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Transcription - Vidéo Des gens et des lieux (People and Places) – Région de Coast of Bays, T.-N.-L.


L’aquaculture dans la région de Coast of Bays, Terre-Neuve-et-Labrador

Voix hors champ (Jennifer Caines) (0:43)
« Dans les petites localités, les petites choses font toute la différence. »

Jennifer Woodward (Cooke Aquaculture) (00:50)
Comme je suis originaire de Terre-Neuve, j’ai grandi dans une famille de pêcheurs. L’histoire de Terre-Neuve est si intimement liée à la pêche que lorsque l’effondrement des stocks s’est produit, dans les années 90, la province entière s’est retrouvée dans la tourmente du point de vue économique. C’est à cette époque que j’ai obtenu mon diplôme en aquaculture, et je voyais ce secteur comme un moyen d’assurer la conservation. Nous savions que nous ne pouvions plus compter sur la pêche de capture sur les stocks sauvages. Que pouvions-nous faire à partir de là? La population avait encore besoin d’une alimentation saine, et les médecins nous conseillaient de manger du poisson. Alors, comment produire du poisson de façon écologiquement durable? Pour moi, l’aquaculture semblait le moyen tout indiqué. Mais à ce moment-là, j’ai dû m’expatrier hors de Terre-Neuve pour me trouver un emploi dans le domaine de l’aquaculture. 

Steward May (1:25)
Nous sommes revenus de loin. Notre village (Belleoram) a été, à un moment donné je suppose, une des localités de Terre-Neuve où le taux de chômage a été le plus élevé, de même que le taux de bénéficiaires de l’aide sociale.

Conrad Collier (1:40)
Nous étions essentiellement une localité monoindustrielle qui était privée de son industrie. Nous avons eu quelques entrepreneurs entreprenants qui ont eu la bonne idée d’explorer le secteur de l’aquaculture.   

Steward May (1:53)
Depuis l’arrivée de Cooke Aquaculture, les choses ont changé. Nous avons repris 75 % du chemin perdu et la situation continue de s’améliorer. Vous voyez le quai qu’on est en train de construire ici. Et ce n’est que la pointe de l’iceberg. (Prise de vue panoramique du quai)
 
Rien qu’à Belleoram, l’industrie a créé quelque chose comme 50 emplois. La majorité des travailleurs sont des gens de Belleoram, mais d’autres viennent d’un peu partout dans la région de Coast of Bays. Je vais vous donner un exemple d’un gars qui était bénéficiaire de l’aide sociale, que Cooke a engagé. Il n’avait jamais eu de revenu avant. Quand il a touché sa première paye, c’était par dépôt direct. Les gens n’avaient jamais entendu parler de dépôt direct avant. Après avoir payé les factures, sa femme lui a dit : « Regarde, il nous reste 100 $ dans notre compte. ça ne nous est jamais arrivé avant. » Et puis, après la période de paye suivante, il leur restait encore un autre 100 $. Ils avaient deux filles qui avaient terminé leur secondaire quelques années auparavant. Tout à coup, elles ont dit : « On s’en va au collège maintenant. » Alors le gars a pensé qu’il pouvait peut-être se permettre de les envoyer au collège.

Jennifer Woodland (3:09)
Alors maintenant, de revenir vivre à Harbour Breton, là où, il y a cinq ans, l’usine avait fermé, où le principal employeur du village avait quitté les lieux, et où personne n’avait une chance de se trouver un emploi, de voir maintenant que l’usine de transformation a rouvert ses portes et relancé la transformation des produits de l’aquaculture et de voir tous ces gens de Terre-Neuve qui peuvent revenir travailler chez eux comme Terre-Neuviens ayant fait des études spécialisées, pas seulement pour avoir un job, mais pour faire carrière dans la région de Coast of Bays, tout ça, ça n’a simplement pas de prix.

Jennifer Caines (3:32)
Non seulement notre main-d’œuvre instruite et spécialisée revient à la maison, mais on voit aussi des nouveaux qui arrivent dans la région. Parce que les services sont là et parce que nous sommes en train de les développer au fur et à mesure, ils considèrent cela comme un mode de vie. Ce n’est pas un endroit reculé ici où on ne trouve aucun service. C’est un endroit où les gens veulent venir s’installer, vivre, faire partie de la communauté. ça aussi c’est important.  

Miranda Pryor (3:59)
Il y a eu un changement formidable dans la région de Coast of Bays. L’aquaculture a vraiment apporté toutes sortes d’avantages aux communautés d’ici : des gens qui reviennent par ici, des maisons neuves qui se construisent, des nouvelles entreprises qui viennent s’installer ici, une vraie prospérité et l’impression réelle qu’on est en train de faire quelque chose avec cette industrie, dans notre région, et que cela se passe ici. L’industrie de l’aquaculture fait vraiment du bien à la région.

Jennifer Caines (4:23)
Je pense que l’aquaculture n’a pas été une solution de rechange, mais plutôt une solution complémentaire pour la création d’emplois et la création de richesse, de sorte que l’économie n’est qu’un avantage parmi d’autres. Ce qui compte beaucoup, je crois, c’est que les gens travaillent, ce qui contribue au sentiment d’appartenance, et les gens se sentent productifs. Il y a de l’activité ici. Il y a des gens qui vont et viennent entre les deux petits magasins, il y a des gens sur le quai, il y a des bateaux qui entrent au port et qui en sortent, il y a des camions qui circulent. Il y a une ambiance différente, et on la sent dans n’importe lequel de nos villages; St. Alban’s, Mill Town ou Harbour Breton sont de bons exemples de localités qui reprennent vie. C’est une réalité.

Jennifer Woodland (5:10)
De façon précise, pour notre région, j’ai l’impression que les possibilités sont illimitées pour le développement de l’aquaculture. Pour l’instant, on en est encore aux premiers balbutiements de l’aquaculture et déjà, on voit toute la diversité économique que cela nous apporte. À mesure que nous développerons notre expertise, comme celle que nous apportent Cooke Aquaculture et d’autres multinationales, et en jumelant ces connaissances avec le savoir que possèdent les collectivités de Terre-Neuve, qui ont l’expérience du milieu rural et l’expérience de l’eau froide, nous découvrirons que le développement de l’aquaculture, de même que son adaptation à nos défis uniques, ont un potentiel illimité. Alors, ce que l’on voit aujourd’hui, ce n’est que le début des retombées que l’aquaculture peut apporter à la région de Coast of Bays.

[En médaillon : En 2009, les entreprises de la région de Coast of Bays ont produit 13 625 tonnes, pour une valeur de plus de 90 millions de dollars.]

Jennifer Caines (5:44)
Nous avons actuellement deux usines qui transforment les produits de l’aquaculture. L’usine de St. Alban’s avec qui nous sous-traitons est probablement une des usines de transformation les plus occupées de toute l’île de Terre-Neuve, et cela dure depuis six ans. 

[5:50 prise de vue panoramique de l’usine de transformation de St. Alban’s]

Et cela a un effet sur les gens – les gens n’ont pas idée à quel point cette usine est occupée. Ce n’est pas une usine qui ferme après 14 semaines. Ce n’est pas du saisonnier. C’est de l’emploi pour toute l’année.

Steward May (6:08)
Pour l’industrie de l’aquaculture de la région de Coast of Bays, on parle actuellement de débarquements d’environ cinq à sept mille tonnes métriques (de saumon et de truite) par année.

[En médaillon : En 2009 il y avait environ 80 sites d’élevage de poisson et 4 sites d’élevage de mollusques qui détenaient un permis dans la région de Coast of Bays.]

D’ici quatre ou cinq ans, on peut s’attendre à 50 000 tonnes métriques. Et au fur et à mesure que l’industrie va se développer, c’est toute la région qui va se développer. Et il faudra que des gens déménagent ici pour occuper les emplois, parce tout le monde ici aura déjà un emploi, ce qui est excellent. 

[En médaillon : L’aquaculture dans la région de Coast of Bays a créé 655 emplois directs à plein temps.]

On ne parle pas seulement des emplois directs dans le secteur de l’aquaculture, mais aussi des emplois indirects. Il y a les transports; on a besoin de camionneurs pour transporter les produits, de mécaniciens pour réparer des petits moteurs, les systèmes hydrauliques. Voilà le genre de choses que l’on va voir dans les prochaines années.

[En médaillon : L’aquaculture dans la région de Coast of Bays a créé des emplois supplémentaires dans les secteurs de l’approvisionnement et des services.]

Miranda Pryor (7:00)
Un grand nombre de ces villages ont été fondés sur la base de la pêche traditionnelle. Alors, l’arrivée de l’aquaculture, c’est bien, mais ça ne s’est pas fait sans difficultés. Nous utilisons des quais qui n’étaient pas conçus pour nous, et nous utilisons des infrastructures qui n’ont pas vraiment été construites pour nos industries. Donc les défis sont là, mais nous apprenons à les surmonter.   

Jennifer Woodland (7:18)
Une partie des difficultés qui se posent tient au fait qu’il nous manque pour l’instant un bon nombre des industries de services qui approvisionnent l’industrie de l’aquaculture parce que nous ne faisons que commencer à développer le secteur. Il nous faut aussi un meilleur cadre de réglementation qui soit adapté aux particularités de Terre-Neuve : de l’eau froide, le moment où l’on peut récolter, les moyens de nous rendre sur les sites et les critères pour déterminer le choix de ces sites. Nous avons mis sur pied, par l’entremise de l’association de l’industrie aquacole de Terre-Neuve, certains comités avec des représentants du gouvernement, qui vont s’attaquer à ces difficultés maintenant que la production de l’aquaculture est en train de s’améliorer et d’augmenter.     

Jennifer Caines (7:52)
Nous sommes aussi pas mal isolés du reste de la province. Je veux dire que l’aéroport le plus proche est à trois heures et qu’il y a deux heures à faire sur une longue route isolée de tout. Il y a un prix à payer pour si grand éloignement. Mais, quand on y regarde de plus près, regardez comme nous sommes proches de la côte Est des États-Unis, là où se trouve le plus gros du marché. L’occasion à saisir pour nous, c’est de développer nos marchés de produits frais. Comparativement à l’Europe, nous sommes près du Nord-Est américain; nous sommes près comparativement au Chili; et nous sommes près comparativement à d’autres régions du monde. Et en plus, nous avons une histoire de commerce, en particulier des produits de la mer, entre Terre-Neuve et toute la région du Canada atlantique et de l’Est des États-Unis où, évidemment, le gros de la population va absorber ce marché. Alors, on peut penser que sous sommes isolés, mais en réalité, à l’échelle du monde, nous sommes très près du principal marché. Notre défi consiste à trouver de meilleurs moyens pour transporter notre produit rapidement vers les marchés.

Miranda Pryor (8:57)
Nous avons des ouragans en automne, des tempêtes et de dures conditions hivernales avec lesquels les exploitants doivent composer. Nous devons donc faire preuve de beaucoup d’innovation pour concevoir les ancrages, les types de cages, la taille du maillage et ainsi de suite. Il faut penser à tout, jusqu’à la conception des écloseries dans la province, et l’amélioration de nos services de nettoyage des filets. Il y a beaucoup de travail qui se fait là-dessus en ce moment. La gestion des déchets est aussi un facteur, de même que nos méthodes pour recycler autant que possible. Étant donné le caractère rural de notre région et l’isolement de la province, le recyclage prend beaucoup d’importance dans la province. Alors le défi, c’est de trouver un moyen de recycler une grande quantité de matières provenant de l’industrie aquacole.

Et puis, pour les moules, il faut beaucoup d’innovation dans nos méthodes d’élevage et dans la façon de composer avec les glaces de l’Arctique. Nous faisons beaucoup d’élevage des moules dans les zones côtières; nous cherchons donc des moyens d’aller dans les eaux un peu plus profondes, et peut-être même en haute mer, mais cela présente aussi beaucoup de difficultés.

Clyde Collier (9:55)
J’aimerais qu’on fasse davantage de production d’alevins dans les environs, plutôt que de les importer des autres régions, pour des raisons de biosécurité. Le seul fait de profiter de l’économie de cette activité dans la région nous donnerait un meilleur poisson avec lequel travailler et un meilleur stock, plutôt que de devoir faire parcourir de si longues distances à la production. [Prise de vue panoramique de l’écloserie de St. Alban’s]. Ensuite, il n’y a que quelques problèmes d’ordre général avec la biosécurité, qui, selon moi, ne viennent que d’un manque de ce que j’appellerais des infrastructures communes, comme des quais et des installations du même genre. 

[plan sur l’affiche « Construction of Aquaculture Inflow Wharf » (construction d’un quai pour l’aquaculture), Hermitage, T.-N.-L.]

Jamie Kendell, (10:42)
Et bien, d’ici dix ans, et peut-être même avant, une bonne partie de l’infrastructure devra être en place. Et quant à nous ici, à Newfoundland Aqua Service Ltd., nous devrons assurer un service de nettoyage des filets à terre et peut-être nous tourner vers l’utilisation d’un produit antisalissures biologiques, vous savez, laisser de côté les procédés à base de cuivre pour adopter plutôt un procédé novateur, plus organique, pour garder les filets propres et permettre à l’industrie de continuer sur sa lancée.

Jennifer Woodland (11:05)
Une des innovations que j’aimerais voir, c’est probablement la diversification des espèces. À l’heure actuelle, nous élevons de la morue, qui est une nouvelle espèce pour l’aquaculture à Terre-Neuve dans les eaux libres de l’océan, ainsi que la truite arc-en-ciel et le saumon. Terre-Neuve a peut-être l’occasion d’envisager l’aquaculture multitrophique intégrée, ou peut-être d’élever des espèces différentes qui toléreraient mieux l’eau froide. J’aimerais voir de l’innovation dans la diversification des espèces pour que nous puissions aussi diversifier nos produits.     

Miranda Pryor (11:35)
Dans la région de Coast of Bays, nous avons un énorme potentiel encore du côté de la pisciculture. Bien sûr, nous faisons aussi de l’élevage de coquillages. 

[En médaillon 2 : carte de la région de Coast of Bays indiquant les sites de pisciculture et de conchyliculture] Source : « Seafood Industry: Year in Review » Terre-Neuve-et-Labrador, 2009, ministère des Pêches et de l’Aquaculture

Le saumon atlantique, la truite arc-en-ciel, et maintenant, nous nous aventurons du côté de la morue. Nos eaux sont plus froides, plus profondes, mais elles sont très propres et nous avons une formidable zone littorale qu’il nous reste à explorer encore. Il est donc vraiment difficile de dire jusqu’où nous pourrons aller, mais nous allons faire des essais et nous allons finir par le savoir.

Conrad Collier (12:02)
Actuellement, comme je l’ai dit, nous sommes à environ 10 000 tonnes métriques. La capacité estimative de notre région est d’environ 40 000 tonnes. Le calcul est donc simple à faire : nous en sommes au quart de notre potentiel.

Miranda Pryor (12:16)
Je pense que la seule chose que j’aimerais probablement ajouter pour ceux qui nous regardent, c’est que si l’idée de venir à Terre-Neuve et de voir notre magnifique province les intéresse, ils seront certainement les bienvenus. Je pense que les gens se font de fausses idées sur la façon dont on peut pratiquer l’aquaculture ici, parce qu’il fait si froid ici, que nous sommes si loin au nord et qu’il y a tellement de glace. Je crois qu’une fois que quelqu’un est venu ici, qu’il a vu ce que nous avons et ce que nous avons à offrir, c’est assez pour lui ouvrir les yeux et qu’il me reste juste à lui souhaiter la bienvenue à Terre-Neuve! (rire)

Des remerciements particuliers à (par ordre alphabétique) :

Jennifer Caines
Northern Harvest Sea Farms

Clyde Collier
Gray Aqua Group Limited

Conrad Collier
Coast of Bays Corporation

Jamie Kendell
Newfoundland Aqua Service Limited

Steward May
Maire de Belleoram

Miranda Pryor
Newfoundland Aquaculture Industry Alliance

Jennifer Woodland
Cooke Aquaculture

Générique

Caméra et prise de son

Jill Currie
Pêches et Océans Canada

Nancy Fowler
Pêches et Océans Canada

Montage

Erin Pollard

Graphisme et statistiques

“Seafood Industry:  Year in Review” Terre-Neuve-et-Labrador, 2009, ministère des Pêches et de l’Aquaculture

Photographie

Roberta Collier
Newfoundland Aquaculture Industry Alliance

Malcolm Cox

Nell Halse
Cooke Aquaculture

Terminer sur le logo du gouvernement du Canada (13:40)