Le monde sous-marin

Crabe des neiges

Nord-ouest de l'Atlantique

Aperçu | Quelques données | Détail mémorable | Gros plan sur le crabe des neiges

Aperçu

Le crabe des neiges vit sur les fonds vaseux, en eau froide. Il est sexuellement dimorphe, ce qui signifie que le mâle et la femelle prennent une forme et une taille différentes. Pendant sa croissance, ce crabe perd périodiquement sa coquille (un processus appelé « mue ») et sa carapace, la grande portion qui recouvre son dos. La mue est un signe important de la croissance du crabe des neiges, puisqu'il atteint alors sa maturité et s'apprête à se reproduire.

Quelques données

Nom scientifique :
Chionoecetes opilio
Taxonomie :
Crustacés, Décapodes, Majidés, Oregoniidae
Distribution :
dans le nord-ouest de l'Atlantique (du Groenland au golfe du Maine), dans le nord du Pacifique, incluant les mers de Béring, du Japon et des Tchouktches, et les mers de Beaufort et de Barents dans l'Atlantique

Détail mémorable

Afin de protéger l'espèce et sa reproduction, les pêcheurs commerciaux ne sont autorisés à capturer que le crabe des neiges mâle. La prise et le débarquement de femelles sont interdits.

Gros plan sur le crabe des neiges

Le mâle et la femelle de l'espèce présentent une différence physique évidente à maturité : leur taille. Le mâle est beaucoup plus gros, avec sa carapace pouvant atteindre un diamètre de 16,5 cm, ses pattes d'une envergure de 90 cm et son poids d'environ 1,35 kg. En comparaison, la femelle présente une carapace dont le diamètre dépasse rarement 9,5 cm, des pattes d'environ 38 cm d'envergure et un poids tout juste sous le demi-kilogramme.

Les crabes des neiges se distinguent également par leur forme. Le mâle est doté d'un abdomen triangulaire et de pinces relativement grandes, tandis que la femelle a un abdomen circulaire et de plus petites pinces.

Pour se nourrir, le crabe des neiges attaque ou récupère des plychètes (vers marins), des crustacés (crevettes, crabes et petits crustacés tels que les amphipodes), des bivalves et des gastropodes (deux types de mollusques), des poissons, des ophiures, des oursins, des hydrozoaires et de grandes espèces de zooplancton. Il peut aussi manger ses congénères plus petits.

Cycle biologique et reproduction

Après son éclosion printanière, le crabe des neiges passe par un stade larvaire pendant lequel il flotte aux côtés du plancton dans la mer, pour ensuite s'établir sur son fond. Le jeune crabe benthique (qui vit au fond de la mer) croît en larguant sa coquille (mue) chaque année, habituellement à la fin de l'hiver ou au début du printemps.

Le mâle et la femelle croissent différemment, quoique chacun traverse trois stades de développement.

Le crabe des neiges mâle traverse les stades suivants :

Les mâles juvéniles et adolescents peuvent muer chaque année jusqu'à ce qu'ils obtiennent leurs pinces d'adulte, une caractéristique qui améliore leur capacité d'accouplement puisqu'elles leur permettent de combattre d'autres mâles. La dernière mue du mâle survient à l'âge de 4 à 7 ans, après 8 à 13 mues.

La femelle passe par trois stades :

La plupart des femelles deviennent sexuellement matures à leur dernière mue, lorsque leur carapace atteint une épaisseur de 40 à 75 mm. Elles l'obtiennent à l'âge de 4 à 6 ans, après 8 à 10 mues.

Jusqu'à trois semaines avant le début du processus d'accouplement, le mâle enserre sa femelle pour la préparer et l'aider à faire sa dernière mue. Il devient ainsi son protecteur, écartant les autres mâles et tout prédateur. Les mâles se livrent parfois une concurrence acharnée pour une femelle et en ressortent souvent blessés.

Les femelles peuvent se montrer très sélectives dans le choix de leur partenaire. Certaines sont même mortes en résistant aux tentatives d'accouplement de mâles indésirables.

Au printemps, les couples migrent vers des eaux peu profondes. La femelle qui transporte sa première couvée d'œufs est dite « primipare ». Elle est dite « multipare » lorsqu'elle transporte une deuxième ou une troisième couvée d'œufs.

La femelle primipare s'accouple après sa dernière mue, entre le mois de février et la mi-mars. Le mâle féconde les œufs de la femelle avant qu'elle ponde. Les œufs sont déposés sur les pléopodes de la femelle, sous son abdomen, et y demeurent jusqu'à l'éclosion des larves - un ou deux ans plus tard! La température de l'eau détermine la durée du portage.

Une femelle peut produire de 12 000 à 160 000 œufs, selon sa taille. Le sperme accumulé pendant l'accouplement est stocké dans un sac appelé « spermathèque ». Après l'éclosion des larves, la femelle peut s'accoupler à nouveau ou utiliser le sperme stocké pour féconder ses prochaines couvées. Les larves éclosent entre le mois d'avril et la fin-mai; elle se retrouvent dans toute la colonne d'eau (entre la surface et le fond). Selon la température, le développement planctonique des larves peut durer de trois à cinq mois. Les larves passent par divers stades avant de s'établir au fond de l'océan.

Le monde sous-marin du crabe des neiges

Prédateurs et maladies

Les prédateurs du crabe des neiges comprennent le flétan, la raie (surtout la raie épineuse), la morue, le phoque et la plie canadienne. Les crabes plus petits ou à carapace molle (qui viennent de muer) en sont particulièrement vulnérables.

La maladie du crabe amer, causée par une algue parasite, infecte souvent les crabes de la mer de Béring et des eaux de Terre-Neuve. Les crabes infectés ont un goût amer et la chair de leurs pattes devient d'un blanc laiteux. On dit que leur taux de mortalité est élevé, surtout en août et septembre. Il diminue vers la moitié de l'hiver. On connaît également d'autres maladies, notamment les champignons et les bactéries qui attaquent la carapace, mais elles sont moins nuisibles que la maladie du crabe amer.

La pêche commerciale

La pêche commerciale du crabe des neiges a débuté vers la moitié des années 1960 au Canada. Les principales pêcheries s'étendent du Québec jusqu'à l'ouest de Terre-Neuve, sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, autour de la Gaspésie jusqu'aux îles de la Madeleine, autour de l'île du Cap-Breton vers le sud-ouest de la Nouvelle-écosse et du sud-est de Terre-Neuve à mi-chemin du Labrador. Seuls les spécimens mâles dont la carapace mesure au moins 9,5 cm de large peuvent être pêchés. On gère également la saison de pêche, le nombre de casiers et le contingent. Le total des débarquements au Canada atlantique s'élevait à 90 000 tonnes en 2007.

Les bateaux de pêche au crabe sont de tailles variées selon que la pêcherie est côtière, semi-hauturière ou marine. Le crabe des neiges est capturé à l'aide de divers appâts, qui sont le plus souvent des harengs, des maquereaux ou des calmars. Après sa capture, le crabe est maintenu en vie sur glace, dans la cale du bateau de pêche. Certains bateaux sont dotés d'un système de circulation d'eau salée qui conserve la qualité du crabe jusqu'à sa transformation, qui s'effectue habituellement quelques heures suivant la livraison à l'usine. Dans l'est du Canada, les pêcheries de crabe des neiges sont à leur capacité maximale de production.

L'effet du changement climatique

Le crabe des neiges préfère une amplitude thermique étroite d'eau froide à moins de 3 ou 4 °C. Les effets de la température dépendent du stade auquel le crabe est parvenu. Si l'océan se réchauffait, le crabe des neiges pourrait perdre son principal habitat.

Mise-à-jour : Octobre 2009