Le monde sous-marin
Crabe vert
Répartition mondiale
Coup d'œil
Le crabe vert est un envahisseur exotique qui n'a rien de virtuel. Originaire d'Europe et d'Afrique du Nord, il est considéré comme l'une des cent pires espèces exotiques envahissantes au monde. Il a traversé les mers au gré des courants marins ou en tant que passager clandestin dans les cales de navires, dans les engins de pêche et dans les bateaux de plaisance, de sorte qu'on le trouve aujourd'hui en Amérique du Nord sur les côtes de l'Atlantique et du Pacifique, de même que dans les eaux d'Afrique du Sud, d'Australie, d'Amérique du Sud et d'Asie. De par son grand nombre, son appétit vorace et la concurrence féroce qu'il livre à d'autres espèces, il constitue une menace pour les mollusques et crustacés et une nuisance pour l'industrie de la pêche.
Données essentielles
Particularités
Le crabe vert a été baptisé la « coquerelle des mers » à cause de sa nature apparemment indestructible. Plusieurs caractéristiques le distinguent des autres crabes : il peut faire une rotation de ses pinces sur son dos et est alors en mesure de se défendre contre les prédateurs qui l'attaquent par derrière, et il peut vivre en dehors de l'eau jusqu'à une semaine – en plein soleil, rien de moins! Il peut même survivre en eau douce pendant de courtes périodes.
Détails
Au sujet du crabe vert
Quoiqu'on l'appelle crabe « vert », les membres de cette espèce peuvent prendre différentes teintes, allant du vert au jaune et même à l'orangé. De taille moyenne, ce crabe est plus large que long. Les adultes mesurent environ six centimètres de longueur et jusqu'à neuf de largeur. La carapace comporte cinq courtes épines derrière chaque œil et les pattes arrière sont un peu aplaties, ce qui aide le crabe à nager à des vitesses étonnamment rapides.
Le crabe vert est une espèce agressive et rapide, qui possède un appétit vorace. Il consomme des palourdes, des moules, des huîtres, des pétoncles et même de petits homards. Dans le milieu marin, il applique pour ainsi dire l'équivalent de la « politique de la terre brulée », dévorant à peu près tout sur son passage. On l'a accusé d'avoir anéanti plusieurs pêches de myes un peu partout dans le monde.
Cycle biologique et reproduction
Le crabe vert vit généralement entre quatre et sept ans et est très prolifique : la femelle peut pondre jusqu'à 185 000 œufs par année. L'accouplement a lieu juste après que la femelle ait mué, c'est-à-dire qu'elle se soit débarrassée de sa carapace. Elle porte ses œufs sur son ventre jusqu'à l'éclosion, soit généralement pendant plusieurs mois. Les œufs nouvellement éclos dérivent dans la colonne d'eau jusqu'à 90 jours, jusqu'à ce qu'ils se transforment en petits crabes et s'établissent sur le fond. Le moment de la reproduction varie largement selon les régions, mais, de façon générale, les femelles pondent leurs œufs en été. Le crabe vert atteint la maturité sexuelle à deux ou trois ans.
Le monde sous-marin des crabes verts
Le crabe vert est une espèce indigène des côtes de l'Europe et du nord de l'Afrique – d'aussi loin que la mer Baltique à l'est, que l'Islande et le centre de la Norvège à l'ouest et au nord, et que le Maroc et la Mauritanie au sud. Il est l'un des crabes les plus communs dans son habitat d'origine. Il a été observé pour la première fois sur la côte est de l'Amérique du Nord en 1817 et on le trouve maintenant de Terre Neuve à la Virginie. De fait, il a été signalé pour la première fois dans les eaux de Terre-Neuve en 2007.
En 1989, le crabe vert a fait son apparition sur la côte ouest des États Unis, dans le Pacifique et, en 1999, il avait atteint la Colombie-Britannique. Il s'est également déplacé vers le sud à la fin du XIXe siècle, jusqu'en Australie. En 1983, il atteignait l'Afrique du Sud et, en 2003, il était observé sur la côte atlantique de l'Amérique du Sud.
Le crabe vert envahit les côtes canadiennes, menaçant les habitats précieux des crustacés et mollusques et les alevinières des jeunes poissons. Non seulement il engloutit tous ses nouveaux voisins, mais il creuse le fond de l'océan et endommage les racines de plantes comme les zostères, dont les herbiers créent des habitats, entraînant à la dérive ces bancs autrefois bien établis. Dans son habitat d'origine, les prédateurs du crabe vert – poissons, oiseaux et grands décapodes – exercent un contrôle naturel sur l'espèce et l'empêchent de proliférer. Il n'en est pas ainsi dans d'autres parties du monde.
Le crabe vert s'adapte à divers habitats. Bien qu'il privilégie les fonds meubles, il peut aussi vivre sur un substrat rocheux, en pleine végétation aquatique submergée et même dans des marais salants. On le trouve communément jusqu'à six mètres de profondeur et à des températures variant entre zéro et 30 °C et plus. Les adultes migrent généralement entre les côtes et la haute mer avec les marées, s'enfouissant dans le fond des eaux côtières chaudes et profondes en hiver.
La pêche du crabe vert
Il n'est pas rare de trouver le crabe vert au menu en Europe où il est pêché à des fins commerciales, mais au Canada, il n'existe pas encore de débouchés pour cette espèce. La pêche commerciale a réduit l'abondance du crabe vert dans certaines parties de son habitat d'origine. Il peut être aisément capturé au moyen de n'importe quel type de casier, par exemple le casier à homard ou à crabe et la nasse à anguille.
Les répercussions globales du crabe vert au Canada n'ont pas encore été déterminées. Le crabe vert peut avoir des effets sur les industries de la pêche et de la conchyliculture, notamment sur la pêche de l'anguille. Dans certaines régions, Pêches et Océans Canada (MPO) délivre aux pêcheurs des permis de pêche d'espèce nuisible. En vertu de ces permis, les pêcheurs peuvent détruire tous les crabes verts capturés, ce qui est un moyen de réduire la taille de la population. Le MPO étudie la population de crabe vert afin de mieux comprendre de quelle façon le crabe réagit et s'adapte aux conditions canadiennes. Malheureusement, il est généralement connu que lorsque le crabe vert a commencé à envahir une région, il est à peu près impossible à éradiquer. Il est toutefois envisageable de limiter l'étendue de la population et, par conséquent, des dommages causés par l'espèce.
Mise-à-jour : Octobre 2009
- Date de modification :
- 2013-04-22