ÉVALUATION DU PROGRAMME DES PRÉVISIONS OCÉANIQUES

RAPPORT FINAL

DIRECTION DE L'ÉVALUATION
EVALUATION DIRECTORATE



TABLE DES MATIÈRES


REMERCIEMENTS ET SIGLES


REMERCIEMENTS

La Direction de l'évaluation reconnaît le travail accompli par toutes les personnes qui ont donné de leur temps et de leur expertise pour la présente évaluation, et les en remercie.


SIGLES


SIGLES
AAP Architecture d’alignement des programmes
ARGO Réseau pour l'océanographie géostrophique en temps réel
CMR Cadre de mesure du rendement
CNDS Comité national des directeurs des sciences
CONCEPTS Réseau opérationnel canadien de systèmes couplés de prévision environnementale
F et E Fonctionnement et entretien
GDSI Gestion des données scientifiques intégrées
GI-ST Gestion de l’information et des services de la technologie
MDN Ministère de la Défense nationale
MPO Pêches et Océans Canada
OSC Direction de l'océanographie et des sciences du climat
PMZA Programme de monitorage de la zone Atlantique
PPO Programme des prévisions océaniques
PSACCMA Programme des services d'adaptation aux changements climatiques en milieu aquatique
SPC Services partagés Canada
TI Technologie de l’information

Sommaire


Introduction

Le présent rapport décrit les résultats d'une évaluation du Programme des prévisions océaniques (PPO). L'évaluation portait sur la pertinence et le rendement du PPO. Par rendement, on entend l'efficacité, l'efficience et l'économie, conformément à la Politique sur l'évaluation (2009) du Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada. La Direction de l’évaluation de Pêches et Océans Canada (MPO) a effectué cette évaluation entre mai 2013 et février 2014.

L'évaluation concernait toutes les activités entreprises en vertu du PPO durant la période s'échelonnant de 2008-2009 à 2012-2013. En 2011-2012 et 2012-2013, les responsables du PPO ont reçu comme mandat de superviser la création d'un nouveau programme, le Programme des services d'adaptation aux changements climatiques en milieu aquatique (PSACCMA). Ce programme est maintenant (saison 2013-2014) devenu un programme distinct qui fait partie de l'Architecture d'alignement des programmes du Ministère. Pour cette raison, le PSACCMA n'entre pas dans la portée de la présente évaluation.

Description du programme

En tant que nation maritime bordée de trois océans et dotée d'un vaste réseau d'eaux continentales, le Canada se doit de comprendre les processus océaniques afin de prévoir les conditions des océans et leur incidence sur notre environnement, nos écosystèmes et nos collectivités côtières. Pour ce faire, il effectue des recherches et la surveillance à long terme des principaux paramètres océaniques en faisant appel à des véhicules spatiaux, aériens, autonomes, ainsi qu’à des observations réalisées à bord de navires et à la gestion des données pour assurer leur intégrité et leur accessibilité. Le PPO constitue le fondement de l’information marine, y compris les produits et services de prévision océanique qui appuient l’état de préparation aux situations d’urgence, l’adaptation aux changements climatiques, l’atténuation des répercussions des déversements d’hydrocarbures, ainsi que les opérations en mer comme les pêches.

Méthodologie de l'évaluation

La présente évaluation repose sur une « approche réaliste », selon laquelle la mesure du succès remporté par le Programme dans l'atteinte des résultats attendus tient compte de la nature complexe et dynamique de ce que l'on entend par succès. Ainsi, les questions posées lors de l'évaluation tentent de cerner les circonstances dans lesquelles les résultats sont atteints, en reconnaissance du fait que la signification du succès peut varier selon les personnes, les organismes, les fonctions et au fil du temps. En outre, l'évaluation était axée sur la perspective du client, c'est-à-dire que la mesure du succès reposait sur les besoins des différents intervenants tout au long de la chaîne de production scientifique. Les informateurs clés internes et externes, les documents de programme et la documentation Web sur les fonctions de prévision océanique d’autres pays constituaient les principales sources d’information.

Résultats de l'évaluation

Nous avons de plus en plus besoin du PPO en raison des conditions de changement climatique qui créent la nécessité de produire des données de prévision océanique accessibles et en temps réel. L'effort de recherche consenti en vertu de ce Programme est également orienté sur l'évaluation des impacts potentiels sur l'environnement marin, les écosystèmes et les populations de poissons et de mammifères marins.

Le PPO est bien harmonisé avec les priorités du gouvernement fédéral et contribue à tous les résultats enregistrés par le Ministère. Il s'agit du seul programme fédéral qui possède l'organisation et l'infrastructure adéquates pour produire les données océaniques de références capables d'étayer la recherche à long terme que mène le Ministère sur les pêches, les écosystèmes et la gestion des océans; il est également le seul programme à pouvoir fournir au gouvernement fédéral des avis non partisans sur la variabilité océanique. Le modèle canadien des prévisions océaniques est cohérent avec les tendances qui se manifestent à l'échelle mondiale, à savoir la gestion de ces services par des instances gouvernementales. En outre, l'interdépendance des océans et la nécessité d'une coopération internationale dans la gestion de ceux-ci signifient que ce rôle ne peut être rempli que par le gouvernement fédéral, ce qui en fait l'instance la mieux à même de réaliser la prestation du Programme.

Le PPO est mondialement reconnu; clairement, il contribue à un certain nombre de systèmes de prévision océanique, comme le Réseau pour l'océanographie géostrophique en temps réel (ARGO), le Programme de monitorage de la zone Atlantique (PMZA), le Réseau opérationnel canadien de systèmes couplés de prévision environnementale (CONCEPTS), etc. Toutefois, nous ne disposons pas d'une définition claire des produits et services attendus du Programme, et notre capacité de satisfaire aux besoins précis des clients est limitée.

Une des limites très importantes du Programme est l'intégration insuffisante de ses multiples et diverses activités. Au moment de l’évaluation, les activités du Programme étaient menées de façon relativement cloisonnée par les régions et entre les diverses directions générales, telles que le Service hydrographique du Canada et la Direction des sciences des écosystèmes. Entre autres, le Programme utilise des données et plateformes multiples dont la comparaison est parfois impossible. La qualité, la précision et la rapidité de production de données scientifiques sur les océans ne sont pas uniformes d'une région à l'autre et d'une fonction à l'autre. La fragmentation du Programme limite également sa capacité de relever et de satisfaire tous les besoins de ses clients potentiels, du fait qu'il n'y a pas de point d'entrée unique du Programme pour les partenaires et clients internes ou externes.

En outre, l’élaboration d’une fonction d’« océanographie opérationnelle » au sein du Ministère est perçue comme un point faible par les partenaires et les clients du Programme. On a trouvé des définitions différentes de ce que constitue l’océanographie opérationnelle lors de la collecte des données. Aux fins de l’évaluation, on a donc défini l’océanographie opérationnelle comme une approche axée sur les services, dans le cadre de laquelle les besoins d’utilisateurs cibles bien déterminés orientent les décisions sur l’élaboration et la diffusion de produits scientifiques précis tout en tenant compte des limites techniques et relatives aux ressources. Cette définition particulière a été choisie parce qu’elle vise directement le besoin reconnu d’une meilleure détermination des clients et de leurs besoins, ainsi que la nécessité d’établir une interdépendance entre ces besoins et les activités de programme (c.-à-d. les produits du Programme sont-ils utiles et les utilisateurs prévus et potentiels sont-ils tous au courant de ces produits et des avantages qu’ils peuvent en tirer?). Étant donné les ressources limitées du gouvernement fédéral (exercices successifs de réduction des dépenses, comme les examens stratégiques et fonctionnels), il est important que le Programme soit en mesure de documenter et de justifier l’affectation de ses ressources à des activités particulières, et l’un des éléments clés de cette justification est l’établissement d’une définition claire des produits visés et des clients ciblés.

Bien qu'une telle approche soit bien établie dans le milieu des services météorologiques canadiens et étrangers depuis plusieurs années, elle est, à tous égards, comparativement nouvelle pour les intervenants qui s'occupent de sciences de la mer, et le MPO commence tout juste à explorer cette orientation. Néanmoins, les comparaisons réalisées à l'échelle internationale montrent que d'autres pays sont plus avancés dans ce domaine, si ce n'est en raison d'une meilleure intégration de leurs fonctions scientifiques océanographiques et météorologiques (c.-à-d. au sein de la même institution).

Au cours de l’évaluation, on a trouvé des exemples démontrant que certains produits et renseignements du Programme sont utilisés comme prévu par une variété d’utilisateurs, notamment des chercheurs scientifiques, la Garde côtière canadienne, d’autres ministères du gouvernement et les médias. Toutefois, il n’est pas clair si tous les extrants du Programme sont utilisés pleinement, ni à quelles fins. Les données laissent supposer que leur utilisation est quelque peu limitée par le manque de sensibilisation des utilisateurs potentiels et par un manque d’adaptation de ces extrants pour répondre aux besoins des utilisateurs voulus.

Enfin, des préoccupations importantes ont été soulevées concernant l’érosion perçue du positionnement et de la capacité à la fine pointe de la technologie du Programme, ce qui semble nuire à sa capacité d’interagir avec les partenaires internationaux et de « faire le poids » sur la scène mondiale dans le domaine de l’océanographie.

Un certain nombre de facteurs contextuels, comme la pénurie de ressources, la capacité et le soutien limités en matière de TI et le vieillissement des navires, ont une incidence sur l'efficacité du Programme. Par exemple, le travail accompli par le personnel du PPO est fortement tributaire de la technologie de l'information, qu'il s'agisse de la capacité d'entreposage des données, de la capacité des serveurs de traiter de grands volumes de données ou de l’accès à des logiciels spécialisés pour modéliser, analyser ou partager les données au sein et à l'extérieur du Ministère. Selon divers représentants du Programme, leurs besoins spécialisés en TI ne sont pas aussi bien comblés depuis que les infrastructures informatiques et de données ont été fusionnées sous l’égide de Services partagés Canada (SPC).

La structure de gouvernance du Programme doit également être mieux coordonnée et intégrée à l'échelle nationale. À l'heure actuelle, les transactions quotidiennes réalisées dans le cadre du Programme reposent sur la prise de décisions officieuses, ponctuelles, par le personnel du programme, avec une dépendance excessive aux relations interpersonnelles entre les régions et l'Administration centrale. Il n'existe pas de mécanisme officiel de coordination des collaborations interfonctionnelles au niveau opérationnel du Programme. Cependant, les gestionnaires du PPO ont pris l'initiative d'élaborer un cadre national de service pour traiter la nécessité d'une coordination et d'une intégration à l'échelle nationale. Jusqu'à présent, un réseau officieux de scientifiques relevant des diverses régions s'est engagé dans des discussions continues. Un sondage a été mené auprès de clients du Programme, et un document préalable à l'établissement d'un cadre est en cours de préparation.

Selon la majorité des cadres supérieurs et des représentants du Programme relevant de tous les secteurs et de toutes les régions, le PPO est exécuté avec des ressources qui diminuent de plus en plus du fait de la réduction naturelle des effectifs. Cependant, il apparaît clairement que le Programme tire parti de ressources supplémentaires importantes provenant de sources externes multiples. Outre les collaborations internationales, la plus importante de ces sources est la participation du Programme au réseau CONCEPTS, grâce à laquelle le MPO obtient un accès au super-ordinateur d'Environnement Canada ainsi qu’à son expertise en matière de météorologie et d'océanographie, de même qu'aux navires de la Défense nationale (MDN) pour la collecte de données océaniques.

Un certain nombre d’autres avenues pourraient également être explorées pour améliorer encore plus l’efficience du Programme, telles qu’une meilleure intégration du PPO à l’échelle nationale, un meilleur soutien en TI, la poursuite d’occasions de collaboration supplémentaires avec les intervenants, le regroupement de certaines activités avec la fonction de services à la clientèle d’Environnement Canada, la prestation d’enveloppes budgétaires concurrentielles visant à influencer l’orientation des recherches universitaires et la mise en œuvre d’une structure de recouvrement des coûts pour certains des services. La faisabilité et les avantages de telles possibilités seront plus faciles à cerner et à négocier une fois qu’une définition claire du Programme sera établie. Éventuellement, le Programme sera mieux à même de relever des moyens susceptibles de réduire ses coûts et d'optimiser ses impacts une fois qu'il aura identifié plus précisément ses clients cibles. Cela permettra de mettre au point des outils et des produits qui pourront bénéficier à plus d'un utilisateur et de mieux cibler les besoins des utilisateurs.

Recommandations

Avec les constatations susmentionnées à l’esprit, les responsables de l’évaluation ont formulé les cinq recommandations suivantes.

Recommandation n°; 1 : il est recommandé que les intervenants du Programme poursuivent et parachèvent l'élaboration d'un cadre national des services océaniques.

Recommandation n° 2 : que ce soit comme partie intégrante du cadre ou d'un document de conception subséquent, il est recommandé que les intervenants du Programme élaborent une vision et un mandat, une structure décisionnelle et de responsabilisation claire ainsi que des rôles et responsabilités officiels pour la prestation du Programme à l'Administration centrale et dans les régions.

Recommandation n° 3 : que ce soit comme partie intégrante du cadre ou d'une activité subséquente, il est recommandé que les intervenants du Programme identifient les clients ciblés et établissent leurs besoins, de même que les produits et services que le Programme offre ou vise à offrir pour satisfaire ces besoins.

Recommandation n° 4 : que ce soit comme partie intégrante du cadre ou d'une activité subséquente, il est recommandé que les intervenants du Programme élaborent une stratégie de gestion des risques comportant des mesures d'atténuation concrètes pour traiter les risques associés à une capacité en matière de TI et un soutien de la TI limités, au vieillissement des navires scientifiques, aux limitations des ressources du Programme et au transfert des connaissances spécialisées.

Recommandation n° 5 : il est recommandé que, dans le cadre du développement d’un cadre national des services océaniques, les intervenants du Programme mettent également à jour la stratégie de mesure du rendement, incluant une description révisée des activités, des extrants, des résultats attendus, des indicateurs de rendement, des cibles et de la stratégie de collecte des données.


1. INTRODUCTION


Le présent rapport décrit les résultats de l'évaluation du Programme des prévisions océaniques (PPO). Conformément à la Politique sur l’évaluation (2009) du Conseil du Trésor, l'évaluation a porté sur les enjeux principaux que sont la pertinence et le rendement, incluant l'efficacité, l'efficience et l'économie.

L'évaluation couvre la période s'échelonnant de 2008-2009 à 2012-2013 et a été effectuée entre mai 2013 et février 2014 par la Direction de l’évaluation de Pêches et Océans Canada (MPO).


1.1 CONTEXTE DE L'ÉVALUATION

Comme l'indique la Politique sur l'évaluation du Conseil du Trésor, toutes les dépenses directes d'un programme doivent être évaluées tous les cinq ans. L'évaluation du PPO figurait dans le plan ministériel d'évaluation pluriannuel 2012-2013 du MPO. Elle a porté sur les principaux enjeux relatifs à l'optimisation des ressources, conformément à la définition donnée dans la Politique sur l'évaluation du Conseil du Trésor. Voici quelques-uns des enjeux principaux évalués : pertinence (besoin continu démontrable, concordance avec les priorités gouvernementales et correspondance avec les rôles et responsabilités du gouvernement fédéral) et rendement (efficacité, efficience et économie).

Les données recueillies dans le cadre du PPO constituent le fondement scientifique des produits, services et renseignements relatifs aux prévisions océaniques qui sont utilisés pour assurer la sécurité de la navigation, l'état de préparation aux situations d'urgence (comme les alertes au tsunami ou aux ondes de tempête), l'adaptation aux changements climatiques, les opérations de recherche et de sauvetage, l'atténuation des répercussions des déversements d'hydrocarbures ou, encore, les opérations comme l'exploitation pétrolière et gazière au large. Parmi les clients du Programme figurent des utilisateurs internes comme la Garde côtière canadienne, d'autres ministères et organismes fédéraux (comme Environnement Canada, le MDN, Transports Canada, Sécurité publique Canada), diverses industries maritimes (p. ex., la navigation commerciale, l'exploitation pétrolière et gazière au large, l'industrie de la pêche), la communauté scientifique marine canadienne et étrangère, ainsi que les Canadiens intéressés par le domaine.


1.2 PORTÉE DE L'ÉVALUATION

L'évaluation couvre les activités entreprises dans le cadre du PPO durant une période de cinq ans s'échelonnant de 2008-­2009 à 2012-­2013 et comprend la région de la capitale nationale et les six régions du MPO (Pacifique, Centre et Arctique, Québec, Maritimes, Golfe, Terre-Neuve-et-Labrador). En 2011-2012 et 2012-2013, la Direction de l'océanographie et des sciences du climat a reçu comme mandat de créer un nouveau programme, le Programme des services d'adaptation aux changements climatiques en milieu aquatique (PSACCMA). Ce programme est maintenant (saison 2013-2014) devenu un programme distinct faisant partie de l'Architecture d'alignement des programmes du Ministère. Pour cette raison, le PSACCMA n'entre pas dans la portée de la présente évaluation. Une évaluation horizontale de l'initiative Aider les Canadiens et les Canadiennes à s'adapter aux changements climatiques, qui comprend le PSACCMA du MPO, sera menée en 2015-2016 par Environnement Canada.


1.3 STRUCTURE DU RAPPORT

Le sommaire offre un bref résumé des résultats de l'évaluation ainsi que des conclusions et recommandations qui ont été formulées. La section 2 présente un aperçu du mandat, des activités et des ressources du Programme des prévisions océaniques. La section 3 décrit la méthodologie de l'évaluation; elle est suivie d'une discussion des principaux résultats (section 4) et des conclusions et recommandations qui ont été formulées (section 5). L'annexe A présente les recommandations et le plan d'action de gestion. L'annexe B présente la matrice de l'évaluation, c'est-à-dire les enjeux principaux, les questions, les indicateurs et les sources des données qui ont été utilisées pour l'évaluation. L’annexe C présente le modèle logique du Programme.


2. DESCRIPTION DU PROGRAMME


2.1 CONTEXTE

En tant que nation maritime bordée de trois océans et dotée d'un vaste réseau d'eaux continentales, le Canada se doit de comprendre les processus océaniques afin de pouvoir prévoir les conditions des océans ainsi que leur incidence sur notre environnement, nos écosystèmes et nos collectivités côtières.

Les activités et les éléments du PPO actuel sont mis en œuvre par le MPO depuis des décennies. Les séries de données concernant les paramètres océaniques sont collectées depuis avant 1940. Au fil du temps, les activités relatives aux sciences de la mer menées par le MPO sont devenues connues sous le nom de Programme des prévisions océaniques (PPO). Aujourd'hui, les chercheurs qui travaillent sous l'égide du PPO élaborent des produits, services et projets de recherche qui appuient un vaste éventail d'initiatives comme les approches de gestion axée sur l'écosystème, les stratégies d'adaptation aux changements climatiques, l'état de préparation aux situations d'urgence causées par des dangers naturels marins, les opérations de recherche et de sauvetage, l'atténuation des répercussions des déversements d'hydrocarbures et les opérations comme les pêches et l'exploitation de l'énergie au large.

2.2 MANDAT

En vertu de l'article 41 de la Loi sur les océans, le MPO a comme mandat d'offrir des services destinés à assurer la sûreté, la rentabilité et l'efficacité du déplacement des navires dans les eaux canadiennes; la recherche et le sauvetage en mer; l'intervention en cas de pollution marine. Ces services obligatoires sont fortement tributaires d'une océanographie opérationnelle qui offre des produits d'information sur lesquels reposent les décisions. Dans ce domaine, les services obligatoires appuient deux des résultats stratégiques du MPO, à savoir 1) Des secteurs maritimes et des pêches économiquement prospères et 2) Des eaux sécuritaires et sécurisées. Les résultats stratégiques font partie intégrante de l'Architecture d'alignement des programmes (AAP), qui est une composante de la structure de gestion des ressources et des résultats du gouvernement du Canada, fondement d'une approche pangouvernementale visant à renforcer la gestion des dépenses publiques (et la responsabilisation à cet égard) et donnant clairement des résultats dans l'intérêt des Canadiens.

De plus, en vertu de l'article 42 de la Loi sur les océans et en accomplissant les tâches prévues par la Loi sur les pêches, le ministre peut, entre autres :

  • recueillir des données visant à améliorer la compréhension des océans, de leurs ressources vivantes et de leurs écosystèmes;
  • effectuer des relevés hydrographiques et océanographiques des eaux canadiennes et d’autres eaux;
  • effectuer des relevés scientifiques marins des ressources halieutiques ainsi que de leurs habitats et écosystèmes;
  • mener des recherches fondamentales et appliquées sur l'hydrographie, l'océanographie et d'autres sciences de la mer, notamment l'étude des poissons et de leurs habitats et écosystèmes;
  • participer au développement des technologies océaniques.

Dans ce domaine, les services obligatoires appuient le troisième résultat stratégique du MPO, à savoir, Des écosystèmes aquatiques durables.

Enfin, en vertu de l'article 43 de la Loi sur les océans, le ministre est responsable de coordonner, promouvoir et recommander des politiques et programmes nationaux en matière de sciences halieutiques, d'hydrographie, d'océanographie et autres sciences de la mer.


2.3 GOUVERNANCE ET STRUCTURE ORGANISATIONNELLE


La structure organisationnelle du PPO a changé plusieurs fois au cours de la période couverte par l'évaluation (de 2008-2009 à 2012-2013). Le tableau 1 offre un bref aperçu des structures organisationnelles passées et présentes du programme.

Tableau 1. Structure organisationnelle en évolution du Programme des prévisions océaniques

Structure organisationnelle en évolution du Programme des prévisions océaniques
Période Nom du programme dans l'AAP Direction Direction générale Secteur
De septembre 2008 à avril 2010 Climat des océans Océanographie et  sciences du climat Sciences des océans et Service hydrographique du  Canada Science
Gestion des données scientifiques intégrées
D’avril 2010 à juin 2011 Climat des océans Océanographie et sciences du climat Sciences des océans et Service hydrographique du Canada Océans et sciences
Gestion des données scientifiques intégrées
De juin 2011 à octobre 2013 Prévisions océaniques Océanographie et sciences du climat Sciences des écosystèmes Sciences des écosystèmes et des océans
Gestion des données scientifiques intégrées Service hydrographique du Canada
D'octobre 2013 à aujourd'hui Prévisions océaniques Océanographie et données scientifiques Service hydrographique du Canada Sciences des écosystèmes et des océans

À l'échelle nationale, c'est le sous-ministre adjoint du Secteur des sciences des écosystèmes et des océans qui a la responsabilité globale d'élaborer et d'exécuter le Programme. À l'échelon régional, le Programme suit le modèle de gestion de la matrice du Ministère. Les directeurs régionaux des Sciences sont responsables de l'exécution du Programme dans les régions. Ils présentent leurs rapports à leurs supérieurs hiérarchiques, à savoir les directeurs généraux régionaux.

Bien que la place occupée par le Programme au sein du Ministère ait changé, les activités qui sont menées sous son égide sont demeurées les mêmes. Le Programme est fortement tributaire de la participation des régions, où la majorité des activités sont menées. Les chercheurs travaillant au PPO relèvent principalement de cinq instituts scientifiques régionaux : le Centre des pêches de l'Atlantique Nord-Ouest à St. John's, à Terre-Neuve-et-Labrador; l'Institut océanographique de Bedford, à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse; la Station biologique de St. Andrews, à St. Andrew's, au Nouveau-Brunswick; l'Institut Maurice Lamontagne, à Mont-Joli, au Québec; l'Institut des sciences de la mer, à Sidney, en Colombie-Britannique.

Le Programme est également fortement tributaire de la Direction générale de la gestion des données scientifiques intégrées (GDSI), qui est responsable de gérer et d'archiver les données océaniques recueillies in situ par le MPO ou acquises par l'entremise de programmes nationaux ou internationaux. La figure 1 offre un aperçu de la structure organisationnelle du Programme qui était effective au moment où l'évaluation a été menée. Il convient de noter que, en octobre 2013, la Direction générale de l’océanographie et des sciences du climat et le GDSI ont été fusionnés pour créer une nouvelle entité, la Direction générale de l'océanographie et des données scientifiques du Service hydrographique du Canada.


Figure 1. Structure organisationnelle du Programme des prévisions océaniques

Programme des prévisions océaniques

programme des prévisions océaniques


2.4 RÉSULTATS ATTENDUS

Les objectifs du Programme des prévisions océaniques sont les suivants.

  • Contribuer à une meilleure compréhension des trois océans qui bordent le Canada ainsi que des voies navigables continentales importantes grâce à la surveillance et à l'analyse des paramètres océaniques, la production de prévisions océaniques ainsi que la gestion et la diffusion de données.
  • Offrir des avis scientifiques à l'appui de la prise de décisions dans les domaines touchant la variabilité et les changements des océans et des voies navigables continentales importantes du Canada.

2.5 ACTIVITÉS DU PROGRAMME

Les principales activités du PPO aident à soutenir la production de données et de connaissances sur les océans et voies navigables principales du Canada, en appui aux fonctions et opérations de gestion du MPO.

Selon le cadre de mesure du rendement du Programme, les activités principales prévues sont les suivantes : observation et surveillance des océans; modélisation; analyse; recherche et développement; gestion des données; collaboration avec des partenaires; fourniture d'avis.

Observation et surveillance des océans

Le personnel du PPO collecte des données sur des paramètres océaniques choisis dans le cadre de plusieurs initiatives nationales et internationales et en utilisant diverses technologies comme la mesure in situ à partir de navires, de bouées et de mouillages; l'utilisation de profileurs autonomes; les images de télédétection par satellites. Parmi les paramètres océaniques choisis figurent la température de la surface de la mer, les courants, la salinité, le niveau de la mer et la prolifération de végétaux planctoniques. Voici quelques exemples d'initiatives d'observation et de surveillance :

  • Système de surveillance ARGO : ARGO est le plus vaste programme de surveillance du climat océanique au monde. Il comprend plus de 3 500 profileurs en dérive libre qui collectent des données sur la température et la salinité de l'océan. Le MPO est un grand partenaire du projet international ARGO. Depuis 2001, le Ministère a lancé plus de 350 profileurs, dont 100 sont toujours opérationnels.1 Les données recueillies dans le cadre du projet ARGO sont disponibles au public et utilisées pour améliorer les modèles météorologiques et océaniques, ainsi que pour la recherche.
  • Séries chronologiques le long de la ligne océanique P : la région du Pacifique fait l'objet d'une surveillance depuis 1956, et l'on collecte depuis lors des données chronologiques sur des variables océaniques le long de la ligne P. Le fait que ce programme soit à long terme permet de relever les changements océanographiques importants qui sont dus en partie aux changements climatiques mondiaux.
  • Le Programme de monitorage de la zone Atlantique : ce programme a été élaboré en 1998 pour enrichir les données chronologiques sur l’océan Atlantique déjà recueillies depuis l’amorce du vingtième siècle. On a choisi des stations particulières pour la collecte de séries chronologiques de longue durée. Les données recueillies sont utilisées pour analyser les conditions biologiques, chimiques et physiques des eaux canadiennes de l'Est.

Modélisation

Les intervenants du PPO élaborent des modèles de prévision océanique qui prévoient les conditions en trois dimensions des océans ou d'une région d'un océan et effectuent des projections de l'évolution de ces conditions au fil du temps. Les modèles de prévision océanique reposent sur des données marines recueillies grâce à des technologies d'observation de la Terre et des mesures directes de conditions comme la température, la salinité, les courants et la hauteur des vagues.

On reconnaît de plus en plus que l'exactitude des prévisions atmosphériques et océaniques exige que l'on utilise des modèles « couplés » (c.-à-d., atmosphère-glace-océan) ainsi que des données atmosphériques et océanographiques. À partir de ces données intégrées, le volet des prévisions océaniques peut servir à prévoir différents aspects des conditions océaniques qui peuvent ensuite être utilisés de façon opérationnelle pour aider, par exemple, à la planification de la préparation aux situations d'urgence des infrastructures côtières menacées par des ondes de tempête.

Les opérations en temps réel associées à la recherche et au sauvetage en mer, à la navigation, à l'efficacité et à l'efficience des activités industrielles en mer (p. ex. l'exploitation pétrolière et gazière au large, les flottilles de pêche, etc.) exigent des avis prévisionnels sur les conditions météo-océaniques. Ces avis s'appuient sur des prévisions océanographiques opérationnelles qui sont produites grâce à l'analyse et la prévision de variables océaniques comme les courants, la température, le contenu en sel et les vagues. Ces données sont fournies à divers organismes, y compris la Garde côtière canadienne et les gestionnaires des pêches, et sont utilisées pour effectuer un suivi des navires et leur offrir des aides à la navigation.

Analyse

Le Programme reçoit des données océaniques de diverses sources (p. ex. données recueillies par des satellites d'observation, données ARGO, etc.). Ces données sont regroupées puis analysées par le personnel du PPO.

Recherche et développement

Les chercheurs qui œuvrent au sein du Ministère mènent des activités de recherche détaillées sur différents aspects océanographiques pour examiner les océans de manière systématique, scientifique et la moins invasive possible. Ces recherches nous permettront de mieux comprendre des questions comme les suivantes : pourquoi les océans deviennent-ils de plus en plus acides? comment les débits sortants d'eau salée/eau douce provenant de l'archipel canadien influent-ils sur les conditions océaniques dans l'Atlantique Nord-Ouest? comment les zones pauvres en oxygène influent-elles sur les écosystèmes marins? Des recherches sont menées sur un vaste éventail d'enjeux océanographiques dans les eaux du Pacifique, de l'Arctique et de l'Atlantique.

De nouvelles approches, comme l'utilisation d'observatoires perfectionnés sur le plancher océanique, de nouveaux véhicules sous-marins autonomes, de technologies d'observation de la Terre et d'autres outils d'observation, peuvent offrir aux chercheurs du PPO la possibilité d'améliorer leur compréhension scientifique des océans du Canada. Cette compréhension accrue peut à son tour permettre de meilleures prévisions océaniques.

Gestion des données

La conservation et la gestion de l’information et de la série de données recueillies sur une longue période (p. ex. série chronologique de la ligne P) relèvent du ressort du gouvernement, qui est chargé de documenter l’historique de l’environnement canadien, de fournir une base pour la prise de décisions fondées sur des données probantes et d’établir des points de référence par rapport auxquels on peut mesurer le changement.

La fonction de gestion des données vise les données d’observation ainsi que les données produites par des modèles et des systèmes de prévision. Il est primordial que les données soient accessibles au public afin d’assurer une transparence complète et d’instaurer la confiance.

Le PPO assume une fonction de gestion et d'intendance des données océaniques recueillies par le Ministère dans le cadre de ses programmes régionaux et locaux (zones). Le mandat du Programme comprend également l’acquisition  et la gestion de données et d'information similaires de sources étrangères. Toute l'information et les données doivent être assemblées, traitées et diffusées par l'entremise de centres de données scientifiques qui sont établis dans tous les bureaux régionaux du MPO.

La Direction de la gestion des données scientifiques intégrées (GDSI) de la région de la capitale nationale (qui fait maintenant partie de la Direction de l’océanographie et des données scientifiques) conserve des archives sur les propriétés physiques, chimiques et biologiques in situ, coordonne les activités de gestion des données par l'entremise du Comité national de gestion des données scientifiques du MPO et agit comme point central pour la coopération internationale dans le domaine de l’échange de données et d'information.

Collaboration avec des partenaires

Le PPO repose sur bon nombre d'initiatives de collaboration avec le milieu universitaire, d'autres ministères et la communauté scientifique internationale. Les partenariats aident à tirer parti des ressources du Programme et à en améliorer l'utilisation.

Les universitaires canadiens mènent des recherches océanographiques de pointe sur les trois côtes du Canada. La collaboration entre le MPO et les universités génère une excellente synergie qui profite à la recherche océanographique. Par exemple, les intervenants du PPO ont établi un partenariat avec ArcticNet, de l'Université Laval, un Réseau de Centres d'excellence canadiens qui regroupe des chercheurs et des organisations inuites afin d'étudier l'incidence des changements climatiques sur l'Arctique canadien côtier. Ocean Networks Canada, de la University of Victoria, est un autre exemple de partenariat avec le milieu universitaire. Ocean Networks Canada administre deux observatoires sous-marins câblés dans l'océan Pacifique. Des océanographes de la région du Pacifique du MPO participent à certains aspects de cette initiative.

Des océanographes du MPO prennent également part à des initiatives intergouvernementales comme le Réseau opérationnel canadien de systèmes couplés de prévision environnementale (CONCEPTS). Cette accord de collaboration entre Environnement Canada, le MPO et le MDN permet d'améliorer de façon importante l'analyse et la prévision de caractéristiques océaniques comme les vagues, les courants, la température et le transport d'agents polluants, qui sont ciblées dans le programme d'océanographie opérationnelle du MPO, et de mieux comprendre et mieux gérer les écosystèmes marins du Canada.

La coopération à l'échelle internationale est également un volet important du PPO. Les données océaniques sont partagées entre les pays et sont intégrées dans les modèles de prévision océanique en vue d'en améliorer la précision. Les recherches océanographiques menées actuellement par le MPO soutiennent également la contribution du Canada au Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat et à la Commission océanographique intergouvernementale.

Fourniture d'avis

Les océanographes du MPO fournissent des avis aux décideurs canadiens et étrangers sur des enjeux comme la préparation aux situations d'urgence, l'océanographie opérationnelle et la santé des océans.

Les collectivités côtières se fient aux avis prévisionnels associés aux risques d'ondes de tempêtes et de tsunamis. On utilise également des données en temps réel pour mettre sur pied des missions de recherche et sauvetage en mer, de même que pour les activités industrielles au large (p. ex. exploitation du pétrole et du gaz au large, flottilles de pêche, etc.). Le PPO offre des données à l'appui d'avis sur les activités de gestion des océans comme la désignation et la gestion de zones de protection marine, la gestion des habitats et celle des ressources halieutiques. Avec les changements climatiques mondiaux, il est de plus en plus important de surveiller l'état de santé des océans du Canada afin de déceler les changements éventuels des écosystèmes marins. On continuera de mener ce type de recherches dans le cadre du PSACCMA.


1 ARGO Canada : http://www.meds-sdmm.dfo-mpo.gc.ca/isdm-gdsi/argo/index-fra.html


2.6 INTERVENANTS DU PROGRAMME

Parmi les clients du PPO figurent des utilisateurs internes comme la Garde côtière canadienne et le programme de gestion intégrée des océans, d'autres ministères et organismes fédéraux (comme Environnement Canada, le MDN, Transports Canada, Sécurité publique Canada) et diverses industries maritimes (p. ex., la navigation commerciale, l'exploitation pétrolière et gazière au large, l'industrie de la pêche).

Les bénéficiaires du PPO sont des organismes des secteurs public et privé et, en général, les Canadiens dans leur ensemble, qui utilisent l'information, les prévisions et les avis offerts par les intervenants du PPO pour naviguer en toute sécurité sur les océans et les voies navigables continentales importantes du Canada. Ces bénéficiaires utilisent principalement l'information concernant les courants, les niveaux d'eau, la hauteur des marées et les déplacements d'icebergs, qui les aide à naviguer en toute sécurité et qui soutient également les activités liées à la navigation commerciale, à la recherche et au sauvetage en mer et à la sécurité maritime. Le PPO permet également d'améliorer le bien-être économique de la plupart des bénéficiaires sus-mentionnés. À partir des données produites dans le cadre du PPO, des mesures sont prises pour réduire les coûts ou maximiser les revenus d'entités commerciales et de particuliers.

Des données sur l'état des océans et des voies navigables, y compris la température de l'eau et sa composition chimique, servent de fondement à partir duquel les chercheurs canadiens prévoient l'incidence de ces conditions sur la biologie des étendues d'eau et des écosystèmes, tant au chapitre de la santé globale qu'à celui de la productivité des océans du Canada. Grâce à ces connaissances, le gouvernement peut mieux évaluer les stocks de poissons et gérer les espèces en péril, les habitats aquatiques et nos réseaux de zones de protection marine dans l'intérêt de tous les Canadiens.

Des intervenants du milieu universitaire, du secteur privé et de la communauté scientifique internationale collaborent régulièrement avec des océanographes du MPO à des initiatives qui aident à produire de nouvelles connaissances et à créer les modèles, l'information et les prévisions qui sont la clé de la prestation du PPO.

2.7 RESSOURCES DU PROGRAMME

Le budget du Programme et les dépenses qui sont prévus durant la période de l'évaluation (cinq ans) sont présentés au tableau 2. Ce tableau comprend de l'information concernant les salaires, le fonctionnement et l'entretien (F et E), d'autres sources de financement comme des subventions et contributions et les équivalents temps plein (ETP).

Tableau 2. Ressources du Programme

Table of Program Resources
  Budget (millions de dollars) Dépenses (millions de dollars) ETP
Salaires F et E Autre Total Salaires F et E Autre Total
2008-09 8,0 5,3 0,2 13,4 8,9 5,5 0,2 14,6 130,26
2009-10 7,2 4,3 0,02 11,5 9,0 4,0 0,02 13,0 124,62
2010-11 7,0 3,0 0,08 10,0 8,8 2,3 0,08 11,2 120,45
2011-122 8,3 3,5 0,5 12,3 9,5 3,1 0,5 13,1 117,19
2012-132 11,2 3,5 0,4 15,1 11,6 3,3 0,4 15,3 141,10

Source : données recueillies dans le cadre du Programme.


2.8 PROFIL DES RISQUES

Les intervenants du PPO ont relevé cinq risques principaux qui pourraient faire obstacle à l'atteinte des objectifs du Programme :

  • Ressources humaines : Il y a un risque que le Secteur des sciences manque de travailleurs du savoir qualifiés, notamment dans certains domaines clés particuliers tels les sciences dans l’océan Arctique.
  • Infrastructure physique : Il y a un risque que le secteur des Sciences ne dispose pas de ressources suffisantes pour investir dans l’entretien et le contrôle de l’infrastructure (c.-à-d. les navires, les petites embarcations, l’infrastructure des technologies de l’information, les laboratoires et l’équipement) requise pour atteindre les objectifs du Programme des prévisions océaniques.
  • Technologie de l’information : Il y a un risque qu’étant donné la complexité grandissante et le volume croissant des données scientifiques qui doivent être stockées et gérées, le Secteur des sciences soit incapable de répondre aux besoins en matière d’information et de technologie de l’information.
  • Arctique : Il y a un risque que le manque de ressources fasse en sorte que le Secteur des sciences ne soit pas capable de fournir les avis fondés sur des données probantes, et les renseignements et les services nécessaires liés à l’Arctique. L’incidence de ce risque sur la crédibilité du Canada sera amplifiée si le pays n’arrive pas à faire preuve de leadership dans le cadre de plusieurs dossiers sur l’Arctique, notamment dans le cadre de son rôle de président du Conseil de l’Arctique jusqu’en 2015 (depuis 2013).
  • Partenariats : Il y a un risque que le recours accru à des partenariats par le Secteur des sciences entraîne des lacunes dans l’expertise interne.

Ces risques ont des répercussions sur plusieurs programmes qui sont exécutés par le Secteur des sciences des écosystèmes et des océans, de sorte que des initiatives d'atténuation conjointes ont été lancées avec d'autres programmes scientifiques du MPO. L’équipe chargée de l’évaluation a examiné ces risques, ce qui a permis d’étayer divers aspects de l’évaluation en ce qui concerne tant le contexte de l’évaluation que les domaines à explorer plus en profondeur dans le cadre de cette activité.


2 Les chiffres fournis pour les exercices 2011-2012 et 2012-2013 comprennent également le financement spécial (de 2.2 millions $ et de 5.18 millions $, respectivement) offert pour le Programme des services d'adaptation aux changements climatiques en milieu aquatique (PSACCMA), lequel est exclu de la portée de la présente évaluation. Ce financement ne pouvait toutefois pas être soustrait des totaux du présent tableau parce que les montants précis alloués au Programme des prévisions océaniques (par opposition à d’autres activités de programme du MPO) dans le cadre du PSACCMA sont inconnus et que la ventilation précise des salaires, des dépenses de F et E et d’autres catégories de budget et de dépenses n’est pas disponible.


3. MÉTHODOLOGIE


3.1 APPROCHE ET CONCEPTION DE L'ÉVALUATION

La présente évaluation repose sur une approche réaliste3, selon laquelle la mesure du succès remporté par le Programme dans l'atteinte des résultats attendus tient compte de la nature complexe et dynamique de ce que l'on entend par succès. Ainsi, les questions posées lors de l'évaluation tentent de cerner les circonstances dans lesquelles les résultats sont atteints, en reconnaissance du fait que la signification du succès peut varier selon les personnes, les organismes, les fonctions et au fil du temps. En particulier, cela signifie qu'il convient de poser les questions « qu'est-ce qui fonctionne? », « pour qui? » et « dans quelles circonstances? » plutôt que simplement « le Programme est-il efficace? » En outre, l'évaluation était axée sur la perspective du client, c'est-à-dire que la mesure du succès reposait sur la satisfaction des besoins des différents intervenants tout au long de la chaîne de production scientifique. La chaîne de production scientifique du Programme des prévisions océaniques 4 est illustrée à la figure 2, page suivante.


Figure 2. Programme des prévisions océaniques – Chaîne de production scientifique

Programme des prévisions océaniques – Chaîne de production scientifique

* La fonction Services à la clientèle a actuellement une visibilité limitée.

Chaque participant à la chaîne de production scientifique est à la fois un client et un fournisseur de données et de produits scientifiques à l'intention des autres participants qui se trouvent à l'intérieur ou à l'extérieur de la chaîne. Les résultats sont atteints lorsque les clients recevant divers produits et information scientifiques élaborés dans le cadre du Programme considèrent que leurs besoins sont satisfaits, et lorsque les produits et l'information sont utilisés tel que prévu par la clientèle cible. Ces résultats reflètent en grande partie ceux contenus dans le modèle logique du Programme (annexe C), lequel a été conçu comme partie intégrante de la stratégie de mesure du rendement du PPO.


3 L’approche réaliste est une forme de méthode d'évaluation induite par la théorie qui est particulièrement utile lorsque l'on veut évaluer un programme complexe. Voir Ray Pawson et Nick Tilley (2004). Realist Evaluation. http://www.communitymatters.com.au/RE_chapter.pdf

4 Cette illustration a été conçue pour les fins de l'évaluation et validée par les différents informateurs clés interrogés. Elle vise à présenter le fonctionnement actuel du Programme.


3.2 PRINCIPAUX ENJEUX ET QUESTIONS POSÉES LORS DE L'ÉVALUATION

La matrice d'évaluation présentée à l'annexe B montre les principaux enjeux étudiés (la pertinence, l’efficacité, l’efficience et l’économie) et les questions particulières posées lors de l'évaluation, de même que les sources de données correspondantes utilisées pour examiner chaque question. L'équipe chargée de l'évaluation a élaboré les questions en s'inspirant de la Politique sur l'évaluation du Conseil du Trésor, d'un examen des documents d'accompagnement du Programme et de discussions au sujet de la planification de l'évaluation qui se sont tenues avec le personnel clé du Programme.


3.3 SOURCES ET COLLECTE DE DONNÉES

L'équipe chargée de l'évaluation a utilisé les sources de données suivantes pour recueillir des données.

Examen des documents du Programme

Recension des documents et des sites Web du Programme des prévisions océaniques, du MPO et d'autres ministères fédéraux.

Analyse de la littérature publiée sur le Web

On a analysé les documents disponibles sur Internet pour étayer la manière dont la fonction de prévision océanique est structurée et assurée dans d'autres pays - Australie, France, Royaume-Uni, États-Unis - et pour recenser les études qui font état de l'incidence sociétale des produits de prévision océanique.

Entrevues

Un nombre total de 32 entrevues semi-structurées ont été menées, par téléphone ou en personne, auprès d'informateurs clés issus des groupes suivants.

  • Directeurs généraux responsables du Programme (n = 2)
  • Directeurs régionaux des Sciences (n = 5)
  • Représentants du Programme (de l'Administration centrale et des régions du Pacifique, de Terre-Neuve-et-Labrador, des Maritimes et du Québec) (n = 13)
  • Clients/partenaires du Programme (clients internes du MPO, autres ministères et partenaires étrangers) (n = 12)

Il convient de noter que les partenaires du Programme ne peuvent être distingués des clients, car, dans la plupart des cas, ce sont les mêmes personnes ou organismes qui jouent les deux rôles.


3.4 LIMITES DE LA MÉTHODOLOGIE ET STRATÉGIE D'ATTÉNUATION

Le Programme des prévisions océaniques est une activité relativement récente (2011-2012) au sein de l'Architecture d'alignement des programmes du MPO. Plutôt que de rassembler une série d'activités bien définies et bien circonscrites, il comprend un dispositif complexe d'activités scientifiques menées par plusieurs unités au sein du Ministère (c.-à-d. Produits et services hydrographiques, Gestion des données scientifiques intégrées, Océanographie et sciences du climat, régions du MPO). Le contexte dans lequel le Programme est exécuté est caractérisé par la présence de réseaux collaboratifs, interdépendants et plurisectoriels. Bien qu'une stratégie de mesure du rendement ait été élaborée pour ce Programme, il manque encore une articulation précise de la manière dont les diverses activités devraient mener aux résultats attendus et une description des rôles et responsabilités des différentes unités organisationnelles concernées.

En l'absence d'une théorie bien articulée, il a été difficile, au cours de l'évaluation, de déterminer les résultats à partir desquels mesurer le rendement du Programme et les moyens par lesquels mesurer ces résultats. Pour atténuer ces limites, nous avons adopté une approche réaliste de l'évaluation, qui met tout particulièrement l'accent sur l'inventaire des principaux mécanismes de prestation du Programme. Le rendement de ce dernier a été mesuré en examinant le degré auquel les besoins des différents utilisateurs des extrants et résultats du Programme étaient satisfaits, ainsi que le degré auquel les extrants et résultats étaient utilisés tel que prévu.


4. Principaux résultats


4.1 NÉCESSITÉ DE MAINTENIR LE PROGRAMME


Résultat clé : il est nécessaire de maintenir le Programme, car les activités et les utilisations maritimes sont en augmentation et subissent l'incidence des nouveaux enjeux associés aux changements climatiques.


Le Programme constitue le fondement de l'information maritime, y compris les produits, services et recherches liés aux prévisions océaniques, qui soutiennent un vaste éventail de stratégies d'adaptation utilisées pour appuyer la préparation aux situations d'urgence (p. ex. alertes au tsunami ou aux ondes de tempêtes, formation de glace, etc.), l'adaptation aux changements climatiques, les opérations de recherche et de sauvetage en mer, l'atténuation des répercussions des déversements d'hydrocarbures et les activités maritimes comme les pêches et l'exploitation pétrolière et gazière au large.

Les activités et les utilisations maritimes ont augmenté au cours de la dernière décennie. Entre 2006 et 2008, le transport maritime a augmenté de 41 % au Canada. Au cours de la même période, l'emploi dans le secteur maritime a aussi augmenté de 4 %. Dans l'ensemble, le transport maritime demeure le pivot du commerce international, plus de 80 % des marchandises commercialisées dans le monde étant transportées par bateau5. En tant que nation maritime bordée de trois océans, le Canada se doit de comprendre les processus océaniques afin de formuler des prévisions qui influeront sur la navigation et contribueront à sa sécurité.

L'effort de recherche consenti en vertu du Programme est également orienté sur l'évaluation des impacts potentiels sur l'environnement marin, les écosystèmes et les populations de poissons et de mammifères marins. En vertu du Programme, des données de toutes sortes concernant l'état des océans et des voies navigables, y compris la température de l'eau et sa composition chimique, servent de fondement à partir duquel les chercheurs canadiens prévoient l'incidence de ces conditions sur la biologie des étendues d'eau et des écosystèmes, tant au chapitre de la santé globale qu'à celui de la productivité des océans du Canada. Grâce à ces connaissances, il est possible de prendre des mesures pour évaluer les stocks, gérer les espèces en péril et les habitats et créer des réseaux de zones de protection marine dans l'intérêt de tous les Canadiens.

Le Programme des prévisions océaniques traite également les enjeux actuels et nouveaux des changements climatiques. On connaît beaucoup mieux le rôle des océans dans le climat de la Terre grâce à des années de surveillance, de modélisation et de recherches. Cependant, les nouveaux enjeux comme l'acidification des océans et leur appauvrissement en oxygène (zones mortes) menacent les écosystèmes et les pêches, et l'élévation du niveau des mers menace l'assise économique des collectivités côtières (érosion, inondations). Les communautés nordiques du Canada seront parmi les premières à subir une incidence significative des changements climatiques.

De l'avis de plusieurs informateurs clés, nous avons de plus en plus besoin du PPO en raison des conditions de changement climatique qui créent la nécessité de produire en temps réel des données prévisionnelles accessibles sur les océans. Par exemple, le Programme est pertinent pour de nombreux groupes de Canadiens, car les changements climatiques entraînent le déplacement de populations de poissons, modifient les écosystèmes et pourraient se solder par le déplacement de collectivités côtières. La valeur combinée des pêches commerciales et récréatives et de l'aquaculture dépasse les 5,5 milliards de dollars par année6 et, en l'absence de connaissances qui permettraient d'adapter ces activités, leur contribution au produit intérieur brut du Canada pourrait chuter. En outre, la situation des collectivités côtières, qui sont susceptibles de subir des élévations du niveau de la mer et la pression de l'érosion, pourrait rendre nécessaire la mise en place, par le Ministère, de capacités prévisionnelles qui aideront les planificateurs de ces collectivités à s'adapter.

Tandis que, depuis sa création, le MPO surveille les océans et mène des recherches sur ceux-ci, le déplacement de l'attention sur une gestion axée sur l'écosystème et sur les nouveaux enjeux relatifs au climat nécessite que l'on redéfinisse les priorités en ce qui concerne le climat océanique.


4.2 HARMONISATION AVEC LES PRIORITÉS DU GOUVERNEMENT FÉDÉRAL ET AVEC LES RÉSULTATS ENREGISTRÉS PAR LE MINISTÈRE


Résultat clé : le PPO est bien harmonisé avec les priorités du gouvernement fédéral et contribue à tous les résultats stratégiques du Ministère.


Le PPO contribue au résultat intitulé Une économie axée sur l'innovation et le savoir du gouvernement du Canada et est directement lié au résultat stratégique du MPO intitulé Des eaux sécuritaires et sécurisées. La fourniture, grâce au Programme, d'information précise et en temps opportun sur les conditions actuelles et prévues des océans et des voies navigables continentales importantes du Canada assure la sécurité des utilisateurs de ces eaux.

En vertu de l'article 41 de la Loi sur les océans, le MPO a également comme mandat d'offrir des services destinés à assurer la sécurité, la rentabilité et l'efficience du déplacement des navires dans les eaux canadiennes; la recherche et le sauvetage en mer; la prévention et l'intervention en cas de pollution marine. Ces services obligatoires sont fortement tributaires de l'océanographie opérationnelle grâce à laquelle on peut fournir des produits d'information pour la prise de décisions à l'appui du résultat stratégique intitulé Des eaux sécuritaires et sécurisées.

Le Programme a également un impact mesurable sur d'autres résultats stratégiques du Ministère et contribue à ceux-ci. La capacité de naviguer en toute sécurité et de planifier la prévision des conditions des océans et des voies navigables joue un rôle important dans l'amélioration du bien-être économique des marins, des pêcheurs, des sociétés d'exploitation des ressources naturelles et des communautés dont la subsistance dépend des océans et des voies navigables continentales. Grâce aux données fournies par le Programme, on peut prendre des mesures pour réduire les coûts (économiques et environnementaux) ou pour optimiser les revenus d'entités commerciales ou de particuliers, ce qui atteste d'un lien clair entre le PPO et le résultat stratégique intitulé Des secteurs maritimes et des pêches économiquement prospères et d'une contribution du Programme à ce résultat.

En outre, des données de toutes sortes concernant l'état des océans et des voies navigables, y compris la température de l'eau et sa composition chimique, servent de fondement à partir duquel les chercheurs canadiens prévoient l'incidence de ces conditions sur la biologie des étendues d'eau et des écosystèmes, tant au chapitre de la santé globale qu'à celui de la productivité des océans du Canada. Grâce à ces connaissances, il est possible de prendre des mesures pour mieux gérer les espèces en péril et les habitats et créer des réseaux de zones de protection marine. Les divers rapports sur l'état des océans7 publiés par le MPO constituent un important moyen de diffuser les principaux éléments de cette information. Cet apport du PPO contribue donc, dans une certaine mesure, au résultat stratégique du MPO intitulé Des écosystèmes aquatiques durables.


5 Rapport portant sur les avantages économiques de l'hydrographie (cité dans le rapport d'évaluation du Programme des produits et services hydrographiques pour 2012-2013).

6 http://www.dfo-mpo.gc.ca/stats/stats-fra.htm

7 Voir, à titre d’exemple, http://www.dfo-mpo.gc.ca/oceans/publications/index-fra.html; http://www.dfo-mpo.gc.ca/Library/345310.pdf; et http://www.dfo-mpo.gc.ca/oceans/publications/soto/index-eng.asp.


4.3 HARMONISATION AVEC LES RÔLES ET LES RESPONSABILITÉS DU GOUVERNEMENT FÉDÉRAL


Résultat clé : le gouvernement fédéral est l'entité la plus à même d'exécuter le Programme des prévisions océaniques.


Des données océaniques de référence soutiennent les recherches sur les pêches, les écosystèmes et la gestion des océans menées par le Ministère. Le PPO est le seul programme fédéral qui possède l'organisation et l'infrastructure adéquates pour mener à bien ce type de travail à long terme; c'est aussi le seul qui ait la capacité de fournir au gouvernement fédéral des avis impartiaux sur la variabilité océanique. Le modèle canadien des prévisions océaniques est cohérent avec les tendances qui se manifestent à l'échelle mondiale, à savoir la gestion de ces services par des instances gouvernementales.

Le mandat fédéral associé au PPO est décrit dans la Loi sur les océans. L'interdépendance des océans et la nécessité d'une coopération internationale dans la gestion de ceux-ci signifient qu'il s'agit d'un rôle qui ne peut être rempli que par le gouvernement fédéral. Les intervenants du Programme collaborent étroitement avec les représentants d'autres gouvernements, d'autres ministères et du milieu universitaire. Par exemple, d'après un chercheur du MPO, cinq pour cent des bouées canadiennes faisant partie du réseau ARGO sont lancées par des organismes ou des ministères autres que le MPO ou la Garde côtière canadienne. Les chercheurs du MPO se fient à des experts de partout dans le monde et tirent parti de données provenant d'autres pays.

Au cours des dernières décennies, on a assisté à une augmentation importante des travaux scientifiques bien financés qui servent à défendre des causes pour le compte de l'industrie et d'organisations non gouvernementales de l'environnement (ONGE). Le rôle du gouvernement en matière de recherche scientifique consiste à assurer la fourniture d'information et d'avis impartiaux et factuels à l'appui de la prise de décisions. Du fait des demandes liées à la recherche et à la surveillance à long terme, aucune instance n'est mieux placée pour accomplir ce travail. Les cadres supérieurs et le personnel du MPO, de même que les partenaires et les utilisateurs externes, s'accordent largement à penser que le gouvernement fédéral est l'instance la mieux placée pour exécuter ce Programme. Le secteur privé ne représente pas une option réaliste à cet égard, car les activités de prévision océanique sont trop coûteuses pour que l'on puisse s'attendre à des retombées commerciales et trop complexes pour être réalisées de façon indépendante.

En outre, en dehors d'une étroite frange côtière, les provinces canadiennes ont une capacité et un mandat limités. Les universités affichent une capacité croissante et fournissent des travaux de recherche solides, mais, du fait que leurs programmes ne sont pas permanents, elles disposent d'une capacité limitée d'effectuer une surveillance à long terme, de gérer des données et de fournir des avis.

Le rôle joué par le gouvernement fédéral dans les activités réalisées en vertu du PPO est clair, la Loi sur les Océans (1996, ch. 31) établissant comme mandat la production de connaissances sur ce qui se passe dans les océans.

En vertu de l'article 40, le ministre doit :
« en collaboration avec d’autres ministres fédéraux, encourager les activités propres à promouvoir la connaissance, la gestion et la préservation des océans et des ressources marines, dans la perspective du développement durable, et fournir des services de garde côtière et des services hydrographiques destinés à assurer la sécurité de la navigation et à faciliter le commerce maritime ».

En vertu de l'article 42, le ministre doit :
« assurer la collecte de données en vue d'une meilleure connaissance des océans, de leurs ressources biologiques et de leurs écosystèmes; [...] procéder à des enquêtes en vue d'une meilleure connaissance des océans et de leurs ressources biologiques ».

En vertu de l'article 43, le ministre doit :
« recommander, promouvoir et coordonner les orientations, les objectifs et les programmes du gouvernement fédéral en ce qui touche les pêches, l'hydrographie, l'océanographie et les autres sciences de la mer; [...] Il peut, de plus, fournir conseils, services et soutien dans le domaine des sciences de la mer au gouvernement du Canada et, au nom de celui-ci, aux gouvernements des provinces, aux autres États, aux organismes internationaux et à toute autre personne ».

Le PPO joue également un rôle important au chapitre de la réponse du gouvernement fédéral aux changements climatiques. De nouveaux enjeux apparaissent, exigeant que les intervenants du Programme évaluent et prévoient les changements climatiques et s'y adaptent. Par exemple, la mise en valeur rapide de l'Arctique canadien repose fortement sur les données de prévision océanique en raison de la nécessité pressante et permanente de comprendre le climat océanique en évolution.


4.4 RENDEMENT – EFFICACITÉ

Nous avons examiné le rendement du Programme en fonction du degré auquel les besoins des différents intervenants ont été satisfaits. En reconnaissant que l'on ne peut pas s'attendre à ce qu'un programme de cette complexité fonctionne adéquatement pour tous les joueurs et tout le temps, l'équipe chargée de l'évaluation a cherché à relever les aspects du Programme qui ont bien fonctionné, pour quels groupes et dans quelles circonstances. De façon similaire, l'équipe chargée de l'évaluation a relevé quels aspects du Programme n'ont pas aussi bien fonctionné.

4.4.1 ACCÈS À DE L'INFORMATION ET À DES PRODUITS DE PRÉVISION OCÉANIQUE NÉCESSAIRES


Résultat clé : le Programme des prévisions océaniques jouit d'une reconnaissance internationale et contribue clairement à un certain nombre de systèmes. Toutefois, la définition des produits et services en question est peu claire, et la capacité de satisfaire aux besoins des clients est limitée.


Qu'est ce qui fonctionne bien?

Satisfaction globale à l'égard du partage de données officieux entre les régions et au sein de celles-ci

D'après les entrevues menées auprès des directeurs régionaux des Sciences et des représentants du Programme dans les régions, bien qu'il ne soit pas parfait, le partage de données nécessaires sur les sciences de la mer entre les régions et au sein de celles-ci semble être globalement suffisant pour permettre aux chercheurs des régions d'accomplir leurs tâches. La plupart des directeurs régionaux des Sciences interrogés se montrent généralement satisfaits du soutien et des commentaires qu'ils reçoivent de partenaires au sein du MPO pour la réalisation de leurs activités prévisionnelles dans leur région. De même, les résultats donnent à penser que les chercheurs des régions sont satisfaits de leur capacité à obtenir des données auprès de collègues par des canaux officieux.

Reconnaissance de l'expertise et de la réceptivité du personnel du Programme

Les partenaires et les clients du Programme reconnaissent également l'expertise et la réceptivité du personnel du Programme. En particulier, des informateurs clés venant de l'étranger étaient très positifs dans leur appréciation de l'expertise de leurs homologues du MPO et de la contribution du Ministère aux efforts internationaux de partage de données et de mise en valeur.

« Pas de problème pour obtenir des données de la part du Canada. Les données sont de classe mondiale, réellement bonnes ». (partenaire/client de l'étranger)

Le personnel de Gestion des données scientifiques intégrées (GDSI) est reconnu comme étant compétent et prêt à apporter son aide, et les enjeux qui sont soulevés lorsque l'on veut obtenir le soutien nécessaire de la part de GDSI sont attribués à des limitations des ressources et du soutien de la TI plutôt qu'au personnel du Programme.

« Nous souhaitons accroître notre collaboration dans les années à venir. Nous entretenons une relation de confiance avec le personnel de GDSI grâce à notre connaissance des joueurs, à leur crédibilité bien établie et au fait qu'ils démontrent avoir les outils et la capacité d'exécuter le Programme ». (partenaire/client de l'étranger)

Réseau opérationnel canadien de systèmes couplés de prévision environnementale

La collaboration maintenue par le MPO avec Environnement Canada et le MDN, par l'entremise du Réseau opérationnel canadien de systèmes couplés de prévision environnementale (CONCEPTS) a engendré plusieurs avantages. En partenariat avec Environnement Canada, des chercheurs clés du MPO renforcent la capacité de production de prévisions couplées qui combinent des données sur l'atmosphère, la glace et l'océan. Ces travaux contribueront à améliorer la précision et l'exactitude des prévisions tant océaniques que météorologiques. Plusieurs partenaires/utilisateurs externes du Programme, y compris le MDN, attendent avec impatience la disponibilité de ces produits améliorés.

Les partenariats établis par l'entremise de CONCEPTS permettent également au Ministère de voir certaines bouées de collecte de données déployées à partir de navires du MDN dans le cadre de leurs missions. Cela permet au MPO d'augmenter les occasions de déploiement de bouées et les emplacements de celles-ci, au-delà de ses missions scientifiques, augmentant ainsi le volume et la diversité des données océaniques disponibles.

En outre, la participation précoce au réseau CONCEPTS de clients tels que des membres de l'industrie pétrolière intéressés aux données sur les déplacements d'icebergs est utilisée par les intervenants du Programme comme une plateforme pour axer celui-ci sur les services au client émergents, une nouvelle orientation qui est fort appréciée des partenaires/clients externes.

« CONCEPTS va dans la bonne direction ». (partenaire/client de l'étranger)

ARGO

La contribution du Canada au système de surveillance du climat océanique ARGO figure également parmi les initiatives porte-drapeau du MPO. Reconnu comme le plus important système de surveillance du climat océanique au monde, ARGO comprend un dispositif de plus de 3 500 profileurs en dérive libre qui collectent des données sur la température et la salinité des océans. Les données sont transmises par satellite en temps quasi réel. Depuis 2001, le Ministère a lancé plus de 340 profileurs ARGO, dont environ 100 sont toujours opérationnels. Il a également contribué de façon très importante à la conception et à la gestion du programme international. Les données sont utilisées à des fins diverses, comme l'évaluation des changements climatiques, l'amélioration des prévisions météorologiques et l'élaboration de modèles océaniques. ARGO est également une source importante de données pour la préparation des divers rapports sur l'état des océans. 8

Programme de monitorage de la zone Atlantique

Le travail de surveillance des données et d'observation mené en vertu du Programme de monitorage de la zone Atlantique (PMZA), qui est exécuté par le MPO dans les quatre régions de l'Atlantique (Terre-Neuve-et-Labrador, Golfe, Maritimes et Québec) est reconnu par bon nombre d'intervenants pour sa haute qualité. Un directeur régional des Sciences expliquait que cette reconnaissance est due à la mise en œuvre d'une approche plus systématique de collecte de données, à une amélioration des outils informatiques de modélisation et à un plus grand volume de données recueillies.

Lancé en 1998, le PMZA est un « programme global de monitorage environnemental » qui vise à accroître la capacité du MPO de « comprendre, décrire et prévoir l'état de l'environnement océanique et de l'écosystème marin ».9 Des données biologiques, chimiques et physiques sont recueillies et analysées, et les données et produits qui en résultent (p. ex. avis scientifiques, données hydrographiques, indices climatiques) sont rendus disponibles aux différents clients sur le site Web du PMZA, de même que des  données produites par d’autres programmes (données météorologiques, niveaux d’eau, données de télédétection).10

Observation grâce à des séries chronologiques de longue durée à la station océanique Papa, dans la région du Pacifique

Les observations de l'océan à la station océanique Papa remontent maintenant à plus de 50 ans, ce qui en fait la plus importante série chronologique en pleine mer au monde. Ces observations offrent des occasions d'effectuer des mesures complexes (dioxyde de carbone, flux de particules, échanges gazeux eau/atmosphère, acidification) que des robots flotteurs ne peuvent pas encore faire. Cette série chronologique est essentielle si l'on veut valider les modèles du climat mondial; elle attire fréquemment des collaborateurs étrangers. En particulier, les observations ont éclairé la participation du MPO au Projet de la fédération des métadonnées, grâce à laquelle il s'est vu décerner en 2009, en tant que membre participant, le Prix scientifique de surveillance des océans de l'Organisation des sciences de la mer pour le Pacifique Nord (PICES).11

Observatoire global du Saint-Laurent

La mission de l'Observatoire global du Saint-Laurent est de « favoriser et faciliter l'accessibilité, la diffusion et l'échange de données et d'information électroniques sur le système global du Saint-Laurent grâce au regroupement et à la mise en réseau des divers organismes producteurs et détenteurs afin de répondre à leurs besoins et à ceux des utilisateurs, d'améliorer les connaissances et d'aider les prises de décision ». 12

Administré par des représentants du milieu universitaire, des organisations sans but lucratif et différents organismes gouvernementaux (y compris le MPO), l'Observatoire recueille un vaste éventail de données sur l'écosystème du Saint-Laurent (p. ex. couvert glaciel, niveaux d'eau, vents, salinité de l'eau) ainsi que de l'information de nature à faciliter la navigation comme des données sur les marées et les courants, et fournit des observations, des prévisions et des archives de données. L'ensemble de cette information est disponible sur le site Web de l'Observatoire dans les deux langues officielles. Les données fournies par l'entremise de ce site Web sont de haute qualité, de dire un utilisateur interne du MPO.

Initiative de recherche scientifique sur le changement climatique

L'évaluation de l'Initiative de recherche scientifique sur le changement climatique, qui a été mise en œuvre entre 2008 et 2012, a révélé que, outre l'utilisation de connaissances scientifiques par des clients internes de domaines de programmes du MPO, un certain nombre de résultats importants ont également été atteints comme : l'utilisation des modèles du climat régional pour les océans Atlantique et Pacifique; l'application de connaissances améliorées sur l'hypoxie et l'acidification des océans à la gestion du crabe des neiges; l'effet de levier d'autres activités menées par le MPO, Environnement Canada, le milieu universitaire et des partenaires étrangers, etc.13 Dans l'ensemble, l'Initiative de recherche scientifique sur le changement climatique a été couronnée de succès, en ce qu'elle a permis au Ministère d'améliorer sa compréhension des impacts des changements climatiques sur les ressources aquatiques du Canada grâce à la réalisation, en temps opportun, de travaux scientifiques pertinents.

Qu'est-ce qui n'a pas bien fonctionné?

Insuffisance de l'intégration

Une des limites très importantes du Programme est l'intégration insuffisante de ses multiples et diverses activités. Les activités du Programme sont menées de façon relativement cloisonnée par les régions du MPO, les Produits et services hydrographiques, la Direction de l'océanographie et des sciences du climat (OSC) et Gestion des données scientifiques intégrées. Entre autres, le Programme produit des données et plateformes multiples et parfois incomparables. La qualité, la précision et la rapidité de production de données scientifiques sur les océans ne sont pas uniformes d'une région à l'autre et d'une fonction à l'autre. Par exemple, l'Institut océanographique de Bedford et l'Institut des sciences de la mer possèdent des formats de données différents; lorsque les données sont synthétisées, leur format présente des incohérences. En outre, certaines données ne sont pas accessibles à tous ceux qui pourraient en avoir besoin : les intervenants de certaines régions ou chargés de certaines fonctions hésitent à partager leurs données par manque de confiance à l'égard de la manière dont les données seront gérées et leur qualité, préservée. En conséquence, les données produites dans le cadre du Programme ne sont pas toutes disponibles en un lieu central.

La fragmentation du programme limite également sa capacité de relever tous les besoins des clients et de les satisfaire, ce qui fait qu'il n'y a pas de point d'entrée unique du Programme pour les partenaires et clients internes et externes.

« Il serait préférable que les données scientifiques sur les océans disponibles en format numérique et papier au sein du MPO relèvent des mêmes instances [...] Ces données sont actuellement fragmentées, non gérées par un programme national, et reposent sur plusieurs modèles différents. Ainsi, il est difficile de collaborer de façon efficace du fait de l'absence d'instance dirigeante ». (partenaire externe)

« La collaboration avec le milieu universitaire pourrait grandement s'améliorer si nous disposions d'une définition plus claire du Programme (qui est actuellement trop confus pour que des partenaires potentiels en apprécient les avantages et les occasions de partenariats qui pourraient être créées) ». (cadre supérieur)

En outre, plusieurs partenaires/clients du Programme ont exprimé la nécessité d'un « lieu central » ou d'un « entrepôt de données » à partir duquel on pourrait accéder aux données océaniques pertinentes (données bathymétriques, satellitaires, etc.).

« Nous avons besoin d'un service national afin d’utiliser la même boîte à outils [...] Nous aimerions que le MPO mette en place un guichet unique pour l'analyse scientifique des paramètres océaniques physiques, des données à haute résolution qui décrivent l'environnement, les courants et les meilleures routes de navigation ». (partenaire/client du Programme)

Par contraste, en France, aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Nouvelle-Zélande, entre autres, les données scientifiques prévisionnelles numériques sont gérées à l'échelle nationale.

« Il n'y a pas de raison que les données scientifiques affichent des différences d'une partie à l'autre d'un pays. L'expertise régionale est importante pour les applications sur mesure, mais les systèmes, en soi, devraient demeurer semblables au sein d'un même pays ». (partenaire du Programme)

À l’échelle mondiale, la fragmentation du Programme nuit à la capacité du Ministère d’assumer sa responsabilité en matière de coordination des politiques et des programmes nationaux concernant l’océanographie.

Fonction et capacité d'océanographie opérationnelle faibles

Bien que le phénomène soit relativement nouveau dans le domaine des sciences océaniques, l’élaboration d’une fonction d’« océanographie opérationnelle » au MPO est perçue comme un point faible par les partenaires et les clients du Programme.

On a trouvé des définitions différentes de ce que constitue l’océanographie opérationnelle lors de la collecte des données. Aux fins de l’évaluation, on a donc défini l’océanographie opérationnelle comme une approche axée sur les services, dans le cadre de laquelle les besoins d’utilisateurs cibles bien déterminés orientent les décisions sur l’élaboration et la diffusion de produits scientifiques précis tout en tenant compte des limites techniques et relatives aux ressources. Cette définition particulière a été choisie parce qu’elle vise directement le besoin reconnu d’une meilleure détermination des clients et de leurs besoins, ainsi que la nécessité d’établir une interdépendance entre ces besoins et les activités de programme (c.-à-d. les produits du Programme sont-ils utiles et les utilisateurs prévus et potentiels sont-ils tous au courant de ces produits et des avantages qu’ils peuvent en tirer?). Étant donné les ressources limitées du gouvernement fédéral (exercices successifs de réduction des dépenses, comme des examens stratégique et fonctionnel), il est important que le Programme soit en mesure de documenter et de justifier l’affectation de ses ressources à des activités particulières, et l’un des éléments clés de cette justification est l’établissement d’une définition claire des produits visés et des clients ciblés.

Bien qu'une telle approche ait été bien établie dans le milieu des services météorologiques canadiens et étrangers depuis plusieurs années, elle est, à tous égards, comparativement nouvelle pour les intervenants qui s'occupent de sciences de la mer, et le MPO commence tout juste à explorer cette orientation. Néanmoins, les comparaisons réalisées à l'échelle internationale montrent que d'autres pays sont plus avancés dans ce domaine, si ce n'est en raison d'une meilleure intégration de leurs fonctions scientifiques océanographiques et météorologiques. Par exemple, la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) des États-Unis combine des prévisions atmosphériques et océaniques. Dans ce contexte mondial, les partenaires et clients du Programme affichent des attentes en matière de produits axés sur le service, des attentes auxquelles il n'est pas possible de répondre à l'heure actuelle.

Le Programme des prévisions océaniques du MPO ne comporte pas, à l'heure actuelle, de définition claire des produits ou services conçus à l'intention des utilisateurs et offerts à ces derniers. D'un côté, comme l'admettent les représentants du Programme eux-mêmes, les besoins des utilisateurs sont mal connus et mal compris. D'un autre côté, plusieurs utilisateurs potentiels méconnaissent le rôle et l'utilité du Programme, de même que les possibilités qu'il offre, tel que l'illustre le fait que plusieurs informateurs clés sollicités au cours de l'évaluation ne savaient pas qu'ils participaient à l'élaboration de produits ou services d'information en matière de prévisions océaniques scientifiques ou, encore, qu'ils utilisaient de tels produits ou services.

« Je ne pense pas que l'on puisse utiliser les produits ou services offerts par le PPO si l'on n'en a pas une connaissance claire ». (client du Programme)

Cette limite est attribuée, en partie, à l'absence d'une approche axée sur le service à la clientèle et d'une fonction consacrée à celui-ci, mais également à l'intégration limitée du Programme.

Selon les informateurs clés du Programme, le nombre de clients du Programme augmente de façon régulière à mesure que la demande d'information océanique continue de croître. Le partage de données avec un certain nombre de clients du Programme comme le milieu universitaire et d'autres ministères fédéraux remonte à de nombreuses années. Cependant, de nouveaux clients, comme les personnes qui élaborent des politiques en matière de pêche et les gestionnaires des pêches, se tournent maintenant vers les intervenants du PPO pour obtenir de l'information et des avis. La diversité des utilisateurs potentiels des données océaniques exerce une pression sur le Programme, qui doit adapter et améliorer ses processus de collecte des données et de modélisation afin de répondre à des besoins parfois conflictuels ou concurrents. Par exemple, certains changements peuvent être apportés en vue d’améliorer la précision de certains éléments de données d’intérêt pour la gestion des pêches, mais aux dépens de l’information qui revêt une importance particulière pour la Garde côtière canadienne. Dans un contexte où le Programme possède peu de ressources et d’ordinateurs puissants pour la modélisation, il doit examiner avec soin quelles améliorations il peut apporter à quel système parce qu’un seul changement peut avoir des répercussions différentes sur de nombreux utilisateurs.

Le MPO est perçu par les partenaires et clients externes comme disposant du personnel et de l'expertise requis pour produire des prévisions sur des paramètres physiques, mais non de l'infrastructure et de la capacité requise en matière de ressources humaines pour analyser les données et diffuser des produits prévisionnels et d'information. Par contraste avec d'autres pays comme la France et les États-Unis, le MPO est perçu comme manquant de capacités en matière d'informatique et de gestion de données, ce qui l'empêche de mettre en œuvre des modèles améliorés dans les systèmes prévisionnels.

Cependant, il convient de noter que le Ministère a entrepris les travaux nécessaires à la création de telles capacités, comme les systèmes prévisionnels qui sont élaborés dans le cadre du protocole d'entente relatif à CONCEPTS.  

Érosion du positionnement et des capacités du Programme à la fine pointe de la technologie

Le résultat présenté ci-devant pourrait être interprété dans le contexte de la réduction progressive des ressources affectées aux sciences de la mer dans les régions du MPO. Cela se traduit par une érosion de la capacité du MPO de relever les défis et de tirer parti des occasions d'amélioration technologique et d'innovation dans le domaine des prévisions océaniques. Une vaste majorité des cadres supérieurs interrogés considère que le MPO ne figure plus dans le peloton de tête pour ce qui est de la recherche en matière de sciences de la mer ou, encore, court actuellement le risque de devenir en perte de vitesse.

« Nous ne sommes plus concurrentiels sur le front de la recherche en matière de sciences de la mer, pour ce qui est tant de notre équipement que de notre infrastructure et de notre technologie ». (cadre supérieur)

« Nous nous positionnons derrière la plupart des autres pays, tant pour ce qui est des réseaux de données que pour les systèmes informatiques perfectionnés ». (cadre supérieur)

Ce sentiment est également partagé par le personnel du Programme, qui convient généralement que le Canada ne se compare plus favorablement aux autres pays lorsqu'il est question de sciences de la mer.

« Nous ne sommes plus considérés comme à la fine pointe de la technologie. Des pays comme la Norvège, l'Australie et les États-Unis sont bien plus avancés que le Canada ». (employé du Programme)

Dans le même ordre d'idées, il existe, parmi certains partenaires et utilisateurs externes, une perception selon laquelle les réductions successives des ressources ont limité la capacité du MPO de se tenir au fait des nouveaux outils et des nouvelles technologies. Les représentants du Programme attribuent cette limitation à la réduction des ressources consacrées, mais aussi à des obstacles à l'adoption de nouvelles technologies qui seraient dus à la TI.

Selon plusieurs personnes interrogées, notamment des intervenants externes, cette érosion nuit à la capacité du Programme d’interagir avec les partenaires internationaux et de « faire le poids » sur la scène mondiale dans le domaine de l’océanographie. Comme le Programme doit s’appuyer sur d’autres pays pour améliorer sa capacité d’observation (p. ex. dans le cadre du projet RAPID sur la côte est, le gouvernement du Royaume-Uni fournit des fonds au Programme pour qu’il déploie une infrastructure d’observation qui profite en fin de compte aux deux parties), la perte possible de cette capacité constitue un risque important.

Capacité limitée de satisfaire aux besoins des clients dans l'Arctique

Jusqu'à présent, le Programme est doté d'un personnel de recherche spécialisé dans les sciences de la mer et œuvrant à la collecte, la surveillance, la modélisation et l'analyse des données scientifiques qui est limité dans l'Arctique. La surveillance, en particulier, demeure très limitée tant pour ce qui est de sa portée que de sa précision. En conséquence, le Canada est fortement tributaire d'autres pays en ce qui concerne la recherche océanographique dans l'Arctique.

Cependant, il convient de mentionner que le MPO et Environnement Canada ont signé, en 2011, un protocole d'entente avec le Conseil de gestion du Fonds pour l'étude de l'environnement de Ressources naturelles Canada pour améliorer la précision des prévisions à court terme de l'état des glaces et des eaux dans la mer de Beaufort et à proximité de la région de l'Arctique, et ce à l'appui de mesures de protection de l'environnement associées à l'exploration, à la production et au transport d'hydrocarbures et de gaz.


8 http://www.meds-sdmm.dfo-mpo.gc.ca/isdm-gdsi/argo/index-fra.html; MPO (2011). Science (Pacific) and DFO Strategic Objectives, présentation à la haute direction, mai 2011.

9 http://www.bio.gc.ca/science/monitoring-monitorage/azmp-pmza-fra.php

10 http://www.meds-sdmm.dfo-mpo.gc.ca/isdm-gdsi/azmp-pmza/index-fra.html

11 MPO (2011). Science (Pacific) and DFO Strategic Objectives, présentation à la haute direction, mai 2011. http://www.dfo-mpo.gc.ca/dpr-rmr/2009-10/awr-pxr-fra.html

12 http://ogsl.ca/fr/imageo/images.html

13 Initiative de recherche scientifique sur le changement climatique - Rapport final - http://www.dfo-mpo.gc.ca/science/oceanography-oceanographie/ccsi-fra.html


4.4.2 UTILISATION DE L'INFORMATION ET DES PRODUITS DE PRÉVISION OCÉANIQUE


Résultat clé : Plusieurs exemples montrent que certains renseignements et produits du Programme sont utilisés, mais il n’est pas clair si tous les extrants du Programme sont utilisés pleinement, ni à quelles fins. Les données laissent supposer que leur utilisation est quelque peu limitée par le manque de sensibilisation des utilisateurs potentiels et par un manque d’adaptation de ces extrants pour répondre aux besoins des utilisateurs voulus.


Dans le cadre de l’évaluation, on a examiné la portée et les circonstances dans lesquelles les clients du Programme des prévisions océaniques utilisent les renseignements et les produits comme prévu. Les clients ciblés du Programme sont entre autres la Gestion des pêches du MPO, la Gestion des écosystèmes du MPO, la Garde côtière canadienne, d’autres ministères fédéraux et provinciaux, le milieu universitaire, notamment plusieurs universités au Canada et dans le monde, des organismes internationaux, l’industrie de la pêche, les groupes d’ingénieurs-conseils, l’industrie pétrolière et gazière, etc.

On a trouvé plusieurs exemples démontrant que l’information et les produits de prévision océanique sont utilisés. Cependant, en l’absence d’un inventaire exhaustif des produits et des services du Programme et d’une définition claire de leur utilisation prévue, il a été impossible de déterminer quelle proportion de ces renseignements et produits est utilisée comme prévu.

Les éléments probants tirés des entrevues et de l'examen des documents démontrent que les produits de prévision océanique sont utilisés à diverses fins de recherche scientifique sur les océans. Par exemple, on a récemment mené une étude visant à mieux comprendre la répartition d'organismes et d'agents polluants dans le passage Discovery et le détroit de Johstone, en Colombie-Britannique. Les auteurs ont utilisé des données océaniques pour élaborer un modèle de dispersion capable de les aider à estimer comment des poux de mer provenant de fermes aquacoles élevant des saumons pouvaient avoir une incidence négative sur la migration des saumons juvéniles entre le fleuve Fraser et l'océan Pacifique.14

Selon une analyse documentaire des articles portant sur la Gestion des données scientifiques intégrées et sur le projet ARGO Canada, les données du Programme ont été citées au moins 161 fois dans les revues universitaires entre 2005 et la première moitié de 2013. Dans cet échantillon, 40 articles ont été rédigés principalement par un scientifique du MPO et dans 19 articles, un scientifique du MPO était un auteur secondaire. Ceci démontre que le milieu universitaire a accès aux données du MPO et les utilise aux fins de recherche. Cela confirme également la crédibilité des données.

Le Programme a également permis de fournir de l'information à l'appui d'une industrie du transport sécuritaire et sécurisée. Par exemple, les données ARGO sont utilisées comme données d'entrée dans des modèles de circulation océanique qui appuient les efforts de recherche et sauvetage de la Garde côtière canadienne ainsi que ses interventions possibles en cas de déversement d'hydrocarbures.15 Notamment, la Garde côtière canadienne reçoit des données océaniques qui l'informent de la vitesse et de la direction des courants de surface, ce qui peut aider le personnel participant à des opérations de recherche et sauvetage à agir avec davantage de précision. Selon des représentants de la Garde côtière, ces prévisions permettent également de déployer des efforts de recherche et sauvetage plus rentables, et sont tout particulièrement utilisées sur la côte Est.

Les données de prévision océanique ont également été utilisées à l'appui des efforts d'adaptation et de la réponse du Ministère aux conditions climatiques en évolution. Par exemple, en 2011, les intervenants du Programme ont fourni des avis à la division des Sciences de la région du Pacifique du MPO concernant le transport de débris sur la côte Ouest du Canada depuis le tremblement de terre et le tsunami qui ont eu lieu au Japon en mars 2011. Cette information était donnée en réponse à une demande formulée par d'autres ministères et organismes fédéraux, la province de la Colombie-Britannique et les médias concernant les débris produits au cours du tremblement de terre et qui étaient susceptibles d'atteindre les eaux et les côtes canadiennes.16

Les données océaniques sont également utilisées par les scientifiques d’Environnement Canada et du MPO pour créer un système « couplé » de prévision atmosphère-glace-océan qui permet de mieux prévoir les phénomènes météorologiques comme les bourrasques de neige. Selon un scientifique d’Environnement Canada :

« Lorsqu’un modèle atmosphérique ‘non couplé’ avec l’océan est exécuté, le système ne tient pas compte des changements dans la couverture de glace et dans la température de l’eau. Ces modèles de prévision peuvent prévoir la présence de bourrasques de neige, mais ne réussissent généralement pas à bien prévoir la quantité de neige. Lorsque le modèle atmosphérique est exécuté dans un système couplé, il utilise dans ses calculs l’excédant d’humidité et de chaleur généré sur les zones d’eau libre. Cela permet aux prévisionnistes de prévoir avec plus d’exactitude l’intensité des bourrasques de neige ainsi que l’accumulation de neige réelle. »17

Selon les éléments de preuve présentés à la section 4.4.1 concernant l’intégration insuffisante du Programme et la faible fonction et capacité d’océanographie opérationnelle, deux facteurs clés sont considérés comme limitant l’utilisation des renseignements et des produits du Programme. Premièrement, les utilisateurs potentiels ne sont pas tous au courant de l’existence de ces renseignements et produits ou de leur utilité possible dans le cadre de leurs activités de planification, de gestion, d’exploitation, d’adaptation ou de recherche. Deuxièmement, pour pouvoir utiliser l’information de prévision océanique, certains utilisateurs potentiels auraient besoin qu’elle soit présentée ou offerte sous une forme différente. Comme l’a précisé un des membres du personnel du Programme, la question du transfert efficace des connaissances (c.-à-d. communication efficace entre tous les contributeurs et les utilisateurs des renseignements et des produits du Programme) est centrale à la réussite du Programme.

Les intervenants du Programme des prévisions océaniques sont très conscients des enjeux qui entourent l'utilisation des données océaniques. On s'attend à ce que l'élaboration d'un cadre national du Programme permette de combler la plupart de ces lacunes.


4.4.3 FACTEURS CONTEXTUELS


Résultat clé : la pénurie de ressources, la capacité en matière de TI et le soutien de la TI insuffisants ainsi que le vieillissement des navires nuisent à l'efficacité du Programme.


On comprend mieux comment le Programme atteint ses résultats lorsqu'on se place dans un contexte général. Les facteurs suivants ont un impact tangible sur la capacité du Programme d'atteindre ses résultats.

Pénurie croissante de ressources

Dans un contexte de réduction des dépenses gouvernementales, le Programme a vu ses budgets de fonctionnement, de déplacement et de participation à des conférences diminuer. La plupart des principaux informateurs internes clés issus des régions et des unités organisationnelles, de même que certains utilisateurs et partenaires externes, ont pointé la pénurie de ressources comme le principal obstacle à l'efficacité du PPO. Les restrictions des ressources ont une incidence sur la capacité du Programme de demeurer à la fine pointe de la technologie. L'absence de budgets affectés à la création de partenariats diminue la capacité du Programme de tirer parti de ressources provenant de partenaires externes comme d'autres réseaux gouvernementaux ou universitaires. Dans le même ordre d'idées, des informateurs clés ont expliqué que les restrictions imposées aux déplacements ont diminué les possibilités de maintenir des partenariats stratégiques avec des instances étrangères.

Du fait des restrictions budgétaires et du gel des embauches, les régions ont été incapables de planifier la relève de leurs cadres ou de leurs chercheurs et techniciens experts. La capacité du Programme de réaliser ses activités et de maintenir sa crédibilité et sa réputation à l'échelle internationale repose fortement sur ses chercheurs et techniciens, dont bon nombre s'approchent de la retraite. Cela constitue un risque important pour le Ministère, quel qu'il en est fait mention dans la stratégie de mesure du rendement du Programme.

Capacité en matière de TI et soutien de la TI insuffisants

Le travail accompli par les intervenants du PPO est fortement tributaire de la technologie de l'information, qu'il s'agisse de la capacité d'entreposage des données, de la capacité des serveurs de traiter de grands volumes de données ou de celle des logiciels spécialisés de modéliser, analyser ou partager des données au sein et à l'extérieur du Ministère. Les sciences de la mer sont une discipline complexe qui, par nécessité, repose sur un vaste éventail de partenaires et de sources de données. Ainsi, la capacité de partager des données avec ces partenaires est essentielle au bon fonctionnement du Programme. En outre, la disponibilité de certaines données en temps réel est essentielle pour plusieurs catégories d'utilisateurs; par exemple, les données du réseau ARGO sont utilisées pour améliorer les prévisions météorologiques et pour soutenir les opérations de recherche et de sauvetage en mer.

À tous égards, l'accès insuffisant à la capacité en matière de TI et au soutien de la TI est un obstacle important au fonctionnement efficace du Programme au sein du Ministère. Par exemple, l’accès du Ministère à certaines données fournies par les profileurs ARGO a été interrompu en raison d’un dispositif de sécurité de TI (elles ont été transmises de l’instrument par courriel ou par une connexion directe IP, mais la Sécurité des TI a empêché l’accès au serveur à partir des réseaux du MPO). En conséquence, Gestion des données scientifiques intégrées a dû retenir les services d'une entreprise externe pour extraire, décoder et afficher les données ARGO sur un site FTP. Cette mesure limite la capacité du Programme de manipuler les données, et le rend vulnérable aux pannes de système périodiques que connaît l'entrepreneur.

Dans un autre cas, les intervenants du Programme ont été incapables d'obtenir une réponse en temps opportun des services de TI concernant l'acquisition nécessaire d'une capacité d'entreposage de données supplémentaire. À la fin du projet quinquennal conjoint avec la Dalhousie University, on a demandé aux intervenants du Programme s'ils accepteraient d'archiver les données recueillies dans le cadre de ce projet afin de les rendre disponibles à la communauté scientifique plus élargie. La négociation d'une solution avec les services de TI a duré une année et demie. À la fin, on a proposé que le Programme paie la capacité d'entreposage supplémentaire. Comme GDSI ne disposait pas d'un tel budget, l'organisme n'a pas pu entreposer les données, et il a été trop tard pour que les chercheurs trouvent une solution de rechange. Ce genre d'incidents peuvent avoir une incidence néfaste sur la collaboration avec les chercheurs.

Depuis 2011, le Ministère doit se fier à Services partagés Canada (SPC) pour se doter d'une infrastructure en matière de TI. Le gouvernement du Canada a créé Services partagés Canada pour centraliser la gestion de son infrastructure de TI. Le personnel, les ressources de TI et les actifs de 43 ministères et organismes fédéraux ont été transférés au nouveau ministère, qui est maintenant responsable des services de courriel, des centres de données et des services de télécommunication. SPC offre également d'autres services facultatifs à des ministères et organismes fédéraux selon les principes du recouvrement des coûts.18 Une majorité des informateurs clés internes, de même que certains utilisateurs et partenaires externes, ont fait état de limitations importantes du soutien fourni par Services partagés Canada lorsqu'il s'agit de besoins en matière de TI spécialisée. Du point de vue des informateurs clés internes, le personnel de Services partagés Canada ne possède pas les connaissances et compétences spécialisées nécessaires (p. ex. ils ne sont pas familiers avec les applications spécialisées utilisées par les intervenants du Programme).

La Direction de la gestion de l’information et des services de la technologie (GI-ST) du MPO est responsable du déploiement, de la gestion, du développement et de la sécurité des applications. Les représentants de GI-ST consultés lors de l’évaluation ont reconnu qu’il était particulièrement difficile d’utiliser les services de soutien et l’infrastructure de TI pour les activités scientifiques au sein du gouvernement. Il faut notamment prendre en considération les exigences en matière de sécurité des TI, et toutes les demandes doivent passer par les processus décisionnels pour qu’en fin de compte des ressources limitées soient affectées au soutien et à l’infrastructure des TI. Ils ont ajouté que, bien que ces facteurs puissent limiter la capacité du personnel de TI de répondre rapidement aux demandes spéciales, le Programme pourrait régler ce problème en améliorant la planification. Le Comité national des directeurs des sciences (CNDS) a discuté de cet enjeu en 2011, dans le but d'établir des procédures et comportements de nature à faciliter la résolution de problèmes.

Vieillissement des navires scientifiques

Le Programme est tributaire des navires de la Garde côtière canadienne (principalement du NGCC John P. Tully sur la côte Ouest, et du NGCC Hudson sur la côte Est) pour la collecte d'une partie essentielle de ses données scientifiques océaniques. Un certain nombre de cadres supérieurs ont mentionné que le vieillissement des navires scientifiques de la Garde côtière canadienne était une source de préoccupations pour l'exécution du Programme. L'usure des navires a déjà une certaine incidence sur la qualité des données (p. ex., lorsqu'un navire est non opérationnel pour cause de réparations et ne peut récupérer et remplacer en temps opportun une bouée ARGO défectueuse). Bien que l'on explore la possibilité de recourir à d'autres techniques de collecte de données (p. ex. la télédétection par satellite ou l'utilisation de véhicules sous-marins autonomes), le Programme continuera d'avoir besoin de navires scientifiques consacrés à la prise de mesures in situ pour valider, localiser et interpréter d'autres données. Bien que des navires du MDN soient utilisés occasionnellement pour recueillir des données complémentaires, les intervenants du Programme ne peuvent se fier uniquement à de tels « navires occasionnels », car il est impossible de contrôler quand et où la collecte de données sera effectuée.

Ces résultats font écho à la stratégie de mesure du rendement du Programme, à l'occasion de laquelle on relève le risque suivant, à savoir que le secteur des Sciences pourrait ne pas disposer de ressources suffisantes pour investir dans l'entretien et le contrôle de l'infrastructure (c.-à-d. les navires, les petites embarcations, l'infrastructure de TI, les laboratoires et l'équipement), lesquels sont nécessaires si l'on veut atteindre les objectifs du PPO. Dans le cadre de la stratégie nationale d’approvisionnement en matière de construction navale, la Garde côtière a d’ailleurs reçu du financement pour l’achat d’un navire qui remplacera le NGCC Hudson.

Autres facteurs

Outre les facteurs susmentionnés, les intervenants du Programme sont également soumis à des pressions dues aux attentes des clients qui font écho à l'apparition de nouvelles technologies et plateformes et au développement des sciences de la mer dans d'autres pays. Par exemple, la Commission technique mixte d’océanographie et de météorologie maritime, créée par l’Organisation météorologique mondiale et la Commission océanographique intergouvernementale, est en voie de créer des systèmes unifiés de prévisions météorologiques et océaniques comprenant un cadre d’intervention axé sur le service à la clientèle. L'éventail des utilisateurs et de leurs besoins évolue également, en particulier dans l'Arctique où le transport maritime et les activités s'intensifient (p. ex. installations de forages pétroliers, industrie du transport).

D'un côté, les priorités actuelles du gouvernement pourraient avoir un impact positif sur le Programme. Par exemple, le MPO participe à la mise en place d'un système de classe mondiale de gestion sécuritaire des déplacements des navires pétroliers, lequel est administré par Transport Canada en partenariat avec plusieurs ministères fédéraux. Un avantage secondaire de cette initiative pourrait être d'orienter le gouvernement vers la mise en place d'un système opérationnel de prévision océanique qui pourrait servir différents utilisateurs.


14 M. G.G. Foreman et al (2012) A Circulation Model for the Discovery Islands, British Columbia, Atmosphere-Ocean, 50:3, 301-316.

15 http://www.dfo-mpo.gc.ca/media/infocus-alaune/2012/habitat-fra.htm

16 Secrétariat canadien de consultation scientifique (2012). Transport of Marine Debris from the 2011 Tōhoku Tsunami to the West Coast of Canada, Secr. can. de consult. sci. du MPO. Rép. des Sci. 2012/006, http://www.dfo-mpo.gc.ca/Library/345699.pdf

17 http://ec.gc.ca/meteo-weather/default.asp?lang=Fr&n=8075AA19-1

18 http://www.ssc-spc.gc.ca/pages/mndt-fra.html


4.4.4 GOUVERNANCE


Résultat clé : il est nécessaire d'assurer une coordination et une intégration nationales accrues des activités du Programme.


Qu'est ce qui fonctionne bien?

Appui solide de la structure de gouvernance mise en place pour le Programme des services d'adaptation aux changements climatiques en milieu aquatique

En 2011-2012, la Direction de l'océanographie et des sciences du climat (OSC) a reçu comme mandat de créer un nouveau programme, le Programme des services d'adaptation aux changements climatiques en milieu aquatique (PSACCMA) qui, en 2013-2014, est devenu un programme distinct répondant au résultat stratégique du Ministère intitulé Des secteurs maritimes et des pêches économiquement prospères. Avec ce changement, la responsabilité des recherches océanographiques associées aux changements climatiques a été transférée du Programme des prévisions océaniques au nouveau PSACCMA. Plusieurs informateurs clés, parmi les directeurs régionaux des Sciences et les représentants du Programme, ont fait l'éloge de la structure de gouvernance établie pour le nouveau Programme. Voici quelques raisons pour lesquelles ce programme constitue un exemple de saine gouvernance :

  • le mécanisme de prise de décisions (comité directeur) permet aux régions de se faire entendre;
  • le comité directeur est composé, entre autres, de représentants des différents clients du Programme, ce qui permet la mise en place d'une boucle de rétroaction;
  • des critères de sélection clairs ont été établis pour l'attribution d'un financement;
  • l'information est partagée avec les intervenants en temps opportun.

Appui largement partagé à l'élaboration d'un cadre national pour l'approche actuelle axée sur le service

Les gestionnaires du Programme relevant de la Direction de l'océanographie et des sciences du climat dirigent l'élaboration d'un cadre national des services océaniques pour le PPO. Jusqu'à présent, un réseau officieux de scientifiques chevronnés appartenant aux diverses régions s'est engagé dans des discussions continues. Un sondage a été mené auprès de clients du programme, et un document préalable à l'établissement d'un cadre est en cours de préparation. Bien qu'ils ne participent pas de façon active à ces travaux, les directeurs régionaux des Sciences appuient fortement cette initiative, et plusieurs d'entre eux ont formulé des commentaires positifs sur les relations entretenues par leur personnel avec l'équipe de coordination de l'initiative au sein de OSC. Selon un informateur clé (employé du Programme relevant du MPO), on peut s'attendre à une certaine résistance à la nouvelle approche de cadre national de la part de certains chercheurs du PPO, bien que plusieurs de ces chercheurs soient en faveur de cette approche : ils en voient le besoin et en reconnaissent l'exigence.

Qu'est-ce qui ne fonctionne pas bien?

Absence d'un mécanisme de gouvernance officiel efficace

Le principal mécanisme de gouvernance supervisant le Programme est le Comité national des directeurs des sciences (CNDS), qui est présidé par le sous-ministre adjoint des Sciences et composé de représentants des directeurs régionaux des Sciences. D'après certains cadres supérieurs, le PPO n'a pas fait l'objet de discussions poussées au cours de réunions du CNDS depuis 2009, un état de fait qui est confirmé par l'examen des procès-verbaux des réunions.

Cependant, les transactions réalisées quotidiennement dans le cadre du Programme reposent sur la prise de décisions officieuses, ponctuelles, par le personnel du Programme, avec une dépendance excessive aux relations interpersonnelles entre les régions et l'Administration centrale (OSC et GDSI). Il n'existe pas de mécanisme officiel de coordination des collaborations interfonctionnelles au niveau opérationnel du Programme. Cette lacune semble être particulièrement problématique pour GDSI, dont le personnel doit interagir avec chaque région pour la gestion des données océaniques. Par exemple, il n'existe aucun mécanisme pour décider quelles données seront affichées par GDSI sur le site Web du PMZA. En conséquence, cette décision repose sur le jugement d'experts en matière de gestion de données, et non sur celui d'experts du contenu. Dans le même ordre d'idées, il n'y a pas de mécanisme officiel de consultation permettant d'en arriver à une décision sur le nombre optimal de profileurs ARGO à positionner durant une année donnée. Les intervenants du MPO qui sont concernés par cette décision ne sont consultés que de manière officieuse.

En outre, en l'absence d'une participation soutenue à la gestion de ce Programme, il est possible que des décisions nécessaires ne soient tout simplement pas prises. L'un des informateurs clés estimait que l'absence d'une décision claire sur la question de savoir si, oui ou non, il convient de passer à un mode d'« océanographie opérationnelle » est un bon exemple de faible gouvernance du Programme. Un autre exemple de l’incidence de la lenteur du processus décisionnel sur le Programme est le fait qu’Environnement Canada a entamé des discussions avec le MPO en vue de s’assurer de la prestation des données à qualité contrôlée et en temps réel nécessaires pour améliorer et valider les résultats des prévisions océaniques. Il a fallu attendre plusieurs mois avant qu’une décision finale soit prise à savoir si le MPO était prêt à procéder ou non, et les travaux contractuels ont donc dû être reportés à la fin de l’exercice financier.

Rôles et responsabilités mal définis

Comme nous l'avons précédemment mentionné, il n'existe actuellement pas de description précise des rôles et responsabilités des diverses unités organisationnelles concernées par le PPO. En conséquence, certaines fonctions se chevauchent de temps en temps. Par exemple, GDSI et la région des Maritimes assument tous deux des responsabilités en matière de gestion des données océaniques, et les décisions sur le « qui fait quoi » ne sont pas toujours claires. Plusieurs représentants du Programme ont souligné la présence de difficultés, notamment un manque de clarté concernant où commence et se termine le mandat de GDSI en matière de prévision océanique. En 2005, on a créé un Comité national de gestion des données scientifiques qui a reçu comme mandat d'élaborer un programme national de gestion des données recueillies par le secteur des Sciences du Ministère ou de celles que ce secteur gère au nom d'autres organismes. En conséquence, une stratégie nationale de gestion des données scientifiques a vu le jour en 2006. On s'attend à ce qu'une stratégie mise à jour soit bientôt disponible, et on espère qu'elle apportera certaines clarifications nécessaires concernant les rôles et responsabilités de GDSI. La fusion récente de la Direction de l’océanographie et de GDSI devrait également améliorer la situation puisque la direction a maintenant accès à toutes les prévisions océaniques, mais la nouvelle direction qui découle de la fusion fait toujours partie du Service hydrographique du Canada et par conséquent, elle requiert encore une certaine coordination avec les régions.

Le manque de clarté a une incidence sur la manière dont le Programme est perçu par les partenaires et clients externes. Par exemple, un partenaire de l'étranger a partagé une anecdote qui illustre bien cet état de fait. Ayant entendu parler, au cours d'une conférence internationale, d'une certaine activité intéressante en matière de sciences de la mer menée par le MPO, il s'est adressé au chercheur du Ministère qu'il connaissait et lui a demandé à être présenté au chercheur principal chargé de cette activité. Son interlocuteur du MPO s'est révélé incapable de l'orienter vers la bonne personne, car il ne connaissait pas l'activité en question.

Nécessité d'une coordination et d'une intégration nationales

La structure de gestion associée à la matrice du Ministère impose certaines limites à la prise de décisions intégrées, quel que soit le programme du MPO. La grande majorité des travaux scientifiques liés aux prévisions océaniques est effectuée par les régions. Le principal rôle des directeurs généraux régionaux consiste à établir les priorités régionales des activités de prévision océanique. Les priorités régionales ont des répercussions sur le type de projets auxquels travaillent les chercheurs spécialisés dans les prévisions océaniques (p. ex., dans la région du Pacifique, on met l'accent sur l'aquaculture et les travaux sur le saumon, car il s'agit de priorités régionales, tandis qu'au Québec, on pourrait se concentrer davantage sur la détermination et la prévision des niveaux d'eau dans le fleuve Saint-Laurent en vue de soutenir la navigation). Par ailleurs, la gouvernance du Programme dans les régions est assurée par le directeur régional des Sciences, lequel siège au CNDS. À l'Administration centrale, Produits et services hydrographiques, la Direction de l'océanographie et des sciences du climat (OSC) et GDSI (ces deux derniers ayant été récemment fusionnés) sont chacun responsables de certains aspects du Programme. La responsabilité étant ainsi partagée entre ces diverses unités organisationnelles, il n'y a pas de direction officielle du Programme, ce qui entrave l'élaboration d'une approche nationale. Toutefois, il convient de noter que, selon plusieurs informateurs clés, la situation a commencé à s'améliorer au niveau opérationnel grâce à la mise en place d'un cadre national des services océaniques.

Absence de consensus sur le mécanisme de gouvernance idéal

Plusieurs cadres supérieurs estiment que le CNDS représente un mécanisme de gouvernance efficace et approprié et que, une fois que le PPO sera doté d'un cadre, ses intervenants pourront engager et utiliser efficacement le CNDS à l'appui de la prise de décisions. D'autres soutiennent que la structure de gouvernance élaborée spécifiquement pour le PSACCMA (un comité directeur et un comité technique) constitue une pratique exemplaire, mais se montrent réticents à l'idée de la création d'un autre mécanisme de gouvernance du Programme et pensent que le CNDS devrait être suffisant et approprié. Néanmoins, des arguments ont été apportés concernant la création d'une structure propre au Programme qui, comme pour ce qui est du PSACCMA ou du Secrétariat canadien de consultation scientifique, se traduirait par une participation des clients du PPO : la création d'un lien officiel avec les utilisateurs du Programme serait appréciable. Il n'existe pas un tel lien officiel avec le CNDS : les utilisateurs ne sont invités que de façon ponctuelle.

Un cadre supérieur a souligné le fait qu'il faut anticiper avec prudence un succès du PPO identique à celui du PSACCMA, car le succès ne repose pas seulement sur l'approche collaborative adoptée et le type de structure de gouvernance établie, mais aussi sur le levier puissant que constitue un financement spécifiquement consacré à ces fins. Le Programme des prévisions océaniques ne dispose pas du financement nécessaire pour allouer des fonds par lui-même. Sans ce financement, les dirigeants du Programme pourraient ne pas jouir d'une influence suffisante.


4.4.5 MESURE DU RENDEMENT


Résultat clé : en raison de l'absence d'un cadre national clairement articulé et intégré du Programme, il a été difficile d'élaborer un bon historique de rendement


À l'heure actuelle, la mesure du rendement du Programme, de même que la production de rapports à ce propos, demeurent assez limitées. Dès le début officiel du Programme en 2011-2012, certaines données ont été recueillies et consignées dans le rapport ministériel sur le rendement, mais une telle déclaration des données concerne presque exclusivement les produits et services associés à la gestion des données.

Le tableau qui suit présente les indicateurs du Cadre de mesure du rendement qui ont servi à appuyer la production des rapports ministériels sur le rendement.

Tableau 3. Indicateurs du Cadre de mesure du rendement pour les prévisions océaniques

Indicateurs du Cadre de mesure du rendement pour les prévisions océaniques
2011-2012 Énoncé du résultat Indicateur de rendement
Résultat attendu Les Canadiens ont accès à des données océanographiques et à des prévisions concernant les océans qui les informent sur l’état physique et biochimique des océans du Canada. Les ajouts annuels aux archives océanographiques physiques sont diffusés chaque semaine sur les sites nationaux et internationaux. 
Extrant Information sur les marées et les niveaux d’eau des voies navigables du Canada. Pourcentage du temps où les indicateurs de marées et de niveaux d’eau fonctionnent et transmettent des données.
Extrant Données océanographiques physiques et biochimiques reçues, traitées et diffusées. Pourcentage de nouvelles données ajoutées aux bases de données, comparativement au volume des données reçues pendant l’année.
Extrant Données océanographiques physiques et biochimiques reçues, traitées et diffusées. Pourcentage des demandes de données ayant obtenu une réponse.
2012-2013 Énoncé du résultat Indicateur de rendement
Résultat attendu Les Canadiens sont tenus au courant de l’état physique et biochimique actuel des océans et des voies navigables du Canada. Pourcentage des publications scientifiques de Pêches et Océans Canada dans le domaine de l’océanographie par rapport au nombre total de publications canadiennes dans ce domaine.
Extrant Données sur l’état physique et biochimique des océans. Pourcentage de nouvelles données ajoutées aux bases de données, comparativement au volume des données reçues pendant l’année.
Extrant Données sur l’état physique et biochimique des océans. Pourcentage des demandes de données océanographiques auxquelles on a répondu dans les délais prévus.

D'après certains cadres supérieurs du Programme, les données disponibles ne couvrent pas l'éventail complet des activités du Programme et ne reflètent pas bien le rendement global de celui-ci. Cet enjeu ne concerne pas la collecte des données, mais l'articulation de mesures/indicateurs de rendement appropriés et suffisants. Les difficultés techniques qui entourent la définition et la mesure adéquates du rendement sont aggravées par l'absence de cadre national du Programme qui soit clairement articulé et intégré. En l'absence d'un tel cadre, il a été difficile, pour les intervenants du Programme, d'élaborer un bon historique de rendement.

« Il s'est révélé difficile de représenter la portée des activités du PPO à partir d'un si petit nombre d'indicateurs - les indicateurs actuels sont partiels, et nous commençons tout juste à recueillir des données ». (cadre supérieur)

GDSI a connu davantage de succès que d'autres intervenants du Programme au chapitre de la mesure du rendement et de la production de rapports sur celui-ci. À l’exception de la proportion de publications scientifiques par le MPO dans le domaine de l’océanographie, tous les indicateurs de rendement récemment suivis par le Programme touchent l’acquisition de données et l’échange d’information.

En 2012-2013, le Programme a élaboré une stratégie de mesure du rendement qui représentait une première tentative de définition des activités de programme, des extrants et des résultats attendus et de la façon dont l’atteinte de ces résultats sera mesurée de manière continue ou cyclique. Comme nous l’avons mentionné précédemment, malgré cette stratégie, il manque encore une articulation précise de la manière dont les diverses activités devraient mener aux résultats attendus ainsi qu’une description des rôles et des responsabilités des différentes unités organisationnelles concernées. De plus, bien que cette stratégie contienne des indicateurs de rendement plus détaillés et exhaustifs que ceux du CMR du Ministère, il reste encore à recueillir les données et à produire des rapports sur le rendement.


4.5 RENDEMENT - EFFICIENCE ET ÉCONOMIE


Résultat clé : le PPO tire parti des ressources supplémentaires provenant de sources externes multiples et utilise des approches novatrices pour accroître son efficience.


Pratiques actuelles

Grâce aux travaux ayant entouré l'élaboration d'un cadre national des services océaniques, OSC a pu documenter le budget alloué au Programme et les dépenses effectuées dans chaque région19.

D'après la majorité des cadres supérieurs et des représentants du Programme de tous les secteurs et de toutes les régions, le Programme fonctionne avec des ressources qui diminuent de plus en plus du fait de la réduction naturelle des effectifs.

« Le Programme fonctionne déjà avec des ressources minimales. Il est un fait que nous faisons aussi bien que nous le pouvons, étant donné ce que nous avons ». (représentant du Programme)

Un examen des budgets du Programme depuis 2008-2009 a révélé que les ressources (budget et ETP) ont diminué de façon constante entre 2008-2009 et 2010-2011. On remarque ensuite une augmentation du budget en 2011-2012 et en 2012-2013, mais cela s’explique possiblement par l’affectation d’un financement spécial du PSACCMA. Si cette hypothèse s’avère exacte, cela veut dire que de manière générale, les budgets sont demeurés les mêmes depuis 2010-2011.

Bien que la valeur réelle n'ait pas été calculée, il apparaît clairement que le Programme tire parti de ressources supplémentaires importantes provenant de sources externes multiples.

Outre les collaborations internationales, la plus importante de ces sources est la participation du Programme au réseau CONCEPTS, grâce à laquelle le MPO obtient un accès à l'expertise d'Environnement Canada en matière de super-ordinateurs, de météorologie et d'océanographie, de même qu'aux navires du MDN pour la collecte de données océaniques. Étant donné le coût élevé d'entretien des navires scientifiques de la Garde côtière canadienne, l'utilisation de navires du MDN revêt, à elle seule, une valeur importante. Un protocole d'entente a été signé par Environnement Canada, le MPO et le MDN pour partager l'effort et les ressources et pour éviter les chevauchements.

Des représentants du Programme venant tant de la côte Ouest que de la côte Est ont indiqué qu'une partie inhabituelle (comparativement à d'autres secteurs scientifiques) des fonds de F et E provient de sources extérieures au Ministère, comme les réseaux universitaires, d'autres ministères fédéraux, des partenaires de l'étranger, etc. Par exemple, la région des Maritimes, à elle seule, est dotée d'un financement voté pour ses activités de surveillance et d'observation; toutes les autres activités relevant des sciences de la mer sont financées par l'entremise de programmes de financement de la recherche administrés à Ottawa (p. ex. stratégie internationale de gouvernance, changements climatiques, science des écosystèmes), de programmes universitaires (par l'entremise de réseaux de chercheurs) et d'autres programmes financés par le gouvernement fédéral (p. ex. Programme de recherche et de développement énergétiques [PRDE]), bien que la part de cette dernière source de financement ait diminué du fait des restrictions budgétaires au cours des derniers exercices.

Dans le même ordre d'idées, la région du Pacifique a dû, par nécessité, adopter une approche opportuniste pour financer et planifier ses activités de recherche, en utilisant certaines voies de financement et d'autres programmes gouvernementaux. Par exemple, les intervenants du Programme dirigent des recherches menées à l'observatoire sous-marin NEPTUNE (Ocean Network Canada), qui bénéficie d'un financement universitaire. Dans cette entreprise, un chercheur du MPO, également professeur adjoint à la University of Victoria, dirige une équipe qui utilise des fonds alloués par l'université pour faire progresser des recherches qui revêtent aussi une importance pour le Ministère. Grâce à ce projet, intitulé Towards Real-time Observations and Modeling of Tsunamis and Other Infra gravity Wabes off the West Coast of North America, nous pourrons parfaire nos connaissances et améliorer notre capacité prévisionnelle pour ce qui est des grandes vagues comme celles observées lors des tsunamis et d'autres perturbations à vaste échelle du niveau de la mer20.

Un exemple d'approche novatrice permettant d'améliorer l'efficience du PPO est fourni par des intervenants du Programme de la région de Terre-Neuve-et-Labrador, qui ont collaboré avec un autre secteur du MPO à la pose de capteurs électroniques sur des phoques en vue de recueillir des données sur la température, la profondeur et la salinité de l'eau ainsi que sur les lieux fréquentés par les animaux et leur comportement. Cette initiative a le mérite de tirer parti des multiples efforts consentis au bénéfice de multiples utilisateurs.

Le programme ARGO constitue un autre exemple d'investissement ayant permis de réduire les coûts du Programme. D’après les estimations, il est beaucoup moins coûteux d’utiliser une bouée ARGO que d’effectuer le même travail à partir d’un navire, bien que les échantillons ne puissent être prélevés qu’en eau profonde (profondeur équivalente ou supérieure à 2 000 mètres) selon la configuration du programme et que cela ne constitue donc pas un remplacement des méthodes de surveillance des côtes.

« ARGO permet de recueillir des données océaniques de manière non seulement plus efficiente, mais aussi plus rentable; chaque profil coûte 25 fois moins que les profils obtenus à partir de navires » affirme le chercheur Denis Gilbert de Pêches et Océans Canada, directeur national d'ARGO Canada et membre de l'équipe directrice internationale d'ARGO. « Le Programme permet aussi de couvrir une étendue d'océan bien supérieure à celle que les navires peuvent couvrir », ajoute-t-il.21

Améliorations possibles du Programme

Les informateurs clés ne s’entendaient pas en ce qui concerne les mesures ou les autres méthodes de prestation des services que le Programme pourrait envisager pour améliorer ses finances et son efficacité. Ci-après se trouvent quelques solutions proposées par les informateurs clés que le Programme pourrait examiner en vue de réduire les coûts et d’accroître les revenus. La faisabilité et les avantages possibles de la mise en œuvre de ces diverses options ne pouvaient pas être évalués dans le cadre de la présente évaluation. Ils sont néanmoins abordés en vue d’alimenter la réflexion de la haute direction, si celle-ci souhaite examiner les solutions proposées.

Premièrement, une intégration solide du PPO à l'échelle nationale aiderait à réduire les chevauchements potentiels. Bien que les éléments probants actuels concernant les chevauchements n'aient pu être documentés dans le cadre de la présente évaluation, certains informateurs clés ont fait allusion à des cas de chevauchements dus à une piètre collaboration.

Deuxièmement, un soutien plus spécifique de la TI pourrait permettre de réduire l'effort consenti par le personnel du Programme pour contourner et compenser les diverses restrictions de l'accès aux données auxquelles il est confronté chaque jour. Ce soutien, combiné au renforcement des services de soutien à la gestion des données, allègerait le fardeau des chercheurs des régions qui pourraient, ainsi, de concentrer davantage sur l'analyse des données et moins sur leur gestion. Un petit nombre d'informateurs clés ont fait remarquer que les chercheurs du MPO sont accaparés par des tâches administratives en raison d'un manque d'infrastructure de soutien, et que cela se fait au détriment de leur activité scientifique. Par contraste, Environnement Canada est perçu comme disposant d'une meilleure organisation à l'appui de la recherche, car il possède un personnel de soutien qui se consacre « aux tâches opérationnelles, c'est-à-dire non scientifiques ».

Troisièmement, le Programme tire déjà largement parti de ressources externes, ce qui pourrait être approfondi par la poursuite d’occasions supplémentaires de collaboration avec des intervenants; toutefois, il faut garder en tête que des capitaux de départ pourraient être nécessaires pour participer à des activités de réseautage actif, que l’établissement de partenariats de collaboration peut nécessiter une contribution minimale de la part du MPO et que de telles initiatives doivent être gérées afin d’éviter une fragmentation plus importante du Programme.

Tous les cadres supérieurs conviennent qu'il existe des occasions d'accroître les échanges avec le milieu universitaire, d'autres ministères fédéraux (p. ex. Environnement Canada) et d'autres secteurs au sein du MPO. Dans leur ébauche préalable à l'élaboration d'un cadre national des services océaniques du 19 juillet 2013, les responsables du Programme confirmaient cette observation en concluant que le gouvernement, l'industrie et le milieu universitaire devaient collaborer aussi efficacement que dans d'autres pays pour élaborer et mettre en œuvre une océanographie opérationnelle. Selon eux, que ce soit au Canada ou à l'étranger, les organismes de météorologie collaborent de plus en plus avec des océanographes pour produire de meilleures prévisions météorologiques.22

Un autre moyen plus rentable d'offrir aux utilisateurs un soutien en matière de sciences de la mer qui soit axé sur le service à la clientèle pourrait consister à loger ce service aux mêmes endroits que les services à la clientèle d'Environnement Canada dans chacun des bureaux régionaux.

Les intervenants du Programme pourraient également examiner des moyens d’influer sur l’harmonisation de la recherche universitaire avec les besoins et priorités en matière de recherche du gouvernement fédéral, notamment envisager de fournir des enveloppes budgétaires concurrentielles.

Par ailleurs, le Programme pourrait se pencher sur une façon de mettre en place une structure de recouvrement des coûts pour certains de ses services, comme le font le Service hydrographique du Canada et la Garde côtière canadienne. De telles possibilités devraient être plus faciles à cerner et à promouvoir une fois qu'une définition claire du Programme sera établie.

Enfin, le Programme sera mieux à même de relever des moyens susceptibles de réduire ses coûts et d'optimiser ses impacts une fois qu'il aura identifié plus précisément ses clients cibles. Cela permettra de mettre au point des outils et des produits qui pourront bénéficier à plus d'un utilisateur et de mieux cibler les besoins des utilisateurs.

D'après un informateur clé venant de l'étranger, une meilleure collaboration entre tous les acteurs canadiens qui s'occupent de sciences de la mer et de prévisions météorologiques serait bénéfique en matière de partage des ressources, de mise au point conjointe d'outils, de contrôle de la qualité, de partage des coûts de télécommunication et d'archivage, etc. Cela améliorerait l'accès aux données, un service qui serait plus réceptif aux besoins des utilisateurs. Cela faciliterait également l'adhésion aux normes internationales.

Un cadre supérieur affirme que, au-delà d'une meilleure intégration des fonctions actuelles, la durabilité future du Programme exige que le MPO trouve des moyens de regrouper les activités de la même manière que l'a fait Environnement Canada dans son modèle de laboratoires scientifiques.


19 Les budgets et dépenses régionaux incluent le financement spécial du PSACCMA pour 2011-2012 et 2012-2013, qui n'a pas pu être prélevé du budget ordinaire du PPO.

20 http://www.neptunecanada.ca/research/research-projects/project.dot?inode=11208

21 http://www.dfo-mpo.gc.ca/science/publications/article/2009/08-10-09-fra.html

22 MPO (2013). Ocean Services Pre-Framework. Ébauche, 19 juillet 2013.


5. CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS


En tant que nation maritime bordée de trois océans, le Canada se doit de comprendre les processus océaniques s'il veut effectuer des prévisions qui influeront sur la navigation et contribueront à sa sécurité. Comme nous en avons fait état dans la section portant sur la pertinence du présent rapport, nous avons de plus en plus besoin du PPO en raison des conditions de changement climatique qui créent la nécessité de produire en temps réel des données accessibles sur les océans. L'effort de recherche consenti en vertu de ce Programme est également orienté sur l'évaluation des impacts potentiels sur l'environnement marin, les écosystèmes et les populations de poissons et de mammifères marins.

Le PPO est bien harmonisé avec les priorités du gouvernement fédéral et contribue à tous les résultats enregistrés par le Ministère. Il s'agit du seul programme fédéral qui possède l'organisation et l'infrastructure adéquates pour produire les données océaniques de référence capables d'étayer la recherche à long terme que mène le Ministère sur les pêches, les écosystèmes et la gestion des océans; il est également le seul programme à pouvoir fournir au gouvernement fédéral des avis non partisans sur la variabilité océanique. Le modèle canadien de prestation des prévisions océaniques est cohérent avec les tendances qui se manifestent à l'échelle mondiale, à savoir la gestion de ces services par des instances gouvernementales. En outre, l'interdépendance des océans et la nécessité d'une coopération internationale dans la gestion de ceux-ci signifient qu'il s'agit d'un rôle qui ne peut être rempli que par le gouvernement fédéral.

Il a été difficile d'évaluer le rendement du Programme en l'absence de théorie pleinement articulée sur celui-ci. Néanmoins, l'évaluation a permis de recueillir des éléments probants attestant la présence de certains extrants de haute qualité dans les régions, comme CONCEPTS, ARGO, les séries chronologiques de longue durée le long de la ligne océanique P, le PMZA, etc.

L'évaluation a aussi démontré de façon claire la nécessité d'assurer une intégration nationale plus solide du Programme. Durant la période couverte par l'évaluation, le Programme a été fragmenté dans les différentes régions et unités organisationnelles responsables de volets distincts du PPO (c.-à-d. Direction de l'océanographie et des sciences du climat, Gestion des données scientifiques intégrées et Produits et services hydrographiques). Le Programme manque d'une vision et d'un mandat nationaux clairs, de mécanismes de responsabilisation et structure décisionnelle clairs et de rôles et responsabilités officiels. À l'heure actuelle, la prise de décisions est en grande partie ponctuelle et officieuse. Une meilleure intégration se traduirait par des extrants plus solides, des résultats de meilleure qualité et une efficience accrue, grâce à une optimisation plus efficace des ressources internes et des partenariats externes.

En outre, la nécessité de renforcer la capacité du Programme de satisfaire aux besoins de ses différents clients en s'orientant davantage sur le service a été démontrée. Actuellement, les intervenants du Programme ont une vision partielle des clients potentiels et des besoins de ceux-ci, et certains utilisateurs des produits de prévision océanique, soit ne savent pas qu'ils utilisent des extrants du Programme, soit ne connaissent pas l'utilité potentielle de ces extrants, soit trouvent que les extrants ne sont pas présentés selon le format le plus utile ou qui leur est le plus accessible. La mise en place d'une approche d'océanographie opérationnelle plus axée sur le service à la clientèle permettra de mieux cibler et de rationaliser l'effort consenti par le Ministère dans le domaine des prévisions océaniques, ce qui entraînera une capacité accrue du Programme de démontrer l'utilité de ses activités.

Les gestionnaires du programme connaissent déjà ces besoins, et une initiative a été lancée pour élaborer un cadre national des services océaniques. Toutefois, si l'on veut que ce cadre soit mis en œuvre avec succès, il faut tenir compte des facteurs contextuels qui limitent la capacité du Programme d'atteindre ses résultats attendus, c'est-à-dire une capacité en TI et un soutien de la TI insuffisants, le vieillissement des navires scientifiques, l'aggravation des pénuries de ressources et les difficultés qui en découlent lorsque vient le temps d'assurer le transfert de connaissances au fur et à mesure que les experts du Programme prennent leur retraite.

Recommandation n° 1 : il est recommandé que les intervenants du Programme poursuivent et parachèvent l'élaboration d'un cadre national des services océaniques.

Recommandation n° 2 : que ce soit comme partie intégrante du cadre ou d'un document de conception subséquent, il est recommandé que les intervenants du Programme élaborent une vision et un mandat, une structure décisionnelle et de responsabilisation claire ainsi que des rôles et responsabilités officiels pour la prestation du Programme à l'Administration centrale et dans les régions.

Recommandation n° 3 : que ce soit comme partie intégrante du cadre ou d'une activité subséquente, il est recommandé que les intervenants du Programme identifient les clients ciblés et établissent leurs besoins, de même que les produits et services que le Programme offre ou vise à offrir pour satisfaire ces besoins.

Recommandation n° 4 : que ce soit comme partie intégrante du cadre ou d'une activité subséquente, il est recommandé que les intervenants du Programme élaborent une stratégie de gestion des risques comportant des mesures d'atténuation concrètes pour traiter les risques associés à une capacité en matière de TI et un soutien de la TI limités, au vieillissement des navires scientifiques, aux limitations des ressources du Programme et au transfert des connaissances spécialisées.

Recommandation n° 5 : il est recommandé que, dans le cadre du développement d’un cadre national des services océaniques, les intervenants du Programme mettent également à jour la stratégie de mesure du rendement, incluant une description révisée des activités, des extrants, des résultats attendus, des indicateurs de rendement, des cibles et de la stratégie de collecte des données.


ANNEXE A : PLAN D'ACTION DE GESTION


plan d'action de gestion
Recommandation n° 1

Justification : L'évaluation a démontré de façon claire la nécessité d'assurer une intégration nationale plus solide du Programme et de renforcer la capacité du Programme de satisfaire aux besoins de ses différents clients en s'orientant davantage sur le service. Les gestionnaires du programme connaissent déjà ces besoins, et une initiative a été lancée pour élaborer un cadre national des services océaniques.

Recommandation n° 1 : Il est recommandé que les intervenants du Programme poursuivent et parachèvent l'élaboration d'un cadre national des services océaniques.

Stratégie
Le cadre des services océaniques est entre les mains du directeur de la DSO et du DG du SHC aux fins d'examen.
Mesures de gestion Échéance (fin du mois) Mise à jour sur l’état d’avancement : Terminé/En bonne voie/Raison de la modification de l'échéance Extrant
Version définitive du cadre des services océaniques. Mars 2014    
Approbation par le CNDS. Juin 2014    
Présentation au Comité des politiques du sous-ministre à titre informatif et aux fins de validation. Septembre 2014    
Recommandation n° 2

Justification : Le Programme manque d'une vision et d'un mandat nationaux clairs, de mécanismes de responsabilisation et structure décisionnelle clairs et de rôles et responsabilités officiels. À l'heure actuelle, la prise de décisions est en grande partie ponctuelle et officieuse. Une meilleure intégration se traduirait par des extrants plus solides, des résultats de meilleure qualité et une efficience accrue, grâce à une optimisation plus efficace des ressources internes et des partenariats externes.

Recommandation n° 2 : Que ce soit comme partie intégrante du cadre ou d'un document de conception subséquent, il est recommandé que les intervenants du Programme élaborent une vision et un mandat, une structure décisionnelle et de responsabilisation claire ainsi que des rôles et responsabilités officiels pour la prestation du Programme à l'Administration centrale et dans les régions.

Stratégie
Inclure la vision et le mandat au cadre (voir la recommandation 1).  La structure de responsabilisation et de prise de décisions suivra au moment de l'élaboration d'un plan de mise en œuvre.
Mesures de gestion Échéance (fin du mois) Mise à jour sur l'état d'avancement : Terminé/En bonne voie/Raison de la modification de la date d'échéance Extrant
Élaboration d'une structure de responsabilisation et de prise de décisions en tant que première composante du plan de mise en œuvre. Avril 2014    
Présentation de la structure de gouvernance proposée au CNDS aux fins d'approbation. Août 2014    
Recommandation n° 3

Justification : La nécessité de renforcer la capacité du Programme de satisfaire aux besoins de ses différents clients en s'orientant davantage sur le service a été démontrée. Actuellement, les intervenants du Programme ont une vision partielle des clients potentiels et des besoins de ceux-ci, et certains utilisateurs des produits de prévision océanique, soit ne savent pas qu'ils utilisent des extrants du Programme, soit ne connaissent pas l'utilité potentielle de ces extrants, soit trouvent que les extrants ne sont pas présentés selon le format le plus utile ou qui leur est le plus accessible. La mise en place d'une approche d'océanographie opérationnelle plus axée sur le service à la clientèle permettra de mieux cibler et de rationaliser l'effort consenti par le Ministère dans le domaine des prévisions océaniques, ce qui entraînera une capacité accrue du Programme de démontrer l'utilité de ses activités.

Recommandation n° 3 : Que ce soit comme partie intégrante du cadre ou d'une activité subséquente, il est recommandé que les intervenants du Programme identifient les clients ciblés et établissent leurs besoins, de même que les produits et services que le Programme offre ou vise à offrir pour satisfaire ces besoins.

Stratégie
L'enquête préliminaire auprès des clients fait partie du cadre, mais les prochains travaux seront compris dans le plan de mise en œuvre.
Mesures de gestion Échéance (fin du mois) Mise à jour sur l'état d'avancement : Terminé/En bonne voie/Raison de la modification de la date d'échéance Extrant
Ajout au plan de mise en œuvre d'une section sur la mobilisation continue des clients ainsi que sur l'entretien des communications avec les clients, le suivi de leurs besoins et leur satisfaction en ce qui concerne les produits et les services qu'ils utilisent. Mai 2014    
Présentation au CNDS à titre informatif et aux fins de validation. Septembre 2014    
Recommandation n° 4

Justification : Si l'on veut que ce cadre soit mis en œuvre avec succès, il faut tenir compte des facteurs contextuels qui limitent la capacité du Programme d'atteindre ses résultats attendus, c'est-à-dire une capacité en TI et un soutien de la TI insuffisants, le vieillissement des navires scientifiques, l'aggravation des pénuries de ressources et les difficultés qui en découlent lorsque vient le temps d'assurer le transfert de connaissances au fur et à mesure que les experts du Programme prennent leur retraite.

Recommandation n° 4 : Que ce soit comme partie intégrante du cadre ou d'une activité subséquente, il est recommandé que les intervenants du Programme élaborent une stratégie de gestion des risques comportant des mesures d'atténuation concrètes pour traiter les risques associés à une capacité en matière de TI et un soutien de la TI limités, au vieillissement des navires scientifiques, aux limitations des ressources du Programme et au transfert des connaissances spécialisées.

Stratégie

Analyse des risques en lien avec les prévisions océaniques en cours d'examen, mais un plan d’atténuation complet sera terminé à l'automne 2014.

Mesures de gestion Échéance (fin du mois) Mise à jour sur l'état d'avancement : Terminé/En bonne voie/Raison de la modification de la date d'échéance Extrant
Rédaction de l'ébauche d'un plan de gestion des risques afin d'atténuer les risques, notamment les risques en matière de TI, comme annexe ou chapitre du plan de mise en œuvre. Octobre 2014    
Obtention de l'approbation définitive du plan de gestion des risques par le CNDS. Janvier 2015    
Recommandation n° 5

Justification : En 2012-2013, le Programme a élaboré une stratégie de mesure du rendement qui représentait une première tentative de définition des activités de programme, des extrants et des résultats attendus et de la façon dont l’atteinte de ces résultats sera mesurée de manière continue ou cyclique. Malgré cette stratégie, il manque encore une articulation précise de la manière dont les diverses activités devraient mener aux résultats attendus ainsi qu’une description des rôles et des responsabilités des différentes unités organisationnelles concernées.

Recommandation n° 5 : Il est recommandé que, dans le cadre du développement d’un cadre national des services océaniques, les intervenants du Programme mettent également à jour la stratégie de mesure du rendement, incluant une description révisée des activités, des extrants, des résultats attendus, des indicateurs de rendement, des cibles et de la stratégie de collecte des données.

Stratégie

Une mise à jour de la stratégie de mesure du rendement sera entamée en même temps que l'élaboration du cadre des services océaniques.

Mesures de gestion Échéance (fin du mois) Mise à jour sur l'état d'avancement : Terminé/En bonne voie/Raison de la modification de la date d'échéance Extrant
Proposition d'une nouvelle stratégie de mesure du rendement comme chapitre ou annexe du plan de mise en œuvre. Janvier 2015    
Présentation au CNDS aux fins d'approbation. Mars 2015    
Présentation du plan de mise en œuvre terminé au Comité des politiques du sous-ministre à titre informatif et aux fins de validation. Juin 2015    

ANNEXE B : MATRICE D'ÉVALUATION

matrice d'évaluation
Enjeu/question Indicateurs Sources de données
1.  Pertinence
1.1 Le Programme des prévisions océaniques est-­il toujours utile?
  • Éléments probants permettant de déterminer que le Programme est toujours utile
  • Les intervenants du Programme attestent l'importance du PPO.
  • Examen des documents
  • Entrevues avec des informateurs clés
1.2 Le PPO est-il harmonisé avec les priorités du gouvernement du Canada et les résultats stratégiques du MPO?
  • Degré d'harmonisation des objectifs du Programme avec les priorités du gouvernement du Canada
  • Degré d'harmonisation des objectifs du Programme avec les résultats stratégiques du MPO
  • Examen des documents
1.3 Le PPO est-il harmonisé avec les rôles et responsabilités du gouvernement fédéral?
  • Lien démontré avec la réglementation ou les politiques fédérales
  • Éléments probants attestant la compétence exclusive ou partagée du gouvernement fédéral à l'égard du Programme
  • Avis des intervenants du Programme concernant le fait que certains volets de celui-ci pourraient ou devraient être mis en œuvre par d'autres organismes ou paliers de gouvernement
  • Examen des documents
  • Entrevues avec des informateurs clés
2.   Rendement : atteinte des résultats attendus
2.1 Dans quelle mesure et dans quelles circonstances les intervenants du PPO ont-ils accès à l'information/aux produits dont ils ont besoin pour remplir les responsabilités associées à leurs tâches? (Résultat direct)
  • Besoins énoncés et documentés des différents intervenants du PPO
  • Satisfaction des intervenants du Programme à l'égard du degré auquel leurs besoins sont comblés
  • Exemples de circonstances dans lesquelles les besoins sont comblés ou non
  • Examen des documents
  • Entrevues avec des informateurs clés
2.2 Dans quelle mesure et dans quelles circonstances les clients du PPO utilisent-ils l'information/les produits du Programme tel que prévu? (Résultats intermédiaires et finaux)
  • Les intervenants du Programme font état de l'information/des produits qu'ils utilisent et de ceux qu'ils n'utilisent pas.
  • Les intervenants du Programme font état de l'information/des produits qu'ils élaborent et à quelles fins.
  • Concordance entre l'utilisation réelle et prévue
  • Exemples de circonstances dans lesquelles l'information/les produits du PPO sont utilisés ou non tel que prévu
  • Examen des documents
  • Entrevues avec des informateurs clés
2.3 Quels facteurs (internes et externes) influent-ils sur la capacité du PPO d'atteindre les résultats attendus?
  • Exemples tirés de documents ou émanant d'informateurs clés
  • Examen des documents
  • Entrevues avec des informateurs clés
2.4 Dans quelle mesure et dans quelles circonstances la gouvernance du PPO est-elle efficace pour ce qui est de la satisfaction des besoins des clients?
  • Éléments probants attestant la mise en place de mécanismes décisionnels
  • Avis des intervenants du Programme concernant la pertinence et l'efficacité de la prise de décisions
  • Examen des documents
  • Entrevues avec des informateurs clés
2.5 Dans quelle mesure et dans quelles circonstances la surveillance du rendement du PPO permet-elle d'éclairer les décisions de gestion et les rapports sur la responsabilisation?
  • Présence d'énoncés de résultats et d'indicateurs de rendement
  • Disponibilité de l'information sur le rendement
  • Qualité de l'information sur le rendement
  • Éléments probants attestant la production de rapports sur le rendement
  • Avis des intervenants du Programme concernant la qualité et l'utilité de l'information sur le rendement
  • Examen des documents
  • Entrevues avec des informateurs clés
3. Rendement : démonstration de l'efficience et de l'économie (évaluation de l'utilisation des ressources du Programme)
3.1 Dans quelle mesure et dans quelles circonstances les activités qui assurent l'efficience et l'économie du PPO peuvent-elles être améliorées?
  • Description des budgets et des dépenses du Programme ainsi que du nombre d'ETP par année et par domaine de la chaîne de production scientifique du PPO
  • Options autres que les activités, l'organisation ou la gouvernance actuelles du Programme susceptibles d'entraîner une diminution des coûts ou une amélioration des extrants ou des résultats
  • Examen des documents
  • Entrevues avec des informateurs clés
  • Analyse de la littérature

ANNEXE C : MODÈLE LOGIQUE DU PROGRAMME


Modèle logique du Programme des prévisions océaniques

Modèle logique du Programme des prévisions océniques