Narrateur - Le temps de la récolte est arrivé à l’île Swanson, en Colombie-Britannique, où l’entreprise Stolt Sea Farms élève du saumon de première qualité destiné au marché international. Il n’est pas facile de répondre à la demande mondiale en produits de la mer, que l’on consomme à la tonne, plus précisément au rythme de 100 millions de tonnes par année. En l’an 2000, la consommation mondiale de produits de la mer pourrait tourner autour de 120 millions de tonnes. Répondre à une telle demande n’est pas chose facile. En effet, après avoir toujours considéré que les ressources marines étaient inépuisables, voilà que la réalité nous rattrape : nous constatons que Dame nature a de plus en plus de mal à suffire à la demande. Les saisons de pêche sont de plus en plus courtes et nous devons nous tourner vers l’aquaculture pour combler l’écart.
Titre de la vidéo : Cultiver la mer - l'aquaculture
Narrateur - L’aquaculture est l’élevage d’organismes aquatiques comme des poissons, des coquillages et des plantes aquatiques. Guère plus qu’un passe-temps il y a une quinzaine d’années, l’industrie canadienne qui vaut aujourd’hui plus de 300 millions de dollars pourrait doubler sa taille au cours de la prochaine décennie. L’industrie aquacole est un important fournisseur de saumon, de truite, d’huître, de moules et de myes. Elle s’est implantée dans toutes les provinces du Canada.
Bob Love, cadre supérieur chez Stolt Sea Farms – C’est ni plus ni moins qu’une ferme et, comme dans le cas de toute ferme, c’est plus qu’un travail, c’est un mode de vie. J’adore ce que je fais; j’adore travailler sur l’eau et m’occuper des poissons qui vivent dans nos parcs.
Narrateur - Aujourd’hui, le poisson offert sur les étals des marchés n’a pas nécessairement été capturé à la ligne ou au filet; il est peut-être le résultat d’un élevage qui s’appuie sur des techniques poussées et, à l’instar de nombreux autres aliments cultivés, le producteur exerce un contrôle étroit sur la qualité du produit.
Il y a deux ans et demi, ces saumons n’étaient encore que des œufs dans une écloserie comme celle-ci, appartenant à Connors Brothers Ltd. Pendant la première année, les alevins demeurent en eau douce et sont nourris au moyen d’un régime équilibré qui garantit une croissance et une santé optimales. En l’espace d’une année, les alevins deviennent des saumoneaux qui sont prêts à être transférés dans des parcs marins où ils seront nourris et soignés pendant encore 12 à 18 mois. Au terme de cette période, ces saumons sont prêts à être récoltés et transformés pour le marché international du saumon, qui est très concurrentiel.
Bob Love - Les poissons qui arrivent à l’usine de transformation sont éviscérés et nettoyés avec le plus grand soin par des spécialistes afin de les conserver dans le meilleur état possible en vue de leur vente. La qualité du produit est l’affaire de tout le monde et pas seulement la mienne. Les poissons qui sortent de nos installations sont de la meilleure qualité possible peu importe le marché de destination : qu’il soient vendus localement en Colombie-Britannique, ailleurs au Canada et aux États-Unis ou, encore, au Japon ou dans d’autres pays.
Narrateur - Le saumon d’élevage est la premier produit agroalimentaire d’exportation de la Colombie-Britannique et du Nouveau-Brunswick. Cette usine de transformation a été construite à Campbell River, en Colombie-Britannique, spécialement pour recevoir et transformer le saumon d’élevage.
Greg D’Avignon, directeur exécutif, B.C. Salmon Farmers Association - Campbell River illustre parfaitement le potentiel offert par la salmoniculture aux localités côtières. L’année dernière, à Campbell River, plus de 400 personnes étaient employées directement ou indirectement dans l’élevage du saumon. Cette activité a généré quelque 12,2 millions de dollars pour l’économie locale, seulement en salaires et avantages sociaux. En tenant compte des sommes dépensées dans la région, on arrive à plus de 30 millions de dollars, une contribution considérable pour une collectivité côtière.
Narrateur – Une industrie relativement nouvelle, l’aquaculture attire les jeunes tournés vers l’avenir, qui se recherchent des emplois durables.
Steve Fisher, technicien, Stolt Sea Farms - Elles sont encore rares, les personnes qui œuvrent dans cette industrie depuis plus de 5 ou 10 ans. Prenez moi, par exemple, je pourrais être ici encore pendant 5 ou 10 ans et envisager un poste de cadre ou de directeur adjoint au cours des prochaines années. Plusieurs de mes amis occupent déjà de tels postes; l’un d’eux, qui a 19 ans, occupe un poste de directeur adjoint et un autre, âgé 24 ans, un poste de directeur. Je pourrais vous en citer d’autres encore. C’est une industrie très jeune. De plus, on travaille dans un cadre magnifique. Imaginez-vous, chaque matin, rentrer au travail en embrassant des yeux un paysage grandiose : la mer, les aigles, parfois des baleines. Que demander de mieux? C’est un environnement extraordinaire.
Et c’est justement un environnement comme cela qu’il faut pour élever des poissons en santé. La clé de la réussite est la qualité de l’eau. L’aquaculture s’est développée sous le regard attentif et protecteur d’un public sensibilisé à l’environnement. L’industrie souhaite elle aussi que l’environnement demeure propre, sain et productif car sa survie en dépend.
Kevin Onclin, directeur des opérations, Pacific National Group Ltd. – La salmoniculture inspire trois grandes craintes aux écologistes. La première est de nature génétique; ils craignent les croisements entre les saumons d’élevage et les saumons sauvages. Deuxièmement, ils craignent les effets de l’élevage d’une espèce non indigène, soit le saumon de l’Atlantique, dans les eaux du Pacifique. Troisièmement, ils craignent la détérioration de l’environnement. De nombreuses études portant sur une foule de sujets ont été réalisées partout dans le monde, par divers organismes fédéraux, provinciaux et autres. La grande conclusion qui s’en dégage est la suivante : correctement pratiquée, la salmoniculture est une activité écologique durable. J’inviterais les écologistes qui critiquent notre industrie à venir visiter une exploitation salmonicole. Nos portes sont toujours ouvertes; nous n’avons rien à cacher. Qu’ils viennent examiner le fond marin sous les parcs, s’ils le veulent. Je les invite à examiner le poisson et à faire le tour de l’exploitation.
Narrateur - Les exploitations d’élevage de myes, d’huîtres et d’autres coquillages ont particulièrement besoin d’eau propre de qualité car les coquillages sont des organismes filtreurs, c’est-à-dire qu’ils se nourrissent en filtrant les éléments nutritifs qui se trouvent dans l’eau. Si l’eau est polluée, les coquillages deviennent contaminés. En fait, les coquillages sont les premiers indicateurs d’une détérioration de la qualité de l’eau.
Dave Mitchell, président, Madrona Shellfish Ltd. – Nous faisons l’objet de contrôles stricts de la part du ministère de l’Environnement et du ministère des Pêches et des Océans, si bien qu’au moindre signe de contamination, nous devons cesser nos activités. Nous sommes un peu comme le canari dans la mine. C’est chez nous qu’on regarde pour savoir si la qualité de l’eau se détériore. Les autorités peuvent ordonner la fermeture de nos exploitations à des concentrations 14 fois moins élevées que celles requises pour entraîner une interdiction de baignade sur une plage. Lorsque des zones coquillières sont fermées, on sait que c’est le début d’une pollution étendue. C’est pourquoi nous travaillons très fort et collaborons avec la collectivité pour lui faire comprendre que nous protégeons la qualité de son eau.
Narrateur - L’élevage de coquillages sur une plage présente des similitudes avec la culture maraîchère. Vous délimitez d’abord un lopin de terre et y plantez votre produit; puis vous attendez qu’il pousse et vous le récoltez le moment venu.
Mitchell – Nous commençons au printemps par l’achat du naissain, de jeunes myes mesurant environ un quart de pouce, puis nous ensemençons les bancs avec ces juvéniles, que nous laissons croître pendant environ trois ans avant de les récolter. Nous recouvrons le tout de filets pour empêcher les prédateurs de les manger les petites myes. La densité de myes sur la plage est de 10 à 15 fois supérieure à ce qu’elle serait sur une plage naturelle. Les prédateurs le savent et ne manqueraient pas de profiter de cette manne si nous ne prenions pas de mesures pour protéger l’élevage. Après trois ans, les myes ont atteint environ un pouce et demi et elles sont prêtes à être vendues. C’est le moment de la récolte, qui se fait principalement par creusage manuel. Les myes sont expédiées partout dans le monde. Les consommateurs de nouveaux marchés, en Asie du Sud-Est par exemple, apprécient tout particulièrement la qualité de notre produit et le fait qu’il provient d’eau pure; ils connaissent du Canada ses grands espaces et sa nature préservée, et nous devons capitaliser sur cette perception de qualité.
Narrateur - Tout comme les myes, les jeunes huîtres sont déposées en bancs près de la plage. Ces bancs font l’objet d’un entretien et d’une surveillance continus pendant environ quatre ans, après quoi les huîtres sont prêtes à être récoltées et vendues. À marée basse, de jour comme de nuit, beau temps mauvais temps, les plages doivent être entretenues; c’est ce travail incessant qui garantit la productivité des huîtrières et une récolte rentable.
Clark Munro, administrateur d’huîtrière, Fanny Bay Oysters, Ltd. – Nous sortons le naissain dans des sacs plastique en filet, que nous plaçons sur la plage sur des supports où ils demeurent pendant un an; l’été suivant, nous ouvrons les sacs et éparpillons les huîtres sur la plage où nous les laissons se développer pendant encore deux à quatre ans. Au bout de cette période, nous finissons avec quelque-chose qui ressemble à ceci, qui est une grappe, c’est-à-dire la vieille coquille sur laquelle le naissain s’est installé. Les bébés huîtres croissent à des rythmes différents. Certains huîtres qui avaient un meilleur accès à la nourriture grandissent plus rapidement que les autres, plus petites, qui se trouvent sous elles. Actuellement, nous faisons le tour et nous cassons ces grappes afin de donner aux petites huîtres plus de place pour se développer.
Narrateur - L’entreprise Fanny Bay Oysters, lancée il y a 10 ans comme une activité secondaire par l’ancien pêcheur Glen Hadden, emploie aujourd’hui 60 personnes à temps plein et est devenue le premier employeur privé de la région.
Glen Hadden, président, Fanny Bay Oysters, Ltd. – Après dix ans de recours au pacage marin, nous sommes passés à la culture. Celui qui cultive peut approvisionner un marché 52 semaines par année; il est impensable de vouloir faire de même en pêchant car la culture vous permet d’offrir au client un approvisionnement durable, régulier et uniforme, tant en ce qui concerne la qualité que les délais de livraison. Nous pouvons récolter aujourd’hui un produit qui sera consommé demain à Hong Kong.
Jeanine Stacey, directrice de la production, Fanny Bay Oysters Ltd. – Les entreprises et les personnes qui pratiquent la culture dans le milieu en améliorant ce dernier et qui utilisent les ressources d’une manière non destructrice et renouvelable, sont celles qui ont de l’avenir. Pensez aux employés de la transformation, aux décortiqueurs et autres; ils occupent des postes à temps plein et à longueur d’année. Et notre entreprise continue de grandir.
Narrateur – Les huîtres sont vendues sous la forme de chair d’huître mais la demande d’huîtres dans leur coquille augmente, car les restaurants servent plus d’huîtres nature. L’élevage sur la plage produit des grappes parfaites pour le décoquillage mais pour obtenir des huîtres individuelles, le travail est un peu plus compliqué. Il faut utiliser un système flottant de remontée d’eau (FLUPSY) mis au point par Mid Isle Marine pour produire des huîtres individuelles. Avec ce système, les huîtres sont triées par taille et placées dans des bacs immergés. Une roue à aubes crée un courant qui assure un déplacement continu de l’eau au travers des bacs, assurant un approvisionnement constant en nourriture pour les huîtres, qu’elles retirent de l’eau par filtration.
Judith Reid, directrice, Mid Isle Marine Ltd. – L’avantage du système FLUPSY est qu’il produit une huître individuelle suffisamment forte pour vivre sur le fond indépendamment. Cela donne un produit de bien meilleure qualité pour la restauration et le marché ou pour la consommation personnelle, quand on recherche une huître de forme parfaite et intacte, qui n’est pas cassée. Donc, grâce au système FLUPSY, nous réduisons nos coûts et améliorons la qualité de notre produit.
Narrateur - Le naissain utilisé pour ces huîtres et d’autres espèces de coquillages d’élevage provient d’écloseries. Les écloseries fournissent un approvisionnement constant de naissain aux éleveurs, afin que ces derniers puissent alimenter le marché de produits matures à longueur d’année. Le naissain d’écloserie peut être produit sélectivement dans le but de produire des coquillages de meilleure qualité (inaudible) en moins de temps. Island Scallops Ltd. produit du naissain de pétoncle pour l’aquaculture depuis 1989.
Rob Saunders, président, Island Scallops Ltd. – Nous devons capturer des mâles et des femelles adultes et matures. Nous les gardons ici dans ce que nous appelons notre hôtel. C’est un endroit agréable. Nous les nourrissons convenablement et, chaque mardi, « jour des amours », nous recueillons les œufs et le sperme. Nous faisons une fertilisation artificielle et cultivons les larves. Alors que, dans la nature, le pétoncle aurait un taux de survie d’environ 0,1 %, chez nous sa survie est de 10 %. Sachant qu’une seule femelle peut éjecter quelque 100 millions d’œufs lors de la fraye, un taux de survie de 10 % représente tout de même un nombre considérable.
Narrateur – L’entreprise varie sa production et produit du naissain d’autres espèces, étant donné que l’industrie aquacole se diversifie pour répondre à différents nouveaux créneaux. Depuis quelques années, l’entreprise offre du naissain de panope à deux établissements d’élevage et a commencé à produire du naissain d’espèces moins fréquentes comme le pouce-pied, l’oursin et le concombre de mer. À première vue, on peut penser que l’aquaculture représente une menace pour la pêche traditionnelle mais il importe de reconnaître que l’élevage n’est absolument pas destiné à remplacer la pêche. La plupart des espèces qui sont exploitées par les pêcheurs dans la mer continueront d’être pêchées commercialement mais les espèces spécialisées et moins abondantes au Canada seront produites par dans des élevages.
Rob Saunders – Sur la côte Ouest, des pêcheurs viennent nous consulter à la recherche de nouvelles espèces qu’ils pourraient pêcher pendant la période creuse. Compte tenu du fait que la durée de la saison de pêche est de six semaines, la période creuse occupe la majeure partie de l’année. Ils cherchent donc des espèces qu’ils peuvent exploiter en mettant à profit leurs connaissances et leurs équipements. De plus, ils souhaitent donner un avenir à leurs enfants. Et c’est là la solution. Au cours du prochain siècle, l’aquaculture sera une importante source de revenus sur la côte Ouest.
Narrateur - Les habitants de la côte Est du Canada ont traversé des périodes très difficiles après la fermeture de certaines pêches. En se tournant vers l’aquaculture pour des espèces comme la morue, nous pourrions donner aux populations sauvages une chance de se reconstituer tout en donnant aux pêcheurs sans travail une occupation qui mettra à profit leurs compétences et leurs équipements.
Charlie Power, président, Sea Forest Plantation Company Ltd. – Tout le monde le sait; Terre-Neuve est aux prises avec un problème chronique de chômage extrêmement élevé. Une situation compliquée par un moratoire sur la pêche qui a mis au chômage quelque 30 000 personnes. Terre-Neuve possède environ 17 000 kilomètres de littoral où habite une population éparse, ce qui signifie beaucoup d’eau propre. Nous ne manquons pas de gens qui en savent beaucoup sur le poisson et nous avons aussi … un besoin aigu de trouver d’autres sources d’emploi pour toutes ces personnes sans travail. Nous avons mis au point deux techniques pour élever de la morue. La première consiste à capturer de jeunes morues et à les engraisser. Il s’agit d’un processus très rapide et la plupart des morues doublent leur poids en 100 jours environ. Du point de vue du pêcheur ou du travailleur d’usine, c’est un moyen intéressant de gagner un revenu familial entre juin et octobre ou novembre. Maintenant que l’accès aux morues juvéniles est interdit, il faut trouver une autre solution, et cette solution est évidemment l’écloserie. Disposant d’un stock de géniteurs de 80 000 livres, nous avons commencé à exploiter notre propre écloserie. Nombreux sont ceux qui souhaiteraient conserver l’ancien système, qui consistait à prendre du poisson sauvage, mais cela ne durera pas longtemps. Je suppose que ce fut un peu la même chose dans l’Ouest quand le premier tracteur est apparu en Saskatchewan; beaucoup de gens se sont probablement dit « bah, ça ne marchera pas; moi, je garde mes chevaux ». Mais les choses évoluent et les gens doivent s’adapter au changement.
Narrateur - Cette entreprise d’élevage de pétoncles a mis au point une nouvelle technique pour produire des pétoncles qui grossissent deux fois plus rapidement que les pétoncles sauvages et qui donnent plus de chair par unité. Les pétoncles sont suspendus à des lignes pendant la dernière étape de grossissement, juste sous la surface de l’eau.
Derryl Reid, directeur terrain, Fisheries Resources Development Ltd. – Notre entreprise a comblé un vide laissé par la fermeture de la pêche pour les employés d’usines et les travailleurs de la pêche. Nous puisons dans cette ressource car ces personnes disposent déjà des compétences nécessaires; elles sont habituées de travailler près de l’eau ou dans des usines de transformation du poisson. Il suffit de leur donner une formation élémentaire pour qu’elles soient prêtes; la transition n’est pas difficile.
Narrateur - Le gros changement concerne la manière d’obtenir le produit; de la pêche on est passé à l’élevage.
Derryl Reid – Nous créons une ressource durable, vous savez. Plutôt que de prélever la ressource de l’océan, nous en faisons l’élevage. Nous remplaçons ce que nous prélevons, comme un agriculteur.
Narrateur - La mariculture n’est pas une notion nouvelle pour Wayne Somers, qui cultive des moules depuis 15 ans dans la rivière Murray, à l’Île-du-Prince-Édouard.
Wayne Somers, président, Atlantic Mussel Growers Corporation Ltd. – L’élevage des moules, c’est la culture des moules. Essentiellement, vous être comme un agriculteur, sauf que vous n’avez pas à nourrir et à fertiliser les moules. Mais l’activité tient davantage de la culture que de la pêche. L’aquaculture à l’Île-du-Prince-Édouard fournit un grand nombre d’emplois à temps plein. Par exemple, notre usine fonctionne 52 semaines par année; nous embauchons des professionnels, des directeurs administratifs et des directeurs des ventes. Grâce à notre entreprise, beaucoup de gens ont pu demeurer ici plutôt que d’aller chercher du travail au loin, en Ontario ou ailleurs. Or nous continuons de créer des emplois, et les gens sont reconnaissants et apprécient l’industrie aquacole.
Narrateur - Des régions rurales situées à l’intérieur des terres, notamment dans le Nord de l’Ontario, tirent également le maximum de leur milieu naturel et de leurs plans d’eau propre pour surfer sur la vague de production de poisson frais. Il aura fallu plusieurs années au chef Pat Madahbee pour convaincre d’autres membres de sa bande de la Première nation Ojibway à l’île Manitoulin d’investir dans l’aquaculture.
Patrick Madahbee, directeur, Wabuno Fish Farm – Nous avons débuté avec une petite exploitation de quatre parcs et nous sommes montés à 6, puis à 12 en 1994. Nous produisons maintenant un demi million de livres de truite arc-en-ciel par année. Je suppose que nous songeons toujours à nous agrandir, voire à doubler la taille de l’exploitation dans un autre endroit. Dès cet automne, nous espérons entreprendre la construction d’une usine de transformation et nous commencerons à faire la commercialisation nous-mêmes. Cela crée des emplois; c’est tout simplement phénoménal ici. Nous avons déjà enregistré, dans notre communauté, des taux de chômage de l’ordre de 70 % en hiver et de 40 % à 50 % en été. Inutile de dire qu’une activité économique qui ramène ce taux à zéro fait le plus grand bien à la communauté. Et l’entreprise est unique dans la région; elle est unique parce que nous sommes la première communauté autochtone en Ontario à nous lancer dans une telle activité. Je suis très enthousiasmé par l’entreprise et j’en suis très fier. Je rêve d’une intégration complète : élevage de poisson, transformation et, le volet qui m’emballe le plus, la commercialisation sous notre propre label de Wabuno Fish Farm, un produit des Ojibways de Sucker Creek.
Narrateur - Les tendances et les nouveautés montrent que la production aquacole continuera de croître. Seulement au Canada, la croissance de l’industrie a été multipliée par 24 en moins de dix ans. Aujourd’hui, l’industrie aquacole canadienne génère des revenus de plus de 300 millions de dollars et fournit du travail à plus de 5 200 Canadiens. De plus, l’industrie a engendré la naissance et le développement d’un dynamique secteur d’approvisionnements et de services qui sert l’aquaculture. Au moment où la mondialisation des marchés pose des défis aux industries primaires, l’aquaculture se présente comme une solution emballante et durable. C’est une activité écologique qui permet de produire du poisson et des coquillages de grande qualité, sans compter qu’elle est source d’emplois et de croissance économique dans les collectivités côtières et rurales. Dotés comme nous le sommes de vastes zones de littoral, de travailleurs spécialisés et de techniques de pointe, nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas cultiver nos lacs et nos océans.
Jeanine Stacey – Le Canada pourrait être un chef de file mondial. Nous possédons l’un des plus long littoraux au monde. À nous d’en tirer profit. Nous pourrions sans difficulté faire de l’élevage en mer 12 mois par année; nous devons exploiter cette richesse.
Derryl Reid – La pêche traditionnelle ne peut plus fournir à la demande du Canada et du reste du monde; l’aquaculture s’impose comme solution de rechange.
Judith Reid – Je suis absolument certain que l’industrie a un brillant avenir. Il n’en tient qu’au public de se renseigner et de veiller à ce que l’aquaculture soit pratiquée de façon durable et à ce que des conditions favorables soient mises en place.
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