Le monde sous-marin

L'éperlan arc-en-ciel

Il y a peu de pêcheries dont les prises se soient déplacées, de façon dramatique, d'un coin du pays à l'autre; celle de l'éperlan arc-en-ciel est l'une d'entre elles.

Jusqu'à 1948, la pêche commerciale de l'éperlan s'exerçait principalement sur la côte atlantique mais, cette année-là, l'établissement dans les Grands lacs d'une pêche expérimentale au filet maillant marquait le début d'un essor remarquable. Graduellement, la pêche de l'éperlan dans les Grands lacs a détrôné la pêche menée sur la côte atlantique tant pour le poids des débarquements que pour leur valeur commerciale.

Il existe aussi une importante pêche sportive de l'éperlan dans les Grands lacs comme dans les Maritimes. Les pêcheurs utilisent hameçons, lignes, filets et foènes et pratiquent cette activité toute l'année. La pêche de l'éperlan sous la glace attire aussi beaucoup d'amateurs et, dans plusieurs petits lacs du Nouveau-Brunswick, par exemple, on pêche à la ligne, par des trous dans la glace, les populations d'éperlans des cours d'eau côtiers.

Les stocks d'éperlans arc-en-ciel sont largement répartis dans tout l'est et l'ouest de l'Amérique du Nord, où ils occupent les eaux côtières ainsi que d'innombrables lacs intérieurs d'eau douce. Sur la côte atlantique, on les trouve depuis le New Jersey jusqu'à l'inlet Hamilton, au Labrador. À l'intérieur des terres, ils occupent des lacs du New Hampshire, dans le Maine, dans les Maritimes, à Terre-Neuve, au Labrador, au Québec et dans l'est de l'Ontario. Dans l'Ouest, on trouve les éperlans autour de l'île Vancouver, sur les côtes de l'Alaska et jusqu'au fleuve
Mackenzie, dans l'Arctique. La même espèce est aussi répandue plus loin à l'ouest, le long de la côte arctique de l'URSS, jusqu'à la mer Blanche.

En 1906, pour assurer l'alimentation des salmonidés, on a commencé à ensemencer en éperlans les cours d'eau et les lacs tributaires du lac Michigan, et d'importantes populations se sont constituées dans tous les Grands lacs, notamment le lac Érié. Il semblerait toutefois que les éperlans qui vivent dans le lac Ontario auraient plutôt pour origine un déplacement indépendant des stocks du lac Champlain. On a aussi transplanté des éperlans dans de petits lacs du centre de l'Ontario.

Sujets traités dans ce document :

Description  | Distribution et migration  | Cycle biologique  | L'industrie de la pêche  | Utilisation  | Recherche et gestion

Description

L'éperlan arc-en-ciel, dont le nom scientifique est Osmerus mordax, appartient à la famille Osmeridae qui couvre aussi l'éperlan d'hiver et l'eulakane de la côte ouest, l'éperlan à petite bouche, de l'Arctique occidental et le capelan de la côte est. L'éperlan arc-en-ciel est apparenté à la grande argentine, aux salmonidés et, malgré leur dissemblance, à l'éperlan d'Europe. La capucette, que l'on trouve le long de la côte des Maritimes, ressemble à l'éperlan arc-en-ciel et au capelan mais n'appartient pas du tout à la même famille.

L'éperlan arc-en-ciel constitue une espèce pélagique qui vit en bancs dans les eaux côtières et au milieu des lacs. Sensibles à l'éclairement et à la température, les éperlans se rassemblent près du fond des lacs et des eaux côtières pendant la journée.

L'éperlan arc-en-ciel est un mince poisson argenté dont le dos est vert pâle ou vert olive. Lorsqu'on le sort de l'eau, ses flancs sont irisés de violet, de bleu ou de rose. En général, il mesure moins de 20 cm de longueur, mais on a trouvé quelques spécimens de 35 cm. L'éperlan possède de grandes écailles qui se détachent facilement et, au moment du frai, il se développe sur celles des mâles de petits tubercules qui ressemblent à des boutons, indice utile pour déterminer le sexe. La mâchoire inférieure déborde la mâchoire supérieure, et la bouche s'étire vers l'arrière jusqu'à dépasser le milieu de l'oeil. La pointe de la langue porte de grandes dents. Une grande nageoire dorsale se trouve à la partie médiane du dos, et une petite nageoire adipeuse plus près de la queue.

Distribution et migration

Secteurs à populations d'éperlan arc-en-cielLa famille Osmeridae, tout comme celle des salmonidés, qui lui est apparentée, comporte un certain nombre d'espèces anadromes qui passent une partie de l'année en eau salée puis viennent se reproduire dans des eaux douces ou saumâtres. L'éperlan arc-en-ciel et le saumon de l'Atlantique constituent des espèces qui peuvent souvent s'adapter à un milieu strictement d'eau douce.

Au printemps, les éperlans adultes, tant anadromes que ceux des cours d'eau côtiers, remontent les rivières jusqu'à leurs frayères en eau douce. Toutefois, par mauvais temps ou lorsque des obstacles s'opposent à leur migration, ils peuvent se reproduire avant de les atteindre. En cas de tempête, les éperlans frayent parfois sur les plages ou au large, sur des bancs à fond de gravier. Dans le réseau de la Miramichi, par exemple, les éperlans commencent à remonter en eau douce avant même le dégel. Lorsque la débâcle commence, des crues peuvent temporairement interrompre la remonté et, dans certains cas, forcer les éperlans à redescendre vers la mer. Si la migration est trop retardée, le frai a parfois lieu au-delà de la limite des marées.

Dans les principaux cours d'eau, les reproducteurs franchissent la limite des marées quand l'eau atteint une température de 4 à 5°C. Dans les Grands lacs, par contre, la migration commence peu de temps après la débâcle, lorsque la température de l'eau dépasse 8°C. Dans les petits cours d'eau, il faut que la température atteigne 6 à 7°C. Dans la péninsule de la Gaspésie, les éperlans anadromes frayent à des températures comparables, mais certaines populations à l'intérieur des terres, au lac Champlain et dans les lacs du New Hampshire peuvent se reproduire alors que la température de l'eau ne dépasse pas 2°C.

Lorsqu'il a atteint sa frayère, l'éperlan y reste pendant un certain nombre de jours. Quel que soit leur âge, les éperlans de plus grande taille sont les premiers à frayer. Il en est de même de l'ensemble d'une population, de sorte que la taille moyenne des éperlans présents sur la frayère diminue à mesure que la saison avance. Peu de temps après le frai, bon nombre de mâles meurent.

Pêche sous la glace au Nouveau-BrunswickDans le bassin de la Miramichi, dont les stocks d'éperlans ont été étudiés de plus près que les autres, les mâles survivants et les femelles restent dans les cours d'eau pendant 5 à 10 jours avant de redescendre à la mer. Ils passent l'été dans la baie Miramichi puis, au début octobre, ils réapparaissent dans l'estuaire et, à la fin novembre, lorsque la glace se forme, ils s'installent dans la partie inférieure de l'estuaire et dans le fond de la baie pour y passer l'hiver.

Grâce à des travaux d'étiquetage, on a pu montrer que la plupart des éperlans de la Miramichi reviennent frayer dans le même cours d'eau ou dans un cours d'eau proche. On a noté très peu d'échanges entre les divers affluents ou entre les cours d'eau où le frai a lieu à des périodes différentes. Il apparaît donc que l'éperlan est régulier dans ses remontes.

Cycle biologique

Des observations réalisées dans le lac Supérieur révèlent que certains éperlans atteignent la maturité sexuelle à 2 ans, et tous les autres à 3 ans. Dans le bassin de la Miramichi, les études ont démontré que 66 pour cent des reproducteurs étaient âgés de deux ans, 30 pour cent de trois ans et 4 pour cent de quatre, cinq ou six ans.

La fécondité, soit le nombre d'oeufs produits par femelle, varie d'une région à l'autre. Les populations anadromes sont plus fécondes que les populations à l'intérieur des terres. Par exemple, une femelle adulte ayant terminé sa croissance (environ 21 cm de longueur) pond dans la Miramichi environ 70,000 oeufs, alors qu'une femelle semblable du lac Supérieur n'en produira que 31,000 environ. La plus petite femelle mature observée dans la Miramichi (10 cm environ) a pondu en moyenne 7,000 oeufs.

Les observations d'éperlans de la Miramichi révèlent que le frai a lieu la nuit, et généralement au-dessus d'un fond de gravier. Il arrive parfois que les femelles s'éloignent des frayères pendant la journée. Au moment du frai, deux mâles au moins se placent le long d'une femelle et libèrent leur laitance en même temps que la femelle pond une grappe d'oeufs.

Au contact de l'eau, l'enveloppe extérieure de l'oeuf devient collante et adhère au gravier ou aux autres matériaux de fond. L'enveloppe est rapidement détruite par le courant à l'exception de la partie qui fixe l'oeuf au fond. Lorsque la couche d'oeufs n'est pas trop dense, cette petite "tige" permet à l'oeuf de se balancer avec le courant, ce qui assure son aération. Dans certains cours d'eau, toutefois, lorsque les éperlans sont obligés de frayer en aval d'obstacles insurmontables, les oeufs s'entassent les uns sur les autres en couches pouvant mesurer jusqu'à 10 cm d'épaisseur. La circulation de l'eau et l'aération sont très faibles dans les couches inférieures, à cause de l'accumulation de sédiments, et le taux de mortalité est alors extrêmement élevé.

Selon des expériences menées dans un affluent de la Miramichi, il appert que dans les zones où l'on retrouve un faible taux d'oeufs déposés, environ quatre pour cent de ces oeufs éclosent; là où l'on en retrouve un haut taux, seulement trois sur 10,000 survivent.

La mortalité des oeufs est aussi élevée en cas de crue, lorsque les cours d'eau débordent. De nombreux éperlans doivent alors frayer en dehors du lit normal de la rivière et leurs oeufs meurent lorsque la rivière reprend son cours.

Le temps d'incubation des oeufs dépend de la température de l'eau. À 4°C, il leur faut au moins 50 jours; à 6°C, 30 jours environ et, à 10°C, moins de 20 jours.

Au moment de l'éclosion, les larves mesurent environ 5 mm, elles suivent alors le cours de la rivière jusqu'à son estuaire où elles sont ballottées selon le jeu des marées. Il semble toutefois que ces larves puissent exercer un certain contrôle de leurs mouvements puisque le jour, on les trouve plus près du fond de la rivière.

Au cours des mois d'été, on trouve des larves et des juvéniles dans l'ensemble de la rivière, de la baie et de l'estuaire de la Miramichi, puis ils quittent le cours d'eau à la mi-août.

Les femelles grandissent plus vite que les mâles, atteignent une taille supérieure et vivent plus longtemps qu'eux.

Dans la rivière Miramichi, on a observé que les femelles âgées de 2 ans mesuraient en moyenne 13.9 cm alors que les mâles du même âge mesuraient 13.5 cm. À 5 ans, les femelles mesuraient 20.6 cm et les mâles 18.3 cm. Les éperlans du lac Supérieur semblent rester plus gros que ceux de la Miramichi tout au long de leur vie adulte. Les mâles et les femelles âgées de 2 ans mesurent en moyenne 15 cm; les mâles de 5 ans mesurent 21.8 cm et les femelles, 23.9 cm. En général, les éperlans qui vivent dans les petits lacs intérieurs sont de moindre taille et ne dépassent pas 10 cm de longueur. On a capturé dans les eaux côtières des Maritimes et dans le lac Ontario des spécimens qui mesuraient 36 cm.

Dans les Grands lacs, c'est un crustacé ressemblant à la crevette, Mysis relicta, qui constitue la nourriture principale de l'éperlan, qui consomme toutefois aussi le zooplancton, des larves d'insectes et des vers aquatiques ainsi que de petites quantités de poisson, notamment des petits éperlans, des chabots, des lottes, des bars blancs, des corégones et des ménés émeraude. Les études menées sur les stocks de la rivière Miramichi montrent que les larves d'éperlans se nourrissent de zooplancton minuscule, alors que les adultes y consomment du zooplancton de plus grande taille y compris les crevettes et les organismes qui en ont la forme, des vers aquatiques et de petits poissons comme les jeunes harengs, les choquemorts et les capucettes.

A leur tour, les éperlans de la Miramichi sont la proie des morues, des saumons, des phoques, des cormorans et des bec-scies, alors que ceux des Grands lacs sont dévorés par les touladis, les saumons, les ombles de fontaine, les lottes, les dorés, les perchaudes et par des oiseaux tels que les goélands et les corneilles.

Les éperlans sont aussi affligés de parasites dont l'un forme des kystes blancs dans ses viscères et sa cavité abdominale, en Amérique du Nord comme en Europe. Ce parasite ne semble heureusement pas affecter les humains qui consomment le poisson. Les éperlans sont aussi victimes de maladies contagieuses. On estime que 50,000,000 de livres d'éperlans du lac Michigan ont été détruits entre 1942 et 1946 par ce qui pourrait être une infection virale.

L'industrie de la pêche

Inspection à quai Sur la côte atlantique, on exploite les stocks d'éperlans anadromes à l'automne et en hiver, avant le début de la remonte. Les éperlans de taille commerciale sont capturés dans des filets maillants dont le maillage est d'environ 3.25 cm. On utilise aussi des filets en forme de poche au maillage plus petit qui permettent de capturer les poissons sans les retenir par les ouïes. Ce genre de filet peut avoir une ouverture mesurant jusqu'à 10.5 m de largeur et 7.5 m de longueur, et la poche est orientée de façon que cette grande ouverture se trouve face aux courants de marée. L'ensemble de la structure est maintenu en place par des piquets plantés dans le fond de l'estuaire ou de la baie. Les éperlans, qui se déplacent avec le courant, entrent par cette large ouverture, passent le goulot de la poche intérieure et se retrouvent dans un cul-desac à la forme effilée. À l'étale, le pêcheur remonte la ligne inférieure pour fermer l'ouverture du filet, fait passer tous les éperlans dans le cul-de-sac et relève le filet qu'il vide de son contenu dans le bateau.

La plus grande partie des prises d'éperlans réalisées sur la côte atlantique ont lieu en hiver grâce à des trous pratiqués dans la glace. L'engin le plus utilisé est une trappe en filet à double entrée. On installe en travers du courant une avancée de filet d'environ 6.5 m de largeur et 30 m de longueur. À l'extrémité qui se trouve près du centre du chenal, cette avancée traverse l'entrée d'une longue cage rectangulaire à fin maillage. À marée montante et à marée descendante, les éperlans, lorsqu'ils arrivent devant l'avancée, la suivent jusqu'à ce qu'ils se retrouvent prisonniers de la cage. Cet engin est conçu de façon à empêcher toute fuite du poisson même lorsque la marée change de sens. Le centre de la cage se trouve exactement au-dessous du trou rectangulaire pratiqué dans la glace, de sorte que le pêcheur peut facilement relever les poches qui se trouvent à chaque extrémité de la cage et les hisser jusque sur la glace.

Dragueur aux Grands LacsDans les Grands lacs, les éperlans font l'objet d'une pêche commerciale pratiquée à l'aide de chaluts qui sont traînés parmi les bancs de poisson. Ces engins mobiles assurent des taux de capture beaucoup plus élevés que les engins fixes utilisés sur la côte atlantique, et cette pêche peut se pratiquer toute l'année.

L'éperlan est aussi apprécié par les pêcheurs amateurs. Dans le lac Érié, des milliers de pêcheurs, chaque année, en capturent à l'aide d'épuisettes et de sennes. Dans les Maritimes, on pêche l'éperlan à la ligne sur les quais pendant les mois d'été. La réglementation limite l'emploi d'épuisettes au printemps seulement. En hiver, des milliers de cabanes sont érigées sur la glace, dans les Maritimes et au Québec, par les pêcheurs amateurs qui utilisent la ligne ou la foène pour attraper les éperlans.

Avant 1948, près de 99 pour cent des débarquements commerciaux canadiens étaient réalisés sur la côte atlantique, le reste en Colombie-Britannique. Le total des débarquements de la côte est atteignait environ 3,700 tonnes métriques (t) par an, dont 70 pour cent environ des prises étaient capturées au Nouveau-Brunswick. La moitié environ des débarquements du Nouveau-Brunswick provenait du réseau de la Miramichi. En 1948 était lancée la pêche expérimentale de l'éperlan au filet maillant dans les Grands lacs et, après être passés aux trappes de filet, les débarquements ont rapidement augmenté pour atteindre 2,086 t en 1958. L'année suivante, l'utilisation des engins mobiles permettait une nouvelle augmentation, et les débarquements des Grands lacs atteignaient 8,662 t en 1962. En 1978, on note un record de 12,399 t. En 1979, les débarquements des Grands lacs, qui totalisaient 10,979 t, valaient $2,035,000. Les débarquements signalés sur la côte atlantique atteignaient 2,542 t et une valeur de $1,065,767. Il est toutefois hautement probable que les débarquements étaient de loin supérieurs aux chiffres déclarés. Dans les deux principales pêcheries, il semble que le volume des débarquements ait été déterminé davantage par la demande du marché que par les ressources disponibles.

Au cours des années 1950, l'abondance de l'éperlan pêché dans les Grands lacs a causé une baisse générale des prix payés aux pêcheurs. Avec l'introduction des chaluts qui permettaient de réaliser des prises plus importantes par bateau et par jour, les prix ont encore une fois connu une baisse brutale au début des années 1960. Sur la rivière Miramichi, par exemple, les prix dépassaient souvent 90 cents le kilo à la fin des années 1940 et au début des années 1950; au début des années 1960, le prix était inférieur à 45 cents le kilo. Il n'est donc par suprenant que le nombre des pêcheurs d'éperlans de la Miramichi ait connu un déclin régulier pendant les années 1950 puis une chute brutale en 1960. Les débarquements de la côte atlantique ont atteint leur minimum en 1962 avec 1,169 t.

Maintenance d'une haute qualité Par rapport à la variété dans les lacs intérieurs, l'éperlan anadrome atteint un prix considérablement plus élevé, ce qui semble confirmer que sa qualité est supérieure. En 1962, par exemple, le prix moyen versé sur la côte atlantique était d'environ 42 cents le kilo, alors que les éperlans des Grands lacs atteignaient seulement 15.3 cents au kilo. En 1979, alors que les pêcheurs de la côte atlantique recevaient en moyenne 85.5 cents au kilo, ceux des Grands lacs ne touchaient que 37.8 cents au kilo.

Pour de nombreux pêcheurs de la côte est, la pêche de l'éperlan est une activité de la morte-saison, et leur participation à cette pêche varie d'une année à l'autre en fonction de la réussite de leurs autres activités de pêche.

Utilisation

Emballage de l'éperlan de lac La plus grande partie des éperlans pêchés au Canada est exportée sous forme congelée vers le Japon ou les Etats-Unis. Une certaine quantité d'éperlans des Grands lacs est vendue fraîche aux États-Unis . En 1982 le Canada a exporté près de 13,500 t de produits de l'éperlan, qui atteignaient une valeur de près de $17,000,000.

Recherche et gestion

La réglementation de la gestion de la pêche de l'éperlan varie d'une province à l'autre et établit des restrictions sur les lieux de pêche, le type d'engin utilisé, le maillage et les saisons de pêche. Malheureusement, il n'existe pas de plan global de gestion de l'éperlan, et il faudrait mener à bien des recherches considérables avant d'instituer un plan scientifique de gestion de l'espèce. En général, nous ne disposons pas d'estimations de la taille des populations, de leur taux d'exploitation ni même du total des débarquements; nous ne connaissons pas les taux de croissance et de mortalité naturelle des populations données. En l'absence d'estimations de ces paramètres, il est impossible de recommander un niveau de prises qui soit scientifiquement acceptable. Un plan de gestion pourrait toutefois comporter des mesures permettant de mieux contrôler l'effort de pêche et de fixer une limite maximum des prises annuelles. Un objectif du plan de gestion pourrait être d'assurer la productivité maximale des stocks sans risque pour les populations existantes. Les autres seraient de réaliser des bénéfices et une meilleure redistribution de ces bénéfices entre les pêcheurs.

Il est nécessaire de réaliser des études de marchés qui impliqueraient l'industrie et les consommateurs. Les réponses à des questions portant notamment sur le prix prévisible des produits finis, ou sur l'intérêt éventuel des transformateurs et des pêcheurs de la côte atlantique, pour l'investissement dans ce secteur, fourniraient des données importantes. L'industrie pourrait alors étudier les possibilités d'expansion de l'effort de pêche et de l'industrie de la transformation, ainsi que la faisabilité d'un élargissement des marchés.