4 millions de dollars en 2006. Il s’agit des coûts des produits et services achetés d’autres entreprises, sans compter les immobilisations et la main-d’oeuvre.
Les coûts de la nourriture, qui représentent plus de 50 % des dépenses des pisciculteurs, ont augmenté d’environ 20 % et sont passés de 252,6 millions de dollars en 2005 à 301,9 millions de dollars en 2006. En revanche, les montants affectés à l’achat d’oeufs et de poissons destinés au grossissement ont diminué de 33 % pour s’établir à 33,6 millions de dollars. De même, les coûts des services vétérinaires et d’autres services professionnels ont baissé de 32 %, à 7,4 millions de dollars. La proportion des dépenses consacrées aux produits thérapeutiques est demeurée stable au cours des cinq dernières années, même si les coûts des intrants et que la production ont augmenté respectivement de 6 % et de 10 % de 2002 à 2006.L’aquaculture offre des emplois diversifiés. Dans les régions côtières, où le caractère saisonnier de l’activité économique est une cause de chômage, l’aquaculture offre une excellente possibilité de déjouer la saisonnalité et de procurer des emplois à longueur d’année. L’industrie aquacole occupe la position enviable d’offrir des choix de carrière diversifiés et intéressants à des gens qui souhaitent travailler dans des localités rurales ou côtières éloignées. L’aquaculture est une activité fondée sur la science et la technologie qui nécessite des employés très spécialisés et compétents comme des techniciens de laboratoire, des techniciens en recherche, des superviseurs de la récolte, des superviseurs de la production et de la commercialisation, des comptables, des plongeurs et des travailleurs du bâtiment.
Figure 8 - Part des coûts des intrants de l’aquaculture. Source : Statistique Canada, 2007

On ne dispose pas de données annuelles fiables sur l’emploi en aquaculture. Un sondage sur cet aspect, réalisé en 2004, indique que cette industrie employait quelque 5 565 personnes cette année-là. Le tiers de ces employés gagnait un revenu annuel se situant entre 25 000 $ et 35 000 $ et touchait d’autres avantages. Le sondage révèle également que 80 % des emplois étaient à temps plein et que la plupart se trouvaient sur des fermes piscicoles (principalement des élevages de saumon) exploitées à longueur d’année. La conchyliculture est une activité saisonnière, ce qui explique que l’emploi dans les établissements de culture de coquillages est habituellement à temps partiel. Les emplois dans ce secteur étaient concentrés en milieu rural en Colombie-Britannique et au Nouveau-Brunswick, où les établissements sont plus grands.
Cependant, ce sondage ne tient pas pleinement compte de bon nombre d’emplois à temps partiel offerts dans des établissements conchylicoles et des élevages de truite de petite taille qui ne déclarent pas la main-d’oeuvre familiale qu’ils utilisent. Le Tableau 8 donne une ventilation du nombre d’emplois selon la taille des entreprises.Tableau 8 - Emplois en aquaculture
Taille de l'entreprise |
Nombre d'employés (estimation) |
|---|---|
0-4 employés |
725 |
5-24 employés |
1 200 |
15-49 employés |
549 |
50-99 employés |
412 |
100 employés et + |
2 679 |
Total |
5 565 |
Source : Mathews, 2004
Les emplois directs soutenaient de nombreux emplois indirects dans des entreprises connexes. En utilisant un multiplicateur de 2,5, mentionné dans d’autres études sur l’aquaculture, on évalue le nombre total d’emplois directs, indirects et induits liés à l’industrie aquacole à 14 000.
Le sondage a également permis de constater que la moitié de tous les employés étaient de jeunes adultes ayant entre 21 et 35 ans; les femmes représentaient 28 % des employés et les membres des Premières Nations, 6 %.Les évasions de poissons sont une grande source de préoccupation environnementale en raison des craintes d’impacts sur les populations sauvages, sans compter les pertes financières qu’elles entraînent pour les producteurs. Le MPO, les gouvernements provinciaux et l’industrie cherchent continuellement des solutions pour éviter toute évasion de poissons des parcs en filets ou des cages. Dans la plupart des provinces, les exploitations sont tenues de prendre des mesures visant à réduire la fréquence et la gravité des évasions; la déclaration des évasions réelles et présumées est une condition du permis d’aquaculture.
En 2006, le nombre d’évasions déclarées dans les installations aquacoles était négligeable, s’inscrivant dans la tendance à la diminution du nombre d’incidents d’évasion et du nombre de poissons échappés, observée depuis 2002. Bien qu’il soit encore possible que des poissons s’échappent d’un établissement d’élevage à la suite d’une tempête, d’un bris d’équipement, de dommages causés par des prédateurs ou d’une erreur humaine, il reste que leur nombre est en baisse.La science et l’innovation forment la base des pratiques de gestion environnementale de l’aquaculture canadienne. Le MPO collabore avec les provinces, les milieux du savoir et l’industrie de nombreuses manières dans le but d’élargir les connaissances et d’améliorer les pratiques de gestion de l’aquaculture. Voici quelques exemples de cette collaboration.
Le Programme coopératif de recherche et développement en aquaculture (PCRDA) est une initiative du ministère des Pêches et des Océans visant à accroître la coopération en recherche et développement entre l’industrie canadienne de l’aquaculture et le Ministère en vue d’améliorer la compétitivité de l’industrie canadienne. Le Programme est mis en oeuvre depuis 2001 grâce à un financement annuel de 4,5 millions de dollars. La contribution financière minimale de l’industrie est de 30% (en nature) de la contribution totale du PCRDA. En 2007, le Programme avait approuvé et financé plus de 230 projets liés à ses trois grands objectifs : meilleur rendement possible de la production de poisson (54 %), rendement environnemental de l’industrie (30 %) et santé optimale des poissons (16 %).
Des recherches totalisant plus de 56 millions de dollars ont été réalisées dans le cadre du PCRDA, dont 25,7 millions de dollars provenaient de fonds propres du Programme, 12,5 millions, de l’industrie, 12,7 millions, d’autres sources du MPO et 5 millions de dollars en contributions d’autres partenaires des projets (Figure 9).Figure 9 - Fonds du PCRDA et fonds connexes affectés à la R-D en aquaculture. Source: MPO

La moulée passe au vert
En 2007, le PCRDA a terminé une étude de trois ans, réalisée avec plusieurs partenaires, portant sur la truite d’élevage canadienne nourrie avec une moulée énergétique à faible teneur en phosphore, mise au point par l’industrie aquacole danoise, et une nouvelle moulée à haut rendement élaborée par des sociétés canadiennes.
Dans le cadre de l’étude, on s’est demandé si les moulées avaient un indice de consommation plus élevé et entraînaient des rejets moins importants de phosphore, comparativement aux moulées à truite traditionnellement utilisées par les éleveurs canadiens. Des tests à petite échelle ont été effectués dans des conditions de laboratoire contrôlées et dans huit grands établissements piscicoles du Canada.
On a donné aux poissons des granulés de petite taille à haute teneur en éléments nutritifs; la nourriture doit répondre aux besoins nutritifs de poissons sains et en pleine croissance; l’alimentation est le principal poste de dépenses des piscifactures.
La moulée danoise et la nouvelle moulée canadienne ont donné des résultats qui ont dépassé les attentes. Elles ont permis de réduire les rejets de phosphore de 36 %. Ces nouvelles nourritures sont plus chères, mais l’indice de consommation supérieur a permis d’abaisser le coût d’alimentation des poissons. Elles améliorent la croissance des poissons et réduisent l’empreinte environnementale de l’établissement piscicole.
Le PNSAA est un programme de réglementation et de surveillance fondé sur des connaissances scientifiques, réalisé par le MPO et l’Agence canadienne d’inspection des aliments, les gouvernements provinciaux et l’industrie. Le Programme est destiné à assurer le respect des normes internationales de gestion de la santé des animaux aquatiques et à protéger les ressources aquatiques canadiennes (sauvages et d’élevage) contre les maladies infectieuses graves, ainsi qu’à maintenir un accès compétitif aux marchés internationaux. Le Programme bénéficie d’un budget de 59 millions de dollars répartis sur cinq ans à compter de 2005 et sera financé en continu par la suite.
En 2007, le MPO, l’ACIA et les gouvernements du Québec et de l’Ontario ont entrepris la surveillance de la septicémie hémorragique virale (S.H.V.) chez les poissons d’eau douce dans la partie canadienne du réseau des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent. Cette surveillance fournira l’assise scientifique nécessaire à l’élaboration de stratégies mixtes de gestion de la S.H.V.
Partout dans le monde, on accorde une grande importance aux pratiques maricoles responsables. L’aquaculture multi-trophique intégrée est un concept actuellement à l’étude. Il s’agit de cultiver ensemble des poissons, des mollusques et des plantes marines, une technique qui profiterait à chaque culture et à l’environnement. Ce type de polyculture, qui fait actuellement l’objet de travaux coopératifs du MPO, des milieux universitaires et de l’industrie, vise à éprouver la viabilité de combiner, dans les bonnes proportions, l’élevage d’espèces nécessitant un apport de nourriture (p. ex. poissons), l’élevage d’espèces vivant de composés inorganiques (p. ex. algues) et l’élevage d’espèces absorbant des composés organiques (p. ex. mollusques) dans le cadre d’une approche de gestion écosystémique équilibrée. Les moules et le varech sont donc utilisés pour recycler les nutriments, ce qui pourrait donner lieu à des pratiques aquacoles plus écologiques, grâce à la réduction des déchets rejetés dans le milieu marin et de leur accumulation sur le fond marin. Enfin, la culture de diverses espèces pourrait se traduire par des avantages économiques pour les pisciculteurs. De nombreuses années de recherche appuient le principe voulant que la polyculture soit écologique, rentable et socialement acceptable.
Une équipe interdisciplinaire de l’Université du Nouveau-Brunswick à Saint John et du MPO élabore un système de polyculture expérimental à l’échelle industrielle qui allie l’élevage du saumon atlantique, du varech et de la moule bleue en plusieurs sites aquacoles de la baie de Fundy. Les partenaires industriels et gouvernementaux associés au projet sont Cooke Aquaculture Inc., Acadian Seaplants Limited et l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Une initiative similaire est en cours en Colombie-Britannique.
Le Plan d’action pour le saumon rose, lancé en 2003, vise à évaluer et à protéger la santé des stocks sauvages de saumon rose dans l’archipel Broughton, en Colombie-Britannique. Le pou du poisson est un organisme naturel qui coexiste avec le saumon et d’autres espèces de poisson de la côte ouest depuis bien avant les débuts de la salmoniculture. Toutefois, certaines personnes craignent que les établissements salmonicoles de l’archipel Broughton n’aient fait monter la concentration de poux du poisson qui ont infesté les saumons roses juvéniles. Le programme de surveillance appliqué dans le cadre du Plan d’action pour le saumon rose indique qu’il est possible de gérer le taux de poux du poisson dans les établissements d’élevage. Même si ce parasite peut infecter et entraîner la mort de jeunes saumons roses, il n’existe pas de preuve de son incidence sur la population de saumons roses dans la région.
Le Plan d’action publie des bulletins indiquant la prévalence et l’intensité du pou du poisson dans les saumons roses et les saumons kétas dans l’archipel Broughton.Ministère des Pêches et de l’Aquaculture de Terre-Neuve-et-Labrador
Ministère des Pêches, de l’Aquaculture et du Développement rural de l’Île-du-Prince-Édouard
Ministère des Pêches et de l’Aquaculture de la Nouvelle-Écosse
Ministère de l’Agriculture et de l’Aquaculture du Nouveau-Brunswick
Ministère de l’Environnement du Nouveau-Brunswick
Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec
Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario
Gestion des ressources hydriques Manitoba, Direction des pêches
Ministère de l’Environnement de la Saskatchewan
Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et du Développement rural de l’Alberta
Ministère de l’Agriculture et des Terres de la Colombie-Britannique — Pêches et Aquaculture
Environnement Yukon Statistics Canada. (2007). Aquaculture Statistics 2006.
Statistics Canada. (2007a). Food Consumption Statistics 2006.
Mathews, R. (2004). The Canadian Aquaculture Employment Study. Prepared for the Canadian Aquaculture Industry Alliance.