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Transcription - Gain net : Une conchyliculture canadienne durable


Introduction musicale

Chris Mckindsey, Pêches et Océans Canada (MPO)
Notre recherche montre qu’il y a bien plus de homards sur les sites aquacoles qu’à l’extérieur. Ils se régalent, c’est plein de moules.

Jeff Davison, D.M.V., Université de l’Î.-P.-É.
On ne connaissait presque rien de l’ascidie plissée, un tunicier, lorsqu’elle a commencé à envahir les rivières derrière nous et plus au nord sur la côte est de l’Î.-P.-É.

Franck Berthe, D.M.V., Université de l’Î.-P.-É.
Grâce aux outils que nous sommes en voie de mettre au point, nous devrions être en mesure de trouver une explication logique au taux élevé de mortalité des moules ou de changer les méthodes de culture afin d’améliorer la position de l’industrie.

Larry Johnson, Première nation Huu-ay-aht (C.-B.)
La Première nation Huu-ay-aht cultive des huîtres et des palourdes japonaises depuis près de cinq ans. Nous voulons aussi élever des ormeaux dans nos concessions, les vendre et en manger comme nos ancêtres.

Narrateur
La croissance de la demande mondiale de mollusques propulse le secteur de la conchyliculture commerciale au Canada. Les producteurs ensemencent des milieux naturels ou aménagés en naissain d’une diversité d’espèces de mollusques, les cultivent jusqu’à ce qu’ils atteignent une taille marchande puis les récoltent. Ils utilisent diverses méthodes de culture dans le cadre de ces activités. Ils travaillent avec des scientifiques et des organismes gouvernementaux en vue de régler les problèmes liés à la production, d’améliorer les méthodes de culture et d’élaborer des règlements et des politiques efficaces.

Le financement de cette recherche est fourni par les éleveurs, les gouvernements fédéral et provinciaux et des organismes comme AquaNet, un réseau fédéral de recherche en aquaculture.

Chris Mckindsey, MPO
Notre projet vise à établir comment la mytiliculture influe sur la productivité de l’océan. Nous croyons que les sites mytilicoles sont comme des récifs artificiels. Nous devons donc montrer d’une manière ou d’une autre que les moules y grossissent plus vite. Par extrapolation, nous pouvons dire qu’elles grossissent plus vite; elles vivront probablement donc plus longtemps et produiront ainsi une progéniture plus abondante.

Olivier D’Amour, Université du Québec
Pour ce volet de l’étude, nous faisons des transects en plongée. Nous dénombrons les organismes et nous consignons nos observations. Le deuxième volet de mon projet porte sur la productivité. Nous mesurons le taux de croissance et d’autres paramètres physiologiques.

Lisa Robichaud, Université du Québec à Rimouski
Nous pourrions découvrir que les boudins servent d’abri à une myriade d’autres organismes et qu’ils en augmentent la productivité. La mytiliculture pourrait donc avoir des effets positifs.

Narrateur
Pour pouvoir pratiquer des activités conchylicoles, un éleveur doit fournir une évaluation environnementale décrivant les incidences prévues de l’exploitation conchylicole sur le milieu marin avoisinant.

Chris Mckindsey, MPO
Ce que nous tentons de faire, c’est de mettre au point des protocoles pas très coûteux et assez faciles à suivre pour l’industrie, qui serviront aux gestionnaires, qu’ils soient à Ottawa ou ailleurs, de vrais outils pour prendre des décisions logiques.

Philippe Archambault, MPO
Nous voulons établir le flux énergétique dans la chaîne alimentaire. La compréhension des aspects positifs et négatifs de l’aquaculture nous permettra d’avoir une vue d’ensemble de ses effets sur l’environnement.

Narrateur
Un projet d’aquaculture intégrée dans la baie de Fundy financé par AquaNet permet aussi de mettre en évidence les avantages liés à l’élevage en symbiose de poissons et de mollusques.

Shawn Robinson, MPO
Les moules cultivées à côté de la ferme salmonicole se tirent bien d’affaire. C’est surprenant. Sur les sites salmonicoles, les moules grossissent presque deux fois plus vite qu’ailleurs.

Narrateur
Les chercheurs ont travaillé avec l’Agence canadienne d’inspection des aliments afin d’assurer que les moules sont conformes aux normes canadiennes de salubrité des aliments. Ils peuvent prouver que la salubrité n’est pas un problème.

Shawn Robinson, MPO
En fait, vous avez presque trois mois de croissance dans ce lot. Je crois qu’elles grossissent incroyablement bien.

Narrateur
Après le saumon et les moules, les algues sont la troisième composante de ce système d’aquaculture intégrée. Elles font l’objet des recherches de Thierry Chopin.

Thierry Chopin, Ph.D., Université du Nouveau-Brunswick
Près d’un site aquacole, les algues poussent plus vite qu’ailleurs, dans une proportion de 46 %. Somme toute, les algues et les moules profitent toutes deux de la nourriture qui y est présente de toute fašon.

Narrateur
Si les installations conchylicoles attirent et soutiennent d’autres espèces recherchées, elles offrent aussi un milieu nutritif pour les organismes marins envahissants.

Greg MacCallum, Ph.D., PEI Aquaculture Alliance
Des espèces envahissantes, comme l’ascidie plissée et les algues vertes qui encrassent les collecteurs de naissain de moules, nous causent de graves problèmes, surtout en mytiliculture. Le crabe vert et le voleur d’huîtres sont d’autres envahisseurs qui menacent notre industrie ostréicole.

Richard Gallant, ministère des Pêches et de l’Aquaculture de l’Î.-P.-É.
L’inconnu est le plus grave impact de ces envahisseurs car leurs effets sur la production coquillière sont encore obscurs. Mais en fin de compte, il est évident que les coûts de production augmenteront.

Jeff Davison, D.M.V., Université de l’Î.-P.-É.
Dans les secteurs où les tuniciers se sont bien établis, les effets sont terribles. Ils se nourrissent de plancton, comme les moules. Ils survivent donc très bien ici.

Gerald Johnson, D.M.V., Université de l’Î.-P.-É.
Ils sont d’étonnantes machines reproductrices. Chaque individu possède des gonades des deux sexes et peut produire des millions de gamètes. Un seul individu peut peupler le milieu d’un nuage de larves viables. Je vais déterminer les causes de leur mortalité et utiliser cette information pour améliorer les traitements dans les sites d’élevage.

Ce que nous avons découvert, c’est que le mouvement des fluides nuit à cette espèce de tuniciers. Leur structure externe n’est pas endommagée, mais leurs organes internes sont atteints.

Kim Swan, Université de l’Î.-P.-É.
J’ai utilisé trois traitements différents, à base de chaux, d’acide acétique et de saumure. Les bains d’acide et de chaux semblent ceux qui conviennent le mieux aux moules.

Jeff Davison, D.M.V., Université de l’Î.-P.-É.
Nous nous préoccupons aussi de l’effet de ces traitements sur l’environnement. Le financement d’AquaNet nous a permis d’établir l’effet de ces traitements sur les moules et les écosystèmes où elles vivent.

Thomas Landry, MPO
Notre rôle est d’aider à maintenir la productivité de l’industrie et de voir à ce les éleveurs puissent faire une utilisation optimale des eaux qu’ils louent à bail du gouvernement pour y cultiver des moules.

Jeff Davison, D.M.V., Université de l’Î.-P.-É.
Ce que nous voulons faire en lien avec le traitement, c’est trouver des pratiques de gestion qui aideront à réduire les effets des tuniciers sur la productivité des moules.

Narrateur
Les conchyliculteurs élèvent aussi de nouvelles espèces, comme la mye. Mais on connaît peu de choses sur cette espèce et sur la néoplasie, une maladie qui se manifeste naturellement et qui a des effets dévastateurs sur les stocks locaux de myes sauvages.

Franck Berthe, D.M.V., Université de l’Î.-P.-É.
La maladie stoppe le fonctionnement des cellules; elle se développe souvent par prolifération cellulaire, ce qui cause la mort de la mye. Nous voulons observer le comportement des différentes populations de myes du Canada atlantique face à la maladie et cibler les facteurs environnementaux qui peuvent favoriser son développement, ainsi que ses effets dans le milieu sauvage.

Julie Pariseau, Université du Québec à Rimouski
La première étude, c’est de déterminer si différents contaminants, plus spécifiquement des fongicides, peuvent induire la néoplasie ou augmenter son intensité chez des animaux atteints à un faible taux de prévalence. Je mets les myes dans un matériau mousse qui imite le sédiment.

Stéphanie Lynn Synard, Université de l’Î.-P.-É.
J’évalue les méthodes diagnostiques courantes de cette maladie, et j’établis lesquelles des différentes populations génétiques de myes du Canada atlantique sont atteintes.

Maryse Delaport, Ph.D., Université de l’Î.-P.-É.
Mon projet AquaNet est divisé en deux parties. L’une comporte des études histologiques pour distinguer les myes normales des myes malades. L’autre consiste à utiliser le cytomètre en flux pour arriver à distinguer les deux stades de la maladie et à développer de nouveaux outils pour accroître les connaissances de cette technique.

Franck Berthe, D.M.V., Université de l’Î.-P.-É.
Ce que nous voulons vraiment établir, c’est si nous avons des stocks génétiques qui nous aideront à développer une industrie aquacole plus résistante face aux facteurs environnementaux qui déclenchent l’apparition de la maladie, comme la pollution.

Narrateur
Sur la côte du Pacifique, la conchyliculture a plus que doublé durant les dix dernières années. Elle a connu plusieurs crises de croissance semblables. Pour les localités côtières souffrant déjà de la diminution des stocks de poissons et de l’augmentation du taux de chômage, la conchyliculture a offert des possibilités intéressantes. Un projet de recherche concertée, à Bamfield, sur la côte ouest de l’île de Vancouver, cible l’élevage de l’ormeau nordique, une espèce en voie de disparition depuis 1999.

Larry Johnson, Première nation Huu-ay-aht (C.-B.)
Puisque nous ne faisons partie ni de l’industrie de la pêche, ni de l’industrie forestière, nous nous sommes tournés vers la conchyliculture. Nous voulons contribuer à la stratégie de rétablissement de l’ormeau nordique, nous avons établi des liens avec la collectivité de Bamfield (nos voisins) et nous commenšons à renforcer nos capacités avec le Marine Science Centre et les chercheurs qui y travaillent. Notre principale raison pour le faire, c’est que l’ormeau est un de nos aliments traditionnels très prisés. Il se vend aussi très cher sur le marché mondial. Nous aimerions pouvoir profiter des ressources que nous possédons et que nous utilisons depuis des millénaires.

John Richards, Bamfield Marine Sciences Centre
Je crois que nous avons ensemencé quelque 4 millions de larves et près de 100 000 juvéniles. Il faut environ six ans pour arriver à un produit de taille marchande, et nous en sommes à la quatrième année.

Narrateur
Le programme de reconstitution des stocks d’ormeaux sauvages dépend du développement fructueux d’une aquaculture commerciale à l’écloserie avec des ventes annuelles d’environ cent mille ormeaux.

John Richards, Bamfield Marine Sciences Centre
Cet argent aidera à couvrir les dépenses de l’écloserie, ce qui nous permettra de poursuivre l’ensemencement et la reconstitution des stocks.

Dawn Renfrew, Ph.D., Bamfield Marine Sciences Centre
Le plus dur est de les faire se reproduire avec succès en laboratoire. Il faut aussi les élever jusqu’à la fin de leur cycle vital. Et il faut également maximiser leur valeur marchande. C’est à cette étape que le projet AquaNet entre en jeu.

Narrateur
L’étude de la diversité génétique est au cœur des travaux d’Elizabeth Boulding, qui dirige un projet multiversité d’AquaNet sur l’amélioration génétique de l’ormeau nordique pour l’aquaculture commerciale.

Elizabeth Boulding, Ph.D., Université de Guelph
Dans une écloserie, une femelle peut produire plus de deux millions d’œufs à la fois. Les éleveurs forment donc des groupes reproductifs de 3 ou 4 femelles et d’autant de mâles. Le problème, c’est qu’ils ignorent si les larves proviennent d’une seule femelle ou de plusieurs. Au fil du temps, ils finissent par avoir un grave problème de consanguinité et ils perdent la diversité génétique recherchée pour leurs programmes de sélection.

Matt Lemay, Université de Guelph
Je prélève de très petits échantillons de tissus de ces ormeaux pour établir dans quelle mesure ils sont apparentés. Ces données serviront entre autre à évaluer le niveau de consanguinité au sein de la population.

Elizabeth Boulding, Ph.D., Université de Guelph
Une fois le projet en marche, nous avons réalisé qu’il nous faudrait deux lignées distinctes. Dans la première, nous avons sélectionné les ormeaux dont la croissance était la plus rapide de sorte à ne pas avoir à attendre cinq ans pour qu’ils arrivent à maturité. Pour produire des ormeaux d’écloserie qui se prêtent à l’ensemencement, nous devons voir à ce qu’ils ressemblent autant que possible aux individus sauvages. Nous devons les accoupler périodiquement à des sujets sauvages pour qu’ils ne divergent pas trop de la population sauvage.

Ian McMillan, Ph.D., Université de Guelph
Nous voulons éviter la consanguinité, car cela soulève d’autres problèmes. Nous voulons aussi améliorer certains traits, comme ceux qui bonifient la valeur commerciale : croissance, qualité de la chair.

Jane Tosh, Ph.D., Université de Guelph
Nous voulons établir quelle partie de la variation observée entre les individus est attribuable à des facteurs génétiques et quelle l’est à des facteurs environnementaux. Après, nous pourrons faire beaucoup de choses, comme monter notre programme de sélection basé sur l’évaluation génétique et prédire la réaction des sujets à ce programme.

Narrateur
Plusieurs mois plus tard, l’équipe a fait de nouvelles découvertes intéressantes.

Elizabeth Boulding, Ph.D., Université de Guelph
La diversité génétique des sujets d’élevage est acceptable, même si elle est inférieure aux animaux sauvages. Cette distribution inégale chez la seconde génération explique les problèmes de la génétique des mollusques. Mais nous pouvons y remédier facilement grâce à nos marqueurs d’ADN. En augmentant le nombre de parents dans chaque génération, nous allons porter au maximum notre taux de développement d’une nouvelle lignée d’élevage à croissance rapide.

Chris Mckindsey, MPO
L’aquaculture apporte beaucoup d’avantages. Nous changeons le système – oui, peut-être que nous changeons le système - mais nous le changeons pour des motifs bénéfiques à d’autres. C’est un récif artificiel unique. Je crois qu’il est bénéfique.

Larry Johnson, Première nation Huu-ay-aht (C.-B.)
Nous savions que l’élevage de l’ormeau pourrait devenir un élément de l’économie de la province. Nous avons donc décidé de nous joindre à l’industrie conchylicole et de former l’une des plus grandes entreprises de la côte ouest dans ce secteur.

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