Justin Henry, Nous devons nous assurer que la croissance de l’industrie est durable, notamment en assurant un approvisionnement en protéines et en huiles alimentaires.
David Higgs, Le truc est de veiller à ce que les nouvelles sources de lipides répondent aux besoins en acides gras essentiels du saumon et des espèces marines.
Jason Mann, Nous avons vu que le Canada peut être autosuffisant en substituts à la farine et à l’huile de poisson et peut en exporter.
Narrateur, Un régime alimentaire équilibré et nutritif est tout aussi important pour la santé des poissons que pour celle des humains. Alors, comment nourrir les poissons d’élevage, comme le saumon, la morue ou le flétan de l’Atlantique, pour qu’ils soient en bonne santé et donnent une chair de bonne qualité? La mise au point de régimes équilibrés, efficients et économiques est la clé de la réussite de la salmoniculture canadienne et du développement d’autres élevages de poissons. La croissance rapide de l’industrie aquacole mondiale accentue la pression sur les sources de nourriture pour ces sous-secteurs. L’industrie piscicole canadienne réagit à cette situation en travaillant avec les chercheurs d’AquaNet pour trouver de nouvelles sources d’ingrédients alimentaires de haute qualité, économiques, sûrs et nutritifs.
David Higgs, Tout cela a vraiment commencé quand un phénomène El Niño important au début des années 1970 a fait craindre une pénurie de farine et d’huile de poisson pour l’alimentation du saumon, de la truite et de plusieurs espèces de poissons carnivores. Cela a donné lieu au programme de mise en valeur des salmonidés, et l’accent a été mis sur la mise au point de régimes qui optimisent la performance en écloserie et la survie en mer des juvéniles.
Narrateur, C’est ainsi qu’a commencé au Canada la recherche financée par l’État sur la mise au point et l’optimisation de nouveaux ingrédients pour les régimes alimentaires piscicoles, qui s’ajoute aux recherches effectuées par les multinationales du secteur de l’alimentation animale.
David Higgs, Nous avons ensuite commencé à étudier les répercussions des nouvelles sources de protéines et de lipides sur la survie du poisson en milieu sauvage, ce qui nous a permis de constater que par rapport à l’huile de hareng utilisée seule, une composition à base d’huile de maïs et d’huile de hareng favorise un taux de survie en mer plus élevé chez les saumons quinnats d’élevage.
Nous ne connaissions toutefois pas les mécanismes physiologiques en jeu. AquaNet a donc financé une étude visant à expliquer pourquoi une composition à base d’huile végétale et d’huile de poisson donne un tel résultat chez les saumons quinnats.
Scott McKinley, AquaNet est un réseau de centres d’excellence qui permet de marier l’expertise de la côte Est à celle de la côte Ouest. Dans le cas présent, il permet de combiner l’expertise en matière d’aliments nouveaux et de technologies des aliments de la côte Est, du Centre du Canada et de la côte Ouest.
La vision à long terme d’AquaNet consiste à assurer un large appui au secteur aquacole et ce, partout au Canada. La mise au point de nouveaux aliments qui dépendent moins d’une composante sauvage [espèces de poissons pélagiques] que d’huile végétale [et de protéines] facile à obtenir contribuera à accroître l’appui du public en faveur de l’aquaculture au Canada.
Jason Mann, Les entreprises canadiennes doivent essayer de mettre au point et de produire industriellement des huiles et des protéines à base d’ingrédients cultivés en Amérique du Nord, soit au Canada et aux États-Unis, de même qu’acheter de tels produits, pour remplacer la farine et l’huile de poisson dans les aliments pour poissons.
Nous devons produire nos propres ingrédients et les rendre disponibles par l’intermédiaire de nos sources locales. Lorsque nous serons capables de produire industriellement de nouvelles huiles et protéines, les prix des aliments pour poissons devraient baisser.
Les recherches d’AquaNet et des autres équipes de notre industrie seront sans doute axées sur l’appariement des besoins des poissons et des éléments nutritifs disponibles grâce aux nouveaux ingrédients mis au point dans le cadre des présents travaux.
Si un dollar investi en recherche réduit légèrement les coûts de la nourriture, l’industrie économisera des millions.
Justin Henry, Les nouvelles huiles sont importantes pour l’industrie car elles complètent les huiles traditionnelles, ce qui nous permet de modifier les régimes alimentaires dans le but d’optimiser la santé et la production des espèces d’élevage, y compris les nouvelles. Ces nouvelles huiles nous permettent d’élargir la gamme d’huiles et de protéines disponibles. À long terme, le prix des aliments baissera.
Narrateur, Cela a conduit des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique à étudier les effets de divers régimes sur la santé d’espèces traditionnelles ou nouvelles élevées dans la Région du Pacifique, comme le saumon quinnat et la morue charbonnière.
Patricia Schulte, Au cours de leur cycle biologique, les saumons passent de l’eau douce à l’eau salée. Nous voulons savoir comment le nouveau régime d’alimentation influe sur cette transition, alors que le poisson lutte contre le passage du sodium à travers les membranes de ses cellules et tente de pomper à l’extérieur le sodium qui pénètre dans son corps. Les membranes des cellules des poissons sont composées de lipides provenant de l’alimentation. Ainsi, le régime d’alimentation peut avoir une incidence sur les membranes cellulaires des poissons et, par conséquent, sur la capacité de ceux-ci à rejeter le sodium qui pénètre dans leur corps.
Colin Brauner, Nous avons ici un large tunnel de nage.
Au début de l’expérience, nous faisons nager les poissons lentement, puis nous les poussons à augmenter leur vitesse chaque demi-heure, jusqu’à ce qu’ils ne réussissent plus à maintenir leur position dans la colonne d’eau (état que nous appelons fatigue). À ce moment, les poissons sont retirés du tunnel et laisser au repos pendant une heure avant d’être placés dans le tunnel pour un nouvel essai de nage. Habituellement, les poissons en santé nagent très bien lors du deuxième essai. L’expérience constitue donc un bon moyen d’évaluer la condition physique et la capacité d’exercice des poissons.
Shannon Balfry, Les acides gras des huiles dans les aliments pour poissons peuvent influer sur l’activité du système immunitaire des poissons et leur résistance à la maladie.
Je m’intéresse particulièrement au nombre de globules, rouges et blancs, dans le sang des poissons parce que des composants du sang aident à combattre ou détruisent les agents pathogènes et renforcent la résistance à la maladie.
Nous n’avons observé aucune différence attribuable aux nouveaux lipides dans le régime alimentaire.
Colin Brauner, C’est étonnant. Après environ cinq mois d’élevage, les poissons montrent très peu de différence selon les huiles et les lipides consommés. Les poissons qui consomment de l’huile de colza à 100 % comme source complémentaire de lipides nagent aussi bien que ceux qui consomment de l’huile d’anchois à 100 %.
Narrateur, De leur côté, les chercheurs d’AquaNet au Canada atlantique ont axé leurs recherches sur la nourriture destinée aux saumons de l’Atlantique et à de nouvelles espèces d’élevage comme l’aiglefin, le flétan de l’Atlantique et la morue.
Santosh Lall, Nous avons pratiquement aucune donnée sur les besoins alimentaires de ces espèces de poissons.
Nous avons observé qu’en limitant l’utilisation d’huiles végétales, comme l’huile de lin et l’huile de colza, aux premiers stades de croissance et de développement et qu’en utilisant l’huile à base de poissons marins aux derniers stades d’alimentation, il est possible de maintenir le profil d’acides gras approprié dans la chair des poissons.
Nous pouvons remplacer jusqu’à 70 % de l’huile de poissons marins sans compromettre la croissance, le taux de conversion alimentaire et la santé des saumons atlantiques, des truites et des nouvelles espèces d’élevage, de même que sans nuire à la qualité du produit.
Narrateur, Pour Brian Blanchard, la recherche d’AquaNet a joué un rôle fondamental dans le développement de l’élevage du flétan de l’Atlantique dans les installations de la société Scotian Halibut de Clark’s Harbour, en Nouvelle-Écosse.
Brian Blanchard, Le flétan de l’Atlantique est probablement l’espèce marine la plus difficile à élever. Il est très difficile sur le plan technique de produire un régime complet et équilibré constitué de très petites particules de 500 à 600 microns. Cet élevage n’est pas assez important pour intéresser l’industrie de l’alimentation animale. Nous comptons donc sur le milieu de la recherche pour financer nos recherches.
AquaNet nous a aidés, par l’intermédiaire de projets étudiants, à examiner un certain nombre de problèmes liés à l’alimentation.
Dulce Martins, Lorsque nous étudions des poissons de cette taille, nous cherchons à assurer leur qualité pour la consommation. Nous recueillons des échantillons de muscles aux fins d’analyses en laboratoire. Dans le cas présent, nous examinons la composition en acides gras.
Carol Walbourne, AquaNet m’a permis de travailler de façon plus directe avec l’industrie, d’exposer ma recherche à diverses occasions et de connaître le point de vue de pairs lors de conférences. Il offre également des ateliers qui nous permettent d’acquérir des compétences que nous ne pouvons peut-être pas acquérir lors de nos recherches.
Narrateur, Le remplacement de la farine et de l’huile de poisson par d’autres sources contribue aussi à éliminer du régime des poissons les contaminants provenant de l’environnement, tout en conservant les acides gras bénéfiques pour la santé humaine.
Grant Vandenberg, Nous essayons de remplacer l’huile de poissons marins par des huiles végétales, comme l’huile de soja et l’huile de colza, et les acides gras hautement insaturés provenant d’algues, et les protéines animales par différentes sources plus riches en protéines et moins coûteuses. Cela change le niveau d’acides gras bénéfiques dans le produit final et réduit la teneur en acides gras hautement insaturés qui sont bénéfiques pour la santé humaine.
L’huile de poissons marins dans le régime alimentaire fait augmenter le risque d’une hausse de la charge en contaminants. Ainsi, l’augmentation de la teneur en protéines et la réduction de la teneur en huiles pourrait constituer une stratégie intéressante pour réduire la charge en contaminants.
Narrateur, Le remplacement de la farine et de l’huile de poisson importées par des graines oléagineuses des Prairies canadiennes facilement disponibles offre d’excellentes possibilités de mettre au point des nouveaux produits à valeur ajoutée issus des abondantes cultures canadiennes. Ces produits pourraient devenir une source économique de protéines et d’huiles pour l’alimentation des poissons d’élevage.
Murray Drew, Nous cherchons particulièrement à déterminer comment certaines plantes cultivées en Saskatchewan et dans l’Ouest du Canada peuvent être utilisées dans le régime alimentaire des espèces aquacoles. Nous nous intéressons à trois sujets : la nutrition des poissons, en particulier des salmonidés; le remplacement de l’huile et de la farine de poisson en gardant la même qualité de carcasse et la même composition en acides gras; l’effet de ce remplacement par des plantes cultivées dans les Prairies sur la charge en contaminants des poissons.
Nous avons une grande installation de recherche dans le domaine de la microbiologie intestinale et de l’expression génique dans le tractus intestinal. En plus des éléments nutritifs que fournissent ces plantes, nous étudions la flore microbienne qui résulte de leur consommation dans l’intestin des poissons, ce qui nous permet de déterminer l’état de santé de ceux-ci.
Grâce à AquaNet, nous tirons parti des sommes reçues des producteurs des plantes de culture d’intérêt et nous en obtenons d’autres.
Narrateur, Jason Skinner, directeur de Northwest Terminal, une entreprise établie à Unity qui appartient aux agriculteurs, collabore étroitement avec M. Drew à la mise au point de nouvelles utilisations de produits agricoles et dans la recherche de nouveaux marchés pour ceux-ci, en vue de soutenir les collectivités agricoles de la Saskatchewan.
Jason Skinner, Nous exportons des marchandises plutôt que des produits, et je crois qu’il est très important pour nous de trouver des façons d’accroître la valeur de nos marchandises dans les Prairies et des utilisations à l’échelle nationale pour les produits aquacoles sur le marché.
Nous sommes dans une position très précaire en raison des coûts de production et du prix de nos produits. Notre but est de recréer une valeur à la ferme supérieure et ce type de recherche nous permet d’y arriver.
Narrateur, aliments aquacoles de haute qualité tirés des abondants produits des Prairies.
Justin Henry, Dans le cadre de l’élaboration de techniques d’élevage de nouvelles espèces, comme l’esturgeon et la morue charbonnière, nous devons mettre au point des aliments qui optimisent la santé et la performance des poissons, de même que la qualité du produit.
Jason Mann, Nous devons pouvoir choisir parmi un plus grand nombre de sources de protéines et d’huiles : colza, soja, légumineuses, pois, lin, fèves, de même que d’autres graines oléagineuses et d’autres céréales.
Patricia Schulte, À long terme, cette recherche vise à mettre au point un régime économique et bon pour les poissons. Nous espérons en connaître davantage sur les effets de différents régimes sur les poissons et atteindre un des objectifs scientifiques fondamentaux en approfondissant les connaissances sur les interactions entre les poissons, leur régime alimentaire et l’environnement.