Tom Nelson, Première nation Quatsino
Je dois admettre que j’étais très enthousiaste quand j’ai été invité en Norvège. J’ai toujours voulu
en savoir plus sur la salmoniculture qu’on y pratique. On nous dit bien des choses, que tout va mal,
tout le temps. Alors quand on m’a demandé de venir en Norvège, je me suis dit : « J’y vais parce que
c’est là que tout a commencé. Quelle belle occasion d’apprendre au sujet de l’élevage du saumon
atlantique. »
Narrateur
La Norvège se tient à la fine pointe de l’aquaculture en eau salé depuis ses débuts. Une visite dans ce
pays était considérée par l’Aboriginal Aquaculture Association comme une excellente occasion, offerte
aux Premières nations du Canada, d’établir des liens avec les principaux exploitants de l’industrie et
les chercheurs, et de se renseigner sur les nouveaux développements en sciences et en technologies
aquacoles.
L’Aboriginal Aquaculture Association a été créée en vue de promouvoir la participation des Premières nations au développement de l’aquaculture et de favoriser des progrès à l’appui des collectivités, des cultures et des valeurs des Premières nations. Dans cette optique, l’Association, avec le soutien d’organismes fédéraux et provinciaux, a formé une délégation de 13 représentants de 11 collectivités de Premières nations pour un voyage d’étude en Norvège. Au cours d’une période de 12 jours, les délégués allaient avoir la possibilité de se rendre au plus grand salon de l’aquaculture du monde et de visiter des installations de l’industrie, dans toute la Norvège.
À l’arrivée en Norvège, le premier arrêt était Trondheim, pour le salon international Aqua Nor.
Svein Ludvigsen, ministre des Pêches et des Affaires côtières de Norvège
Cette année, nous accueillons des représentants de marque et des délégations
de nombreux pays, notamment du Canada, le pays à l’honneur cette année, du Vietnam,
de l’Allemagne, des États-Unis, de l’Australie, de l’Écosse et de l’Irlande. Bienvenue
à tous. J’espère que votre séjour à Aqua Nor sera des plus enrichissants et agréables.
Je déclare donc Aqua Nor 2005 officiellement ouvert.
Narrateur
Aqua Nor est la plus grande conférence et foire commerciale en aquaculture au
monde, attirant au-delà de 15 000 participants de 40 pays, et plus de 400 exposants.
Cette année, le Canada était le pays à l’honneur et plus de 100 délégués y ont assisté,
dont des représentants des gouvernements fédéral et provinciaux, de Premières nations,
d’établissements d’enseignement et du secteur privé.
Le pavillon canadien, avec douze exposants officiels, était un des centres d’attraction du salon.
Les Neasloss, Première nation Kitasoo/Xai’zais
Nous avons rencontré des gens de partout dans le monde à Aqua Nor et nous avons
vu toutes sortes d’équipements. J’y ai recueilli de nombreux dépliants d’information.
Fred Glendale, Première nation Da’naxda’xw
Les kiosques et les étalages étaient réellement intéressants. Nous n’avons pu
visiter chacun, mais je crois qu’à nous tous, nous avons à peu près tout vu. À mon
avis, l’information obtenue à Aqua Nor était d’un grand intérêt et a changé ma perspective
de l’industrie aquacole.
Narrateur
Si les délégués ont pu recueillir à Aqua Nor une mine d’information au sujet
de l’aquaculture, ils ont également eu l’occasion de rencontrer des représentants
du gouvernement et de l’industrie de Norvège et du Canada, et d’établir des relations
profitables.
Mis à part leurs rencontres avec des experts de l’industrie, des exposants et des représentants gouvernementaux, les membres de la délégation canadienne ont aussi fait des exposés à cette rencontre internationale. Teresa Ryan, scientifique et chercheure de la Nation Tsimshian, a présenté un séminaire illustrant le rôle de leadership que les Premières nations doivent jouer lorsqu’elles collaborent avec le gouvernement et l’industrie, en vue de soutenir une aquaculture durable.
Teresa Ryan, Nation Tsimshian
Quant à l’aquaculture et ce qu’elle signifie pour nous, les Premières nations,
en particulier en Colombie-Britannique et surtout dans ma région, c’est que nous
avons une contribution à faire dans l’ensemble, mais aussi en ce qui a trait à ce
qui se passe dans nos territoires et au plan des ressources.
Narrateur
Au cours de leur visite à Aqua Nor, les délégués ont eu la possibilité de rencontrer
Marius Holm, directeur de la recherche et des programmes du groupe environnemental
norvégien, Bellona Foundation. Si la réunion a été principalement axée sur le partage
des préoccupations et des idées au sujet de l’environnement, M. Holm n’a pas manqué
de signaler de nombreux progrès positifs réalisés par sa fondation auprès de l’industrie
de l’aquaculture.
M. Holm a encouragé les collectivités locales à travailler en commun avec l’industrie et les ONGE (organisations non gouvernementales de l’environnement) responsables, pour cerner les problèmes et les sujets de préoccupation, et à laisser de côté les groupes d’extrémistes qui ne changeront jamais d’opinion à propos de l’aquaculture.
Les Neasloss, Première nation Kitasoo/Xai’zais
Il semblait tellement simple de s’asseoir et de parler d’environnement et
d’aquaculture entre nous et avec lui (M. Holm). Ils se sont montrés tellement
positifs à l’égard de la collaboration avec l’industrie et il est agréable de pouvoir
le faire sans devoir subir toute la rhétorique à laquelle nous ont habitués les groupes
environnementaux au Canada.
Marius Holm, Bellona Foundation
En Norvège, tout comme, je suppose, en Colombie-Britannique, les gens sont conscients
que nous vivons grâce à la récolte de différentes ressources de la nature. Nous
avons donc l’esprit très ouvert à l’égard de la production alimentaire dans la mer.
Nous acceptons que les fruits de la nature soient récoltés – c’est ainsi que le
monde assure sa subsistance – de sorte qu’en général, nous avons une attitude positive
face à l’idée de produire des ressources alimentaires dans la mer.
Verne Jackson, Première nation Kitkatla
Si les environnementalistes pensent que l’aquaculture nuira au site, ils n’ont
qu’à venir nous montrer comment le protéger. Ils devraient travailler avec nous
et non contre nous, afin que nos collectivités puissent avancer. Ceux d’entre nous
qui sont en faveur persistent à dire que c’est une industrie durable et nous voulons
aller de l’avant.
Moses Martin, Première nation Tlaoqui-aht
Une des surprises de notre voyage en Norvège a été de nous permettre de voir
la collaboration qui existe, y compris de la part des environnementalistes. On ne
voit pas ça dans notre pays.
Verne Jackson, Première nation Kitkatla
C’est complètement différent au Canada. Nous avons davantage de défis. Mais ici,
l’industrie, le gouvernement et les environnementalistes collaborent à l’avancement
de l’industrie. Ils savent bien, un peu comme chez nous, que ce sera fait de toute
façon, alors pourquoi ne pas le faire ensemble de manière sûre. J’ai été très surpris
de voir ça.
Narrateur
Au cours d’une réunion à Trondheim, le ministre des Pêches fédéral, Geoff Regan,
et son personnel, ainsi que des représentants de Premières nations de tout le Canada
ont eu la possibilité d’exposer personnellement leurs sujets de préoccupation et
de recueillir de l’information sur l’avenir de l’aquaculture au Canada. Pendant
la réunion, le ministre Regan a reconnu les efforts innovateurs de l’Aboriginal
Aquaculture Association en vue de communiquer de l’information fiable et exacte
aux collectivités des Premières nations.
À l’invitation du ministre des Pêches norvégien, Svein Ludvigsen, la délégation des Premières nations a aussi assisté à un déjeuner aux fruits de mer grandement anticipé avec les délégués gouvernementaux canadiens et norvégiens et les représentants des entreprises aquacoles norvégiennes ayant actuellement des activités au Canada.
Svein Ludvigsen, ministre des Pêches et des Affaires côtières de Norvège (9 :05)
Puisqu’il s’agit d’une industrie nationale, il faut respecter les cultures et
l’histoire locales, mais les entreprises doivent respecter l’environnement. Par
ailleurs, nous devons admettre que la croissance économique est un facteur clé du
développement des régions rurales. Nous voyons en Norvège les jeunes quitter les
villages et les régions où il n’y a pas de croissance économique – et l’aquaculture
en est un facteur clé. Nous détruisons la culture traditionnelle, la base traditionnelle
du mode de vie.
Narrateur
Pendant le déjeuner, chacun des délégués a eu l’occasion de parler de sa collectivité
et des priorités en matière de développement de l’aquaculture.
Tom Nelson, Première nation Quatsino
J’ai appris pas mal de choses des gens auxquels j’ai parlé en Norvège. Je comprends
mieux le saumon atlantique et ce que je dois faire en revenant chez moi. Dans nos
territoires traditionnels, il y a de la place pour le saumon atlantique.
Narrateur
Un des points saillants de l’événement a été la présentation d’une œuvre en cuivre
et d’un nom indien au Ministre Ludvigsen par l’Aboriginal Aquaculture Association
et les chefs des Premières nations.
Ministre Ludvigsen
Je vous remercie beaucoup. Je me sens à la fois honoré et indigne de recevoir
un présent qui exprime tout ce que vous avez expliqué. Je suis heureux de votre
présence ici. Il est bien de se faire rappeler que quelqu’un d’autre était ici avant
nous, alors que nous pensions être arrivés les premiers. [rires]
Narrateur
Pendant son séjour à Trondheim, la délégation a pu visiter SINTEF, la plus grande
organisation indépendante de recherche en Scandinavie. La division des pêches et
de l’aquaculture de SINTEF a collaboré par le passé avec des entreprises de Colombie-Britannique
à la mise au point de technologie aquacole. Le groupe a apprécié les présentations
des scientifiques et chercheurs principaux sur l’élevage des poissons et l’importance
de la coopération internationale pour résoudre les problèmes.
À la fin d’Aqua Nor, la délégation a été divisée en deux pour une tournée de plusieurs jours des nombreuses installations aquacoles situées le long des côtes de la Norvège. Un groupe s’est dirigé vers le nord de Trondheim, à Snåsa, tandis que le second s’est rendu à Sunndalsøra, au sud.
À Sunndalsøra, le groupe a visité l’Institut de recherche en aquaculture Akvaforske où les délégués ont pu s’entretenir des exigences d’une industrie aquacole rentable et concurrentielle qui produit des aliments sains et salubres d’une manière durable. L’intérêt du groupe était palpable et la réunion a suscité un dialogue intense. Les sujets de discussion étaient nombreux, passant de l’élevage sélectif, à l’alimentation, à la gestion de la production et à la qualité des produits.
Le groupe s’est ensuite rendu à Kristiansund où les délégués ont eu la possibilité de visiter le Petrocenter et d’en apprendre davantage au sujet de l’industrie pétrolière et gazière de la Norvège. On peut faire de nombreux parallèles techniques et socio-économiques entre cette industrie et l’aquaculture. Les industries pétrolière et aquacole sont les principaux moteurs économiques des régions côtières norvégiennes. La situation et l’évolution de l’industrie pétrolière et gazière de Norvège ont été expliquées brièvement aux délégués qui ont ensuite partagé un repas traditionnel norvégien avec leurs hôtes.
Les délégués des deux groupes ont eu l’occasion de visiter un certain nombre d’exploitations salmonicoles commerciales, ainsi que des installations de recherche et des exploitations commerciales d’élevage du flétan et de culture des moules.
Rick August, Bande indienne sechelte
J’ai appris qu’il y avait beaucoup plus que le saumon en aquaculture. Il y a
le flétan, la morue et les moules. On en entend peu parler sur la côte ouest [du
Canada]. Ici, en Norvège, ils élèvent beaucoup plus d’espèces.
Narrateur
Bien que l’aquaculture en Norvège touche effectivement de nombreuses espèces,
le saumon est le moteur de l’industrie. Grâce aux visites organisées par Marine
harvest et K. F. Oppdrett, la délégation a pu voir plusieurs exploitations salmonicoles
de pointe. Contrairement à ce qui se passe au Canada, les entreprises de pêche commerciale
sont les principaux actionnaires de K. F. Oppdrett, comme de nombreuses autres entreprises
salmonicoles.
La Norvège est le plus grand producteur de saumon d’élevage depuis les débuts de cette industrie, dans les années 1970, bien que, selon les récentes données, la production chilienne menace de la détrôner. L’aquaculture est extrêmement importante pour les localités côtières où l’on dénombre 2 400 sites salmonicoles détenteurs de 800 à 850 permis d’exploitation. Les deux tiers de ces exploitations étant en activité à un moment ou à un autre, la Norvège dont les côtes, la population et l’environnement marin sont semblables à ceux de la Colombie-Britannique, produit dix fois plus de saumons d’élevage, en quantité, que la C.-B
L’aquaculture est importante pour les localités côtières de Norvège. Avant qu’elle se développe, le déclin des pêches mondiales avait placé la Norvège à peu près dans la même situation que les régions côtières de C.-B., notamment une érosion de la population des collectivités due au manque d’emplois et de perspectives. Aujourd’hui, l’aquaculture est la source d’une grande partie des emplois et de l’activité économique de ces localités et a stimulé le développement de l’aquaculture côtière. Voici ce qu’en pense Les Nesloss :
Les Neasloss, Première nation Kitasoo/Xai’zais
Il suffit de conclure une entente avec un partenaire et quelle que soit la manière
de procéder – du moment que vous faites preuve de prudence – si vous agissez, votre
collectivité en retirera des avantages. Il y aura plus d’emplois et moins de désespoir.
C’est ce que j’aimerais voir dans les régions éloignées de Colombie-Britannique
– pouvoir offrir des emplois, mais sans que cela nuise à l’environnement et à nos
territoires traditionnels.
Narrateur
Un des groupes a pu se rendre à l’Institut de recherches marines d’Austevoll.
Bénéficiant de financement fédéral, cet Institut est un organisme du ministère des
Pêches ayant pour principal objectif de fournir des renseignements scientifiques
exacts aux autorités, à l’industrie et au grand public. Les délégués ont pu avoir
un aperçu des travaux en cours en ce qui a trait au bien-être des animaux, aux effets
de l’aquaculture sur l’environnement et au développement de la mariculture d’autres
espèces.
Après la présentation, le groupe a pu faire une visite exhaustive des bassins intérieurs et des installations d’élevage en parc marin de l’Institut. La recherche sur la culture marine de nouvelles espèces comme le flétan a beaucoup intéressé le groupe. Les délégués ont pu observer les différentes étapes d’élevage, du stade larvaire à la croissance des juvéniles et à la maturation.
La recherche sur le flétan dans des installations financées par le gouvernement, comme à Austevoll, a apporté les connaissances et l’expertise nécessaires pour la production à l’échelle commerciale, comme l’ont constaté les délégués au cours d’une deuxième visite d’installations d’élevage du flétan de Marine Harvest, près de Rørvik. Escortés par Walter Olson-Ryum, directeur général de l’installation, les délégués ont observé le cycle de reproduction en écloserie. L’élevage du flétan est semblable à celui du saumon, mais le flétan est un poisson dont les stades d’éclosion et de croissance sont beaucoup plus complexes. Les poissons grossissent pendant plusieurs années dans les installations avant d’être transférés, à une taille d’environ deux kilogrammes, dans des parcs en mer où ils continueront à grossir jusqu’à la récolte.
La production aquacole en Norvège a dépassé les 600 000 tonnes en 2004, illustrant à quel point les installations aquacoles sont un élément crucial de la chaîne de production. Un représentant de Marine Harvest a escorté un groupe de délégués à l’usine de transformation d’avant-garde de l’île de Hitra. Alors que de multiples petites usines de transformation parsemaient autrefois les côtes, les délégués ont appris que les usines de nos jours sont de plus en plus grandes et intégrées. Une plus grande centralisation crée une demande croissante de bateaux de transport et d’infrastructures pour le transfert du poisson vers les installations de transformation.
À Vestnes, les délégués se sont rendus à un chantier naval renommé, exploité par la troisième génération de la famille Aas. Olaf Aas a expliqué les rouages de l’usine et les différents types de navires qui y sont construits. Les délégués ont ainsi appris qu’outre les navires-citernes et les bateaux de pêche, cette entreprise se spécialise dans la construction de bateaux-viviers pour le transport de poissons vivants pour l’industrie de l’aquaculture. Le bateau que l’on aperçoit ici est l’un des deux qui ont été construits par le chantier et qui naviguent dans les eaux qui bordent la côte centrale de la C.-B. Après la présentation, le groupe a visité le chantier et a pu voir de près les applications techniques et technologiques permettant de construire ces navires imposants. À la fin de la visite, suivant la tradition, Fred Glendale a remis à M. Aas un présent en guise de marque d’appréciation du groupe.
Fred Glendale, Première nation Da’naxda’xw
Nous avons là pour vous aider dans vos travaux de menuiserie un couteau à sculpter
authentique à lame incurvée qu’utilisent les Autochtones.
Narrateur (19:15)
Un des points saillants des nombreuses visites dans toute la Norvège a été celle
de Snåsa pour la rencontre d’Autochtones du Nord de la Scandinavie, les Saami. Le
premier arrêt de cette visite grandement attendue a été le musée Saami où les délégués
ont appris quelques rudiments de la culture et de l’histoire des Saami et ont pu
partager leurs expériences, en tant qu’Autochtones. Ils ont appris l’importance
du renne à ce jour pour l’existence des Saami, puisqu’il leur procure nourriture,
vêtements, abri et outils.
Rod Sam, Première nation Ahousaht
Un des points qui a attiré mon attention a été la visite des Saami et les similitudes
avec la situation difficile des Premières nations de la Colombie-Britannique et
leur lutte en vue de pouvoir conserver leur langue et leur culture vivantes.
Narrateur
Ce soir-là, le groupe s’est réuni à la maison des pour échanger et partager avec
ses hôtes un repas particulier, composé de plats à base de renne et d’autres mets
traditionnels des Saami.
Rick August, Bande indienne sechelte
Il était très agréable de pouvoir parler avec les Saami et d’écouter leurs histoires
pour se rendre compte qu’il y a beaucoup de similitudes entre les peuples autochtones,
où qu’ils se trouvent dans le monde.
Narrateur
Tandis qu’un groupe s’intéressait à la culture des Saami, le second faisait l’expérience
d’une culture norvégienne différente au cours d’un dîner généreusement offert par
Per Grieg de Grieg Seafoods, à Bergen. Les hôtes, qui ont aussi des exploitations
au Canada, ont pu s’entretenir avec les membres de la délégation qui constituaient
d’excellents ambassadeurs de leurs collectivités. Les conversations intéressantes
ont permis de renforcer les liens entre les investisseurs norvégiens et les Premières
nations de C.-B. Cette fois encore, le renne était au menu de ce superbe repas à
trois services qui, à la surprise des invités, a été suivi de la prestation de trois
jeunes diplômés de l’Académie de musique Grieg de l’université de Bergen. À ce stade,
Per Grieg a partagé certaines de ses réflexions sur le fait de faire des affaires
dans d’autres pays et l’importance de comprendre et d’apprécier d’autres cultures.
Per Grieg, Grieg Seafoods
Pour nous, c’est ainsi que nous pouvons faire des affaires : comprendre ce que
font les autres peuples et comment faire des affaires dans le monde entier. Il importe
aussi de respecter la culture et les traditions des autres qui, pour ce que j’en
sais, sont une partie indissociable des discussions avec les Premières nations du
Canada.
Narrateur
Après le dîner, du temps a été réservé à la conversation puis, au nom de la délégation,
Verne Jackson a remercié Per Grieg pour cette excellente soirée.
Verne Jackson, Première nation Kitkatla
J’ai le grand honneur de vous remercier pour cette réception que vous nous avez
offerte. C’est une excellente soirée et je tiens à vous souhaiter, au nom de notre
directeur exécutif, tout le succès possible dans vos entreprises.
Narrateur (22:35)
Puisque le Canada était le pays à l’honneur d’Aqua Nor, le gouvernement canadien
a tenu un dîner de clôture auquel ont participé 250 dignitaires d’associations aquacoles,
de gouvernements et d’industries du monde entier. Le ministre canadien des Pêches,
Geoff Regan, a été le premier à parler.
Geoff Regan, Minister of Fisheries and Oceans (Canada)
Le Canada est un endroit où l’aquaculture est une industrie florissante. J’ai
aussi rencontré la délégation des Premières nations du Canada, dont les membres
représentent une composante de plus en plus importante de l’industrie diversifiée
de l’aquaculture au Canada. Je tiens aussi à remercier et à féliciter Richard Harry
et l’Aboriginal Aquaculture Association pour leur participation cette semaine. Votre
présence ici est appréciée, Richard.
Narrateur
Après plusieurs allocutions, Verne Jackson de Kitkatla a eu l’honneur de dire
le bénédicité avant que les invités ne fassent honneur au dîner au cours duquel
ils ont pu apprécier un éventail de spécialités de fruits de mer canadiennes.
Verne Jackson, Première nation Kitkatla
Je tiens à remercier le gouvernement norvégien de nous avoir permis de pénétrer
dans son territoire. Il est de pratique habituelle de remercier les hôtes d’un pays
de nous avoir autorisés à y venir.
Narrateur
Pendant tout le dîner, les invités ont eu la possibilité de mieux se connaître
et de s’entretenir de leur séjour en Norvège. Alors que le dîner tirait à sa fin,
le ministre des Pêches norvégien, Svein Ludvigsen, a profité de l’occasion pour
s’adresser à la délégation canadienne.
Svein Ludvigsen, ministre des Pêches (Norvège)
J’ai eu le privilège de côtoyer les Canadiens pendant quelques jours. Nous vivons
certainement un point saillant de l’histoire de l’aquaculture. Nous sommes heureux
de vous compter parmi nous ce soir et de voir qu’il y a un dialogue entre l’industrie
et les Premières nations. Il est bien que les choses soient ainsi.
Narrateur
Au cours des douze derniers jours, dans le cadre d’Aqua Nor, de rencontres, de
visites et de déplacements sur les centaines de kilomètres, la délégation a pu constater
l’hospitalité des Norvégiens et a beaucoup appris à propos de l’industrie aquacole.
Tom Nelson, Première nation Quatsino
Je reviendrai de la Norvège avec une bien meilleure impression de l’aquaculture.
J’étais vraiment, vraiment content d’être invité en Norvège pour voir où tout a
commencé.
Fred Glendale, Première nation Da’naxda’xw
Nous avons beaucoup appris à propos de l’industrie aquacole ici en Norvège. Nous
avons vécu une expérience formidable. Les Norvégiens nous ont très bien accueillis.
Je suis venu ici plutôt sceptique face à l’industrie de l’aquaculture et Aqua Nor
a apporté des réponses à plusieurs de mes questions.
Narrateur
En revenant de Norvège de nombreux délégués comprenaient mieux l’aquaculture
et grâce à leurs observations et leurs expériences, ils repartent avec la conviction
que l’aquaculture pourrait exister en harmonie avec l’environnement et les ressources
halieutiques sauvages de la côte de C.-B.
Les Neasloss, Première nation Kitasoo/Xai’xais
Quand je vais retourner chez moi, j’espère pouvoir aider d’autres personnes à
comprendre ce que j’ai appris ici, notamment qu’il n’y a pas trop d’inquiétude à
avoir en ce qui concerne l’aquaculture. Au pays, j’ai entendu dire que les choses
allaient mal en Norvège à cause de l’aquaculture – ce qui est faux selon toutes
les sources que j’ai entendues ici.
Fred Glendale, Première nation Da’naxda’xw
Ce que j’aimerais rapporter comme message à notre peuple de la côte centrale
de la Colombie-Britannique, c’est que nous n’avons rien à craindre de l’aquaculture.
Après ce que j’ai entendu ici, je suis tout à fait convaincu que nous pouvons aller
de l’avant sans toutes ces craintes, surtout parmi les Premières nations. Les membres
des Premières nations sont en fait, à la base, des environnementalistes.
Verne Jackson, Première nation Kitkatla
Nous continuons à vouloir survivre avec les stocks sauvages parce que c’était
notre mode traditionnel de survie, notre alimentation traditionnelle. Nous voulons
que ça continue. Moi-même je le fais. Je pêche des poissons sauvages quand j’en
ai la chance et je veux que cette activité soit protégée, mais je veux aussi que
nous allions de l’avant. À cause du taux de chômage élevé, pas seulement dans notre
collectivité, mais partout.
Narrateur
Le groupe a aussi constaté que si les Norvégiens reconnaissent que toute industrie
génère des inquiétudes et des problèmes, ils acceptent que les ressources océaniques
doivent être utilisées et travaillent ensemble à s’assurer que l’aquaculture est
menée en harmonie avec les autres ressources.
Les Neasloss, Première nation Kitasoo/Xai’zais
L’industrie, les gouvernements et les environnementalistes travaillent tous ensemble
à atteindre un objectif commun. C’est la principale chose que j’ai remarquée. Leur
collaboration rend les choses tellement plus faciles pour ce pays.
Fred Glendale, Première nation Da’naxda’xw
Je pense que l’industrie s’améliorera avec les années, en tirant des leçons des
erreurs commises. De plus, les membres de l’industrie de l’aquaculture ici en Norvège
– aussi bien les entreprises que le gouvernement – ont parlé des erreurs du passé
et de la façon dont ils ont essayé de les corriger. Ils ont pris des mesures pour
rectifier la situation.
Alvin Sewid, Mamaalilikula-Qwe-Qwa-Sot-Em
Quand un problème se pose, on tente de le régler de façon appropriée. J’espère
que nous pourrons apprendre de cette expérience et peut-être même adopter certaines
de leurs méthodes.
Moses Martin, Première nation Tlaoqui-aht
Nous savons, en tant que premières nations, que nos actes, quels qu’ils soient,
auront une incidence sur l’environnement. Ce n’est pas dramatique si nous acceptons
cela et arrivons à faire ce que les gens font ici – essayer de limiter au minimum
ces incidences. Ainsi, nous savons qu’il y aura des conséquences; alors, que pouvons-nous
faire pour les limiter, afin de ne pas enlever à notre peuple cette possibilité
qui lui est offerte.
Narrateur
L’aquaculture peut jouer un rôle important dans l’avenir des régions côtières
de la Colombie-Britannique. Le succès de l’industrie dépend en grande partie de
la capacité des Premières nations de jouer un rôle déterminant avec le gouvernement
et l’industrie, d’appuyer son développement et sa durabilité.
Tom Nelson, Première nation Quatsino
Tout ce que je veux, c’est ce qu’il y a de mieux pour mon peuple. Ce que je fais
aujourd’hui, c’est pour eux et non pour moi. Nous devons penser à l’avenir parce
qu’il n’est pas reluisant actuellement. Notre industrie de la pêche du saumon –
sauvage - se meurt et il suffit de voir les perspectives de cette année [2005] :
elles ne sont pas très positives. Il nous faut donc nous réorienter vers autre chose
pour l’avenir. Nous ne pouvons continuer à penser qu’une solution se présentera
d’elle-même et qu’il y aura un miracle. Il n’y en aura pas. Nous devons nous lever
et déclarer « Voici ce que nous devons faire ».
Moses Martin, Première nation Tlaoqui-aht
Les possibilités s’offrent à nous. Nous devons les étudier attentivement. Elles
offrent des perspectives de création d’emplois pour nos gens et nous devrions y
regarder à deux fois avant de dire non. Nous avons fait la même chose très souvent
dans le passé et nous avons été laissés pour compte.
Générique