Le monde sous-marin

Limande à queue jaune

Nord-ouest de l'océan Atlantique

Aperçu | Quelques données | Détail mémorable | Gros plan sur le calmar à nageoires courtes | Le rôle de Pêches et Océans Canada

Aperçu

La limande à queue jaune est un étrange poisson plat dont les yeux sont tous deux situés du même côté de sa tête. Son aspect bizarre ne la rend pas moins désirable aux yeux des pêcheurs. En effet, comme la limande à queue jaune est l'une des espèces de poissons plats les plus précieuses dans le commerce, c'est une prise recherchée.

Quelques données

Nom scientifique :
Limanda ferruginea
Taxonomie :
Pleuronectidés
Distribution :
sur la plate-forme continentale de la partie nord-ouest de l'Atlantique, du sud du Labrador jusqu'à la Baie de Chesapeake.

Détail mémorable

La limande à queue jaune subit une curieuse transformation pendant son développement. Au moment de son éclosion, elle a un œil de chaque côté de sa tête mais pendant sa croissance, ses yeux passent du même côté de son corps. Ainsi, ce contorsionniste sous-marin voit son flanc devenir le dessus de son corps.

Gros plan sur la limande à queue jaune

La limande à queue jaune, un poisson plat à petite bouche, habite les fonds sablonneux de l'Atlantique, à une profondeur de 37 à 91 mètres. Connue sous le nom de limande à queue jaune, de plie canadienne et de sole, cette espèce de taille moyenne peut atteindre une longueur de 60 cm mais mesure plus souvent entre 30 et 40 cm.

Le flanc supérieur de son corps ovale et comprimé (c'est-à-dire aplati) est souvent brun rouge à vert olive, et parsemé de taches rouille de forme irrégulière. Son flanc inférieur est blanc et légèrement coloré de jaune citron. Sa petite bouche et ses lèvres charnues distinguent la limande à queue jaune du flétan et de la plie, deux poissons plats à grande bouche.

La petite bouche de la limande à queue jaune restreint les types d'aliments qu'elle peut manger. Les adultes se nourrissent surtout d'amphipodes (espèces semblables à la crevette), de crevettes, de vers polychètes, de petites quantités d'autres invertébrés tels que petits crabes et mollusques et à l'occasion, de petits poissons comme le petit chabot et le lançon du Nord.

Des études ont démontré que ce poisson est une espèce diurne, c'est-à-dire qui s'alimente pendant le jour (approximativement, du lever au coucher du soleil).

Cycle biologique et reproduction

Chez la limande à queue jaune, le mâle et la femelle deviennent physiquement distincts (sexuellement dimorphes) à l'âge de deux ans, soit environ à leur maturité sexuelle. La femelle croît plus rapidement, vit plus longtemps et atteint une plus grande taille que le mâle. Sa grande taille présente un avantage évolutionniste, puisque son corps peut contenir un plus grand nombre d'œufs.

Cette espèce fraie au fond de l'océan (ou près de celui-ci) pendant le printemps ou l'été selon la latitude, soit d'avril à juin en Nouvelle-Angleterre et de mai à juillet en eaux canadiennes. La femelle produit de 350 000 à 4 570 000 œufs, ce nombre étant déterminé par la longueur de son corps. Les œufs sont pondus par lots puis fécondés par le mâle. Les œufs fécondés flottent vers la surface, où ils dérivent pendant leur développement. Ils éclosent cinq jours plus tard à une température de 10-11 °C. Les larves demeurent dans les couches supérieures de l'océan pendant une brève période, après laquelle elles redescendent.

Le mâle et la femelle croissent au même rythme jusqu'à l'âge de 2 ans. Ensuite, la femelle croît plus rapidement et vit plus longtemps que le mâle. Leur taux de croissance diffère également selon la région géographique. Ainsi, les individus du sud de l'aire de distribution (banc de Georges) croissent plus rapidement que ceux des régions plus au nord (golfe du Saint-Laurent, Grand Banc). Le mâle et la femelle atteignent leur maturité sexuelle à l'âge de 2-3 ans dans le sud de l'aire de distribution et à l'âge de 4-6 ans dans le nord de celle-ci.

Le monde sous-marin de la limande à queue jaune

Jusqu'à récemment, on croyait que la limande à queue jaune était un poisson inactif qui préférait les fonds sablonneux peu profonds mais le marquage d'individus du banc de Georges a révélé que cette espèce peut s'éloigner du fond et tirer parti des courants périodiques de mi-eau pour passer d'une région à une autre. Des expériences de marquage laissent croire que la limande à queue jaune peut migrer sur de grandes distances, bien qu'aucune habitude migratoire ne lui ait été attribuée.

La limande à queue jaune est la proie de la raie, de la baudroie, de la morue charbonnière, du flétan de l'Atlantique et du cardeau à quatre ocelles. La morue et l'aiguillat commun sont les plus éminents prédateurs de l'espèce qui, sur la plate-forme Scotian, constitue également un aliment cible du phoque gris.

La limande à queue jaune et la plie canadienne se disputent leur nourriture – en particulier les vers polychètes et les amphipodes – mais en général, la plie mange de plus grosses proies et vit en eau plus profonde que la limande.

Les effets du changement climatique sur l'espèce

Bien qu'il n'ait pas été confirmé que le changement climatique a modifié la distribution saisonnière et géographique de l'espèce, la limande à queue jaune ne se présente pas aux pêcheurs canadiens du banc de Georges pendant les mois d'été, période de pêche commerciale dans cette région.

La pêche et l'exploitation de l'espèce

À l'exception du stock du sud du golfe du Saint-Laurent, qui forme surtout la pêche industrielle de poisson-appât, la limande à queue jaune est destinée à l'alimentation humaine. D'autres chaluts servent plus souvent à récolter cette ressource en eaux canadiennes mais ce poisson est aussi une prise accessoire (de pêcheurs qui ciblent d'autres espèces) pour les pêcheurs de pétoncles à la drague du banc de Georges. Les principales pêcheries commerciales canadiennes capturent la limande à queue jaune au nord-est du banc de Georges et sur le Grand Banc.

L'aquaculture

Bien que la limande à queue jaune ait été retenue pour des études expérimentales d'aquaculture à Terre-Neuve et au Nouveau-Brunswick, elle ne fait pas l'objet d'aquaculture commerciale pour le moment puisque des pêcheries commerciales demeurent viables dans plusieurs régions.

Le rôle de Pêches et Océans Canada

Le gouvernement canadien gère cette pêcherie par contingents (établissement de limites sur le total des prises admissibles ou TPA). Il existe aussi d'autres mesures de gestion : filets à la taille de la queue de chalut, interdictions saisonnières de pêche dans une région donnée, nombre limité d'enregistrements, niveau de présence des observateurs en mer et vérification à quai des prises débarquées. Les scientifiques qui travaillent avec Pêches et Océans Canada et avec le Service national des pêches maritimes des États-Unis continuent d'évaluer le stock de limandes à queue jaune des Grands Bancs, du sud du golfe du Saint-Laurent et du banc de Georges. Depuis plusieurs années, les deux organismes évaluent annuellement l'écosystème des Grands Bancs, du golfe du Saint-Laurent, du banc de Georges et du golfe du Maine à l'aide de chaluts spéciaux de recherche.

Mise-à-jour : Octobre 2009